LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

09 avril 2012

Province du Nord Kivu : Bosco Ntaganda replié dans le Masisi

Bosco_NtagandaRedoutant un transfert peu probable à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, au Pays-Bas, le «général» Bosco Ntaganda, alias "Terminator", se serait replié dans le Territoire de Masisi - à Ngungu ? - en compagnie de plusieurs centaines d’ex-combattants et officiers, étiquetés CNDP, intégrés de manière chaotique dans les FARDC. Va-t-on assister à la renaissance d’une «nouvelle rébellion congolaise» lancée à partir de... Kigali? Des observateurs voient dans la récente «démonstration de force» de Ntaganda lundi 2 avril à Goma une «mise en scène concertée» avec «Joseph Kabila». Objectif : «impressionner» l’opinion tant nationale qu’internationale. Une source proche du CNDP exclut l’hypothèse de la relance d’un mouvement insurrectionnel. Selon lui, les ex-combattants du CNDP seraient «mécontents» de leurs conditions sociales au sein des FARDC.

Que se passe-t-il dans la province du Nord Kivu? Selon des sources kivutiennes, des villages désertés par des autochtones, fuyant les groupes armés, seraient en cours de «repeuplement» par des «familles» venues du Rwanda voisin. Rumeurs non fondées?

«Retour à une paix durable»

Mercredi 4 avril, les députés nationaux originaires de cette Région ont été reçus par le Premier ministre intérimaire, le PPRD Louis-Alphonse Koyagialo. Leur message s’est limité en une demande de «l’implication efficace et totale» du gouvernement afin de promouvoir «le retour d’une paix durable» dans cette partie du pays. Une région qui est déstabilisée depuis plus d’une décennie par des groupes armés. Porte-parole du groupe, le député Konde Vila Kikanda a précisé «qu’actuellement au Nord-Kivu, on déplore les attaques des groupes armés et des cas d’extorsions qui prennent de l’ampleur, sans compter les assassinats».

Tout commence avec le verdict rendu le 14 mars dernier par la CPI sur le cas de l’ex-chef milicien Thomas Lubanga Diylo reconnu coupable de «crimes de guerre» pour avoir - entre septembre 2002 et août 2003 - enrôlé dans sa milice des enfants de moins de 15 ans. Bras droit de Lubanga à l’époque des faits, Bosco Ntaganda, lui, continue à se restaurer dans les meilleurs restaurants de la ville. Il jouit de la protection du "raïs". Le procureur près la CPI Luis Moreno Ocampo a, à l’issue du prononcé de cet arrêt, invité les autorités congolaises à assurer le «transfert» de «Bosco» à La Haye. Subterfuge? Dans son édition n°2673 datée du 1er au 7 avril 2012, l’hebdomadaire «Jeune Afrique» note dans sa rubrique «Confidentiel» que «Joseph Kabila chercherait à donner des gages à la communauté internationale afin de tourner la page de la présidentielle contestée de novembre 2011». Il s’agit sans doute d’une vue de l’esprit dans la mesure où, derrière Ntaganda, il y a des gros intérêts …rwandais en jeu. Livrer "Bosco", équivaudrait pour "Joseph" à un "suicide". A ses interlocuteurs, «Kabila» n’a jamais cessé de clamer que l’arrestation de Ntaganda serait de nature à compromettre «les efforts consentis pour la pacification de l’Est du pays». Pacification? Quelle pacification?

cndpDuplicité de la «communauté internationale»

Depuis janvier 2009, Bosco Ntaganda joue le rôle de commandant en second de toutes les opérations dites de «traque» des rebelles hutus des FDLR. «Bosco» côtoie au quotidien les forces onusiennes basées au Kivu. Les opérations «Umoja Wetu», «Kimya» et autre «Amani leo» n’o guère produit les effets annoncés. Ces opérations n’ont été en réalité qu’un épais écran de fumée pour couvrir une vaste action d’infiltration des troupes régulières de l’armée rwandaise (RDF) dans les rangs des FARDC avant de se répandre dans les coins ert recoins. Tout ceci, avec la complicité de «Joseph Kabila» et celle de deux de ses principaux collaborateurs d’alors. Il s’agit de John Numbi Banza Tambo et de Augustin Katumba Mwanke (décédé le 12 février dernier). Les deux provinces du Kivu ont été «données» au satrape rwandais. C’était le "prix à payer" pour la survie politique de «Joseph». Un porte-parole du département d’Etat américain n’a-t-il pas osé déclarer l’année dernière que les deux Kivu étaient considérés comme partie intégrante du Rwanda? Ancien sous-secrétaire d’Etat aux Affaires africaines, Herman Cohen n’a pas dit autre chose. Dans une tribune libre publiée dans «New York Times», en janvier 2009, Cohen de soutenir sans broncher que l’avènement d’une paix durable entre Kigali et Kinshasa dépendrait de la mise sur pied d’un «marché commun». «Si un tel marché commun était instauré, le Rwanda et la RD Congo n’auraient plus besoin de se faire la guerre», disait-il. En fait le Rwanda de Paul Kagame n’a guère besoin d’un «common market» puisqu’il peut "se servir" grâce à ses supplétifs tels que Ntaganda.

L’arrestation de Lubanga à Kinshasa fin 2005 a été précédée par des pressions exercées sur les autorités congolaises par le Conseil de sécurité des Nations Unies. L’ex-chef milicien a été embarqué la nuit dans un avion français à l’insu des autorités judiciaires congolaises. D’aucuns avaient qualifié cette "extradition" d’enlèvement au motif que la procédure en la matière n’a pas été respectée. Que voit-on dans le cas Ntaganda? Ici, le même Conseil de sécurité devient aphone. Et dire que le mandat d’arrêt a été émis en 2006.

Monuc_fardcOn ne peut que comprendre l’attitude digne de Ponce Pilate adoptée par les responsables de la Mission de l’Onu dite de «stabilisation» au Congo. Depuis le mois de juillet 2009, la Monusco répète sans cesse que « la question du transfert de Bosco Ntaganda à la Cour pénale internationale demeure une initiative du gouvernement» congolais. Au cours d’un point de presse tenu mercredi 4 avril 2012, le porte-parole de la Monusco, Madnodje Mounoubai, a répété la même rengaine en soulignant que la Monusco «n’est impliquée ni de loin, ni de près» dans l’arrestation de Ntaganda. Ajoutant : «Bosco Ntaganda est sous le coup du mandat d’arrêt de la CPI. La RDC a une responsabilité et est tenue de respecter ses engagements du statut de Rome et d’autres conventions». Question : A quel jeu se livre la nébuleuse «communauté internationale» ? Duplicité ?

Au moment de boucler ce «papier», une source proche du CNDP contacte l’auteur de ces lignes. «Je tiens à vous confirmer que des militaires et des officiers étiquetés CNDP ont décidé de se replier dans le Masisi en protestation contre la médiocrité des conditions sociales dans les FARDC, dit-il. Bosco se trouve aussi dans le Masisi. Tous les groupes armés de l’Est ont adopté une position commune pour exiger une meilleure qualité de vie. Les autorités de Kinshasa doivent bien traiter les militaires. L’Etat doit prendre soin de la population, des militaires et des fonctionnaires. Si les Kinois avaient eu le courage de descendre dans la rue, ce «Monsieur» (Joseph Kabila, Ndlr) aurait déjà été chassé du pouvoir…».

«Tous les Congolais sont égaux devant la loi et ont droit à une égale protection des lois», stipule l’article 12 de la Constitution congolaise. Bosco Ntaganda doit être transféré à La Haye au même titre que Lubanga, Germain Katanga et Mathieu Goudjolo. Il faut espérer que les nouveaux députés nationaux auront le courage d’exiger à «Joseph Kabila», dont la passivité frise la félonie, la divulgation du contenu des accords secrets conclus en décembre 2008 et janvier 2009 avec le Rwanda de Paul Kagamé. Les Citoyens ont le droit de savoir...

Baudouin Amba Wetshi

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