LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

27 novembre 2007

Afrique du Sud: Zuma prend l'avantage dans la course à la tête de l'ANC... Bye bye Mbeki !

zumaL'ancien vice-président d'Afrique du Sud, Jacob Zuma, a pris ce week-end un avantage décisif sur le chef de l'Etat Thabo Mbeki dans la course à la direction du Congrès national africain (ANC), à moins de trois semaines de la conférence élective du parti au pouvoir.

"Zuma aux commandes", "Zuma roule en tête", "La porte de sortie est indiquée à Mbeki", titraient lundi les quotidiens sud-africains en Une, après que la majorité des fédérations provinciales du parti eurent désigné Zuma comme leur candidat.

En dépit des soupçons de corruption qui ternissent sa réputation, Zuma, 65 ans, a reçu l'investiture de cinq provinces contre quatre à Mbeki. Mais surtout, en terme de voix par délégués, il a engrangé une avance considérable, avec 2.200 voix sur un total de 3.600.

"Maintenant, nous savons que Zuma bénéficie d'un soutien important, peut-être même assez pour qu'il soit élu", lors de la conférence élective de Polokwane (Limpopo, nord) du 16 au 21 décembre, a commenté l'analyste politique Steven Friedman.

"L'ANC rejette Thabo Mbeki", a pour sa part noté le commentateur politique Xolela Mangcu, basé à Pretoria.

Selon lui, la situation n'est pas définitive, puisque les délégués voteront à bulletin secret lors de la conférence. "Mais si les choses changent, ce sera dans le mauvais sens pour Mbeki. Les gens peuvent voir dans quel sens le vent souffle."

"Je ne vois pas comment ce ne serait pas la fin de la candidature Mbeki", a renchéri Susan Booysen, de l'université Wits à Johannesburg. Le résultat est "tellement tranché", a-t-elle souligné. "On ne peut plus parler de deux candidatures égales. La marge est trop importante."

Un candidat de compromis peut encore émerger pendant la conférence, mais selon les analystes cela ne pourra avoir lieu qu'aux dépens de Mbeki.

Pour Adam Habib, du Conseil de recherches en sciences humaines, il sera très difficile de convaincre Zuma de se retirer, maintenant qu'il se sait favori. "Nous avons deux chevaux en course, l'un est Zuma, l'autre n'est pas Thabo Mbeki", a-t-il déclaré.

Les noms des hommes d'affaires millionnaires Tokyo Sexwale et Cyril Ramaphosa ont régulièrement été évoqués pour jouer ce rôle de "3e homme", mais ils n'ont reçu que peu de soutien dans les désignations de ce week-end.

"L'option d'un troisième candidat a été enterrée, sauf pour servir de remplaçant à Mbeki", a tranché Susan Booysen.

Mbeki, 65 ans, candidat des milieux d'affaires, souffre d'une certaine usure du pouvoir -- il préside le pays depuis 1999 -- et d'une image froide et autoritaire. Sa position est également délicate parce que la Constitution lui interdit de briguer un 3e mandat à la tête du pays lors des élections de 2009, alors que la présidence de l'ANC a toujours servi de tremplin pour celle de la République.

A l'inverse, le populiste Zuma est plutôt charismatique et jouit du soutien des classes populaires. Cependant ses problèmes judiciaires pourraient lui jouer des tours.

En 2005, il avait été limogé de la vice-présidence du pays, après la condamnation de son conseiller financier pour corruption, dans une affaire de vente d'armes. Zuma avait comparu en justice, mais la procédure avait été suspendue pour des questions techniques.

Début novembre, la justice a rouvert la porte à des poursuites en déclarant légales des perquisitions opérées dans le cadre de l'enquête. Zuma pourrait donc être inculpé prochainement pour corruption.

Pour ses adversaires "c'est un atout, mais cela pourrait avoir des répercussions massives. A ce niveau de la course, cela créerait un désordre indescriptible", a relevé Susan Booysen.

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