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LOSAKO

le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde ils peuvent se faire entendre. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

01 février 2010

Petit budget pour grand pays

kabila_06_03_09La République démocratique du Congo (RDC) dispose enfin d'un budget pour l'année 2010. Avec 5,9 milliards de dollars après révision du parlement, ce budget est en augmentation de 1 milliard par rapport à l'année précédente. Mais si l'on compare avec d'autres pays de taille et population égales, le budget de la RDC reste dérisoire... sans parler des richesses naturelles du pays.

Même si comparaison n'est pas raison, le simple budget de l'Angola voisin pour 2009, est estimé autour de 28 milliards de dollars, soit plus de 4 fois le budget de la RDC. Pourtant à Kinshasa, on s'estime heureux de pouvoir bénéficier d'une hausse budgétaire par rapport à l'exercice 2009 : + 1 miiliard de dollars environ). Ce minuscule budget tient en effet compte des engagement de la RDC à réduire sa dette estimée à 13,1 milliards de dollars... une promesse faite au Fond monétaire international (FMI) et à la Banque mondiale.

A noter dans ce budget, l'augmentation de l'allocation distribuée aux provinces. La part la plus importante du budget (plus du tiers) a quand à elle été affecté à la construction, la réfection et la réhabilitation d'ouvrages et d'édifices (routes, ponts, hôpitaux...). Les parlementaires ont cependant dû renoncer à la majoration de leurs indemnités et légèrement amélioré la rémunération des policiers et militaires, comme le souhaitait le Président Kabila. Et un fond spécial pour les élections générales prévues en 2011 a également été augmenté.

A peine 6 petit milliards, c'est peu pour un pays de 2,345 millions de km2 et 68,7 millions d'habitants. Surtout lorsque l'on sait que dans le riche secteur minier, seules 1% des entreprises ont payé l'impôt sur les sociétés. Courier International

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Prolifération des banques / L’économie congolaise prise en otage par la Mafia

bcdc_2344696Actuellement, les banques poussent en RDC comme des champignons. Vendredi 29 janvier 2010, le chef de l’Etat en a validé une autre, Grand Bank RDC, par ordonnance présidentielle. Dans l’opinion, les interrogations fusent de partout. Ce foisonnement serait-il le fait d’une reprise économique ou simplement les signes avant-coureurs d’une prise en otage de l’économie nationale par une maffia non encore identifiée ? Que cache ce regain de l’activité bancaire ? A côté de la Banque centrale du Congo, la Cellule nationale des renseignements financiers (Cenaref), unité d’investigation financière dotée des pouvoirs de vérification de la légalité des fonds utilisés dans diverses transactions financières au sein de l’espace économique congolais, doit se mettre en œuvre pour lever le voile.

Jamais la République démocratique du Congo n’a connu une si grande embellie dans son secteur bancaire. La RDC a certes du chemin à parcourir pour relever son faible taux de bancarisation, mais l’ampleur avec laquelle les banques se créent soulève bien des interrogations. Ces inquiétudes se ravivent dans la mesure où la plupart des banques récemment créées en RDC sont généralement la branche financière d’un réseau commercial. Ainsi, Nigérians, Libanais ou Indo-pakistanais opérant dans le circuit commercial congolais se sont organisées pour canaliser leurs transactions autour de ce qu’il faudra appeler « leur banque ». Des institutions identitaires qui dissimulent quelquefois des transactions financières non encadrées par la Banque centrale du Congo.

Chaque réseau s’est donc doté de sa banque. Les Nigérians se retrouvent avec Access. Les Indo-pakistanais ont également la leur : la Raw Bank, branche commerciale du groupe Rawji dans lequel l’on compte également Beltexco, Marsavco, etc. Les Libanais ne sont pas en reste : ils ont créé Solidaire Banque qui engrange toutes les opérations financières portant sur les matières précieuses – cette banque ayant été notamment créé par le réseau de Libanais œuvrant dans le commerce de diamant.

Dans le giron de la communauté libanaise, il faut compter également avec le groupe Soficom. S’étant au départ spécialisé dans les opérations de transfert des fonds, le groupe Soficom s’est diversifié par la création notamment de sa branche bancaire, Sofibanque. C’est dire que les exemples sont légion surtout que la liste est loin d’être exhaustive. Point de doute possible : le foisonnement des banques en RDC cache bien quelque chose.

LA GRANDE VAGUE

access_2009_09_24_5Depuis plusieurs mois, Kinshasa vit au rythme des galas de création des établissements bancaires. En moins d’une année, huit établissements ont sollicité et obtenu un agrément auprès de la Banque centrale du Congo, faisant passer le nombre de banques opérant en RDC de 13 à 22 (dont présentement 17 déjà opérationnelles) et probablement 24 en 2010. La première pour cette année 2010 est la Grand Bank RDC, créée à la suite d’une ordonnance du 29 janvier 2010.

En fait, ces arrivées structurent le paysage économique congolais autour de deux catégories d’acteurs : les « anciens », les établissements qui ont vécu les hauts et les bas de l’économie congolaise, et les « nouveaux », vecteurs de nouvelles dynamiques sectorielles. Dans le premier groupe, on retrouve la BCDC, présente en RDC depuis 1909 et des banques opérant en RDC depuis au moins deux décennies telles que Citigroup, la Banque Congolaise, la BIAC ou la Stanbic Bank Congo.

Du côté des nouveaux, on retrouve la constellation d’acteurs en quête de diversification comme la Rawbank (filiale du groupe Rawji, un des grands conglomérats de l’économie congolaise), des banques à vocation panafricaine (Ecobank, Afriland, Fibank) ou ciblant des clientèles souvent marginalisées par les banques traditionnelles comme les PME ou la classe moyenne (Advans Bank ou ProCredit). Par ailleurs, depuis quelques mois, des institutions financières spécialisées dans les opérations de transfert d’argent ont rejoint le groupe de « nouveaux » en optant pour le statut bancaire (à l’instar de la Solidaire Banque ou de Sofibanque).

Cette multiplication d’acteurs, source de concurrence et d’innovation, ne peut que stimuler un système bancaire que l’Association des Banques Congolaises juge encore peu profond. Selon cette corporation, à fin juin 2009, le total bilan de ses acteurs s’élevait à 1,6 milliard de dollars soit 12% du PIB contre 32% en Afrique, d’après le rapport Making Finance Work For Africa de la Banque mondiale. Par ailleurs, fin juin, les crédits accordés à l’économie représentaient 5,7% du PIB, contre une moyenne africaine de près de 18% en 2007.

UN INSTANT DE PRUDENCE

rawbank_08_07_14_3Les banques restent donc la pierre angulaire du développement, un vecteur déterminant de la croissance économique. Si elles n’augmentent pas la collecte de l’épargne, ne touchent une partie de plus en plus importante de la population et si elles ne peuvent financer des entrepreneurs qui veulent lancer des activités ou les étendre, tous les efforts de relance ne seront rien d’autre que des coups d’épée dans l’eau.

En plus, reconnaît-on, l’arrivée de nouvelles banques est bénéfique à l’économie tant cette dernière est l’une des plus sous-bancarisées au monde. Les nouveaux arrivants, en plus des capitaux injectés en RDC, pénètrent des créneaux que les anciennes n’avaient pas vraiment ou n’ont pas encore explorés : la micro-finance, le crédit aux particuliers et aux PME.

Par contre, la prudence n’est pas exclue pour décourager toute forme d’imposture dans le secteur bancaire congolaise, en pleine renaissance. Même s’il faut saluer ce dynamisme en ce temps de crise, il y a bien des zones d’ombre dans la forte expansion de l’activité bancaire en RDC.

Aussi la Banque centrale du Congo, qui assure la supervision des institutions bancaires, se doit-elle de s’expliquer pour dissiper tout malentendu. C’est dans ce décor aussi que devront se déployer les équipes de la Cellule nationale des renseignements pour lever tout pan de voile sur cette grande vague bancaire. La lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme légitiment une telle démarche. De ce fait, à côté de la Banque centrale du Congo, la Cenaref doit se prévaloir réellement de statut d’une « unité d’investigation financière » pour sécuriser l’espace économique congolais. Ce qui est loin d’être le cas jusque-là.

Pays post-conflit, aux structures économiques désarticulées, la RDC doit être mise à l’abri de toute opération susceptible de la fragiliser davantage. Or, le secteur bancaire est un des secteurs prisés par des circuits maffieux. Il ya bien lieu d’ouvrir les yeux pour préserver l’économie congolaise d’une telle catastrophe.

bic_facade_2008Procédures d’agrément des banques

Concernant les procédures d’agrément des banques en RDC, il existe des dispositions légales et réglementaires, relevant de la compétence de la BCC, auxquelles tout opérateur désireux d’évoluer dans le secteur doit se soumettre.

En RDC, les promoteurs bancaires doivent observer des règles particulières en matière de création des banques et d’exercice d’activités bancaires. Certaines de ces règles concernent notamment les conditions d’accès à la profession ou autrement les conditions d’agrément des banques.

La loi bancaire qui réglemente déjà la matière d’agrément des banques subordonne cet agrément à plusieurs conditions. En premier lieu, la Banque doit être une personne morale de forme juridique d’une Société par actions à responsabilité limitée (Sarl). En effet, l’exercice d’activités bancaires est interdit aux personnes physiques. Elle doit ensuite disposer d’un capital minimum libéré fixé par la Banque centrale du Congo. Ce capital minimum est fixé aujourd’hui à 5.000.000 Usd.

Durant leurs activités, les banques agréées doivent en permanence présenter un actif net (fonds propres prudentiels) au moins égal au capital minimum réglementaire ou en adéquation à leur profil des risques. Tout comme les dirigeants, les actionnaires de la banque ne doivent pas être frappés de l’interdiction professionnelle prévue à l’article 15 de la loi bancaire.

Au-delà de ces critères, l’agrément reste subordonné à l’appréciation des caractéristiques du projet présenté. Aussi, pendant l’instruction du dossier d’agrément, la Banque centrale est chargée de : vérifier l’adéquation de la forme juridique de l’entreprise à l’activité de l’entreprise requérante ; apprécier le plan d’affaires, les moyens techniques, humains et informationnels que comptent mettre en œuvre les promoteurs ainsi que la qualité des apporteurs des capitaux, le cas échéant, de leurs garants ; s’assurer que l’entreprise va disposer des dirigeants revêtus de l’honorabilité nécessaire et de l’expérience adéquate à leurs fonctions ; évaluer l’aptitude du futur établissement bancaire à réaliser ses objectifs de développement dans les conditions compatibles avec le bon fonctionnement du système bancaire.

Toujours, dans le rang des critères auxquels tout requérant devra se soumettre, la Banque centrale veille aussi à ce que toute modification significative apportée aux principaux éléments qui ont été pris en compte lors de l’agrément doit être soumise à l’autorisation préalable de la BCC. De même aussi, lorsqu’un établissement de crédit agréé dans un pays étranger souhaite implanter une filiale en RDC, la Banque centrale consulte les autorités de supervision du pays d’origine de cet établissement de crédit en vue de s’assurer de sa crédibilité financière à soutenir sa filiale et de l’honorabilité des dirigeants notamment en rapport avec le blanchiment des capitaux et le crime organisé.

Une fois agréé, l’établissement bancaire doit respecter certaines règles dans l’exercice de ses activités. Outre les conditions relatives aux opérations, à la comptabilité et aux normes prudentielles qui sont exposées dans les différentes Instructions édictées par la Banque centrale, d’autres règles touchant à l’organisation de l’établissement lui-même ou de l’ensemble de la profession sont précisées et doivent être respectées. Le Potentiel

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Province du Katanga: Gabriel Kyungu wa Kumwanza, homme politique ou voyou ?

Kyungu_wa_KumwanzaDes membres de la «JUNAFEC» (Jeunesse de l’Union des nationalistes fédéralistes du Congo), le parti politique cher à Gabriel Kyungu Kumwanza, ont passé à tabac quatre députés provinciaux qui exigeaient un débat notamment sur la gestion du questeur de l’assemblée provinciale du Katanga. A Kinshasa, le ministre de l’Intérieur, le PPRD Célestin Mbuyu Kabango, a ordonné la fermeture du siège de cette assemblée. Cette décision qui énerve le principe sacro-saint de séparation des pouvoirs est perçue, à tort ou à raison, comme une fuite en avant destinée à disculper le président de l’assemblée provinciale qui n’est autre que Gabrielle Kyungu wa Kumwanza dont la formation politique est un membre éminent de l’Amp (Alliance de la majorité présidentielle). Un «intouchable».

Réactions

La ville de Lubumbashi est sous le choc après le passage à tabac de quatre députés provinces par des membres de la «Jeunesse» du parti UNAFEC du président de l’assemblée provinciale du Katanga, Gabriel Kyungu wa Kumwanza. Dans ce Congo dit démocratique où la population est habituée à accepter l’inacceptable, rares sont les voix qui se sont élevées pour dénoncer ce scandale. Sur décision du ministre de l’Intérieur, Célestin Mbuyu Kabango, le siège de cette Assemblée est fermé «jusqu’à nouvel ordre». Expliquant cette décision autant inconstitutionnelle que cavalière sur les ondes de radio Okapi, le ministre de la Communication et des médias, Lambert Mende Omalanga, a déclaré que «le siège de l’assemblée provinciale ne sera ouvert que lorsque la justice aura terminé ses devoirs d’enquête et de collecte des données sur le terrain, et lorsque la paix sera revenue entre les différentes personnalités qui composent l’assemblée provinciale du Katanga.» Des observateurs à Lubumbashi y voient, au contraire, une «manœuvre dilatoire» compte tenu du caractère flagrant des faits. Pour eux, le ministre de l’Intérieur, un Mulubakat comme Kyungu, tente, par cette fermeture, de «disculper» Kyungu, l’homme vers qui tous les doigts accusateurs sont pointés.

Un fonctionnaire joint au téléphone à Lubumbashi donne son avis: «A quelques seize mois de la fin de la législature en cours, il semble bien que les parlementaires provinciaux commencent à se réveiller. Ces parlementaires semblent prendre conscience que leur hémicycle ne doit plus être assimilé à une chambre d’enregistrement. Ils veulent désormais exercer le contrôle démocratique. Ce qui s’est passé à l’assemblée provinciale du Katanga est un vrai scandale. L’ironie de l’histoire réside au fait que les députés battus appartiennent eux aussi à l’AMP. La preuve est ainsi faite que l’AMP n’est qu’un panier à crabes dans lequel cohabite, dans un mariage contre-nature, des unitaristes, des fédéralistes et des populistes. Bref, des formations politiques qui partagent tout sauf les mêmes convictions idéologiques.» Notre interlocuteur de poursuivre : «Les prochaines élections pourraient réserver des surprises. Le pouvoir actuel a déçu par des atteintes par trop flagrantes aux droits et libertés. A titre d’exemple, au Katanga, les médias sont intimidés et la presse s’autocensure».

Dans un communiqué daté 29 janvier intitulé «Agression physique de quatre députés provinciaux au siège de l’assemblée provinciale du Katanga par des personnes étrangères à l’assemblée», vingt-trois organisations de la Société civile du Katanga notent en liminaire avoir suivi avec «un profond regret» l’agression dont ont été victimes quatre députés provinciaux lors de la séance plénière de jeudi 28 janvier. Il s’agit de : Banza Monga Tutu, Michel Kakudji Momat, Aimé Kasongo Mande et Kayumba wa Kayuma. Les vingt-trois organisations de la Société civile «condamnent fermement ces actes d’agression physique dirigés contre des députés provinciaux, en plein exercice de leur mandat, (…) », souligne le communiqué avant de fustiger le «regard impuissant des éléments de la police nationale congolaise commis à la sécurité de cette haute et importante institution provinciale», pendant que les quatre parlementaires étaient brutaliés par des «inconnus». Après avoir réaffirmé que l’Assemblée «devrait être un lieu de liberté d’expression et de défense des intérêts de la population», les signataires de relever «que ce qui vient d’arriver viole la Constitution (…) qui reconnaît à tout citoyen congolais respectivement en ses articles 22, 23 et 27 : « le droit à la liberté de pensée, le droit à la liberté d’expression impliquant la liberté d’exprimer ses opinions ou ses convictions, notamment par la parole, l’écrit et l’image ; et le droit d’adresser individuellement ou collectivement une pétition à l’autorité publique qui y répond dans les trois mois et nul ne peut faire l’objet d’incrimination, sous quelque forme que ce soit, pour avoir pris pareille initiative ».

Et de conclure que les événements survenus à l’assemblée provinciale du Katanga «mettent sérieusement en péril la démocratie que nous avons appelée de tous nos vœux et pour l’avènement de laquelle nous avons travaillé au prix d’énormes sacrifices». Aussi, les signataires invitent-ils le ministre de l’Intérieur «à sanctionner à terme et sans complaisance tous ceux qui se sont compromis dans cette affaire». Il est demandé au procureur général près la Cour d’appel de Lubumbashi de faire preuve d’impartialité au cours des enquêtes qu’il ne manquera pas d’ouvrir «afin d’identifier les auteurs et les commanditaires, de les traduire devant la justice, d’autant plus que l’une des victimes a porté formellement plainte au parquet général de Lubumbashi.»

image_file_2997Rappel des faits

Que s’est-il passé ce jeudi 28 janvier au bâtiment du 30 juin ?
Selon des sources concordantes à Lubumbashi, la séance plénière de ce mercredi, présidée par Gabriel Kyungu wa Kumwanza, devait examiner trois motions. Les deux premières concernaient respectivement le ministre des Finances et celui des Infrastructures. La troisième portait sur le questeur. Notons le parti Unafec a été créé en 2001 Honorius Kisimba Ngoy, Kyungu wa Kumwanza et Célestin Kabuya Lumuna respectivement, président, vice-président et secrétaire générale.

Selon des témoins, des membres de la "Junafec" étaient étrangement présents dans l’hémicycle. «L’action a été préméditée, commente une source Lushoise jointe au téléphone. Une réunion a été tenue la veille au siège de l’Unafec, situé à la commune Kenya. C’est au cours de cette rencontre présidée par ailleurs par le ministre Juvénal Kitungwa que les derniers réglages ont été mis en route. Jeudi, les membres de Junafec sont venus au bâtiment du 30 juin. Ils entonnaient des «chants de guerre» pour intimider les députés récalcitrants.» Le député Banza Monga Tutu a soulevé une motion (incidentielle) en proposant de débattre sur la gestion du Questeur, autrement dit le gestionnaire des finances de l’assemblée. Dieu seul sait combien le personnel politique congolais est frileux à toute forme de contrôle touchant à l’argent. Selon une autre source, le président Kyungu s’est énergiquement opposé à cette initiative. Se sentait-il personnellement visé ? Mécontents, quatre députés, dont Banza Monga Tutu, se sont levés pour quitter la salle. Les «jeunes» de l’UNAFEC se sont jeté sur eux. La suite est connue.

La différence entre un homme politique et un «homme de la rue» réside au fait que le premier a en charge l’intérêt général. Le bien commun. Le second, lui, ne s’occupe que de ses intérêts individuels et ceux de ses proches. Si l’homme de la rue peut «se laisser aller» dans l’ivrognerie, l’infidélité, la violence conjugale ou le mensonge, le responsable politique n’est bien vu que lorsque son comportement est exemplaire. Vertueux. A défaut, la confiance à l’égard de l’homme politique s’érode. Et ce, pour la simple raison que celui est considéré comme étant le dernier rempart pour la sauvegarde de l’ordre social et moral.

Gabriel Kyungu wa Kumwanza est une caricature de l’homme politique. Dans une société policée, cet homme aurait été fiché dans le répertoire des «voyous» tenu par la police. A la décharge de Kyungu, son cas est loin d’être unique dans le monde politique congolais. Membre de l’Uferi (Union des fédéralistes indépendants) de Nguz Karl i Bond, Kyungu a été nommé gouverneur de la province du Shaba-Katanga au début des années 90. L’homme s’est rendu tristement célèbre en épurant «sa» région de tous les «non-originaires». C’était au lendemain de l’élection d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba, par la Conférence nationale souveraine, au poste de Premier ministre. C’était en août 1992. Les «immigrés» Lubas Kasaï ont payé le prix fort. Kyungu sera suspendu de ses fonctions par le successeur de «Tshi-Tshi», le Premier ministre Léon Kengo wa Dondo.

Un «intouchable»

Après la prise du pouvoir par l’AFDL, Kyungu s’est rapproché du nouveau pouvoir. Au lendemain de l’installation des institutions du régime "1+4", l’homme était inconsolable pour n’avoir pas obtenu le poste de gouverneur de province du Katanga, raflé par un certain Kisula Ngoy, étiqueté Maï Maï. Une «marche de colère» est aussitôt organisée à travers les artères de Lubumbashi aux cris de «Kabila rwandais». Fin 2003, le même Kyungu est surpris par des Kinois entrain d’esquisser des pas de danse traditionnelle lors d’une manifestation organisée par des Balubakat en l’honneur de…Joseph Kabila. Au cours de cette cérémonie, l’«arbre généalogique» de la famille Kabila est exhibé. Objectif : démontrer aux "sceptiques" que «Joseph» est bel et bien un «Mulubakat à 100%» et qu’il est originaire d’Ankoro.

Dans un discours prononcé à l’issue d’une marche de soutien au "président-candidat" Kabila, samedi 27 mai 2006, Kyungu wa Kumwanza, rentré dans les bonnes grâces de Joseph Kabila, fait une déclaration selon laquelle «tous ceux qui s’en prennent à Joseph Kabila cherchent à nuire à l’unité nationale». Une manière d’enfoncer le clou planté par Richard Muyej, président du PPRD/Katanga, qui faisait savoir auparavant que «le prochain président de la RD Congo, c’est sera Kabila ou rien !».

Non coupable?

En février 2009, trois députés nationaux, natifs du Katanga, en vacances parlementaires à Lubumbashi, ont dû solliciter la «protection» de la Monuc pour échapper aux membres de la milice de l’Unafec. Leur "crime" est d’avoir apposé leurs signatures sur une pétition afin d’obtenir la convocation d’une session extraordinaire de l’Assemblée nationale au lendemain de l’entrée des troupes rwandaises sur le sol congolais dans le cadre de l’Opération dite «Umoja wetu». Le commanditaire de ces intimidations n’était personne d’autre que le président de l’Assemblée provinciale du Katanga, Gabriel Kyungu wa Kumwanza. « Kyungu est un intouchable, commente une source. Kabila a peur de lui. Le ministre de l’Intérieur, un Mulubakat comme Kyungu, ne pourra rien à l’encontre du commanditaire des événements scandaleux du 28 janvier. Dans un pays normal, Kyungu aurait été invité à démissionner pour faciliter le déroulement de l’enquête». On apprenait, vendredi, que dans un communiqué daté jeudi 28 janvier, l’Unafec-aile Kyungu dégageait sa responsabilité sur les incidents survenus ce jeudi. Le parti n’exclut pas d’assigner en justice "ceux qui s’attaqueraient à son président ou l’accuseraient d’être le commanditaire des incidents de jeudi 28 janvier". Le député provincial Banza Monga Tutu aurait porté plainte contre "x". Il semble bien qu’il a pu identifier ses agresseurs. Affaire politico-judiciaire à suivre.

B.A.W

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VIDEO DU JOUR - Grammy Awards 2010 : regardez le discours émouvant de Prince et Paris, les deux enfants de Michael Jackson !

Leur dernière apparition sur une scène remontait en juillet dernier pour la grande cérémonie en hommage à leur père au Staples Center . Hier pour les Grammy Awards , Prince et Paris Jackson, les deux enfants du Roi de la Pop, ont fait un discours très émouvant sur cette même scène.

Comme cela avait été annoncé , Prince Michael, 12 ans, et Paris, 11 ans sont bien montés sur scène pour recevoir la récompense posthume de leur père Michael, un Grammy Award d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. Les deux enfants ont également dit quelques paroles qui ont ému tout le public, Beyoncé la première qui a fait office de grand vainqueurs en remportant pas moins de 6 prix, un record !

C'est accompagné de leurs cousins les 3 T, dont on avait quelque peu perdu la trace ces derniers temps, que Prince et Paris sont arrivés. Prince est le premier à s'être exprimé : "Nous sommes fiers d'être ici et d'accepter cet award pour notre père Michael Jackson . Avant tout, nous voudrions remercier Dieu pour avoir veillé sur nous ces derniers mois et notre grand-père et notre-grand mère, pour leur amour et leur soutien. Nous voudrions aussi remercier tous les fans, notre père vous aimait tellement parce que vous avez toujours été là pour lui" a expliqué le jeune garçon avant de poursuivre "A travers ses chansons, son message était simple : l'amour. Nous continuerons à répandre ce message et à aider le monde. Merci. Nous t'aimons papa".

Puis c'est au tour de Paris de prendre rapidement la parole : "Papa était supposé être là, il devait monter sur scène, ici, mais il ne pouvait pas l'année dernière. Merci. NOus t'aimons papa".

O.M..Joe Jackson a de quoi être fier de ses petits enfants qui ont accepté de s'exposer publiquement, ce qui est très très rare.

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