27 février 2010
Mes frères et soeurs.. Observer le sabbat.. Si l’on se dit enfant de Dieu, on devait respecter le jour du repos de l’Eternel..
"Souviens-toi du jour de repos".. L'Eternel anticipait-il déjà une possibilité d'oubli du sabbat par son peuple ?
Genèse 2: 2-3 : Dieu se reposa (Heb. shabbath), c’est-à-dire qu’Il cessa son œuvre dans la création après six jours et bénit le septième jour en la sanctifiant (1) .
Dieu ne s’est pas arrêté pour se reposer parce qu’Il était extenué, mais parce qu’Il voulait nous montrer la voie. Ce principe n’est pas logé simplement dans l’Ancienne Alliance. (2).
Il (Dieu) s’est arrêté en considérant et en bénissant toute l’œuvre accomplie; l’homme est appelé à participer à cette bénédiction et à interrompre aussi son travail, en ce jour sanctifié.(3)
Le Sabbat (qui est le 7ème jour de la semaine celle-ci commençant le dimanche et non le lundi) est le jour de repos hebdomadaire (du vendredi soir au samedi soir) consacré à Dieu Tout Puissant.. veux dire mokolo ya ko kumisa NKOLO !
Qui a changé le jour de culte du samedi à dimanche ?
(Actes 20 :7 ; 1 Corinthien 16 :2) ne signifient pas du tout que le jour de culte est transféré le dimanche, ce sont des évènements occasionnels survenus lors du passage de l'apôtre! Il n’est pas du tout question ici qu’ils ont délaissé le sabbat pour se rassembler le dimanche, les chrétiens du premier siècle consacre tout leur temps, tous leurs efforts pour l’église, ils trouvent plaisir dans leur communauté, et le jour de culte c’est le sabbat, mais ils continuent aussi a se rassembler d’autres jours comme c’est le cas ici !
Le transfert du sabbat au dimanche c'est vers le 3e-4e siècle de notre ère, et on sait tous qui l'a fait !
Les Pères de l'église catholique (en guerre contre le judaïsme) jouèrent un rôle important dans l'adoption du dimanche soi-disant « nous célébrons aussi le huitième jour avec joie, car en celui-ci Jésus ressuscita des morts, et apparu, et monta aux cieux ».. Et la grande majorité a adopté le dimanche comme jour de repos.. 8ème jour ? Kindoki politique !!
L'empereur romain Constantin Ier, converti au christianisme, appréciait également le culte solaire (adorateur d'Appolon le dieu grec).. Il adopte le dimanche comme jour de repos dans l'Empire romain par décret le 7 mars 321. Ainsi le jour du soleil donc dimanche chez les romains (qui adoraient Appolon comme leur dieu) devient le jour du seigneur - D'un coté adorateur d'Appolon, et de l'autre, le Dieu "chrétien" parmi d'autres divinités... Nzambé Mokonzi na sima ya Appolon, oyo kindoki te ? Ko kamwa !!
Certains (na yebi bino) objecteront pour dire que le sabbat fait partie de la Loi, donc l’observation de ce commandement n’est pas pour l’église d’aujourd’hui.. Faux! Il faut se rappeler que le repos était établi bien avant le Décalogue.. Dieu souligne dans le Décalogue son caractère singulier de mémorial de son acte de créateur :"souviens-toi du jour de repos".. Par conséquent, ce commandement n’est pas adressé uniquement aux juifs mais à tous les hommes vivants sur cette terre.
En résumé, les Patriarches avant la naissance d'Israël observaient le sabbat, le peuple d'Israël observait le sabbat, Jésus, tout en l'amendant des excès des pharisiens, observait le sabbat, Paul, tout en ouvrant ses bras à tous les peuples ne pouvait que observer le sabbat... aujourd'hui l'eglise catholique nous invite à observer un 8ème jour de repos dans la semaine... Pourquoi ce jour ne serait-il pas tout simplement: le sabbat ?
Il n'appartient pas à l'homme de modifier ce que DIEU nous a révélé. Le jour du Seigneur doit être observé le samedi et non le dimanche !
Suivons l'exemple de Jésus, pour qui, le sabbat est non seulement une cessation de travail, mais une opportunité d’avoir la communion avec le Créateur..
Eteya bino...
Mundelé a changer jeu, mais bako koka biso te !
Jesus + O.M = les deux alliances liées à jamais
RD Congo : Réduire la pauvreté.. Le «raïs» pourra-t-il réaliser en une année ce qu’il n’a pu faire en neuf ans ?
Joseph Kabila et le Premier ministre Adolphe Muzito n’ont pas manqué de boire du «petit lait» après l’annonce, jeudi 25 février, de la conclusion d’un accord portant effacement partiel d’une créance - évaluée à 6.920 millions de dollars - que le Club de Paris détient sur la RD Congo. Derrière ce «Club», on trouve plusieurs Etats. C’est le cas notamment de l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, le Canada, le Danemark, l’Espagne, les Etats-Unis d’Amérique, la France, l’Italie, le Japon, la Norvège, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Russie et la Suède. Le Brésil a également participé à cette réunion.
Aux termes de cet accord, ces créanciers ont décidé l’annulation de la dette congolaise pour un montant de 1.310 millions de dollars et le rééchelonnement de 1.647 millions de dollars durant la période au cours de laquelle la RD Congo sera en programme avec le FMI dans le cadre du fameux point d’achèvement PPTE (Pays pauvres très endettés). Les gouvernants congolais devraient vite se détromper. Cette démonstration de «générosité» n’est pas sans "contrepartie" de la part de l’heureux bénéficiaire. «La République Démocratique du Congo s’est engagée à affecter les sommes auxquelles les créanciers du Club de Paris ont renoncé aux objectifs prioritaires identifiés dans le cadre de son document stratégique de réduction de la pauvreté», indique un communiqué du Club de Paris.
Réduire la pauvreté. En prenant le premier dictionnaire venu, le mot «pauvreté» est définie comme suit : «L’état d’une personne qui manque de moyens matériels, d’argent ; insuffisance des ressources». Est pauvre donc, c’est toute personne dénuée de revenus suffisants pour satisfaire ses besoins vitaux. Plus précise, la Banque mondiale considère qu’est pauvre, toute personne qui ne dispose que de 1,25 dollar pour satisfaire ses besoins quotidiens.
Depuis la proclamation de l’indépendance du Congo-Kinshasa, il y a cinquante ans, le niveau de vie de la population ne cesse de régresser. Le pouvoir d’achat est quasi nul. Les raisons sont sans doute multiples. On pourrait citer pêle-mêle la destruction du tissu économique suite aux mesures dites de "zaïrianisation" et les pillages successifs, l’absence d’une politique agricole destinée à inonder le marché avec des produits vivriers, l’entretien lacunaire des infrastructures de base et l’arrivée massive des paysans dans les centres urbains.
Depuis la fin des années 70, le Congo ne produit plus rien. Il importe tout. Pendant ce temps, le monde rural où vit la grande majorité de la population est superbement oublié. Et pourtant, une bonne politique agricole aurait pu inciter les paysans à faire le chemin inverse et permettre à ce pays d’être autosuffisant au plan alimentaire. Ainsi rompre avec la dépendance dans ce domaine.
Depuis que le Congo est devenu un Etat, les gouvernants du pays paraissent incapables de développer et de moderniser l’agriculture ; d’impulser les PME et PMI par des aides financières d’Etat afin non seulement de «booster» la production des biens et services mais aussi à créer des emplois.
Le premier signe de la pauvreté se manifeste là où l’être humain est incapable de satisfaire des besoins les simples mais vitaux. A savoir : manger et boire. On pourrait ajouter : se loger, se soigner et s’éduquer. Chaque jour que le Bon Dieu a créé, des millions des Congolais mènent, au jour le jour, un parcours du combattant pour trouver quelque chose à mettre sous la dent. D’autres sont obligés de parcourir des kilomètres pour tout simplement s’approvisionner en eau courante. Peut-on franchement demander à celui qui ne sait ni assouvir sa faim ni étancher sa soif d’apprendre à lire et écrire? Si la population vivant dans les centres urbains tels que Kinshasa ou Lubumbashi sont incapables de satisfaire ces besoins vitaux qu’en seraient-ils des ruraux ? Redoutable question.
Par cette conditionnalité, les créanciers du Club de Paris ont sans doute voulu amener les gouvernants congolais à ingurgiter une dose de «souci social» en renouant avec les fondamentaux de la gestion de la vie collective. Le personnel politique congolais semble ignorer que l’homme est et reste la finalité de l’existence même de l’Etat. Et que la croissance véritable ne peut se mesurer à travers quelques graphiques. Bien au contraire. La croissance véritable se mesure par un état de bien-être général découlant de la capacité des pouvoirs publics à satisfaire les aspirations les plus basiques de la population.
Réduire la pauvreté revient à traiter la population congolaise comme des êtres humains dignes de respect en leur reconnaissant le droit à l’eau potable, à la nourriture, à l’électricité. Sans oublier les soins de santé de qualité et l’alphabétisation. Réduire la pauvreté revient également à promouvoir une politique volontariste de formation professionnelle pour permettre aux citoyens d’affronter le marché de l’emploi.
Lors de son dernier discours devant les deux Chambres du Parlement réunies en Congrès, Joseph Kabila a déclaré que l’année 2010 sera l’année du social. Le «raïs» pourra-t-il réaliser en une année ce qu’il n’a pu faire en neuf ans?
Baudouin Amba Wetshi
Kinshasa, le nouveau SODOME : Les mœurs tirées par le bas à KINTAMBO Stade Vélodrome
Par ce temps de canicule insupportable à Kinshasa, un phénomène inhabituel est constaté au Stade Vélodrome, dans la commune de KINTAMBO. Coincé entre la maison communale, le Collège Saint Georges et le Collège Saint François, ce temple de football héberge une terrasse, qui la particularité de fonctionner jusqu’aux petites heures de la matinée.
Curieusement, aux heures avancées de la nuit, sa clientèle, au sein de laquelle se recrutent souvent des couples occasionnels à la recherche des sensations fortes, a pris l’habitude de se positionner sur les gradins et sur la pelouse, pour des ébats amoureux en plein air.
Certaines langues laissent entendre que la taxe d’occupation de cet « hôtel » naturel serait perçue par l’exploitant de la terrasse. Les consignes imposées aux « amoureux » d’une nuit sont le silence, la discipline et le fair-play. Le lieu est strictement interdit à ceux qui souffrent de jalousie amoureuse.
Jusqu’ici, aucun incident n’est signalé entre amateurs du sexe, en dépit du nombre de plus en plus croissant d’hommes, de femmes, de filles et de garçons qui s’y donnent rendez-vous, sous prétexte de fuir la chaleur dans leurs parcelles et de chercher de quoi rafraîchir leurs gosiers. La véritable raison de l’engouement des uns et des autres pour le Stade Vélodrome est à chercher dans le jeu du sexe.
Mais, ce qui commence à inquiéter les clients non intéressés par le commerce de la chair, c’est la montée de l’insécurité dans le secteur. On signale qu’il y a un mois, un monsieur d’un certain âge y a été trouvé mort, tué par des inconnus. Il y a trois semaines, c’est le cadavre d’un jeune garçon qui a été abandonné non loin du Vélodrome.
Alertées, les autorités communales ont décidé d’organiser, depuis un certain temps, des patrouilles nocturnes de la police. Mais la peur de l’insécurité commence à faire fuir, à partir de 23 heures, les clients de la terrasse qui n’ont rien à avoir avec le sexe. Quant aux amoureux, ils préfèrent « veiller » jusqu’à 5 heures du matin avant de se retirer.
Jusqu’ici, l’idée d’interdire le commerce du sexe au Vélodrome n’est encore venue à personne.
Sandra Ntumba/UPN
25 février 2010
RD Congo: Soupçon de trafic d’uranium
Dans le cadre de son émission hebdomadaire "Questions à la Une", la télévision publique belge francophone (RTBF.be) a diffusé, mercredi 17 février, une enquête sur un probable "trafic d’uranium" en RD Congo à partir de la mine de Shinkolobwe, au Katanga. Les faits rapportés dans ce documentaire ont semblé "émouvoir" une certaine opinion. Et pourtant. Il n’y a rien de bien nouveau. Le magazine bruxellois "Trends tendances" avait publié, en 2006, un éloquent article à ce sujet sous la plume du journaliste flamand Erik Bruyland. Congoindependant avait relayé ce "papier" dans une enquête, mise en ligne le 26 juillet 2009, intitulée "L’uranium au centre du bras de fer ANR/Asadho". La diffusion de ce sujet par la RTBF est néanmoins surprenante au point de vue de l’opportunité. Et ce, au moment où un certain monde politique belge - francophone en particulier - déploie des talents d’ingéniosité pour sceller la réconciliation avec le Congo de Joseph Kabila. Le conseil d’administration de la RTBF est "dosé" selon la majorité au pouvoir en Wallonie et à Bruxelles. Cet organe n’a pas manqué de donner un "avis" sur ce reportage qui ressemble bien à un brûlot...
Ci-après le texte intégral de cet article:
L’uranium au centre du bras de fer ANR/Asadho-Katanga
Accusé de propagation de «fausses rumeurs» par l’Agence nationale de renseignements (ANR), Golden Misabiko, président de l’Asadho/Katanga aurait été transféré au Parquet de Lubumbashi après avoir passé près de 48 heures dans un cachot de cet organisme public dont les agissements n’ont rien à envier à ceux d’une police politique. Joint au téléphone par le secrétaire général de la FIDH (Fédération internationales des ligues des Droits de l’Homme), Paul Nsapu Mukulu, l’administrateur principal de l’ANR en charge de la Sécurité intérieure (DSI), Kalev Mutond, a laissé entendre que le président de l’Asadho/Katanga aurait déclaré que la RD Congo aurait vendu de l’uranium aux régimes iranien et nord-coréen.
«Faux rapport»
Dans un communiqué publié samedi 25 juillet, plusieurs associations de défense des droits humains basées au Katanga dénonçaient «la campagne de dénigrement, d’intimidation, d’arrestation arbitraire et de détention illégale contre les responsables de l’Asadho/Katanga». Selon ces groupements, le ministre provincial de l’Intérieur, Dikanga Kazadi et l’Agence nationale de renseignements (ANR) seraient au centre de cette campagne. En cause, le rapport publié le 13 juillet 2009 par cette section provinciale de l’Asadho intitulé : ‘’Mine uranifère de Shinkolobwe : de l’exploitation illicite artisanale à l’accord entre la RD Congo et le groupe nucléaire français AREVA’’. «Il s’agit d’une matière sensible. Le président de l’Asadho/Katanga va être poursuivi pour propagation de fausses rumeurs.» C’est Kalev Mutond qui parle. Quelles sont ces rumeurs ? Selon Paul Nsapu, l’administrateur principal Kalev Mutond lui a dit qu’il est reproché à «Golden» d’avoir déclaré que la RD Congo aurait vendu de l’uranium à l’Iran ainsi qu’à la Corée du Nord. Il lui est reproché également de n’avoir pas donné suite à plusieurs convocations de l’ANR.
Rappelons que dans ce rapport - qualifié d’ailleurs de «faux» par le gouvernement de la province du Katanga -, l’Asadho locale dénonce essentiellement deux choses. Primo : la poursuite, par des creuseurs clandestins, de l’exploitation artisanale de la mine uranifère de Shinkolobwe alors que celle-ci est officiellement fermée par un décret présidentiel de 2004. L’association relève dans la foulée les conséquences au plan sanitaire du fait de la forte teneur radioactive. Et de pointer un doigt accusateur en direction notamment «des éléments de l’armée, des renseignements militaires ou T2, de la Police des Mines et Hydrocarbures, du chef traditionnel de cette contrée lesquels auraient laisser faire. Non sans un certain intérêt. Secundo : l’association a exigé la publication du contrat d’exclusivité d’exploration et d’exploitation de l’uranium congolais signé en mars 2009 entre la RD Congo et le groupe nucléaire français AREVA. Histoire de ne pas retomber dans un nouveau cas de «contrat léonin» que le pays «déplore» aujourd’hui.
Transaction avec l’Iran et la Corée du Nord?
La RD Congo aurait-elle vendu de l’uranium au régime iranien? Voilà une question soulevée en 2006 par certains médias occidentaux sans susciter la moindre réaction de la part du monde occidental qui traquait Al Qaeda et les armes de destruction massive. Dans son édition datée 17 août 2006, l’hebdomadaire belge «Trends tendances» titre : «Le Congo livre-t-il de l’uranium à Téhéran ?» Citant son confrère britannique «Sunday Times» - lequel se référait à des documents des services tanzaniens de douanes -, mais aussi des sources congolaises et divers documents, le magazine belge fait état de «douze livraisons». « Selon ces mêmes documents, peut-on lire, un dénommé John Kahozi, qui serait un homme de confiance du président congolais, voyagerait entre Téhéran, Dubaï et Harare afin de régler le volet financier de la transaction via les banques iraniennes Melly Bank, Refah Kargavan et Bank Mellat.»
A en croire cette publication belge, «les montants sont passés par des comptes de la Fondation Mzee Laurent-Désiré Kabila au nom de John Kahozi à la Dubaï Islamic Bank.» Citant des éléments procédant de ses propres investigations, «Trends» de préciser que John Kahozi a séjourné le 21 novembre 2005 à l’hôtel Overview à Dubaï et du 2 au 6 décembre à l’hôtel Azadi à Téhéran après avoir accompagné un chargement via la Zambie. «A Téhéran, John Kahozi a été rejoint par l’Indien Praven Kundou, une connaissance de Katumba Mwanke, le conseiller spécial du président Joseph Kabila. (…).»
Il semble bien que les autorités diplomatiques belges étaient en possession de ce dossier. «La communauté internationale ne voulait en aucun cas mettre en péril la fragile stabilité en RD Congo», commentait à l’époque un diplomate européen. Interrogé par certains médias belges à l’époque, Karel De Gucht, alors ministre des Affaires étrangères, a reconnu avoir reçu un rapport de la Sûreté belge après l’article de «Sunday Times» : «(…), J’ai demandé une enquête complémentaire, mais dans ce second rapport de la Sûreté, datant de janvier 2006, on peut lire qu’il n’y a pas d’indications concrètes.» Pas d’indications concrètes ?
Les Frères Hammoud
Il s’est passé, depuis 2002 à ce jour, des faits troublants rapportés notamment par des agences de presse, spécialement l’AFP. Un petit florilège. Un camion transportant 30 tonnes des minerais radioactifs, près de Kolwezi, a été saisi le 4 avril 2005 par des autorités locales. Le camion, appartenait à la compagnie chinoise Hua-Shin Mining. Le chargement présentant un degré "anormalement élevé" de radioactivité a été saisi et stocké dans un dépôt minier de Kolwezi. Fin octobre de cette même année, 19 tonnes de minerais hautement radioactifs ont été saisies près de Likasi. «Mais début novembre, les convoyeurs de ces minerais qui devaient être conduits pour stockage sur le site de Shinkolobwe avaient déversé une partie des pierres dans une rivière et plus de 15 tonnes avaient "disparu", déclarait le gouvernorat , indique une dépêche de l’AFP.
Fin mai 2005, les «services» adressent un courrier confidentiel au ministre congolais de l’Intérieur d’alors, le PPRD Théophile Mbemba. La rédaction de Congoindependant.com a pu parcourir ce document. De quoi s’agit ? Il s’agit des agissements d’un certain Mohamed Hammoud, alias Momo, et de son frère Ali, commerçants à Lubumbashi. Il y est question de l’existence à Lubumbashi d’un «réseau maffieux libanais», spécialisé dans le trafic et l’exportation frauduleuse des produits miniers de la Gecamines dont de l’uranium via le poste frontalier de Kasumbalesa. «Le 5 avril 2005 à 11 heures, note le rapport, les suspects ont embarqué des lingots de cuivre, du cobalt et autres métaux précieux, dont de l’uranium. L’agitation autour de ces Libanais et le refus du gouverneur de province du Katanga de les acheminer à Kinshasa prouve à suffisance l’implication des autorités de la Présidence de la République dans ce dossier (…) ». Qui sont ces autorités ? A l’époque, tous les regards étaient tournés vers l’ex-gouverneur du Katanga et actuel bras droit de Joseph Kabila, Augustin Katumba Mwanke.
«Partenariat» Gecamines-CAMEC
Par lettre datée 29 janvier 2006, adressée à l’administrateur général de la Gécamines, la société de droit britannique CAMEC (Central African Mining & Exploration Company) s’est dit «intéressée par le gisement d’uranium de Shinkolobwe ». Spécialisée dans l’exploitation du charbon, du cobalt, du cuivre, de l’or, de la tantalite et du germanium, cette société, implantée en RD Congo, au Mozambique et au Zimbabwe, souhaitait conclure un «partenariat » avec la Gecamines via la création d’une « nouvelle société ». Parmi le staff dirigeant de cette firme, on y trouve le Zimbabwéen Billy Rautenbach. Son associé dans ce «business» n’est autre que Jaynet Kabila, la sœur du «raïs».
Début mars, des dirigeants de la Gecamines saisissent la Présidence de la République au sujet de l’offre de CAMEC en réservant…copie à l’autorité de tutelle en l’occurrence le ministre des Mines. Dans une lettre datée 29 mars 2006 adressée cette fois au ministre des Mines d’alors, Ingele Ifoto, le numéro deux de la Gécamines informe l’autorité de tutelle que la Présidence de la République a donné son accord à la constitution d’un partenariat avec CAMEC par lettre n°CAB/PR/DC/SHEO/225/BM/2006. «Cette autorisation vient de nous être accordée par la lettre du Cabinet du Président de la République reprise en référence. C’est dans ce contexte, (…) que nous préconisons une rencontre avec ce partenaire en vue d’amorcer les négociations dans le respect des procédures en vigueur à la société».
Ingele réagit vivement par correspondance datée 5 mai 2006 : «(…), je vous interdis d’amorcer une quelconque démarche tendant à engager des pourparlers avec quelque investisseur que ce soit pour une exploitation de gisement uranifère de Shinkolobwe vu que cette zone est interdite à toute forme d’exploitation par le décret n°04/017 du 27 janvier 2004 portant classement en zone interdite aux activités minières et/ou aux travaux de carrières, de la zone Shinkolobwe, située dans le territoire de Kambove, (…)».
« J’entends placer mon mandat au service de l’intérêt général, de la lutte pour la promotion de la dignité de l’homme congolais, de l’instauration de la démocratie et de la bonne gouvernance. L’Asadho Katanga se veut un espace d’écoute des véritables attentes de la population. En ma qualité de président provincial, je n’hésiterais pas à stigmatiser, le cas échéant, les dysfonctionnements qui affectent la vie socio-politique au Katanga», déclarait Golden Misabiko après son élection à la tête de l’Asadho/Katanga. C’était le 21 juillet 2007. «Il faut sauver le "soldat" Golden Misabiko», tonne un défenseur des droits humains joint dimanche soir au téléphone à Lubumbashi.
B. Amba Wetshi
Le Club de Paris réduit la dette de la RDC
Les créanciers du Club de Paris ont décidé mercredi de restructurer la dette publique extérieure de la République démocratique du Congo, après que le Fond monétaire international lui ait consenti des facilités de crédit élargies.
L'accord porte sur près de 3.000 millions de dollars, en dette et arriérés, dont 1.370 sont annulés, et les 1.647 autres rééchelonnés sur 23 ans, précise le groupe de créanciers dans un communiqué transmis jeudi matin. Les crédits relevant de l'aide publique au développement sont réétalés sur 40 ans. L'objectif est de rester dans les limites du soutenable.
En raison de la capacité de paiement limitée du pays, souligne le Club, les créanciers ont différé après le 1er juillet 2012 le remboursement des échéances restant dues sur sa dette à court terme.
En pratique, le coût du paiement de la dette sera réduit de 97% par an sur la période allant de mi 2009 à mi 2012.
Les pays concernés par le réaménagement de la dette de la République démocratique du Congo sont l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Canada, le Danemark, l'Espagne, les Etats-Unis, la Russie, la France, l'Italie, le Japon, la Norvège, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne et la Suède. Le Brésil a également contribué à l'opération.
COMMUNIQUÉ DU 25.02.2010
Le Club de Paris et la République Démocratique du Congo concluent un accord de restructuration de dette au titre de l'initiative renforcée pour les Pays Pauvres Très Endettés
Les créanciers du Club de Paris sont convenus le 25 février 2010 avec le Gouvernement de la République Démocratique du Congo d’un accord de restructuration de sa dette publique extérieure, suite à l'approbation le 11 décembre 2009 par le Fonds Monétaire International d'un nouvel arrangement de trois ans au titre de la Facilité de Crédit Elargie.
Cet accord a été conclu selon les termes dits “de Cologne” élaborés par les créanciers du Club de Paris en vue de la mise en œuvre de l’effort intérimaire de l’initiative PPTE. Il traite environ 2 957 millions de dollars de dettes (arriérés et échéances) et conduit à l’annulation de 1 310 millions de dollars et au rééchelonnement d’environ 1 647 millions de dollars, durant la période du programme du FMI.
A titre exceptionnel, au vu de la capacité de paiement limitée de la République Démocratique du Congo, les créanciers ont également accepté de différer après le 1er juillet 2012 le remboursement des échéances dues par la République Démocratique du Congo sur sa dette court terme et post date butoir, ainsi que sur une partie significative des arriérés sur ces créances. Ils ont également convenu de différer tous les intérêts dus sur les montants traités.
Ces mesures devraient permettre de réduire de 97% le service de la dette due par la République Démocratique du Congo aux créanciers du Club de Paris entre le 1er juillet 2009 et le 30 juin 2012.
La République Démocratique du Congo s’est engagée à affecter les sommes auxquelles les créanciers du Club de Paris ont renoncé aux objectifs prioritaires identifiés dans le cadre de son document stratégique de réduction de la pauvreté. La République Démocratique du Congo s’est également engagée à rechercher un traitement comparable de la part de ses créanciers non membres du Club de Paris.
Les créanciers du Club de Paris ont indiqué leur disponibilité à réduire le stock de la dette de la République Démocratique du Congo lors de l’atteinte du point d’achèvement afin de lui permettre de rétablir la soutenabilité de sa dette.
Notes de contexte
1. Le Club de Paris s'est réuni pour la première fois en 1956. Il s'agit d'un groupe informel de gouvernements créanciers des pays industrialisés.
2. Les membres du Club de Paris qui ont participé au réaménagement de la dette de la République Démocratique du Congo étaient les représentants des Gouvernements de l'Allemagne, de l’Autriche, de la Belgique, du Canada, du Danemark, de l’Espagne, des Etats-Unis d’Amérique, de la Fédération de Russie, de la France, de l’Italie, du Japon, de la Norvège, des Pays-Bas, du Royaume-Uni et de la Suède. Le Brésil a également participé à ce réaménagement de dette.
Les observateurs à cette réunion étaient des représentants du Fonds Monétaire International, de l’Association Internationale pour le Développement et de la Banque Africaine de Développement.
3. La délégation de la République Démocratique du Congo était conduite par M. César LUBAMBA NGIMBI, Ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat. La réunion était présidée par Mme Delphine d’AMARZIT, Co-Présidente du Club de Paris, Chef de Service à la Direction Générale du Trésor et de la Politique Économique au Ministère de l’Économie, de l’Industrie et de l'Emploi français.
Notes techniques
1. Le programme économique de la République Démocratique du Congo est soutenu par un arrangement de trois ans au titre de la Facilité de Crédit Elargie approuvé par le Fonds Monétaire International le 11 décembre 2009. La République Démocratique du Congo a atteint le point de décision de l’initiative PPTE renforcée en juillet 2003.
2. Le stock de dette due aux créanciers du Club de Paris était estimé au 30 juin 2009 à 6 920 millions de dollars.
3. La date butoir (30 juin 1983 pour la République Démocratique du Congo) est utilisée par les créanciers du Club de Paris pour les besoins internes des accords en Club de Paris. Selon les règles du Club de Paris, les crédits accordés après cette date butoir ne peuvent pas faire l’objet d’un rééchelonnement ou d’une annulation. La définition de cette date butoir a pour objectif de protéger les crédits accordés par le Club de Paris après cette date. Elle permet donc de restaurer l’accès au crédit du pays débiteur après un traitement en Club de Paris.
4. Selon les termes de Cologne, les montants dus au titre des dettes non consenties aux conditions de l’Aide Publique au Développement sont traitées de manière à obtenir un taux d’annulation de 90% en prenant en compte les réductions de dette déjà mises en œuvre par les créanciers du Club de Paris ; les montants restants sont rééchelonnés sur 23 ans dont 6 de grâce. Les crédits consentis aux conditions de l’Aide Publique au Développement (APD) seront rééchelonnés sur 40 ans dont 16 de grâce. AP/Club de Paris/MCN
Sarkozy s'incline, mais reste muet devant les victimes du génocide au Rwannda
"Au nom du peuple français, je m'incline devant les victimes du génocide des Tutsis" en 1994, a écrit jeudi à Kigali le président français Nicolas Sarkozy sur le livre d'or du mémorial consacré à ces victimes.
"L'humanité conservera à jamais la mémoire de ces innocents et de leur martyr", a ajouté M. Sarkozy, au début d'une visite destinée à sceller la réconciliation entre la France et le Rwanda après des années de brouille.
Accompagné des ministres rwandais des Affaires étrangères Louise Mushikiwabo et de la Culture Joseph Habineza, le chef de l'Etat français a d'abord observé une minute de silence devant l'une des quatorze fosses communes du mémorial, où sont inhumés les corps de plus de 250.000 victimes, et y a déposé une gerbe.
Avec sa délégation, qui comprend le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner, Nicolas Sarkozy a ensuite visité pendant vingt minutes le musée. Celui-ci retrace l'histoire du Rwanda depuis la colonisation belge jusqu'au génocide, qui a fait plus de 800.000 morts (selon l'ONU) en grande majorité d'ethnie tutsie, et l'arrivée au pouvoir de l'actuel président Paul Kagamé.
A deux reprises, M. Sarkozy a été interpellé par le guide du musée sur le rôle de la France dans les événements de 1994. Depuis cette date, le régime de Paul Kagame accuse la France de complicité dans le génocide pour avoir soutenu le régime de son prédécesseur Juvenal Habyarimana. Paris a toujours rejeté ces accusations.
Devant une photographie montrant un véhicule militaire français passant devant un groupe de civils armés de fusils, accompagné d'une légende indiquant que "la France a joué un rôle en armant et en entraînant les forces armées rwandaises", le guide lui a lancé: "ici, c'est la responsabilité des Français". Nicolas Sarkozy est resté muet.
Le même guide lui a ensuite montré un portrait de l'ex-secrétaire général de l'ONU Kofi Annan en rappelant à son visiteur que "lui a demandé pardon" pour les errements de la communauté internationale en 1994. Là encore, le président français n'a rien répondu.
Avant de conclure sa visite, Nicolas Sarkozy a signé le Livre d'or du mémorial. Il s'est ensuite rendu au palais présidentiel pour un entretien, un déjeuner et une conférence de presse avec son homologue Paul Kagame.
La visite de M. Sarkozy, la première d'un président français depuis le génocide de 1994, intervient trois mois après la reprise officielle des relations diplomatiques entre les deux pays.
Le CNDP obtient le Kivu, Adieu les postes ministériels !
Contrairement à certaines analyses de salon selon lesquelles le CNDP serait mécontent de son absence du gouvernement Muzito II, l’heure est à la satisfaction parmi les militants de l’ex-mouvement rebelle de Laurent Nkunda. La seule mention de mécontentement du CNDP est le fruit d’une interview arrachée de Kambasu Ngeve par la radio onusienne. La réalité sur le terrain convoité par le CNDP depuis longtemps montre que les militants du CNDP sont contents et ils disent eux-mêmes à qui veut les entendre qu’ils ont gagné leur combat grâce à leur fins stratèges et que leurs revendications sont satisfaites à 90%. On peut dire que la guerre de Nkunda a continué sans Nkunda jusqu’à son aboutissement escompté par les initiateurs et les maîtres à penser de la rébellion du CNDP, à savoir l’occupation suivie de la balkanisation du Kivu et de la Province Orientale.
Parmi les plus grandes victoires obtenues par le CNDP en échange de la participation au gouvernement de Muzito II sont :
- Le contrôle militaire du Nord-Kivu, du Sud- Kivu, et de la Province Orientale.
- L’entrée au gouvernement provincial du Nord-Kivu
- L’ouverture des frontières congolaises à ses alliés militaires rwandais et ougandais qui entrent actuellement en R.D.Congo en temps et en contretemps, jusqu’à y occuper plusieurs localités au Kivu (Kamango, Lulimbi) et en Province Orientale (Boga),
- Le retour officiel des fameux refugiés congolais du Rwanda et de l’Ouganda.
Les 10 % restants de l’agenda du CNDP comprendraient ainsi :
- L’anéantissement total des Patriotes Mai-Mai et des Fardc congolais en dispo ou déployés sur le terrain de son action,
- Le retour effectif des soi-disant refugiés du Rwanda et de l’Ouganda dans les zones établies avec le concours des organismes onusiens, à savoir le HCR et le PNUD.
- Les élections locales
- Le referendum d’autodétermination des rwandophones du Kivu
Pour anéantir les Patriotes Mai-Mai et les Fardc congolais en dispo ou en poste au Nord-Kivu, le CNDP bénéficie comme toujours du concours de la MONUC. Quelques officiers des Fardc en dispo rapportent avoir été convoqués par des éléments de la Monuc à Butembo qui ont voulu les intimider en les accusant de manière fortuite de préparer une nouvelle rébellion à Beni-Lubero. Au cours de l’interrogatoire, ces officiers congolais auraient découvert que la Monuc voulait prendre la température des Fardc en dispo depuis l’annonce de l’arrivée des rwandais dans la région.
Le lendemain du remaniement du gouvernement Muzito II, l’abbé Malu Malu a fait une déclaration selon laquelle le programme STAREC allait patienté la reddition volontaire des Mai-Mai pendant un mois, notamment jusque fin Mars 2010. Passé ce délai, les Mai-Mai récalcitrants au brassage seraient considérés comme des rebelles au même titre que les FDLR. Selon plusieurs sources militaires, une grande offensive conjointe Fardc nouvelle formule et Monuc est prévue au mois d’avril prochain avec comme qualificatif «la restauration de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue de la République». Mais pourquoi cette autorité de l’Etat n’est pas restaurée aujourd’hui contre les clandestins armés qui tuent, incendient les maisons et chassent les autochtones de leurs champs ? La réponse est simple : L’autorité de l’Etat sera instaurée seulement pour les retournés du Rwanda. Les congolais ne comptent plus !
Pendant la semaine en cours, le lieutenant colonel Bizarama séjourne à Butembo avec comme mission de sensibiliser les Mai-Mai sur le brassage. Selon un Mai-Mai, lors de ses causeries morales, le lieutenant colonel Bizarama aurait prévenu ses auditeurs que si jamais les refugiés devant arriver du Rwanda étaient attaqués, c’est tous les Nande qui seraient pris pour des génocidaires et collaborateurs des FDLR, et que leurs meneurs seraient arrêtés et transférés au Tribunal Pénal International. Cette menace venue de la bouche d’un officier pourtant en mission de paix traduit l’état toujours belliqueux du CNDP qui a toujours obtenu gain de cause par la guerre, la violence, la ruse, etc. A la suite de ces propos, plusieurs observateurs craignent même que les Fardc-rwandais n’exécutent eux-mêmes quelques-uns de leurs compatriotes pour se constituer un casus belli devant justifier le génocide ou le massacre des congolais commis jusqu’à présent à petits feux sous forme des viols et mutilations sexuels des femmes, des assassinats des Jeunes garçons, des incendies des villages, des pillages, de la destruction méchante des récoltes par des vaches (le cas des villages de Kinyanondi, Kisaro, Kihiti, Buramba, Kasoso, Nyamilima, Kiwanja, Lulimbi en Territoire de Rutshuru), etc.
Les Mai-Mai qui attendent depuis plusieurs mois leur intégration dans la police nationale ne comprennent pas la menace du Lt. colonel Bizarama. Certains d’entre eux qui participent depuis plusieurs mois aux réunions de démobilisation en vue de leur intégration dans la police pensent qu’il manque une volonté politique de la part du gouvernement congolais pour leur démobilisation. D’autres rapportent que seuls les candidats ayant au moins un diplôme de graduat ou de licence intégreront la police nationale et que tous les autres devraient être démobilisés pour leur donner une chance de retourner à l’école. Dans un avenir qui n’est plus loin, la cabale derrière ce gèle de l’intégration des ex-combattants Mai-Mai dans la police nationale Congolaise sera mis à nue !
L’atterrissage forcé des fameux refugiés dans les villages où ils n’ont jamais été auparavant est précédé dans la région par une recrudescence des assassinats, des incendies des villages, des pillages, des viols des femmes, des destructions méchantes des récoltes (notez que seuls les champs des Nande seraient visés dans les villages précités du Territoire de Rutshuru).
Pour ne donner que quelques exemples :
En date du 13 Février 2010, le village d’Ivungu, situé à 41 km à l’ouest de la cité de Lubero a été systématiquement pillé par des hommes lourdement armés. A leur passage, ils ont tout emporté : animaux, chèvres, moutons, poules, et plusieurs autres biens de grande valeur.
Pour le transport de ces biens spoliés, les clandestins armés ont enlevé 15 personnes parmi leurs victimes, les forçant de transporter leur butin jusque ’à leur retranchement. Un rescapé de ces 15 victimes, est revenu au village très abattu, racontant son calvaire et tortures entre les mains des ravisseurs. Ce rescapé doit son salut au viol des deux femmes du groupe en cours de route par quelques ravisseurs. Profitant de leur distraction, il prit la poudre d’escampette. Depuis l’attaque du village d’Ivungu, toute la population était en forêt. Aujourd’hui, plusieurs habitants du village commencent à y revenir à la suite les bruits que toute maison vide de ses occupants sera occupée par des retournés du Rwanda.
En date du 17 février, les hommes lourdement armés de fusils et des machettes ont barricadé la route Butembo-Manguredjipa à 40 km à l’ouest de la ville de Butembo. Tous les passagers tombés dans ce guet-apens étaient systématiquement pillés de toutes leurs marchandises, minerais, etc.
Dans la soirée du 16 au 17/02, en ville de Butembo, en commune Bulengera, au Quartier Kamisi Mbonzo, les hommes en armes avaient fait irruption dans un cafétéria de la place, et avaient fait crépiter des balles à l’air, faisant dormir tous les clients par terre. Par la maitrise de leurs victimes, les assaillants avaient procédé à leur fouille systématique et les dépouillant de tout, y compris des habits, des souliers, etc. avant de disparaitre tranquillement dans le noir.
En date du 16/02, la localité de Toda, à 9 km au Nord- Est de la ville de Beni a été pillée par des hommes en armes. L’église catholique du village n’a pas été épargné. Les assaillants avaient en effet emporte l’argent de la collecte des fidèles et d’autres biens de valeur. Dans la foule, 4 mamans de Toda avaient été violées en public. Après leur forfait, les malfrats s’étaient dirigés vers Soyo leurs poches pleines d’argent volé.
Dans la soirée du jeudi 18/02, un homme se faisant passer pour un policier a été arrêté par la police congolaise GMI au Quartier Vutsundo, en commune Kimemi à la suite d’un signal des éclaireurs du Quartier. Il avait 3 armes à feu sur lui et se la coulait douce chez une femme libre. Interrogé sur le champ par la police, ce clandestin armé a dit qu’il était originaire de Masisi, ancien du CNDP et actuellement militaire FARDC de la 6 ième brigade. Emporté par la Police, les habitants de Vutsundo se demandent s’il est toujours en prison ou déjà libéré de force comme ces compares de la Prison Centrale de Kakwangura libérés de force par un commando Tutsi.
Le même jour, le village de Mambu près de Nziapanda, situé à 70 km de la ville de Butembo, en territoire de Lubero, dans le secteur de Bapere, a été mis en sac par des clandestins en armes qui ont tout saccagé sur leur passage comme s’ils voulaient obtenir la fuite du village par ses habitants. Ces assaillants auraient détruits les ustensiles de cuisine, les étalages, les étables des animaux de la basse-cour, les portes, les fenêtres des maisons, etc. Cette façon de détruire est nouvelle et indique l’arrivée d’un genre nouveau des clandestins qui détruisent ce qui , une fois détruit, est plus difficile d’obtenir ou nécessite de l’argent liquide pour l’obtenir, contrairement aux cases que les victimes souvent rebâtissent le lendemain des incendies.
En date du 19 Février, Ombole, une localité minière (coltan, or) située au Sud-Ouest de Manguredjipa, en territoire de Lubero, a été attaqué par des hommes lourdement armés et parlant Kinyarwanda. Ces malfrats ont tout pillé, forçant la population de quitter leurs maisons et de partir dans la nature. Le comandant congolais de la PNC était aussi capturé par les assaillants et conduit vers une destination inconnue.
Le Samedi 20 février 2010 à 19h30, Papa Kimwe, 75 ans, a été abattu chez lui à domicile à KIBIRIZI par des hommes en armes. Papa Kimwe avant pensé contribué à la mission de pacification de la région en informant les FARDC-R de Kibirizi que des FDLR venaient d’occuper son champ juste au moment de la récolte. Pour certains, l’assassinat de Papa Kimwe est une preuve que les FDLR ne sont pas nécessairement ennemis des Fardc rwandais. Pour d’autres, les Fardc rwandais de Kibirizi peuvent utiliser n’importe quoi pour tuer …
La localité de Lubango en Territoire de Lubero a été la cible des hommes en armes parlant Kinyarwanda, dans la nuit du 21 au 22 Février. Sous un crépitement des balles, les habitants avaient fui le village. Entretemps, les assaillants ont pillé le village de fond en comble, au point que l’on se demande s’ils ont pille pour un besoin où tout simplement pour détruire les biens pillés. Les boutiques, les alimentations, les pharmacies et les dispensaires de Lubango sont aujourd’hui méconnaissables car devenus l’ombre de ce qu’ils étaient auparavant.
En Territoire de Rutshuru, les nouvelles alarmantes font état de l’invasion de la station Laboratoire scientifique d’ICCN de Lulimbi par des Militaires Tutsi qui en auraient fait leur camp de regroupement. Tous les travailleurs congolais auraient fui leur lieu de travail et se trouveraient aujourd’hui à Ishasha et à Mangombo.
A part cette recrudescence d’invasions des militaires rwandais, d’attaques et des pillages des villages, la préparation du retour des soi-disant refugiés dans la région de Beni-Lubero se caractérise la construction accélérée des maisons dans les villes et cités, l’achat des terrains ou des collines dans les villages par des clients de toutes sortes tels les ONG nationales et internationales, commissionnaires, etc. au point que les observateurs sont curieux de savoir les futurs locataires de ces maisons qui naissent comme des champignons et dont les propriétaires présumés étaient hier dans la galère ?
Ce climat d’insécurité dont sont victimes les congolais futurs hôtes des retournés du Rwanda devrait interpeller tout congolais épris de paix mais dont la souffrance n’est condamnée ni par le gouvernement congolais ni par l’ONU. La société civile congolaise ainsi que les chefs des confessions religieuses, toutes tendances confondues, devraient urgemment sonner l’alarme auprès de leurs partenaires internationaux. L’histoire du Congo nous apprend que Mr Edmund D. Morel, le britannique qui avait initié le grand mouvement de protestation internationale qui finalement mis fin au génocide des congolais par Léopold II, Roi des Belges, était un simple civil, travailleur au port de Liverpool et sidéré de décharger de l’ivoire et le caoutchouc du Congo et de charger vers le Congo rien que la poudre et le canon. Son œuvre sera continuée par des journalistes (George Washington Williams, noir américain des USA), des pasteurs protestants (Révérend William Sheppard, noir américain missionnaire presbytérien au Kasai ), des philosophes, des humanistes, etc. qui, après un temps, ont fini par faire parvenir le cri des congolais à l’attention du monde et des décideurs de l’époque. Comme le génocide des congolais sous le Roi Léopold II, Roi des Belges, était couvert la fameuse mission civilisatrice, celui commis par les rwandais et les ougandais actuellement en R.D. Congo est couvert pas le développement, la reconstruction, les 5 chantiers, etc. L’histoire du génocide congolais sous Léopold II nous rappelle que les efforts soutenus des civils peuvent faire tomber un génocidaire de l’acabit de Léopold II. D’où l’appel aux civils congolais et aux chefs des confessions religieuses. Vos efforts conjugués et en partenariat avec vos partenaires et églises sœurs de part le monde peuvent lancer la dynamique de la libération de la R.D. Congo
Kahindo Edgar (Racodit) et Kakule Mathe ( BLO)
Butembo
©Beni-Lubero Online
Ituri: des miliciens attaquent et pillent des villages à Walendu Bindi
Au moins 5 villages de la collectivité de Walendu Bindi, en territoire d’Irumu, district d’Ituri, en Province Orientale, ont été victimes, la semaine dernière, d’attaques de miliciens. Le bilan fait état, notamment des biens des populations emportés et des maisons incendiées, ont indiqué des sources locales et militaires, mercredi, à radiookapi.net
La dernière attaque a été menée contre le village de Kasumakala, à près de 7 kilomètres de Gety centre. Au cours de cette incursion, une case a été incendiée. Mais, grâce à l’intervention des forces loyalistes, les assaillants n’ont pu emporter des biens de la population.
Autre incursion des miliciens enregistrée dans la région, celle de Maga, localité située à 18 kilomètres de Bukiringi centre. Là, une femme a été blessée par balle et plusieurs biens de valeur des habitants de la place ont été emportés. La blessée a été évacuée vers l’hôpital d’Aveba.
Le village Kinywa Mubaya, à 15 kilomètres de Gety centre, a également été ciblé pendant la même période par les miliciens. Là aussi, des cases ont été incendiées et des des biens emportés.
D’autres cas d’exactions attribuées aux miliciens sont rapportées par des notables de Walendi Bindi, notamment à Songolo, où plusieurs habitants ont perdu vivres et argent.
A Baviba, cependant, selon les mêmes sources, ces hommes armés n’ont pu accomplir leur besogne. Ils ont été dissuadés par la mobilisation des habitants du village.
24 février 2010
Le combat pour la paix (ou plutôt pour les richesses) au Nord et Sud- Kivu, en RDC (Analyse)
Il y a un an, la ville de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), accueillait provisoirement des dizaines de milliers de personnes déplacées par les combats entre les forces du gouvernement et divers groupes armés. Aujourd’hui, beaucoup de ces déplacés sont rentrés dans leurs villages.
« Cela ne signifie pas que la paix est revenue dans la région», a dit un observateur militaire à Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu. « Certains villages sont relativement plus sûrs, mais la situation générale est toujours très instable. »
Au plus fort des violences dans le Nord-Kivu en 2008 et 2009, Goma a accueilli dans des camps environ 140 000 déplacés, d’après le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR). Début 2009, des déplacés ont commencé à quitter volontairement les camps, et à présent, 77 000 personnes sont parties.
« La situation s’est améliorée dans des endroits comme Goma, mais on peut tracer des cercles concentriques autour de la ville », a dit Karl Steinacker, coordinateur de l’UNHCR pour l’est de la RDC. « Plus on s’éloigne, pire c’est. C’est une [période] de retours, de déplacements et de mouvements. »
Le Nord et le Sud-Kivu comptent 47 camps, qui abritent à l’heure actuelle plus de 117 000 déplacés, dont 15 000 ont été déplacés par des affrontements entre des groupes armés en décembre dernier.
La violence est le fléau des deux provinces du Kivu. D’après des rapports, lors d’une récente attaque, le 11 février dernier, les FDLR, un groupe rebelle rwandais basé dans l’est de la RDC, qui est la cible des opérations des FARDC (armée de la RDC) – elles-mêmes soutenues par les Nations Unies –, ont tué sept femmes qui se rendaient au marché de la forêt de Bisembe, dans la région de Rutshuru. Huit se sont échappées, mais seulement trois sont arrivées jusque chez elles.
Alan Doss, chef de la Mission des Nations Unies en RDC (MONUC), a dit qu’il s’agissait d’un acte lâche, car les FDLR visaient les plus vulnérables. La MONUC, en collaboration avec les FARDC, s’efforce de sécuriser cette zone.
« Des hommes armés circulent toujours dans les villages », a dit un ancien déplacé de Bukavu dans le Sud-Kivu, qui vit maintenant à Goma. « Il n’y a pas de gouvernement effectif dans une grande partie du Nord et du Sud-Kivu. Jusqu’à ce que le gouvernement arrive, [ce sera] le [chaos]. »
Les violences récentes sont pour la plupart imputées aux FDLR, qui comptent environ 5 000 hommes, d’après des observateurs militaires de Goma.
« Les FDLR sont comme des abeilles dans un coin », a dit à IRIN Esteban Sacco, directeur du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) dans le Nord-Kivu. « Si on ne les touche pas, il ne se passe rien, mais si [elles sont dérangées], les ennuis surviennent. »
Les ONG sont visées
D’après OCHA, les provinces du Nord et Sud-Kivu compte environ 1,36 million de personnes déplacées, dont un million ont fui leurs maisons en 2009.
L’UNHCR s’inquiète de la situation dans certains camps. « A Kichanga, les déplacés sont utilisés pour des travaux forcés », a dit Masti Notz, chef du bureau de l’UNHCR pour le Nord-Kivu. « Nous sommes de plus en plus préoccupés par ce qui se passe. »
Les attaques contre les travailleurs humanitaires suscitent également des inquiétudes. Le 13 février dernier, des employés d’ONG locales ont été pris dans une embuscade et ont perdu des biens à Rutshuru, d’après des sources proches des forces de sécurité.
Au mois de janvier, quelque 20 attaques visant des acteurs humanitaires ont au total été enregistrées dans le Nord-Kivu.
« Rien qu’à Masisi, nous avons eu 14 incidents depuis le début de l’année », a dit M. Sacco.
Raphael Wakenge, directeur de la Coalition congolaise pour la justice transitionnelle, une organisation de la société civile, a dit que « les gens ont peut-être envie de rentrer mais s’inquiètent » de l’insécurité.
« Les conditions du retour ne sont pas attractives ; il n’y a aucune garantie de sécurité », a-t-il dit à IRIN. « Quand on visite le territoire de Fizi, [on assiste à] des opérations militaires qui empêchent le retour de la population. »
Nouvelle offensive
Une nouvelle offensive a été lancée en janvier pour mettre les FDLR en déroute. L’opération, dont le nom de code est Amani Leo, ce qui signifie « La paix aujourd’hui » en swahili, a remplacé Kimia II, une opération fortement critiquée par les organismes de surveillance des droits humains, qui l’accusaient d’atteintes aux droits des civils.
Pour M. Wakenge, Kimia II était « une bonne initiative » qui a été gâchée par des « questions de protection des civils ».
Koen Vlassenroot, de l’Université de Gand, a écrit dans un article que cette opération compliquait la situation politique et militaire locale, et avait un impact humanitaire dramatique.
« Ce qui était encore plus inquiétant, c’était la conduite des nouvelles brigades intégrées de l’armée congolaise, qui, d’après des rapports, ont été de plus en plus impliquées dans de graves violations des droits humains, parmi lesquelles des meurtres à l’aveugle de civils dans les nouveaux territoires sous contrôle », a dit M. Vlassenroot.
Amani Leo a suscité jusqu’à présent un optimisme prudent. « Le concept formel de cette […] offensive met l’accent sur la protection des civils, la planification conjointe, et la conditionnalité du soutien de la MONUC au respect des droits humains par les FADRC », a dit à IRIN Guillaume Lacaille, analyste senior pour l’Afrique centrale auprès d’International Crisis Group.
D’après la MONUC, les priorités de l’opération seront de protéger les civils, en particulier les femmes et les enfants, de libérer le territoire des groupes armés, et de favoriser la restauration de l’autorité de l’Etat.
« La protection des civils a été la préoccupation centrale de nos plans », a dit au Conseil de sécurité, en janvier, le Lieutenant Général Babacar Gaye. En ce qui concerne les violations des droits humains, une politique de tolérance zéro sera appliquée.
« Pour savoir si Amani Leo sera un succès, il faudra attendre et observer », a dit Nelson Alusala, chercheur senior à l’Institute for Security Studies, basé à Pretoria. La RDC et le Rwanda voudraient toutefois accélérer sa mise en œuvre, afin d’anticiper d’éventuelles réductions d’effectifs de la MONUC et les élections congolaises et rwandaises de 2011.
« Les FDLR ont deux possibilités : le retour volontaire ou le retour forcé car le Rwanda ne peut pas négocier avec eux », a dit à IRIN une source proche des forces de sécurité à Goma. « [Ces hommes] étaient soldats de métiers, et ils sont encore capables de déstabiliser une partie de la région [du Nord et Sud-Kivu]. »
La guerre des ressources
Le conflit des Kivus est alimenté par la richesse des ressources naturelles de la région, dont notamment les ressources en or. D’après Global Witness, les principales parties belligérantes contrôlent une grande partie du commerce des minéraux, qui est très lucratif.
« Les ressources naturelles doivent être reconnues non seulement comme une composante du problème, mais aussi comme un élément essentiel de la solution », a écrit Mike Davis, de Global Witness, dans un rapport récent.
« En RDC, de nombreux groupes armés sont florissants grâce au commerce non réglementé des minéraux », a dit M. Alusala. « Les minéraux sont aussi échangés contre des armes, ce qui alimente le conflit. »
Le Bonn International Centre for Conversion affirme que ceux qui sont intéressés par les ressources naturelles de la RDC possèdent encore un potentiel destructeur. Ceux-ci sont notamment d’anciens combattants influents qui appartiennent aujourd’hui à des réseaux informels de pouvoir et de commerce. O.M/IRIN
Le combat pour la paix au Nord et Sud- Kivu, en RDC (Analyse)
Il y a un an, la ville de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), accueillait provisoirement des dizaines de milliers de personnes déplacées par les combats entre les forces du gouvernement et divers groupes armés. Aujourd’hui, beaucoup de ces déplacés sont rentrés dans leurs villages.
« Cela ne signifie pas que la paix est revenue dans la région», a dit un observateur militaire à Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu. « Certains villages sont relativement plus sûrs, mais la situation générale est toujours très instable. »
Au plus fort des violences dans le Nord-Kivu en 2008 et 2009, Goma a accueilli dans des camps environ 140 000 déplacés, d’après le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR). Début 2009, des déplacés ont commencé à quitter volontairement les camps, et à présent, 77 000 personnes sont parties.
« La situation s’est améliorée dans des endroits comme Goma, mais on peut tracer des cercles concentriques autour de la ville », a dit Karl Steinacker, coordinateur de l’UNHCR pour l’est de la RDC. « Plus on s’éloigne, pire c’est. C’est une [période] de retours, de déplacements et de mouvements. »
Le Nord et le Sud-Kivu comptent 47 camps, qui abritent à l’heure actuelle plus de 117 000 déplacés, dont 15 000 ont été déplacés par des affrontements entre des groupes armés en décembre dernier.
La violence est le fléau des deux provinces du Kivu. D’après des rapports, lors d’une récente attaque, le 11 février dernier, les FDLR, un groupe rebelle rwandais basé dans l’est de la RDC, qui est la cible des opérations des FARDC (armée de la RDC) – elles-mêmes soutenues par les Nations Unies –, ont tué sept femmes qui se rendaient au marché de la forêt de Bisembe, dans la région de Rutshuru. Huit se sont échappées, mais seulement trois sont arrivées jusque chez elles.
Alan Doss, chef de la Mission des Nations Unies en RDC (MONUC), a dit qu’il s’agissait d’un acte lâche, car les FDLR visaient les plus vulnérables. La MONUC, en collaboration avec les FARDC, s’efforce de sécuriser cette zone.
« Des hommes armés circulent toujours dans les villages », a dit un ancien déplacé de Bukavu dans le Sud-Kivu, qui vit maintenant à Goma. « Il n’y a pas de gouvernement effectif dans une grande partie du Nord et du Sud-Kivu. Jusqu’à ce que le gouvernement arrive, [ce sera] le [chaos]. »
Les violences récentes sont pour la plupart imputées aux FDLR, qui comptent environ 5 000 hommes, d’après des observateurs militaires de Goma.
« Les FDLR sont comme des abeilles dans un coin », a dit à IRIN Esteban Sacco, directeur du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) dans le Nord-Kivu. « Si on ne les touche pas, il ne se passe rien, mais si [elles sont dérangées], les ennuis surviennent. »
Les ONG sont visées
D’après OCHA, les provinces du Nord et Sud-Kivu compte environ 1,36 million de personnes déplacées, dont un million ont fui leurs maisons en 2009.
L’UNHCR s’inquiète de la situation dans certains camps. « A Kichanga, les déplacés sont utilisés pour des travaux forcés », a dit Masti Notz, chef du bureau de l’UNHCR pour le Nord-Kivu. « Nous sommes de plus en plus préoccupés par ce qui se passe. »
Les attaques contre les travailleurs humanitaires suscitent également des inquiétudes. Le 13 février dernier, des employés d’ONG locales ont été pris dans une embuscade et ont perdu des biens à Rutshuru, d’après des sources proches des forces de sécurité.
Au mois de janvier, quelque 20 attaques visant des acteurs humanitaires ont au total été enregistrées dans le Nord-Kivu.
« Rien qu’à Masisi, nous avons eu 14 incidents depuis le début de l’année », a dit M. Sacco.
Raphael Wakenge, directeur de la Coalition congolaise pour la justice transitionnelle, une organisation de la société civile, a dit que « les gens ont peut-être envie de rentrer mais s’inquiètent » de l’insécurité.
« Les conditions du retour ne sont pas attractives ; il n’y a aucune garantie de sécurité », a-t-il dit à IRIN. « Quand on visite le territoire de Fizi, [on assiste à] des opérations militaires qui empêchent le retour de la population. »
Nouvelle offensive
Une nouvelle offensive a été lancée en janvier pour mettre les FDLR en déroute. L’opération, dont le nom de code est Amani Leo, ce qui signifie « La paix aujourd’hui » en swahili, a remplacé Kimia II, une opération fortement critiquée par les organismes de surveillance des droits humains, qui l’accusaient d’atteintes aux droits des civils.
Pour M. Wakenge, Kimia II était « une bonne initiative » qui a été gâchée par des « questions de protection des civils ».
Koen Vlassenroot, de l’Université de Gand, a écrit dans un article que cette opération compliquait la situation politique et militaire locale, et avait un impact humanitaire dramatique.
« Ce qui était encore plus inquiétant, c’était la conduite des nouvelles brigades intégrées de l’armée congolaise, qui, d’après des rapports, ont été de plus en plus impliquées dans de graves violations des droits humains, parmi lesquelles des meurtres à l’aveugle de civils dans les nouveaux territoires sous contrôle », a dit M. Vlassenroot.
Amani Leo a suscité jusqu’à présent un optimisme prudent. « Le concept formel de cette […] offensive met l’accent sur la protection des civils, la planification conjointe, et la conditionnalité du soutien de la MONUC au respect des droits humains par les FADRC », a dit à IRIN Guillaume Lacaille, analyste senior pour l’Afrique centrale auprès d’International Crisis Group.
D’après la MONUC, les priorités de l’opération seront de protéger les civils, en particulier les femmes et les enfants, de libérer le territoire des groupes armés, et de favoriser la restauration de l’autorité de l’Etat.
« La protection des civils a été la préoccupation centrale de nos plans », a dit au Conseil de sécurité, en janvier, le Lieutenant Général Babacar Gaye. En ce qui concerne les violations des droits humains, une politique de tolérance zéro sera appliquée.
« Pour savoir si Amani Leo sera un succès, il faudra attendre et observer », a dit Nelson Alusala, chercheur senior à l’Institute for Security Studies, basé à Pretoria. La RDC et le Rwanda voudraient toutefois accélérer sa mise en œuvre, afin d’anticiper d’éventuelles réductions d’effectifs de la MONUC et les élections congolaises et rwandaises de 2011.
« Les FDLR ont deux possibilités : le retour volontaire ou le retour forcé car le Rwanda ne peut pas négocier avec eux », a dit à IRIN une source proche des forces de sécurité à Goma. « [Ces hommes] étaient soldats de métiers, et ils sont encore capables de déstabiliser une partie de la région [du Nord et Sud-Kivu]. »
La guerre des ressources
Le conflit des Kivus est alimenté par la richesse des ressources naturelles de la région, dont notamment les ressources en or. D’après Global Witness, les principales parties belligérantes contrôlent une grande partie du commerce des minéraux, qui est très lucratif.
« Les ressources naturelles doivent être reconnues non seulement comme une composante du problème, mais aussi comme un élément essentiel de la solution », a écrit Mike Davis, de Global Witness, dans un rapport récent.
« En RDC, de nombreux groupes armés sont florissants grâce au commerce non réglementé des minéraux », a dit M. Alusala. « Les minéraux sont aussi échangés contre des armes, ce qui alimente le conflit. »
Le Bonn International Centre for Conversion affirme que ceux qui sont intéressés par les ressources naturelles de la RDC possèdent encore un potentiel destructeur. Ceux-ci sont notamment d’anciens combattants influents qui appartiennent aujourd’hui à des réseaux informels de pouvoir et de commerce. O.M/IRIN


