LOSAKO

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29 septembre 2010

Le rapport de l'ONU, un "inventaire" tragique des crimes de masse en RDC ou quand l'ONU pointe du doigt Joseph Kabila

justiceLe projet de texte, dont des versions circulent sur internet, répertorie pas moins de 617 "incidents violents" - essentiellement des massacres de civils - survenus sur le territoire de l'ex-Zaïre entre mars 1993 et juin 2003.

Le rapport de l'ONU sur les violations des droits de l'homme commises entre 1993 et 2003 en République démocratique du Congo (RDC) qui sera publié vendredi constitue un "inventaire" tragique des crimes de masse qui y ont été commis en toute impunité pendant dix ans.

Le projet de texte, dont des versions circulent sur internet, répertorie pas moins de 617 "incidents violents" - essentiellement des massacres de civils - survenus sur le territoire de l'ex-Zaïre entre mars 1993 et juin 2003.

La version finale du rapport, dont la publication a été reportée au 1er octobre à la suite de protestations du Rwanda, ne devrait pas modifier les éléments factuels recensés par les enquêteurs du Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme (HCDH).

Chacun des incidents recensés "s'appuie sur au moins deux sources indépendantes identifiées", alors que plus de 1.500 documents ont été rassemblés et analysés.

afdl_congo_rwandaAu cours de leur travail, de juillet 2008 à juin 2009, les enquêteurs onusiens ont rencontré environ 1.280 témoins et 200 représentants d'ONG locales, qui ont révélé "des crimes jamais documentés auparavant".

Ce document de 555 pages n'est pas un dossier judiciaire, soulignent ses rédacteurs, mais un "inventaire" rigoureux des crimes de masse "les plus graves" perpétrés pendant cette période.

Il se veut d'abord une "contribution historique à la documentation de ces graves violations et à l'établissement des faits". Il entend également donner des pistes aux autorités congolaises "pour rendre justice aux nombreuses victimes et combattre l'impunité" dans le pays.

Kabila_Kagame_MuseveniLe rapport décrit quatre périodes: les dernières années de pouvoir du maréchal-président Mobutu Sese Seko (mars 1993/juin 1996); la guerre menée de juillet 1996 à juillet 1998 par Laurent-Désiré Kabila et ses alliés rwandais, ougandais et burundais; la deuxième guerre d'août 1998 jusqu'à l'assassinat du président Kabila en janvier 2001, qui correspond à "l'intervention d'au moins huit armées étrangères et 21 groupes armés irréguliers"; et enfin la mise en oeuvre progressive du cessez-le-feu jusqu'à juin 2003.De façon générale, ces dix ans "constituent probablement un des chapitres les plus tragiques de l'histoire récente de la RDC".

Massacres à l'arme blanche, familles brûlées vives, viols collectifs... la lecture de cette litanie d'horreurs soulève le coeur et suscite un profond malaise.Selon le rapport initial, "la grande majorité" de ces 617 incidents relèvent de "crimes de guerre", tandis que les "vagues de représailles, campagnes de persécution et de poursuite de réfugiés (...) pourraient être qualifiées de crimes contre l'humanité".

"Ces attaques systématiques et généralisées (...) révèlent plusieurs éléments accablants qui, s'ils sont prouvés devant une juridiction compétente, pourraient être qualifiés de crimes de génocide", estime enfin le document.Et les enquêteurs d'étayer leurs accusations, constatant "la nature systématique, méthodologique et préméditée des attaques répertoriées contre les Hutus", "l'usage extensif d'armes blanches - principalement des marteaux - et les massacres systématiques de survivants après la prise des camps".

kiwanja0Parmi les "dizaines de milliers de victimes", ils dénombrent "une majorité d'enfants, de femmes, de personnes âgées et de malades, souvent sous-alimentés, qui ne posaient aucun risque pour les forces attaquantes".Ces lignes ont suscité la fureur du régime rwandais de Paul Kagame, qui fonde toute sa légitimité sur le fait d'avoir mis fin au génocide de 1994 contre les Tutsis qui a fait quelque 800.000 morts selon l'ONU.

Kigali n'est pourtant pas seul concerné: l'Angola, le Zimbabwe, le Burundi, l'Ouganda, le Tchad et les autorités congolaises sont également mises en cause dans le rapport.

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