LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

23 septembre 2010

RD Congo-Belgique : Steven Vanackere sur les traces de Karel De Gucht.. Kabila ou l'espoir déçu !

Vanackere_et_J__KabilaA New York, le ministre belge des Affaires étrangères, le démocrate-chrétien flamand (CD&V) Steven Vanackere s’est départi de la langue de bois - dont il avait fait usage lors de son premier voyage au Congo en janvier dernier - en disant à son homologue congolais Alexis Thambwe Mwamba la «déception» de son pays et de celle des Etats membres de l’Union européenne sur l’évolution de la situation en RD Congo en matière de respect des droits humains. Selon Vanackere, quatre années après les élections générales de 2006, rien n’a changé. Le chef de la diplomatie belge semble découvrir ce que la grande majorité des Congolais ne cesse de dénoncer.

L’Assemblée générale des Nations Unies est généralement une occasion privilégiée de rencontres entre les dirigeants de la planète. La 65ème Assemblée générale a ouvert ses portes mardi dernier sous la présidence du Suisse Joseph Deiss. Mardi 21 septembre, Steven Vanackere, dont le pays assume jusqu’au 31 décembre prochain la Présidence tournante de l’Union européenne, s’est entretenu avec son homologue congolais, Alexis Thambwe Mwamba. Le Belge portait donc deux casquettes. De quoi ont-ils parlé ? On retiendra, pour l’essentiel, l’insécurité dans les provinces du Kivu et l’enquête sur l’assassinat de Floribert Chebeya.

congo_femme_desesperee_small_imageInsécurité et impunité à l’Est

Rendant compte de son entrevue à des journalistes de son pays, le très modéré Vanackere a eu ces mots : "J’ai exprimé une certaine déception notamment à propos du report des élections locales". Et d’ajouter qu’il "s’est fait le porte-parole d’un sentiment de la communauté internationale face à l’évolution de la RDC, quatre ans après les premières élections libres organisées dans le pays en quatre décennies». Sujet incontournable, le viol des femmes et des enfants – attribué aux miliciens des FDLR - fin juillet et en août à Luvungi, dans la province du Nord-Kivu, a été abordé. Le chef de la diplomatie belge a rappelé à son homologue que "la responsabilité première pour la protection des civils revient au gouvernement congolais". Il a reconnu cependant que la Monusco avait aussi «une part de responsabilité». Au fil de cette conversation, Vanackere a laissé entendre que son pays ne pourrait continuer «à se faire» le «porte-parole» de la RD Congo face à la persistance de l’insécurité ambiante. «Il faut que cela change !», a-t-il asséné.

Le chef de la diplomatie belge vient enfoncer le clou planté par le Conseil de sécurité des Nations Unies sur la question de l’insécurité à l’Est. Dans une résolution publiée vendredi 17 septembre, le Conseil a «condamné fermement» les viols collectifs perpétrés dans la province du Nord Kivu. Il a par ailleurs «demandé instamment au gouvernement de la RDC de veiller à ce que les auteurs fassent très rapidement l’objet de «poursuites impartiales» en rappelant «qu’il incombe au premier chef aux autorités congolaises d’assurer la sécurité sur son territoire et de protéger les civils dans le respect de l’état de droit, des droits de l’homme et du droit international humanitaire». Cette prise de position a provoqué l’ire des autorités congolaises. Dès le lendemain, le ministre de la Communication et Médias, Lambert Mende Omalanga, y a vu l’occasion de polémiquer en déclarant sans rire que "le gouvernement de Kinshasa n’a pas attendu les critiques des Nations unies pour faire ses devoirs". "Les unités militaires congolaises déployées au Kivu ont assiégé les groupes de violeurs", ajoutait-il. Une réaction qui ne résiste pas à l’examen. Lors de son récent passage à Butembo, Joseph Kabila a surpris ses interlocuteurs venus se plaindre de la recrudescence des meurtres dans la région. Le magistrat suprême congolais s’est contenté de "déplorer les assassinats" en lieu et place d’instruire le chef local de la police et le parquet d’ouvrir une enquête afin d’identifier les auteurs de ces crimes à déférer devant les juridictions compétentes.

Les causes d’un changement de ton

floribert_chebeya_LNommé à la tête ministère belge des Affaires étrangères le 25 novembre 2009, Steven Vanackere voulait donner un "nouveau départ" aux rapports belgo-congolais. Il s’est rendu à Lubumbashi, mardi 19 janvier dernier, où il a eu un premier contact avec Joseph Kabila. Les deux hommes ont été photographiés, sourire aux lèvres, sirotant un bon verre de la bière locale. Sans doute de la «Tembo». La rencontre qui a duré plus d’une heure avait aussi pour but de décrisper l’atmosphère laissée par le libéral Flamand (Open VLD) Karel De Gucht promu commissaire européen au Commerce. Avant de «monter» à l’Europe,
«Karel» n’avait pas mâché ses mots devant le Parlement européen en déclarant que «la RD Congo est devenue un "énorme gâchis - un pays ou presque tout est à refaire, à commencer par la reconstruction de l’Etat, dont l’absence est au coeur de tous les problèmes". Sans oublier d’ajouter qu’il fallait aussi «consolider la démocratie et approfondir la bonne gouvernance». On peut imaginer la "tristesse" de De Gucht en découvrant dans la presse un Vanackere souriant à côté de Kabila.

Au cours d’une intervention le 24 janvier à la télévision publique flamande «VRTN», "Karel" de tonner : «Ce qui se passe au Congo est un drame inconcevable. En tant qu’être humain, je n’aurais pas pu me résoudre à avoir un entretien agréable avec Kabila, un verre de bière à la main». Sur un ton ironique, l’homme s’interroge si, depuis qu’il n’est plus ministre des Affaires étrangères, «cela va mieux au Congo, il y a moins de viols, la situation dans l’Est s’arrange et la corruption est combattue». Et de répondre : «Si ce n’est pas le cas, je ne pourrais pas imaginer que le ministre Vanackere, si bien intentionné, aille boire un verre de bière avec Kabila. Je ne l’ai d’ailleurs jamais fait».

Affaire Chebeya

Deux faits brûlants d’actualité semblent donner un début d’explication à la «radicalisation» de l’attitude du successeur de Karel De Gucht au 15, rue des Petits Carmes. Il y a d’abord l’affaire relative à l’assassinat du défenseur des droits humains Floribert Chebeya Bahizire et la disparition de Fidèle Bazana Edadi. Il ya ensuite, la querelle née suite à la parure en diamant offert à la Reine Paola par le couple Kabila. Directeur exécutif de l’association de défense des droits de l’Homme «La Voix des Sans Voix» (VSV), Chebeya a été convoqué le mardi 1er juin dernier au siège de l’inspection générale de la police nationale congolaise. Il devait être reçu aux environs de 17h30 par l’Inspecteur divisionnaire en chef John Numbi Banza Tambo. Le corps de Chebeya sera découvert sans vie le lendemain. Quatre mois après, l’enquête est toujours «en cours». Aucune inculpation n’a été prononcée. Fidèle Bazana n’a jamais été revu alors qu’il avait accompagné Chebeya à ce rendez-vous fatal.

Dans un communiqué publié jeudi 3 juin, Steven Vanackere, se disait «choqué» par la mort du directeur exécutif de la VSV. «Il est important, pour les autorités de Kinshasa, écrivait-il, d’entamer une enquête approfondie sur les circonstances de ce décès». Le combat de Chebeya pour le respect des droits de l’Homme en RD Congo était bien connu et admiré dans le monde politique belge et européen. Le Quai d’Orsay n’avait pas dit autre chose en demandant aux autorités congolaises de «faire toute la lumière sur les circonstances de ce décès et prennent les mesures appropriées». Pour les observateurs, les atermoiements de la justice congolaise suggèrent que la mort de Chebeya est un crime d’Etat, commmadité par les plus hautes autorités du pays. A New York, le chef de la diplomatie belge est revenu sur l’affaire Chebeya en regrettant que l’enquête confiée à l’auditorat militaire n’ait donné aucun résultat à ce jour. Pour lui, les choses tardent à changer selon "le rythme souhaité" par la communauté internationale. Au total, Vanackere découvre ce que les Congolais savaient depuis bien longtemps.

paola_et_kabilaLes diamants de la Reine

Le 29 juin dernier, le couple royal belge s’est rendu à Kinshasa à l’occasion des festivités commémoratives du 50ème anniversaire de la proclamation de l’indépendance du Congo. A l’issue de cette visite, une parure de diamants a été offerte à la Reine Paola par le couple Kabila. Dans son édition datée jeudi 8 juillet, le quotidien «Le Soir» publie un article intitulé : «Des diamants très gênants pour la Reine». Journaliste spécialisé en matière de terrorisme et de crimes économiques et financiers, Alain Lallemand écrit que «plusieurs conflits africains ont non seulement été financés mais aussi alimentés par l’extraction de diamants. (…). C’est ce qu’on appelle les «diamants du sang.» Cette phrase a mis le feu au poudre. «Les diamants de sang ne sont pas à Kinshasa, répliquait l’inénarable Mende Omalanga. Il faut prendre les gens pour des imbéciles pour prétendre qu’un Etat souverain en possession de son imperium peut promouvoir ses substances minéralogiques en offrant à ses illustres visiteurs des produits d’un trafic illicite ou criminel». Le ministre congolais de la Communication et des médias de fustiger au passage «les attitudes paternalistes de certains milieux politiques et médiatiques belges cinquante années après l’accession du Congo à l’indépendance».

A Bruxelles, le ministre belge de la Coopération au développement, le libéral francophone Charles Michel - fils de Louis du même nom, n’a pas pu s’empêcher de qualifier les propos du Mende d’«inadéquats» tout en exigeant du «respect mutuel» dans les relations entre les deux pays. Notons que Mende avait également critiqué le Premier ministre belge Yves Leterme qui avait émis des critiques en ce qui concerne l’argent dépensé par l’Etat congolais pour acquérir le matériel militaire exhibé lors de la parade du 30 juin. «Cet argent, avait dit Leterme, aurait dû être affecté à l’amélioration des conditions sociales de la population.» La mauvaise gouvernance plus qu’avérée, l’’arrogance et les outrances verbales des "kabilistes" ont-elles fini par "fatiguer" le monde politique belge, toutes tendances confondues?

Selon une dépêche de Belga, le Premier ministre Leterme devait rencontrer Joseph Kabila mardi 21 septembre à New York au terme de sa visite. Aux dernières nouvelles, on apprenait que la rencontre était compromise au motif que l’arrivée du numéro un Congolais est annoncée pour ce mercredi en début de soirée. «De source diplomatique, on évoque toutefois la possibilité d’une rencontre entre Kabila et le (ou les) ministre(s) belge(s) également présent(s) à New York: ceux des Affaires étrangères, Steven Vanackere, et de la Coopération au développement, Charles Michel», précise Belga. Congoindépendant

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Posté par Losako à 04:47 - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires sur RD Congo-Belgique : Steven Vanackere sur les traces de Karel De Gucht.. Kabila ou l'espoir déçu !

  • De new york où la naissance de la rdc a été programmée l'Etat pour de la démocratie en 6 mois par l'onu et louis Michel ,maintenant commence les décomptes de la mascarade démocratique qui doit prendre fin ,vu les résultats d'échec de leurs pion sur le terrain qui ne respecte plus les règles donc la rdc est un pays dirigé par plusieurs têtes ,ainsi Hyppolite Kanambe alias KABILA Joseph nous a laissé croire à un moment depuis New York qu'il récherchait 3 à 15 personnes qui ne sont rien d'autres que ceux qu'il n'écoute plus aujourd'hui parcequ'ils sont des monstres de toutes nos conséquences de l'instabilité du pays dont il n'a pas le sang congolais, car un pays dirigé par plusieurs têtes ne peut connaître que les pillages, les viols et l'insécurité au détriment de l'espoir de la population "KABILA DOIT PARTIR " pour la réconciliation et la réconstruction du Congo- Kinshasa.UNITED STAND UP CONGOLAIS

    Posté par P.K.K.M, 25 septembre 2010 à 20:00 | | Répondre
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