LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

26 novembre 2009

Réunion interinstitutionnelle : de grandes décisions (ou grandes dérisions) attendues (?)

dessein_kabmuzL’heure est aux grandes décisions. La réunion institutionnelle de Mbuji-Mayi est un signe annonciateur de grands bouleversements que le président de la République annoncera certainement dans les prochains jours. Sur quoi porteraient-elles ?

La visite de réconfort moral du Président de la République, Joseph Kabila Kabange à Mbuji Mayi, s’est transformée en séjour de travail. Du coup, et tant que le chef de l’Etat continuera à séjourner dans la capitale diamantaire, Mbuji Mayi est transformée en la capitale de la République démocratique du Congo.

Pour preuve, la tenue de la réunion interinstitutionnelle. Celle-ci a connu la participation des présidents du Sénat, de l’Assemblée nationale, du Premier ministre, du procureur général de la République, du 1er président de la Cour suprême de justice, du 1er président de la Haute cour militaire, de l’Auditeur général de la Haute cour militaire et du président de la CEI.

Selon les premiers éléments d’informations, un accent particulier a été mis sur l’organisation des élections locales et générales, la situation sécuritaire dans l’Est du pays et dans une partie de l’Ouest, principalement dans la province de l’Equateur, et enfin les problèmes spécifiques liés à la province du Kasaï Oriental.

L’on se rappellera que dans la dernière décision rendue publique par la Commission électorale indépendante, la CEI a suspendu l’opération de révision du fichier électoral, renvoyant ainsi aux calendes grecques l’organisation des élections locales, urbaines et municipales. Ce qui n’est pas de nature à renforcer la crédibilité des institutions, violant ainsi la Constitution.

Quant à la situation sécuritaire à l’Est et à l’Ouest de la RDC, c’est tout le processus de paix, de stabilité et de développement qui risque d’être fragilisé. Partant, porter un coup fatal à l’élan de reconstruction nationale.

En effet, le retour controversé et massif des réfugiés congolais en provenance du Rwanda n’est pas du tout un signe positif. Tout comme des violences graves à Dongo, dans la province de l’Equateur, ne sont pas de nature à favoriser une cohabitation pacifique entre différentes ethnies. Tout se passe comme si les vieux sorciers ou démons, c’est selon, sont en train de se réveiller pour déstabiliser les institutions nationales.

REMANIEMENT, MANDAT DE LA MONUC, SITUATION SOCIALE

monuc_goma2_8Il est important de souligner que c’est le président de la république qui a pris l’initiative d’instituer la réunion interinstitutionnelle. Sa mission consiste à concilier, à harmoniser les points de vue au sommet de l’Etat et de veiller ainsi à son bon fonctionnement. Elle est par conséquent une structure d’impulsion et d’arbitrage.

Au moment où les négociations avec les institutions de Bretton Woods sont très avancées, et très probablement qu’ il sera question de conclure un nouveau programme économique avec le FMI, le réajustement de l’ équipe gouvernementale impose une réflexion profonde. Car, signer un accord, est une chose, mais le réussir pour accéder au programme PPTE afin d’obtenir l’annulation de la dette, exige un « gouvernement vertébré ». Loin de toute considération reposant sur des alliances qui ont démontré certains insuffisances. La réunion interintitutionnelle est mieux placée pour apprécier ce genre de situation délicate.

Autre fait important est la fin du mandat de la MONUC. Il est donc question d’envisager, en concertation avec l’ONU, le retrait des troupes onusiennes sans pour autant mettre en péril la paix, la stabilité et le développement de la République démocratique du Congo. L’état des lieux du processus de la réforme de l’Armée, de la Police a sûrement été au centre de cette importante séance de travail.

Enfin, la situation sociale dégradante demeure l’une des préoccupations majeures. La crainte d’une implosion sociale est d’autant plus justifiée devant cette dépréciation continue de la monnaie nationale entraînant cette hausse exagérée des prix des denrées de première nécessité. De quoi remettre en cause toute politique sociale du gouvernement.

CONGO_MISEREIl est question d’arrêter une stratégie appropriée visant à soulager la misère de la population pour lui permettre de participer à l’effort global de la reconstruction nationale. Certainement que cette réflexion invite à paraphraser ces propos sages de cette haute personnalité française qui consistent à « protéger les concitoyens les plus fragiles, ceux qui souffrent le plus. Tout faire pour éviter que les victimes de la crise en deviennent des exclus que l’on ne pourra plus ensuite réinsérer dans l’économie et dans la société. Ce sont eux qui, dans deux ans en 2011, sanctionneront sévèrement les vainqueurs des élections de 2006 ».

Cette réunion interinstitutionnelle est un signal fort. Elle sera suivie, sauf imprévu, de la réunion du gouvernement vendredi, toujours à Mbuji Mayi. Des décisions importantes sont certainement attendues dans les prochains jours pour donner une nouvelle impulsion à l’action de l’Etat. Ce qui explique la présence de quelques ministres. Notamment ceux des Mines, du Portefeuille, des hauts responsables de la SNEL, de l’INPP… On peut déjà imaginer que les contrats miniers, la réforme des entreprises publiques, la gestion de la SNEL…occupent une grande partie des séances de travail du président de la République depuis son arrivée à Mbuji Mayi. Le Potentiel

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