LOSAKO

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03 mars 2010

Contrôle des minerais / L’Afrique dans le piège américano-chinois

chine_rdc_usa2Dans un point de presse avec la presse étrangère à Washington, Johnnie Carson, sous-secrétaire d’Etat américain aux Affaires africaine a reconnu que « les Chinois voient d’énormes possibilités en Afrique ». Professeur Omar Aktouf qui enseigne à HEC Montréal, au Canada, va plus loin dans son analyse en affirmant que « l’Occident est hostile à la pénétration chinoise en Afrique ». Il précise même que l’on assiste à « une première guerre américano-chinoise » en Afrique. Un affrrontement ne serait pas du tout profitable aux Etats africains. Un éventuel vainqueur consacrerait le retour des « dictatures»

Le sous-secrétaire d’Etat américain aux Affaire étrangères vient d’effectuer un voyage en Afrique. Voyage destiné à se rendre compte de la situation qui prévaut au Niger, en Côte d’Ivoire et en Somalie. Mais face à la presse étrangère, il s’est également attardé sur des initiatives de plus en plus nombreuses et importantes de la Chine en Afrique.

L’homme d’Etat américain a reconnu que la « Chine cherchait de manière ciblée à acquérir des droits d’exploitation des hydrocarbures et d’autres ressources naturelles pour répondre aux besoins créés par sa croissance économique ». Il a poursuivi en faisant remarquer que la « Chine tente également de trouver de nouveaux marchés pour ses exportations. Dans ce contexte, l’Afrique est un continent où les Chinois voient d’énormes possibilités. »

Tout en affirmant qu’il revient aux Africains de gérer attentivement et avec talent leurs propres relations économiques et commerciales avec la Chine, le haut responsable américain a insisté sur l’existence d’institutions démocratiques « pour que les voix des populations puissent se faire entendre quant aux conséquences de ces relations avec la Chine ». Propos qui prouvent clairement que les Etats-Unis ne restent pas inattentifs à tout ce que la Chine entreprend en Afrique.

Obama_20Hu_20Jintao_20londresGUERRE AMERICANO-CHINOISE

De son côté, le professeur Omar Aktouf de l’université HEC Montréal, Canada, dans une interview accordée au journal « Les Afriques », parle également de la pénétration chinoise en Afrique. Il évoque la stratégie chinoise en Afrique qui consiste à ne pas jouer le même jeu que les multinationales américaines ou européennes, et ce qu’elle peut apporter aux économies locales. Il décortique en plus les réactions hostiles que cette pénétration chinoise suscite en Occident avant d’inviter les Etats africains à demeurer des intervenants économiques.

Selon le professeur O. Aktouf, l’on est en en train d’assister maintenant à « une première guerre américano-chinoise en Afrique ». Et de préciser : « La Chine est aujourd’hui aux portes de l’Europe et menace les intérêts américains au Moyen-Orient. Le Soudan n’est pas loin du Canal de Suez, ce qui est intolérable pour Washington ».

A la question de savoir si les conflits déclenchés dans certaines régions d’Afrique sont liés à cette orientation asiatique, il répond : « Vous avez le Darfour, le grand conflit au Zimbabwe. Le pauvre Mugabe a commis la faute de dire aux Blancs de laisser les terres agricoles et il est devenu le plus grand tyran du monde. Il ne l’était pas auparavant. Toute la région des Grands Lacs, le Rwanda, le Burundi, la RDC… est ciblée. Les Français, les Américains, d’autres puissances veulent limiter l’intrusion de la Chine, qui joue la carte africaine à fond et effraie les puissances occidentales »

Comment expliquer cette guerre qui ne dit pas encore ouvertement son nom ? « Que vous ayez du pétrole, du gaz, de l’uranium, les opportunités sont les mêmes pour tous », a-t-il déclaré. D’autre part, à en croire certaines analystes, la Chine dévancerait les Etats-Unis en 2020 pour être la puissance économique. Face à cette réalité, il serait difficile d’empêcher la Chine d’ atteindre cet objectif. Le mieux que l’ on puisse faire c’est de ralentir sa croissance économique, de la priver des minerais pour autant que celui qui contrôle les sminerais, contrôle l’économie mondiale.

Par ailleurs, l’on apprend que les Etats-Unis ont une dette de plus de 300 milliards de dollars envers la Chine. Qu’adviendrai-t-il si cette guerre avait effectivement lieu ? D’aucuns disent que la Chine dispose aujourd’hui de gros moyens financiers à offrir à l’Afrique. Ce que l’Occident ne dipose plus. Qu’aujourd’hui les Américains affrontent les Chinois en Afrique, que les pays occidentaux soient hostiles à l’intrusion chinoise en Afrique, les raisons viennent d’être données. Mais seulement voilà. L’économie financière ayant montré ses limites avec cette crise économique qui a touché tous les pays, la Chine et l’Occident ont besoin des matières premières pour soutenir leurs économies. Pendant que l’Afrique qui possède toutes ces richesses encore inexplotées, à savoir l’or, le diamant, le coltan, la cassitérite, le nickel... a besoin de l’argent pour sa reconstruction. Bien plus, elle n’a pas la capacité de protéger ces richesses.

PARTENARIAT AVEC LA RDC

Kabila_Kagame_MuseveniLorsque l’on possède de l’uranium, du cobalt, du coltan, de la cassitérite, du pétrole, la République démocratique du Congo dispose des opportunités qui ont attiré la Chine à établir un partenariat sous le signe d’un partenariat « gagnant-gagnant » avec la RDC. Un partenariat qui a soulevé plusieurs réactions dans le bloc occidental. Si les raisons avancées pourraient être plausibles sur la dette de la RDC, les vraies causes sont celles avancées par ce professeur d’université.

Or, le professeur O. Aktouf est d’accord avec ce choix opéré par la Chine : « La Chine a, bien entendu, des intérêts à commencer avec un pays comme la RDC. Le tout est de savoir réaliser une division internationale du travail, une sorte de complémentarité entre pays, où chacun aurait un rôle à jouer ».

C’est ici qu’il interpelle les gouvernements africains : « Il faut que l’Etat soit un intervenant économique. Ce qui manque aux pays du Tiers monde, c’est que l’Etat ne joue pas son rôle véritable, notamment en matière d’éducation. C’est grâce à l’éducation que la Chine se trouve là où elle est actuellement ».

Au demeurant, comme lors de la guerre froide, l’Afrique est au centre des intérêts divergents de grandes puissances. Dans cette première guerre « américano-chinoise », la RDC risque d’être la grande perdante si les instances dirigeantes n’apprécient pas à leur juste valeur les grandes mutations politico-èconomiques observées particulièrement dans la région des Grands Lacs.

La solution passe par la bonne gouvernance, comme l’a si bien dit le sous-secrétaire d’Etat américain en charge des Affaires africaines. Mais aussi, tel que l’a souligné le professeur Aktouf, par l’existence des institutions fortes pour permettre à l’Etat de jouer son rôle d’intervenant économique. Un affrontement entre la Chine et l’Occident pour le contrôle de sminerais n’est pas souhaitable. Les élites africaines doivent se montrer à la hauteur de leurs tâches et composer correctement, dans l’intérêt surpéreir de leur nation, tant avec la Chine, l’Amérique que l’Europe.

Car si la Chine a de l’argent, les Etrats-Unis disposent d’une force militaire redoutable et d’une capacité de nuisance à même de déjouer certans pronostics. Le Potentiel

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