LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

26 juin 2008

Remaniement du gouvernement: Gizenga forcé de rendre le tablier

136218La rumeur se fait de plus en plus pressante. Le remaniement du gouvernement est imminent. Il ne s’agit nullement de l’intoxication. Mais des faits sur lesquels l’on s’appuie pour que ce remaniement, loin d’être une sanction, soit une nécessité. Le « Vieux » est forcé de rendre le tablier. Il ne trouverait pas d’inconvénient au regard des cogitations de ces derniers jours. Reste la forme à donner à cette « grande décision » pour que d’un côté, l’on garde la cohésion au sein de la majorité présidentielle, et de l’autre, susciter l’adhésion populaire.

Tous les signaux sont là et indiquent un remaniement imminent du gouvernement. Certes, l’on attribue encore ces faits à des rumeurs. D’autres vont plus loin, jusqu’à accabler la «presse» pour affirmer tout de go qu’il s’agit «d’une invention des journalistes» (sic). Ils oublient que ceux-ci véhiculent les opinions des uns et des autres. Et que par définition, une rumeur est avant tout une «information», vraie ou fausse.

Qu’à cela ne tienne. L’on fonde ces rumeurs sur des faits réels, relevés par les uns et les autres. L’immobilisme du gouvernement demeure bel et bien une réalité constatée tant par des personnalités nationales que les partenaires extérieurs. Quel que soit l’héritage légué à l’actuel gouvernement, il n a jamais donnée «des signaux forts» pour convaincre de sa détermination à changer les choses, de sa capacité à refonder la République démocratique du Congo.

D’ailleurs, le Premier ministre l’a reconnu implicitement, lorsque du haut de la tribune de l’ Assemblée nationale, il s’est appuyé sur le Roi Léopold II pour justifier «son style» de gouverner. Aveu indiscutable de l’immobilisme qui a engendré des effets d’entraînement négatifs sur le respect de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du pays.

Bien que la situation à l’Est soit complexe, le gouvernement suit les événements et à ce jour, le danger demeure toujours à l’Est. Ce sont plutôt les initiatives des partenaires extérieurs, pour ne pas dire de la Communauté internationale, qui supplantent les démarches nationales. Preuve irréfutable que le gouvernement suit bel et bien les événements au lieu de les précéder. Situation qui a obligé plusieurs fois le président de la République à mettre la casquette du Premier ministre là où logiquement la présence physique du chef du Gouvernement était attendue. L’absence d’un leadership fort à la tête de l’Exécutif est manifeste.

UNE GESTION MALADROITE

L’absence justement de ce «leadership fort» se répercute sur l’action du gouvernement émaillée de nombreux «télescopages»au sein de l’Exécutif. En effet, à la suite de quelques interpellations initiées tant par l’Assemblée nationale que le Sénat, de nombreuses insuffisances ont été constatées. Tout se passe comme si certains membres du gouvernement ne maîtrisent point leur secteur respectif, ajouter à cela le manque d’une « politique de communication » pour sortir des vieux sentiers d’une gestion obscurantiste. Il y a là la preuve d’un amateurisme abject qui affecte l’action du gouvernement.

Affaire Kahemba, Expulsion des Congolais, Contrats miniers, Réforme des Entreprises de l’Etat, Contrats SNEL, Affaires foncières… autant de dossiers qui ont suscité de nombreuses interrogations sur la capacité de quelques membres du gouvernement à s’en tenir à une certaine ligne de conduite. Et lorsque les ministres sont rappelés à l’ordre, c’est après coup ; le mal est déjà fait à la grande indignation des Congolais et des partenaires extérieurs. Même le fameux dossier de la «Convention sino-congolaise» a été perçue comme une affaire de quelques personnalités - avant que l’Assemblée nationale sollicite une information pour endosser cette convention - afin qu’elle devienne une affaire nationale.

Ces insuffisances découlent d’une gestion maladroite qui appelle un réajustement si l’on ne tient pas à une gestion à vau-l’eau pour conduire le bateau contre les récifs.

QUI SUCCEDERA A GIZENGA ?

La tendance n’est pas à un suicide collectif. Et il n y a point d’état d’âme pour prendre des décisions courageuses tournées vers l’avenir d’un peuple et le devenir d’une Nation. Nul ne nierait qu’il y a des signaux qui ne trompent pas. La confusion, soit dit en passant, au sein de Palu autour de «l’Affaire Mayobo» que l’on s’emploie à maquiller, est une manifestation de plus de l’immobilisme qui ronge l’Exécutif. Sinon, une telle décision n’aurait jamais échappé à la vigilance du patriarche Gizenga.

Le remaniement du gouvernement devient aujourd’hui une nécessité dans l’intérêt supérieur de l’Etat et de la Nation. Le Premier ministre a fait ses preuves. Il est temps qu’il songe à passer la main. Son âge est déjà un motif valable pour lui préparer une sortie honorable afin que l’on bénéficie toujours de sa sagesse et de son expérience. S’obstiner à minimiser cet aspect du problème relève du clientélisme politique, de manque de vision et de la mauvaise gouvernance. Car, le poids des grandes questions nationales et internationales pèse sur le gouvernement alors que c’est le Premier ministre, à l’instar de tous les pays à régime semi-présidentiel, qui est le porte-étendard, ce capitaine présent sur tous les fronts dans le but de susciter de nouvelles énergies créatrices.

L’Alliance de la majorité présidentielle, AMP, plate-forme au pouvoir, est devant ses responsabilités. Certes, il existe bel et bien des accords. Pas question de les renier. Cependant, ces accords ne sont pas du tout immuables devant les impératifs d’une gestion moderne d’un Etat, surtout que la politique est dynamique.

Le Palu pourrait bien quitter la Primature. Mais dans l’élan de préserver la cohésion au sein de la majorité, parvenir à un compromis sur deux ou trois postes-clés où des éléments valables seront nommés pour être au service de l’Etat et de la Nation. Si ces oiseaux rares sont là, le patriarche Gizenga deviendrait un monument en favorisant leur nomination au sein du gouvernement. Mais que certains sympathisants de Palu s’obstinent à faire une lecture sélective des accords au sein de l’ AMP qu’ils auraient valeur d’un mandat législatif, voilà qui revient à hypothéquer les intérêts supérieurs de la Nation. D’autres partenaires emboîteraient le pas en brandissant le même prétexte et renforcer ainsi davantage l’immobilisme tant décrié.

Le Président de la République va-t-il bousculer les différentes institutions nationales ? Personne ne le sait. Mais les confrères de Jeune Afrique ont fait allusion à la nomination de Léon Kengo wa Dondo, président du Sénat, au poste de Premier ministre. Auparavant, il avait été question de Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale. Des rumeurs ont également fait état de Evariste Boshab, actuel secrétaire général du PPRD et ancien directeur de cabinet du président Kabila.

Quoique l’on dise de toutes ces rumeurs, un fait est certain : l’heure de grandes décisions a sonné. Partant, le remaniement du gouvernement ne surprendrait personne. Le contraire susciterait plusieurs interrogations pertinentes. Le Potentiel

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