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LOSAKO

le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde ils peuvent se faire entendre. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

09 février 2010

Guerres en RDC : Des chercheurs canadiens crachent sur les 6 millions de morts en RDC

kivu_untitledDepuis quelque temps, certains chercheurs occidentaux s’amusent à mener des études sur les guerres en Afrique. Curieusement, ces études tendent à aboutir vers une même conclusion : le bilan des morts des guerres en Afrique serait exagéré. Comme s’ils voudraient simplement dire qu’il ne s’est rien passé sur le continent noir. Ainsi, en ce qui concerne la République démocratique du Congo, Human Security Report dont font partie des experts ou chercheurs canadiens, c’est selon, de l’Université Simon Fraser, en Colombie-Britannique, au Canada, affirme que le nombre de 5,4 millions de morts en RDC publié en 2007 devrait être divisé par deux. Sadisme ou peur des poursuites judiciaires qui pourraient être entreprises incessamment, comme l’ont demandé les Etats-Unis dans le cas d’espèce de la guerre en RDC ? En attendant une réponse à cette interrogation, après une étude de même nature sur le Darfour – preuve qu’il ne s’agit point d’un fait du hasard - la querelle des chiffres autour des morts en RDC a déjà commencé. Une question qui doit déjà interpeller l’Etat congolais.

LE POTENTIEL

Jean-Philippe Rémy, du Journal Le Monde, s’indigne devant ces « Comptes cruels de la guerre », titre de son article, que se complaisent à faire certains chercheurs. En effet, selon ce confrère, les chercheurs de l’Université Simon Fraser, en Colombie – Britannique, au Canada ont publié en fin janvier de cette année, un nouveau rapport de leur série Human Security Report, intitulé « la diminution des pertes humaines dans les guerres ». Leurs conclusions suscitent bien sûr plusieurs interrogations. Car pour eux, 80 % des morts seraient « des victimes indirectes des conflits de guerre ». .

C’est ainsi qu’en ce qui concerne la République démocratique du Congo, ces chercheurs canadiens affirment que le nombre publié par International Rescue Committee, IRC, en 2007, de 5, 4 millions de morts est exagéré. Ils estiment que ce nombre doit être divisé par deux. Cette étude a été aussitôt contestée par IRC qui attaque même certaines méthodes de travail de ces chercheurs canadiens.

massacre_kiwanja44SADISME

Quelle est l’opportunité d’une telle étude qui choque les consciences des nations concernées, notamment la République démocratique du Congo ? Tout se passe comme s’il y aurait une main invisible qui financerait toutes ces études dans le but de prouver qu’il ne s’est pratiquement rien passé en Afrique. Pire, de minimiser les morts en RDC Car on ne peut admettre une telle affirmation selon la laquelle les chiffres de morts avancés pour la RDC serait bien celui de toutes les guerres en Afrique.

Non. Même s’il n’y avait que 300 morts, c’est déjà un crime contre l’humanité. Cette démarche frise du sadisme, donnant l’impression de s’attaquer à tout le travail effectué par des ONG qui étaient sur le terrain et ont vécu l’horreur à l’image de Hillary Clinton, Secrétaire d’Etat américaine. Raison pour laquelle, devant toutes ces horreurs, elle a, au nom des Etats-Unis, demandé que des poursuites judiciaires soient initiées contre les auteurs de ces crimes en RDC.

Force est de rappeler que bien avant Hillary Clinton, International Rescue Committee, IRC, a publié en 2007 le nombre de 5,4 millions de morts en République démocratique du Congo. En 2009, Caritas international stigmatisait la terrible tragédie que vivent les populations dans l’Est de la RDC : « La guerre a fait plus de 5 millions de morts et chaque jour 1.200 personnes meurent des conséquences de ces conflits. Chaque mois, 40.000 personnes s’ajoutent au nombre de déplacés. Autrement, on compte entre un et deux millions de déplacés et un million de réfugiés. Les viols systématiques et l’esclavage sexuel dans les zones de conflits ont contribué à l’augmentation du nombre de victimes du sida ».

Après avoir séjourné au mois d’août 2009 en RDC, Hillary Rodham Clinton, Secrétaire d’Etat américaine a écrit un article qui a été publié le 26 août sur le site Web du Magazine People et repris dans les « Dépêches du Département d’Etat ». Dans son article intitulé « Ce que j’ai vu à Goma », Hillary Clinton retrace l’horreur qu’elle a vu en RDC et reconnaît en ces quelques mots le nombre de morts en RDC : « Ce camp (Ndlr Le camp de Mungunga) abrite à l’heure actuelle 18.000 personnes qui y ont cherché refuge face à un cycle de conflits violents qui a causé la mort de 5,4 millions de personnes depuis 1998 ». Et plus loin, elle poursuit : « Je suis allée à Goma pour dire clairement que les Etats-Unis condamnent ces attaques et tous ceux qui les commettaient et qui les encourageaient. Ce sont des crimes contre l’humanité. Ces actes ne portent pas uniquement atteinte à une seule personne ou à une seule famille ou encore à un village ou un groupe. Ils déchirent le tissu qui nous unit en tant qu’être humain. De telles atrocités n’ont leur place dans aucune société. C’est vraiment l’humanité sous son pire aspect (….). Lorsque j’étais en RDC, j’ai eu un entretien très franc au sujet de la violence sexuelle avec le président Kabila. J’ai souligné qu’il fallait poursuivre en justice et sanctionner les auteurs de ces crimes qui qu’ils soient. C’est particulièrement important lorsqu’ils occupent des postes de responsabilité et que ce sont notamment des membres de l’armée congolaise que l’on a laissés commettre ces crimes en toute impunité »

film_congo_guerreJohn Perkins, dans son livre « L’histoire secrète de l’empire américain. Assassins financiers, chacals et la vérité sur la corruption à l’échelle globale », avance également ses chiffres : « Quatre millions de gens ont été tués dans ce pays qu’ on appelle, avec euphémisme, la République démocratique du Congo (autrefois le Zaïre) depuis 1998. Ils sont morts pour que des plus riches puissent acheter des ordinateurs et des téléphones cellulaires à bas prix. En 2006, le magazine Time résumait l’histoire récente du Congo dans un article en page couverture intitulé : « La guerre la plus meurtrière du monde ». En 1998, le Rwanda et l’Ouganda envahissent le Congo une fois encore, déclenchant ce qui a été appelé la première guerre mondiale africaine. La lutte pour obtenir le pouvoir et les ressources a entraîné dans le conflit au moins huit pays voisins. (…). Les assassins financiers, les mercenaires et les agents des gouvernements des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de l’Afrique du Sud attisent sans cesse des conflits. Des fortunes s’édifient avec la vente d’armes aux divers belligérants. La guerre donne aux entreprises la possibilité d’échapper au contrôle des droits humains et à celui des groupes environnementaux et leur évite de payer des taxes et des tarifs douaniers. Des situations semblables à celle du Congo se sont produites en plusieurs autres endroits. Cynthia McKinney, représentante du Congrès a présenté plusieurs aspects de cette « conspiration anglophone » lors d’une conférence qu’elle a donnée le 16 avril 2001 ».

Voici quelques extraits de sa conférence de presse : « Une grande partie de ce que vous allez entendre aujourd’hui n’a pas été rapportée par les médias. Des forces très puissantes ont tenté d’empêcher que ces informations parviennent au public. Des enquêtes sur les activités des gouvernements et des hommes d’affaires occidentaux en Afrique post-coloniale ont prouvé clairement une propension de longue date de l’Occident à agir avec cruauté, avarice et fourberie. La mauvaise conduite des nations occidentales à l’égard de l’Afrique ne provient pas de défaillances, de manquements individuels ou d’erreurs passagères dues à la faiblesse humaine. Elle fait partie d’une politique à long terme pour faire main basse sur les richesses de l’Afrique et les piller aux dépens des habitants.

A la source de la souffrance africaine se trouve l’Occident, surtout les Etats-Unis, qui veulent posséder les diamants, le pétrole, le gaz naturel et d’autres ressources précieuses. L’Occident et plus spécialement les Etats-Unis, ont instauré une politique d’oppression, de déstabilisation et sont intervenus non par principes moraux, mais par une volonté impitoyable de s’enrichir grâce à la richesse fabuleuse de l’Afrique. Les pays occidentaux ont suscité des rebellions contre les gouvernements africains et ils ont même participé activement à l’assassinat de chefs d’Etat africains légitimement élus et les ont remplacés par des dirigeants corrompus qui se laissent manipuler ».

justice_internationalePEUR DE LA JUSTICE

Il est vrai que ce livre a été écrit avant l’arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche. Et la déclaration de Hillary Clinton marque justement cette différence et cette détermination de la nouvelle administration américaine à changer des choses, à être impitoyable envers les auteurs de crimes contre l’humanité.

Pas du tout surprenant que des cabinets privés naissent ici et là, des chercheurs d’opérette qui ne sont jamais descendus sur le terrain soient mis à contribution pour manipuler les « comptes de guerre » par peur de la justice. Qu’il s’agisse des chercheurs canadiens, rien également de surprenant dans la mesure où un autre Canadien, Général d’armée de son état, a écrit un livre sur ce qui s’est passé dans la région des Grands Lacs, livre qui suscite encore des réactions.

Pourquoi ces chercheurs réagissent-ils après la déclaration de Hillary Clinton et celle des ONG qui affirment qu’il y a eu plus 5 millions de morts en République démocratique du Congo ? Pour qui roulent ces chercheurs canadiens ?

Il est un fait indéniable qu’un Tribunal pénal international sur la République démocratique du Congo impliquerait bien des Etats et des sociétés multinationales. Les enquêtes menées par les experts de l’ONU constitueront des éléments de base pour le Procureur de tribunal international pour faire défiler les présumés coupables des guerres et des morts en RDC, lors d’un procès inédit.

Pour corroborer ce qui précède, force est de rappeler qu’ une autre personnalité américaine, Herman Cohen ; ancien sous-secrétaire d’Etat américain chargé des questions africaines, si notre mémoire ne nous trahit pas, avait déclaré que ce qui se passe au Congo est plus fort que « l’ holocauste de la Deuxième Guerre mondiale ». C’est tout dire.

Au demeurant, cette question doit interpeller au plus haut point le gouvernement pour autant que ce sont des Congolais qui ont été tués. A l’instar de ce qui se passe dans d’autres pays, le Gouvernement congolais a l’obligation morale et politique de publier ses chiffres. Ce travail appuierait celui déjà fait par la publication des « livres blancs » sur ces guerres en RDC. Mémoire collective oblige. Le Potentiel

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RDC: la France juge nécessaire d'améliorer le climat des affaires

sec_franceLa secrétaire d'Etat française au Commerce extérieur, Anne-Marie Idrac, a souligné lundi à Kinshasa l'importance d'améliorer le climat des affaires en République démocratiques du Congo (RDC).

L'amélioration du climat des affaires "est évidement majeur, pour que les investisseurs puissent avoir encore d'avantage confiance en l'avenir", a déclaré Mme Idrac, au premier jour d'une visite en RDC en compagnie d'une délégation d'entreprises françaises (Areva, Lafarge, Bolloré, Alstom...).

"Le gouvernement a fait part d'engagements très clairs" dans ce sens, s'est-elle félicitée lors d'un point presse après une rencontre avec le Premier ministre Adolphe Muzito et plusieurs ministres congolais (Finances, Industrie, Mines...).

Mme Idrac a relevé "l'importance" de l'adhésion prochaine de la RDC à l'Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires (Ohada).

Selon le rapport "Doing Business 2010" de la Banque mondiale, qui évalue le climat des affaires dans le monde, la RDC est classée au 182e rang sur 183 pays.

eurosInterrogée sur le groupe nucléaire Areva, signataire en mars 2009 d'un accord avec le gouvernement congolais portant sur l'exploration uranifère sur tout le territoire de la RDC, Mme Idrac a simplement indiqué que les discussions se déroulaient "tout à fait normalement".

Pour le Groupe Lafarge, premier cimentier mondial, qui est en négociations pour réhabiliter deux cimenteries -la Cimenterie nationale au Bas-Congo (ouest) et une autre au Katanga (sud-est)-, Mme Idrac a été plus réservée.

Si le premier dossier "semble se dérouler dans des conditions tout à fait satisfaisantes", celui du Katanga est "plus compliqué" et "tout à fait symbolique de l'évolution du climat des affaires", a-t-elle déclaré sans plus de précisions.

Enfin concernant France Télécom, qui a négocié plusieurs mois pour obtenir une licence globale de téléphonie mobile en RDC, Mme Idrac a "malheureusement constaté" que l'entreprise avait été "contrariée par certaines difficultés administratives" et qu'"aujourd'hui les conditions ne sont pas réunies" pour sa venue en RDC.

La secrétaire d'Etat termine mardi sa visite en RDC. Elle se rendra ensuite au Kenya puis au Bénin.

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Goma : la cour d’appel rejette la requête de l'assemblée provinciale contre Julien Paluku

image_file_2824La cour d’appel du Nord-Kivu a annulé, samedi, la décision de l’assemblée provinciale sur le rapport de la commission de contrôle de l’exécution du budget 2008 et du premier trimestre 2009 de cette province. Le conseil de l’assemblée provinciale envisage de faire appel, estimant que l’arrêt rendu par la cour d’appel contient des irrégularités, rapporte radiookapi.net

Dans un arrêt rendu samedi dernier, la cour d’appel de Goma a déclaré irrecevable les actions en intervention volontaire de l’assemblée provinciale et de son président.

La décision de la cour est motivée par quelques exceptions soulevées par le conseil du gouvernement provincial et parquelques intervenants volontaires, dont le gouverneur Julien Paluku Kahongya. Selon l’arrêt rendu par la cour d’appel du Nord-Kivu, l’assemblée provinciale a péché par défaut de capacité. Cette assemblée ne jouirait pas d’une personnalité juridique devant une institution juridictionnelle, toujours selon l’esprit de l’arrêt de la cour d’appel du Nord-Kivu. Autre motif de rejet du rapport de l’assemblée provinciale contre l’exécutif du gouverneur Paluku : le défaut de qualité dans le chef du président de l’assemblée provinciale. Toutes ces dispositions exploitées dans l’arrêt de la cour d’appel découleraient de la loi de juillet 2008 portant principes fondamentaux relatifs à la libre administration de province.

Réagissant à la décision de la cour, le vice-président de l’assemblée provinciale du Nord-Kivu, Baumbilia Kisolomi fustige l’arrêt rendu. Il promet de poursuivre cette affaire au deuxième degré, tel que le prévoient les dispositions légales.
« Il y a violation de la constitution. Pour l’assemblée provinciale, il y a mal jugé. Et devant un tel cas, le bureau de l’assemblée provinciale a l'obligation légale de pouvoir utiliser les voies des recours que prévoit la loi dans ce cadre là », a déclaré Baumbilia Kisolomi à radiookapi.net

Pour rappel, c’est depuis le 13 août 2009 qu’une commission d’enquête pour le contrôle de l’exécution du budget 2008 et du 1er trimestre 2009 avait été constituée par l’assemblée du Nord-Kivu. Cette commission accuse le gouverneur Julien Paluku de mauvaise gouvernance, donc de détournement. Des allégations que l’accusé a toujours rejetées.

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08 février 2010

Ira, ira pas à Kinshasa ? Ira...sans doute !

jk_albert2_newLa probabilité d’une visite du roi Albert II à Kinshasa pour assister aux commémorations du 50e anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo (RDC), le 30 juin prochain, s’est renforcée cette semaine, après l’aval donné par les deux vice-Premières ministres francophones du gouvernement fédéral.

"Je trouve que ce serait une très bonne idée", a affirmé dimanche, à RTL, la vice-Première ministre CDH, Joëlle Milquet. Une visite du souverain en RDC "serait un magnifique symbole", a ajouté Mme Milquet, en rappelant les liens qui unissent la Belgique à son ancienne colonie. Elle joignait ainsi sa voix à celle de sa collègue Laurette Onkelinx (PS), qui s’est elle aussi clairement prononcée en faveur d’une participation du Roi aux commémorations du cinquantenaire de l’indépendance de l’ex-Congo belge.

26481167_m" Mon avis (...) c’est que le Roi doit évidemment venir. Je pense que si le Roi ne répond pas à cette invitation, on aura cette impression qu’il y a comme une nostalgie de la colonisation. Et pas la volonté, au contraire, de soutenir ce travail autour de l’indépendance du Congo et de la reconstruction" , a-t-elle déclaré lors d’une visite en RDC.

Mme Onkelinx qui a rencontré le président congolais Joseph Kabila, a précisé à l’agence Belga qu’elle avait émis clairement le désir que le Roi se rende aux cérémonies. "Je lui ai dit aussi que je souhaite que le Roi soit présent, comme marque de respect", a ajouté la ministre. M. Kabila avait annoncé le 19 janvier dernier avoir invité le souverain belge à assister aux commémorations du cinquantenaire de l’indépendance à l’issue d’un entretien avec le ministre belge des Affaires étrangères, Steven Vanackere. Une invitation sur laquelle le gouvernement aura à se prononcer dans les prochaines semaines. La Libre

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RDC-RWANDA : Un rapprochement pour rien ?

kab_kagaAprès plus de 10 ans de conflits, la nouvelle alliance entre Kinshasa et Kigali pouvait laisser croire un retour à la paix au Kivu. En janvier 2009, un retournement d'alliance avait permis de neutraliser la rébellion de Laurent Nkunda, ancien allié du Rwanda et auourd'hui détenu par Kigali. Mais plus d'un an après, l'Est de la République démocratique du Congo (RDC) est toujours le théâtre de violents affrontements entre groupes armés. Pour le chercheur Thierry Vircoulon, ce rapprochement est un échec.

Drapeau RDC 2.jpgDrapeau Rwanda.jpgDans un article publié par Alternatives Internationales (1), un chercheur de l'Institut français des relations internationales (Ifri) revient sur l'année écoulée au Kivu depuis l'arrestation du rebelle Laurent Nkunda. Un brusque renversement de situation, où les ennemis d'hier sont devenus les alliés d'aujourd'hui... la RDC de Joseph Kabila s'est en effet rapprochée du Rwanda de Paul Kagame. Les deux pays se sont retrouvés sur des objectifs communs : la neutralisation de la rébellion de Nkunda et la traque aux rebelles hutus des FDLR au Kivu.

Thierry Vircoulon porte un jugement sévère sur le bilan de se rapprochement. Même si Laurent Nkunda a effectivement été arrêté et si des opérations conjointes de chasse aux FDLR ont été mis en place (Umoja Wetu et Kimia II), les résultats sont "loin d'être à la hauteur" pour le chercheur français. Selon Thierry Vircoulon, "la traque aux FDLR a tourné court (...) et cette échec militaire coïncide avec l'absence de progrès dans la très attendue normalisation politique". L'ancien mouvement de Laurent Nkunda, le CNDP, attend toujours son intégration dans l'appareil décisionnaire congolais et son entrée au gouvernement. L'incorporation des troupes rebelles au sein de l'armée congolaise (FARDC) est tout aussi virtuelle et le CNDP continue de faire la loi dans ses fiefs (Masisi et Rutshru).

Pour ce spécialiste de l'Afrique, "l'histoire bégaie dans les Kivus (...) le processus de paix s'apparente en définitive à une pièce de théâtre maintes fois rejouée dont ni l'intrigue ni les rôles n'ont changé".

(1) "RD Congo : l'histoire bégaie dans les Kivus". Thierry Vircoulon - Alternatives Internationales - Décembre 2009. Christophe Rigaud

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Mais qui en veut à Werrason ? 12 mandats de comparution au Parquet contre Igwé et Wenge Mmm

Werrason2A la Zamba Playa, on dénonce une manoeuvre destinée à « distraire » le « Roi de la Forêt » présentement concentré sur la préparation de son prochain spectacle, le 13 mars, au Zénith de Paris.

Coup de tonnerre dans un ciel serein ? La nouvelle a plutôt provoqué colère et indignation au sein de la « Majorité plurielle » à la Zamba Playa : 12 mandats de comparution ont été lancés contre Werrason et certains de ses collaborateurs, notamment, King Tekila, Papy Kakol et certains des gardes du corps du « Roi de la Forêt ».

Les mandats ont été signés par un magistrat du Parquet Général près la Cour d’Appel de Kinshasa Gombe.

Comme de mise, le motif de leur comparution sera notifié à Werrason et à ses collaborateurs ainsi qu’au présentateur de l’émission télévisée « Zamba Zamba » au Parquet même.

Selon des proches du leader de Wenge MMM, on croit savoir d’où est venue l’initiative des mandats de comparution mais, on ne sait en dire plus tant que cette origine n’est pas confirmée par le magistrat qui a lancé ces mandats.

On suppose par ailleurs qu’il s’agit d’une vieille affaire sans conséquence du reste tant pour Werrason que pour ses collaborateurs concernés.

A la Zamba Playa, on dénonce une manoeuvre destinée à « distraire » le « Roi de la Forêt » présentement concentré sur la préparation de son prochain spectacle, le 13 mars, au Zénith de Paris.

Un spectacle que Werrason place sous le signe d’un défi à lui-­même car, se dit-il, ses spectacles dans les salles mythiques européennes peuvent se succéder mais, ils n’ont pas le droit de ressembler les uns aux autres.

Le pari pour Ngiama Makanda est de mettre la barre chaque fois plus haut. Il n’y a donc pas lieu de perdre contenance, de se laisser démonter par la provocation et de céder à la distraction.

Le spectacle du 13 mars prochain au Zénith de Paris aura donc lieu et de fort belle manière car, rien ne sera ménagé pour qu’il soit durablement gravé dans les mémoires. Visa

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07 février 2010

Où était passé Kamerhe ? Vital au Canada...

vital_kamAprès l’entrée des troupes rwandaises sur notre sol au mois de janvier 2009, Vital Kamerhe, alors président de l’Assemblée nationale avait manifesté sa désapprobation sous forme d’étonnement. Il avait dit que s’il s’avérait que l’entrée des troupes rwandaises sur notre sol sans que le Parlement en ait été informé était un fait réel, cela allait être grave. Vital était-il prophète ? Ce qu’il avait prédit s’était réalisé : Umoja Wetu n’a pas été un succès et nos populations ont payé un lourd tribut de cette opération entre les troupes de l’armée rwandaise, les démobilisés de cette armée opérant sur notre sol et ce qu’il nous reste des FARDC.

Kamerhe dégommé de la tête de l’Assemblée nationale a gardé un silence inquiétant sur la suite des événements après Umoja Wetu. Il se serait retiré en Afrique du Sud pendant tout un temps (pour re-apprendre l’Anglais et la politique ?) et aurait même fait faux bond à « ses amis et ses vieux » de l’Assemblée nationale. Certains de ces derniers ont été déçus du comportement de « leur ami ». Et tout à coup, Vital annonce sa tournée au Canada. Il affirme qu’il est prêt à répondre à toutes les questions qui lui seront posé. Mais pourquoi maintenant ?

La campagne électorale a déjà commencé. Vital va faire semblant d’initier une nouvelle voie en rupture avec « son frère et ami Joseph » pour enfin lui offrir, sur un plateau, les voix des Congolais qui croient encore en ses qualités de fin communicateur. Du côté de certains parrains occidentaux, il semble être le meilleur candidat pouvant succéder à « Joseph ». Mais selon certaines sources, Vital serait prêt à soutenir « Joseph » en 2011 pour qu’à son tour, « Joseph » le soutienne en 2016. Ceux d’entre nous qui lisent savent que Kamerhe se confiant à Jeune Afrique avait avoué que son modèle en politique étaitNicolas Sarkozy ; il pense à la présidence sans en parler. Et quand on sait que c’est Vital Kamerhe qui « a choisi Joseph Kabila » et l’a présenté à notre peuple comme l’unique candidat valable pour diriger notre pays, le scénario du soutien à « Joseph » en 2011 et à « Vital » en 2016 est vraisemblable.

Aller au Canada, ce « paradis juridique » des entreprises multi et transnationales pillant notre pays semble être un signal fort : Vital a choisi son camp, le camp des impérialistes et de la petite bourgeoisie compradore.

kabila_kamerheFaut-il compter sur un pareil politicien pour la relève du Congo demain ? Non. Kamerhe nous paraît beaucoup plus dangereux que Joseph Kabila en tant que « nègre de service ».

Il est urgent que nos compatriotes comprennent que ce genre d’individus devrait, une fois pour toutes, être mis hors d’état d’agir. Comme « Maradona », il croit encore à sa capacité de dribbler tout un peuple. Mais cela tombe mal : l’éveil de conscience de nos « petits restes » va faire échec à la ruse de tous ces messieurs qui estiment qu’ils sont les plus intelligents d’entre nous. Isolé du monde « affairiste » opérant aux côtés de « Joseph », Kamerhe aura sur sa route, à partir des Kivus, des compatriotes vertébrés, mieux outillés et beaucoup plus soucieux d’un avenir autre pour nos populations que celui qui a écrit un livre pour justifier son choix de « Joseph Kabila ».

Il est urgent que la mise du tandem Vital-Joseph hors d’état d’agir procède des actions multiformes des résistants Congolais ne jurant plus que par le renversement des rapports des forces dans la balance des parrains dudit tandem.

De toutes les façons, il sera difficile à ce tandem de continuer de mentir à nos populations dans les deux ou trois mois à venir.

Au moment opportun, nous parlerons de l’alternative à ce tandem sur la place publique et en toute humilité. « Les petits restes » ont compris qu’il fallait une autre politique que de reprendre les mêmes et de recommencer.  J.-P. Mbelu

VITAL KAMERHE À L'UNIVERSITÉ DU QUEBEC À MONTRÉAL

Vital Kamerhe : "Les fondements de la politique transatlantique de la République Démocratique du Congo"

uqamBernard Derome, Institut d’études internationales de Montréal (IEIM)

Dans le cadre du cycle de conférences : Repenser l’Atlantique

anitria Mercredi 17 février 2010, UQAM

Cycle de conférences : Repenser l’Atlantique

Cette conférence sera présidée par Bernard Derome

Vital Kamerhe est député à l’Assemblée nationale de la République Démocratique du Congo et il a été Président de l’Assemblée nationale de décembre 2006 à mars 2009. Il a joué un rôle crucial en 1998-1999, à titre d’expert principal du gouvernement congolais, dans le processus de paix de Lusaka qui a abouti à la signature de l’Accord de paix de Lusaka entre la République Démocratique du Congo et ses alliés d’un côté et le Rwanda, l’Ouganda et leurs alliés congolais, le MLC et le RCD de l’autre côté. Au cours des années suivantes il est intervenu à plusieurs niveaux pour assurer le maintien du processus de paix.

anitria Quand : mercredi 17 férvrier 2010 à 19 h

Où : Studio Théâtre Alfred Laliberté, Pavillon Judith Jasmin, 405, rue Ste-Catherine E., Local J-M400 (niveau Métro), Métro Berri-UQAM.  (Montréal Canada)

Renseignements : ieim@uqam.ca

Entrée libre avec inscription obligatoire (cliquez sur le lien ci-dessous pour vous inscrire et adresser votre question à M. Kamerhe)

http://www.ieim.uqam.ca/spip.php?page=article-pedc&id_article=5346&lang=fr

Université du Québec à Montréal (UQAM) A SUIVRE L'INTERVIEW DE KAMERHE SUR LOSAKO TV

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06 février 2010

MNC/L, MPR, UDI, PDSC, UDPS, AFDL, MLC, …Les partis politiques dans le coma

mlc_udps...................................................................................................

Quelle qu’ait été la splendeur de leur exhibitionnisme, présent ou passé, les partis politiques de la RDC meurent d’une même maladie : déficit d’idéal et déficit d’idéologie. Ceux qui tentent de prolonger artificiellement leur survie, avant de se dissoudre à leur tour dans des querelles de leadership, bénéficient un temps d’un enracinement fort, étendu jusqu’au petit militant de brousse. Alors que ceux, rares, qui parasitent le trésor public sont condamnés à disparaître sitôt disparu le bienfaiteur au pouvoir. Difficile, dans un cas comme dans l’autre, de repousser indéfiniment le sursis fatidique.

Même trajectoire : triste et éphémère. Voilà comment, en cinquante ans d’indépendance, naissent, évoluent et meurent les partis et organisations politiques créés à l’initiative des Congolais. Et ayant eu, au cours de leur courte existence, pignon sur rue.

bombole_sessanga_mwambaSe trouve sur la sellette, aujourd’hui février 2010, le Mouvement de libération du Congo (MLC) de J.P. Bemba, un poids lourd des partis de l’Opposition. Because ? L’un de ses brillants cadres, Delly Sessanga, député national, a choisi la voie de ses prédécesseurs pour tomber sous le coup du désaveu, suivi de la procédure du retrait de son mandat MLC à la Commission Politique, Administrative et Juridique de l’Assemblée nationale. Ce désaveu a été prononcé par les instances supérieures du parti.

Eternel recommencement. Après la vague des premières défections, avant la mise en place des institutions de la Transition Sun City (2003), le parti en a subi d’autres pendant et après le Pouvoir du non moins fameux « 1+4 ». La saignée se poursuit après les élections de 2006. Jusqu’où ira l’atomisation du parti ? Le mauvais vent qui souffle sur le MLC annonce-t-il un tsunami ou, pour appeler les choses par leurs noms, la fin ? Rien n’est moins sûr.

Au fait, « rien de neuf sous le soleil », avait prévenu Pline l’Ancien. Et l’actualité donne raison au sage des siècles après. Démonstration : l’éclatement des partis politiques suivi de leur disparition du paysage n’est pas un fait nouveau. Le MLC, et bien d’autres encore, suit un mouvement somme toute familier.

JAMAIS FIER DES CHAINES, FUSSENT-ELLES EN OR

lumumba2L’éclatement du MNC (Mouvement national congolais) de Patrice-Emery Lumumba n’est pas survenu au lendemain de l’assassinat de son leader en janvier 1961. L’histoire retient qu’il a co-existé un MNC/Lumumba et un MNC/Kalondji, chacun réussissant à se créer une sphère d’influence tant au pays qu’à l’étranger. Cinquante après l’indépendance, l’un et l’autre ne sont plus que des fantômes.

Puis, vint le tour du puissant parti-Etat de Joseph-Désiré Mobutu, le Mouvement populaire de la révolution (MPR). De 1967 à 1990, il a régi de main de fer le pays, l’Etat et les hommes. Il a bâillonné la liberté d’expression et instauré un régime autocratique, dictatorial. Voilà, quoi qu’on en pense aujourd’hui, une part de l’héritage du Mobutisme.

Mais dès l’annonce du pluralisme politique, le 24 avril 1990, le président-fondateur du MPR a assisté à la débandade des caciques du parti. Il a réalisé, sur le tard, que « personne n’est jamais fier de porter des chaînes, fussent-elles en or ». Au finish, le bateau MPR a sombré corps et biens.

Le virus de la dislocation, prélude à une mort lente, a attrapé l’U.D.I (Union des démocrates indépendants) de Léon Kengo wa Dondo et consorts. Et pourtant, ce parti laissait entrevoir l’alternance ou l’avènement d’un parti moderne, prometteur. Dommage. Il n’aura été qu’une association des opportunistes. Le même sort frappera le Parti démocrate social chrétien (PDSC) de Joseph Iléo Songo Amba. Mort le patriarche, les divisions ont miné le parti dit chrétien et la suite, on la connaît.

La RDC vit, semble-t-il, les derniers instants de l’UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social) d’Etienne Tshisekedi. Après 28 ans de lutte héroïque pour la démocratie, contre la dictature, « la fille aînée de l’Opposition » est en train de rendre le souffle.

LA MAISON BATIE SUR DU SABLE

Tshisekedi__avril_05Rappelez-vous. Faute de stratégie politique lucide, l’UDPS avait interdit à ses combattants de participer aux élections de 2006. Mais ces derniers ont prêté leurs voix aux candidats et partis qui étaient opposés à leur leader. Le comble du ridicule.

La plus étonnante des formations politiques du pays est l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo) de Laurent-Désiré Kabila. Après sa prise de pouvoir en mai 1997, à la tête des armées alliées prêtées par les pays voisins, le tombeur de Mobutu, n’a pas trouvé mieux que de qualifier ses alliés de « conglomérat d’aventuriers ». Deux ans après, les alliés ont pris des armes pour le renverser. Et la chute intervient en janvier 2001.

laurentdesirekabilaA la suite de l’AFDL, une nébuleuse a pris corps pour gérer le pouvoir de l’Etat : les CPP (Comités du pouvoir populaire). Leur vie ressemble à une météorite. Diverses tentatives de substitution ont alors apparu pour sauvegarder l’esprit du M’Zée. Sans succès.

C’est ainsi que l’AFDL originelle a engendré une kyrielle de formations dont la plus représentative est le PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et le développement) de Joseph Kabila. Tiendra-t-il la route ? La réponse viendra de ses composantes, multiples et complexes. Pendant ce temps, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) affronte, lui aussi, la scission. Curieusement, sur le terrain, les partis traditionnels deviennent aphones face aux problèmes du peuple, laissant les activistes des ONG s’époumoner pour défendre les intérêts de la communauté.

Ce qu’enseigne l’histoire des partis politiques de la RDC est extrêmement important : tant que les acteurs ne sont pas guidés par une conviction dans un idéal ; tant que le parti lui-même n’est pas porté par une idéologie, la maison est bâtie sur du sable mouvant.

Le parti n’est qu’un champ ouvert où viennent paître des personnages sans foi, sans scrupule. Prêts à brûler ce qu’ils ont adoré hier. Le Potentiel

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La balkanisation toujours d’actualité : Après le Rwanda et l’Angola, le Soudan veut des espaces en RDC

kab_kag1Le ventre mou du continent continue à recevoir des coups venant de ses voisins de la sous-région. Chacun cherche à prendre le contrôle d’une portion du territoire congolais.

D’abord à l’Est où le Rwanda et quelques autres pays voisins ne font pas de mystère sur leur projet visant à redessiner la carte géographique de l’Afrique. Des guerres de «libération-occupation» se sont succédé au Kivu dans le but de réaliser ce macabre projet. D’aucuns ont parlé de la balkanisation de la RDC. Les flux entre les deux pays étant importants, l’attache des Congolais de l’Est envers les pays de l’Afrique orientale. Cette raison, à elle seule, est suffisante pour justifier l’annexion de cette partie de la RDC à un pays de l’Est, le Rwanda dans le cas d’espèce.

Comme pour prouver que le plan existe bel et bien, l’Angola est entré dans la danse. Des revendications territoriales sur des terres congolaises de Kahemba ont été avancées. Plus graves, la police des frontières angolaises avait franchi pour prendre possession d’une partie du territoire congolais. Les enquêtes menées à ce sujet n’ont jamais apporté la lumière tant attendue.

Jusqu’à ce jour, nul ne peut confirmer si les policiers angolais ne reviendraient plus jamais faire flotter le drapeau de leur pays sur le sol congolais de Kahemba. Lors des rencontres en commission mixte, la question a toujours été évitée afin de ne point empoisonner les relations existant entre les deux pays.

Pire, des eaux territoriales congolaises sont occupées par l’Angola. Publiquement, il se constate que des exploitations pétrolières, fleurons de cette industrie pour l’Angola, sont situées en RDC ! D’ailleurs, dans les milieux diplomatiques, il est reconnu que la RDC, dans sa situation actuelle, ne pourra pas reprendre cette manne pétrolière des mains du puissant Angola.

C’est donc par voie diplomatique que la question pourrait trouver de réponse au regard de la volonté affichée de s’en référer aux anciens pays colonisateurs pour connaître les vraies frontières séparant les deux pays. La RDC s’y emploierait déjà, mais, le succès n’est pas garantie.

LE SOUDAN ENTRE DANS LA DANSE

rd_congo_243En plus de ces deux pays, le Soudan, lui aussi, allègue des prétentions territoriales sur la RDC. Ici, les choses sont compliquées. Déjà, lors de l’opération conjointe avec les FARDC et l’armée ougandaise contre la LRA, l’armée du Sud-Soudan affirmait opérer «sur le territoire soudanais», alors qu’elle était sur le sol congolais. Personne n’avait fait attention à cette déclaration.

Coup de théâtre mercredi dernier à Morobu, en territoire soudanais, les Soudanais ont officiellement revendiqué la légitimité sur cette partie du village de Kimba ! Curieusement, ces revendications des officiels étaient précédées par l’occupation des rebelles de l’ex-rébellion de SPLA.

Dans la Province Orientale, la situation des Mbororo est jeté aux oubliettes par les autorités congolaises. Une volonté nettement exprimée de créer de toute pièce un conflit contre la RDC, en territoire congolais, afin de repousser au plus loin les populations congolaises !

La construction d’un bureau administratif démontre la préméditation de l’opération de la part des autorités soudanaises. Pendant ce temps, la partie soudanaise «exige des pourparlers entre les vieux sages des villages frontaliers de ces deux pays pour décanter cette situation». Une stratégie de distraction des autorités congolaises, dans la mesure où les militaires soudanais occupent déjà les terres congolaises. Entretenir un climat d’usure dans cette partie de la République, est suicidaire pour la RDC. Ce front risque d’être plus dangereux pour le pays d’autant que le Soudan qui recherche la paix à l’intérieur de ses frontières, pourrait exporter son conflit en RDC. Le Potentiel

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05 février 2010

Belgique-RD Congo : Les «hallucinations» de l’eurodéputé Louis Michel

louismichelkabilakkReçu mardi 2 février, à Kinshasa, par Joseph Kabila, l’eurodéputé libéral francophone belge Louis Michel assure avoir constaté un certain changement. Une manière de faire oublier les critiques articulées le 16 décembre dernier, au Parlement européen à Strasbourg, par le commissaire européen libéral flamand Karel De Gucht selon lesquelles la RD Congo serait devenue un «énorme gâchis». Applaudis par les «kabilistes», Louis Michel - qui est également co-président de l’Assemblée paritaire ACP-UE – n’a pas manqué d’exaspérer une certaine opinion congolaise déçue par l’incapacité des gouvernants en place à répondre aux attentes les plus basiques de la population (sécurité des personnes et des biens, approvisionnement en eau et en électricité, nourriture, soins de santé, éducation etc.). Des milieux congolais suspectent des personnalités politiques et médiatiques francophones belges d’être impliqués dans un «complot international» dont le but se résume au maintien de Joseph Kabila au pouvoir.

Quel était le but de la visite que vient d’effectuer l’eurodéputé Louis Michel au Congo ? Etait-ce un voyage d’agrément à l’occasion du 9ème anniversaire de l’accession de Joseph Kabila à la tête de l’Etat ou un déplacement dans le cadre de ses nouvelles fonctions de co-président de l’Assemblée paritaire ACP-UE ? Etait-il allé «consoler» son ancien «protégé»? Au regard des déclarations faites par l’intéressé, il apparaît que l’ancien chef de la diplomatie belge s’est rendu à Kinshasa pour «panser les plaies» infligées au «raïs» par les déclarations décapantes faites par le commissaire Karel De Gucht lors du débat du 16 décembre dernier au Parlement européen. «Karel» regrettait de ne pas trouver des «interlocuteurs appropriés» dans ce Congo qui est devenu, selon lui, un «énorme gâchis». Rappelons que l’eurodéputé Louis Michel avait choisi de hurler avec les loups dans son intervention ce 16 décembre. Il relevait notamment que «les carences du système judiciaire congolais créent un sentiment généralisé d’impunité» avant de souligner que «ce qui reste à reconstruire au Congo, c’est un Etat de droit avec de véritables fonctions régaliennes qui, aujourd’hui, sont totalement inexistantes et donc créent un vide extrêmement grave.»

Fourberie

A Kinshasa, c’est un tout autre homme qui est apparu. Un Louis Michel mielleux, frisant la fourberie. L’homme use et abuse des paraboles. Sans convaincre. Preuve, si besoin en était qu’il n’a pas d’éléments matériels pour démontrer les fondements de ses éloges. «Le malade était gravement malade. Mais le malade sort petit à petit de sa convalescence et retrouve les couleurs», a-t-il déclaré à l’issue de ses entretiens avec le «raïs». De qui, de quoi parle-t-il ? Michel poursuit son monologue en se disant persuadé que la RD Congo dispose des atouts indiscutables pour que la machine se remette à «fonctionner». L’eurodéputé d’ajouter : «Chaque fois que je viens ici je trouve des éléments nouveaux». Lesquels ? On peut imaginer qu’il fait allusion aux travaux de réfection de quelques altères de la capitale – à ne point finir - autant qu’au «boom immobilier» perceptible à travers la ville. Michel s’est dit «impressionné» par la volonté de Kabila à «accélérer le processus». Qu’en est-il de la qualité de vie de la population? Pas un mot.

Michel a fait l’éloge du Parlement de la RD Congo. «Je trouve dans ce Parlement un véritable esprit de débats, de contrôle démocratique, a-t-il estimé. Je vais suffisamment dans des pays en développement pour vous dire et vous témoigner qu’on ne voit pas cela partout». Le parlementaire européen feint d’ignorer que la présidence de l’Assemblée nationale a été décapitée par le président de la République. On peut gager que l’homme n’a pas évoqué les sujets qui fâchent avec le "raïs". C’est le cas des députés provinciaux qui ont passé à tabac à Lubumbashi par des membres de la «Jeunesse» du parti du président de l’assemblée provinciale du Katanga.

karel_20de_20gTiraillement

Notons que le commissaire européen Karel De Gucht était, dimanche 31 janvier, l’invité du journaliste Pascal Vrebos de la télévision commerciale RTL-Tvi. L’homme n’a pas voulu remuer le couteau dans la plaie en commentant les récentes critiques qu’il a formulées à l’encontre du tout nouveau ministre belge des Affaires étrangères, le CD&V Steven Vanackere, qui a été photographié entrain de trinquer avec Kabila. N’aime-t-il pas le Congo parce qu’on y parle français ?, demande le journaliste. «J’aime beaucoup le Congo, répond De Gucht. J’ai beaucoup visité ce pays. Je suis peiné de voir le Congo dans sa situation actuelle.»

Depuis le début des années 90, les hommes politiques flamands et francophones belges semblent s’affronter au sujet de l’attitude à adopter vis-à-vis du Congo-Zaïre. Si un certain unanimisme était perceptible sous le régime Mobutu, cette unité de vue est partie en éclat depuis l’arrivée des Kabila au pouvoir. Le monde politique flamand est resté globalement «très critique» sur le processus démocratique, la gouvernance et les droits et libertés. Les milieux francophones paraissent plus accommodants. On entend des formules du genre «il faut donner le temps au temps.»

On peut comprendre que certains citoyens congolais suspectent des personnalités politiques et médiatiques francophones de faire partie d’une «vaste conspiration internationale» dont le but est de maintenir Joseph Kabila au pouvoir pour conforter certains intérêts étrangers. Et ce, en dépit de son bilan «globalement négatif» au plan sécuritaire, économique et social. Les partisans de cette thèse épinglent quelques faits. Dans un article publié dans son édition daté 20 janvier 2001, le quotidien bruxellois annonçait que Joseph Kabila, désigné pour succéder au «Mzee», «est à moitié tutsi», par sa mère. Cette information a fait le tour du monde. Une semaine après, soit le 26 janvier, «Le Soir» s’est rétracté en soutenant cette fois que la mère de «Joseph» «est bien Congolaise». Son nom : Safi (Sic !) Manya. Depuis l’arrivée de Joseph au pouvoir les articles revêtus de la signature de la journaliste Colette Braeckman ressemblent de plus en plus à de «papiers de propagande». C’est le cas notamment d’un commentaire intitulé : «Botika Mwana». En lingala dans le texte. Traduction littérale : Foutez la paix au gamin ! Un étrange revirement éditorial de la part d’un organe de presse qui avait fait mine un moment de «se battre» pour la promotion des valeurs démocratiques et du respect des droits de l’homme au Congo-Zaïre.

Hallucinations

kabila_fortEn octobre 2004, Karel De Gucht, tout nouveau ministre des Affaires étrangères, entame sa première tournée africaine. A l’étape de Kigali, il lâche : «Je n’ai pas rencontré des hommes d’Etat au Congo». De Gucht aurait été surpris par le peu de souci que les dirigeants congolais – le chef de l’Etat en tête - accordaient aux questions d’intérêt général. Le libéral francophone Armand de Decker, alors ministre de la Coopération au développement réagit vivement : «Cette prise de position est de nature à affaiblir le président Joseph Kabila et à renforcer les mobutistes qui risquent de revenir au pouvoir.» Au lendemain des affrontements entre les soldats attachés à la sécurité de l’ancien vice-président Jean-Pierre Bemba et les hommes de la garde prétorienne de Kabila en mars 2007, De Decker est interrogé au journal télévisé de RTL-Tvi à 13 heures. Sans attendre les conclusions de l’enquête ouverte par la Monuc, il désigne le coupable et les innocents: «J’espère que Jean-Pierre Bemba est conscient de la responsabilité politique très, très grande qu’il porte». Il ajoute : «Nous sommes dans une situation où, après des élections transparentes, un gouvernement légitime est en place. Et le perdant ne veut pas accepter sa défaite. Aussi, lance-t-il ses hommes dans la ville pour déstabiliser le régime». «Jean-Pierre Bemba doit comprendre qu’il ne peut pas prendre la reconstruction du Congo en otage pour ses intérêts personnels. Maintenant le président Kabila et le Premier ministre Gizenga peuvent poursuivre leur travail avec une détermination plus grande», conclut-il. Rappelons que lors d’un voyage à Kinshasa, De Decker avait trouvé des mots pour justifier le massacre des adeptes de Bundu dia Kongo par des policiers, qualifiés de "membres d’un mouvement insurrectionnel". On devrait parler d’aveuglement.

Inutile de rappeler les interventions partisanes du commissaire européen Louis Michel sur la même chaîne au cours desquelles il a présenté l’actuel président congolais comme étant «l’espoir pour le Congo» ou encore «L’homme de la situation.»

Tous ces compliments laissent sceptiques les premiers intéressés en l’occurrence les Congolais. La grande majorité des Congolais attendent depuis neuf ans les premiers signes du changement dans sa vie quotidienne. A Kinshasa, Louis Michel n’a rien vu. Il a été victime de ses hallucinations.

Madeleine Wassembinya/B.A.W

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