LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

31 mai 2010

Joseph Kabila a-t-il trahi les "idéaux nationalistes" de LD Kabila?

LD_20JKC’est en tous cas l’impression qui se dégage de l’interview accordée à la télévision publique belge francophone (RTBF), en novembre 1998, par le président Laurent-Désiré Kabila. Face à celui-ci quatre journalistes : Colette Braeckman (Le Soir) Baudouin Cartuyvels (RTBF), Marie-France Cros (La Libre Belgique) et Philippe Lamair (RTBF). Notre journal reproduit ci-après les temps forts de cet entretien.

Fin novembre 1998, le "Mzee" effectue son premier voyage à Bruxelles. Sa popularité est au plus bas dans les médias occidentaux. La suspension des activités des partis politiques, les choix économiques du nouveau régime, les violations des droits humains, le massacre des réfugiés hutus imputés aux combattants de l’AFDL notamment dans la Province Orientale et à l’Equateur, la chasse à l’homme organisée à Kinshasa contre des Tutsi au lendemain de la rupture de la «coopération militaire» entre le «Congo libéré» et l’Ouganda et le Rwanda. Ce sont notamment les sujets qui ont été évoqués. Costume foncé, une écharpe de même ton bien nouée autour du cou, l’homme a pris de l’embonpoint. On croit percevoir des légers sifflements de sa respiration à quelques mètres.

D’entrée de jeu, LD Kabila avoue la «tiédeur» de l’accueil qui lui a été réservé. «Partout où je suis passé, explique-t-il, des groupuscules des Congolais m’attendaient avec des calicots pour faire du chahut. Je sais que la tête de Kabila ne plaît pas comme chef de l’Etat. Kabila est nationaliste et attaché aux intérêts de son pays», ajoute-il. Interrogé sur le massacre des réfugiés hutus dénoncé par les Nations unies. Kabila fait remarquer qu’il n’a su l’existence de ces tueries que lorsque des chefs traditionnels de l’Equateur sont venus le voir pour lui en parler. «Les enquêteurs de l’Onu peuvent revenir enquêter», note-t-il en reconnaissant que des «malentendus» ont eu lieu en ce qui concerne notamment l’époque et le lieu où les investigations devraient être menées.

MuseveniKagameS’agissant de la rupture avec ses parrains rwandais et ougandais, «LDK» livre sa part de vérité. Il commence par balayer d’un revers de la main une question selon laquelle il se serait trompé dans le choix de ses alliés. «Je n’ai pas mal choisi mes alliés, dit-il. Notre alliance était une alliance d’intérêt. L’AFDL devait inclure des Tutsi en son sein pour bénéficier de l’aide du Rwanda. C’est le parti ADP (Alliance des peuples) qui représentait les Tutsi.» Une manière de dire que l’ADP n’était qu’un parti tribal voire "mono ethnique". Et d’ajouter : «Nos alliés voulaient obtenir plus que ce qui a été convenu dans le cadre de cette alliance momentanée.» «Les Tutsi ont tué pour piller des banques, arracher des voitures et violer des filles et des femmes, tonne-t-il. Ils ont massacré des gens à Mbandaka. Ils se conduisaient en pays conquis.» A en croire LD Kabila, le point de non-retour a été atteint lorsque les alliés rwandais et ougandais ont commencé à s’immiscer dans les questions de politique intérieure congolaise. «Ils ont voulu être maîtres chez nous. Ils ont monté un complot pour m’assassiner. Vous connaissez la suite…»

A propos de la «chasse à l’homme» lancée contre les Tutsi, LD Kabila commence par démentir que des civils tutsis aient été tués «simplement parce qu’ils étaient des civils tutsis.». Et de poursuivre : «Vous venez dans un pays d’autrui et vous commencez à tuer les citoyens de ce pays. Peut-on dire que ces mêmes citoyens ont commis des meurtres alors qu’ils ne faisaient que se défendre face à des envahisseurs?» Interrogé au sujet de son message demandant aux Congolais de s’armer des flèches et lances pour combattre les «envahisseurs» assimilé à un «appel au meurtre», le Mzee de clamer avec énergie : «Les Congolais ont le droit de se défendre».

moka1Dans cet entretien, "Papa Kabila" étale un certain irréalisme politique en réaffirmant son refus de tendre la main aux anciens «opposants radicaux» au régime Mobutu passant ainsi par pertes et profits «le travail abattu par l’opposition pour affaiblir le régime Mobutu de l’intérieur», comme le déclarait Joseph Olenghankoy dans une interview accordée aux journalistes Dimandja Wembi et Kikaya bin Karubi à la télévision d’Etat. C’était en mai 1997. Evoquant le sort des «mobutistes», "LDK" fait état d’une "confidence" lui faite par l’ancien secrétaire d’Etat adjoint US aux Affaires africaines Chester Crocker selon laquelle «les mobutistes ont fait reculer le Congo de 50 ans et doivent de ce fait rester en dehors du pouvoir pendant au moins trois générations.» Pour lui, «les urnes seront à l’avenir l’unique voie pour accéder au pouvoir.» Va-t-il quitter le pouvoir? «Individuellement, je le voudrais bien. Après cette transition, je voudrais prendre congé de la politique. Mais j’ai en horreur d’être un réfugié… », conclut-il.

Le Mzee LD Kabila a dû se retourner à plusieurs reprises dans sa tombe en apprenant qu’à peine investi le 26 janvier 2001, son successeur a reçu un message de félicitations du président George W. Bush avant d’être convié au "petit déjeuner de prière" à Washington. Immédiatement après, le tapis rouge a été déroulé à Paris et à Bruxelles. "LDK" n’a pas manqué de "crier" à la "trahison" au sujet des "aller et retour" du général James Kabarebe à Kinshasa et surtout la signature d’un "accord militaire secret" entre «son fils» et le président rwandais Paul Kagame. Accord secret à l’origine du déploiement des troupes de la RDF (Rwandese Defense Forces) au Nord Kivu dans le cadre de l’opération "Umoja Wetu". Inutile de parler de la rencontre Kabila-Kagame à Goma, de l’affaire Kahemba, du petrole en Ituri, de l’exploitation du gaz au Lac Kivu et du contentieux congolo-angolais sur la délimitation de l’espace maritime. Que dire du bradage du patrimoine minier du pays?

Neuf ans après la disparition de Laurent-Désiré Kabila, certains de ses adversaires d’hier lui reconnaissent une "passion" certaine pour le Congo. Et ce, en dépit du caractère quelque peu brouillon de son action.

Issa Djema/B.A.W

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Posté par Losako à 22:47 - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires sur Joseph Kabila a-t-il trahi les "idéaux nationalistes" de LD Kabila?

    Je suis de cette famille que vous etez enrains de bafue salle enfarre

    Posté par asmanmbavu, 28 juin 2010 à 22:41 | | Répondre
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