LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

16 février 2011

Elections 2011 : Tshisekedi fragilise le "front commun" de l’opposition (?)

TshisekediA l’occasion de la célébration du 29ème anniversaire de la création de l’UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social), Etienne Tshisekedi wa Mulumba a jeté un pavé dans la marre en déclarant, mardi 15 février, sa volonté d’affronter, seul, le président sortant "Joseph Kabila" lors de la prochaine présidentielle. Le leader de l’UDPS a exprimait tout le mal qu’il pense des tractations en cours en vue de désigner le "candidat unique" de l’opposition. Lors de son récent séjour à Bruxelles, début février, Vital Kamerhe, président de l’UNC (Union nationale congolaise) avait lancé l’idée de dessiner le "profil" du candidat de l’opposition à ce scrutin. La proposition avait été rejetée bruyamment par des "tshisekedistes". Selon des sources, des "super faucons" du "clan kabiliste" attiseraient les dissenssions entre Tshisekedi et certains "barons" de l’UDPS en rupture de bans. C’est le cas de Beltchika Kalubye qui serait "traité" par l’ancien directeur de cabinet du chef de l’Etat, Raymond Tshibanda, ministre de la Coopération régionale.

"Voilà une bien mauvaise nouvelle pour la cohésion au sein de l’opposition à quelques mois des élections présidentielles". C’est la réaction à chaud exprimée mercredi matin par un membre de l’opposition contacté par Congo Indépendant. Que s’est-il passé? Assiste-t-on au retour des vieux démons des "années transition mobutiste" lorsque Tshisekedi, Premier ministre élu à la CNS (Conférence nationale souveraine), déclarait qu’il n’avait plus de compte à rendre qu’à "son peuple" passant par pertes et profits le soutien des forces politiques et sociales "acquis au changement"?

Mardi 15 février, le président de l’UDPS s’est dit "déterminé à se présenter à la présidentielle de 2011". Pour lui, peu importe "que l’opposition politique s’unisse ou non derrière une candidature unique". «Je n’ai pas lutté vingt ans pour laisser ma place à un autre, a-t-il déclaré. C’est pour rester, prendre le pouvoir et instaurer un Etat de droit. Vous comprendrez que je n’accepterai aucun compromis dans ce sens là. Celui qui n’est pas d’accord avec le programme de l’UDPS, il est libre de faire ce qu’il veut, il n’est pas obligé de faire plate-forme avec l’UDPS. Mais l’UDPS est préparée à se présenter aux élections et à les gagner». Quel anachronisme? On se croirait revenu vingt années en arrière.

tshitshi_udpsDissidence au sein de l’UDPS

Depuis plusieurs semaines, des concertations ont lieu au sein des forces politiques et sociales de l’opposition. But : désigner le "candidat unique" à la présidentielle. Cette stratégie est motivée par le changement du mode de scrutin ramené de deux à un seul tour. Un changement des règles du jeu "en pleine compétition" perçu comme un subterfuge du pouvoir pour empêcher les forces de l’opposition de se coaliser au premier tour selon le fameux adage "au premier tour on élimine, au second tour, on choisit". Dans une interview accordée en septembre dernier à l’hebdomaire Jeune Afrique n°2594, "Tatu Etienne" ne jurait que par l’union de l’opposition : " (...), je lance un appel à toutes les forces du changement pour former ensemble un front commun. Des discussions informelles ont déjà commencé". Que s’est-il passé cinq mois après cette profession de foi?

Rentré à Kinshasa le 8 décembre, Tshisekedi a reçu un accueil triomphal digne d’une "Star". Pas moins de deux millions de Kinois se sont déplacés à l’aéroport de Ndjili pour voir ce "miraculé" qui sort de trois longues années de convalescence en Belgique. Cette démonstration de force a fait trembler la "Kabilie". Dans la capitale congolaise, "Tshi-Tshi" devait commencer par éteindre le feu qui couve dans son propre camp. Il s’agit de la dissidence incarnée notamment par l’ancien ambassadeur Beltchika Kalubye. Des mauvaises langues soutiennent, à tort ou à raison, que l’ex-diplomate serait "manipulé" par l’ancien directeur du cabinet présidentiel Raymond Tshibanda,actuellement ministre de la Coopération régionale. Le 10 décembre, Tshisekedi a inauguré le congrès de l’UDPS à l’issue duquel il a été "sacré" candidat de son parti au scrutin présidentiel prévu en novembre prochain.

"Le profil"

tshisekedi_kengo_kamerheLe 14 décembre, l’ancien président de l’Assemblée nationale Vital Kamerhe organisait la sortie officielle de son parti l’UNC (Union nationale congolaise). C’est une nouvelle donne politique. De passage à Bruxelles, "Vital" ne s’est pas empêché de lancer l’idée d’organisation d’une sorte "d’élections primaires" afin de désigner par voie consensuelle le "candidat unique" de l’opposition. Selon Kamerhe, il s’agit en premier lieu de dessiner le "profil" du candidat "en se fondant sur des critères objectifs". Lors d’une rencontre avec la presse, vendredi 4 février, il déclarait à ce sujet : "Notre parti est prêt à faire de concessions mais n’acceptera pas le diktat.» Le diktat de qui? Le diktat de "Tshi-Tshi" ou celui des forces de l’opposition? Samedi 5 février, le président de l’UNC a enfoncé le clou en insistant sur la nécessité d’élaborer ce "profil" de celui qui doit être le "meilleur candidat" de l’opposition.

A Kinshasa, les "tshisekedistes" voient dans ce "profil", une volonté de "Vital" de faire main basse sur l’opposition. D’aucuns suspectent, à raison d’ailleurs, l’ancien "Speaker" de limiter son combat contre le "gouvernement parallèle" incarné par Augustin Katumba Mwanke et non contre "Joseph Kabila" qui reste, pour eux, l’épicentre du système à éradiquer. Dans une interview accordée à l’hebdomadaire «Jeune Afrique» n°2609, «V.K» a apporté de l’eau au moulin de ses contempteurs en déclarant notamment : «(…). Lorsque j’ai annoncé ma candidature, en décembre, j’ai dénoncé, parmi mes divergences avec Joseph Kabila, l’existence de ce gouvernement parallèle. Mais que les choses soient claires : je ne dirige pas ma lutte contre Kabila. Je dénonce un système qui nous conduit droit dans le mur. (…) ». Les "tshisekedistes" de réagir en choeur : «Nous avons pour objectif le départ de Joseph Kabila. Toute personne qui ne sera pas derrière le candidat choisi par l’opposition lors de l’élection présidentielle sera considérée comme un ennemi envoyé par Kabila. Etienne Tshisekedi wa Mulumba est notre candidat. Nous n’allons en aucun cas livré l’opposition à Kamerhe.» Un opposant de lancer : «En vertu de quel droit Vital Kamerhe se permet-il de venir nous parler de «profil» du candidat de l’opposition à l’élection présidentielle?» Notons que lors de ses harangues, "VK" a lancé également l’idée pour l’opposition de mettre sur pied un "programme électoral commun". Une occasion pour chaque composante de connaître les "dividendes" à percevoir en termes de répartition de postes. Sait-on jamais...

En déclarant que "celui qui n’est pas d’accord avec le programme de l’UDPS est libre de faire ce qu’il veut, il n’est pas obligé de faire plate-forme avec l’UDPS", Tshisekedi wa Mulumba n’a-t-il pas engagé le redoutable pari de fragiliser la cohésion au sein de l’opposition anti-Kabila en transformant celle-ci en "machine à perdre"? Tshisekedi ne se trompe-t-il pas d’époque où le combat politique se limitait à un duel singulier entre lui-même - qui incarnait l’opposition d’alors - et le président Mobutu Sese Seko? Une chose paraît sûre : la déclaration faite par le président de l’UDPS est un mauvais signal. Il n’est pas trop tard. L’homme doit se raviser. Affaire à suivre.

B.A.W

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Posté par Losako à 18:17 - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires sur Elections 2011 : Tshisekedi fragilise le "front commun" de l’opposition (?)

  • Quand certains commencent par brandir le spectre de portrait d'un leader ,sans vouloir débattre sur la congolité,la déclaration de Tshi-Tshi coupe tout court étant un leader naturel et dynamique,car il a la grandeur de dire et de mèner des actions avec un projet de socièté pour un résultat,EN bon responsable leader,il évite à l'avance tout ce qui amène la confusion par la façon de nourrir les médias internationaux pour leurs promotion afin de faire profiter les bailleurs qui leur financent dans une hypothètique prédation du pays comme cela se passe actuellement ,alors il dit clairement ce que pense le peuple congolais:" pas de compromis si nous tenons à rétrouver notre dignité et notre souveraineté",en attendant dans les salons de conférences les électeurs congolais ne s'y rétrouvent pas ,plutôt ceux qui courent l'argent facile ,car Tshi-Tshi avait déjà prévenu: "manger cet argent ,cela appartient aux contribuables congolais spoliés par ceux qui se sont prosternés au régime actuel en enterrant des dossiers dans les tiroirs de l'assemblée nationale,nous ne voulons pas des murs face aux ponts qui feront la victoire de l'opposition,effectivement l'ennemi veut amèner l'aveuglèment et entraîner le front de l'opposition dans les erreurs attention aux taupes ,TSHI-tshi les a réperé en profondeur ,cette déclaration rappelle aux électeurs et aux hommes politiques dont il est capable de rassembler pour un seul délai : la victoire du peuple congolais
    pour un Etat de droit et le mieux vivre pour tous ,pendant que ceux là même qui ont été consultés sans valeurs des mandats pour élaborer cette révision constitutionnelle qui déregle tout au passage, qui ne protège pas les uns ,ni partage pas le pouvoir,c'est une muraille entourant la loi de chacun qui fait ses règles,alors cette muraille sera cassée par le peuple seul souverain primaire qui a accueilli Tshi- Tshi à son retour qui est un signe et non un profil discuté dans les salons des conférences .Sa déclaration ne fragilise pas ,c'est plutôt un pavé qui envoie des ondes aux taupes de se ranger clairement,ce pavé apporte la clarification,il est aussi formateur et rassembleur "la lumière ne cohabite pas avec les ténébres" surtout pas de compromis
    A BON ENTENDEUR SALUT, nous avons assez expérimenté en RDC LES VRAIES ET LES IVRAIES , maintenant c'est le moment de la moisson,alors il faut brûler la paille et récuperer les vraies en politique ,dans l'armée, et d'autres institutions afin de reconstrure ce pays qui vit la honte ,l'injustice et l'insécurité sans oublier bien sûre les anti-valeurs venus d'ailleurs :viols,tuéries et assassinats odieux.

    Posté par P.K.K.M, 17 février 2011 à 15:34 | | Répondre
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