LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

06 octobre 2009

La motion de défiance contre Muzito

Boshab_Muzito...............................................................................................

Ce mercredi à l’Assemblée nationale

Tout peut arriver au Premier ministre dans une Assemblée nationale où des députés voudraient profiter de l’usage de cette arme légale de contrôle de la gestion du gouvernement pour la rendre fatale pour le Chef du gouvernement. La coalition AMP-PALU-UDEMO éclatera-t-elle à cette occasion ?

C’est finalement décidé. La motion de défiance contre le Premier ministre Adolphe Muzito sera débattue, sauf changement de dernière minute, ce mercredi 7 octobre 2009 à l’Assemblée nationale. C’est ce que l’on peut affirmer après la distribution aux députés nationaux, hier lundi 5 octobre, du texte de la motion de défiance adressée au Premier ministre. La ténacité, pour ne pas parler de l’acharnement, de l’auteur de ladite motion, le député national Clément Kanku Bukassa, a fini par payer puisqu’il a obtenu ce qu’il cherchait, c’est-à-dire la convocation d’Adolphe Muzito. Ce qui est chose faite.

Les considérations politico-politiciennes dépassées, car une certaine opinion croyait au blocage délibéré de la procédure, l’heure est maintenant aux choses sérieuses tant au niveau du gouvernement qu’à celui des élus nationaux. En effet, cet exercice doit être circonscrit dans son vrai cadre et traité de manière responsable en y bannissant le spectaculaire et le populisme, objectif malheureusement poursuivi par certains élus.

La motion de défiance est l’un des moyens constitutionnellement garantis aux députés nationaux par lequel ils arrivent à contrôler la gestion du gouvernement. Elle est, de ce fait, à la fois un exercice et une exigence démocratique auxquels doivent se soumettre les gouvernants et les élus. Evariste Boshab, président de la chambre basse du Parlement doit insister sur cet aspect s’il veut que cette bonne initiative produise le résultat escompté, c’est-à-dire évaluer la gestion du pays. On peut faire confiance à nos élus qui sauront préserver l’image démocratique de notre pays.

Mais qu’à cela ne tienne, il était temps qu’Adolphe Muzito vienne faire l’état des lieux de sa gestion, une année, jour pour jour, après sa désignation au poste de Premier ministre. C’est en cela que cet exercice est normal et doit le rester. Il n’est pas acceptable qu’un Premier ministre, responsable numéro un du gouvernement, puisse passer toute une année à la tête de l’exécutif national sans se présenter devant les députés, sauf pour défendre son projet de budget. Sous d’autres cieux, on assiste chaque semaine au défilé des membres du gouvernement, y compris le Premier ministre, devant la Représentation nationale, bravant les huées et les désapprobations des opposants alors que chez nous le responsable du gouvernement n’est pas familier de l’hémicycle. Cela ne renforce pas l’image démocratique du pays et ne contribue pas à rendre l’exercice ‘’familier’’.

Les élus attendent du Premier ministre des explications sur la grave crise qui ronge l’économie du pays. Qu’il s’agisse de l’érosion monétaire, de l’encadrement de l’économie nationale, de la politique d’adjudication des devises opérée par la banque centrale, du social de la population et des nombreuses grèves qui menacent d’éclater ou qui sont mal éteintes ou de la sécurité à l’Est du pays, il existe une panoplie des questions auxquelles l’opinion attend des réponses précises pour se faire une image de la gestion Muzito.

Mais il faut noter que l’inscription de cette question à l’ordre du jour vient bousculer le calendrier de cette session, essentiellement budgétaire, car le gouvernement a déjà déposé sur la table du président de l’Assemblée nationale, son projet de budget pour l’exercice 2010. La logique aurait voulu que l’examen de cette question soit prioritaire par rapport à la motion surtout que le budget devra être renvoyé à la commission Ecofin avant d’aller au Sénat. Il y a un risque de gaspillage de temps à consacrer à l’examen du budget. En outre, la motion de défiance aboutira à un vote dont l’issue n’est connue de personne. Si, par pire hypothèse, le Premier ministre, qui n’a pas beaucoup des fans à la chambre basse, arrivait à y laisser «sa peau» l’Assemblée nationale sera accusée de blocage puisque, dans ce cas de figure, l’examen du budget sera différé. Mentalité congolaise aidant, personne ne songera encore au budget jusqu’à ce que les intérêts des uns et des autres soient satisfaits.

A voir la volonté d’en découdre qui anime les élus, on a l’impression que personne ne songe au budget, surtout que celui de 2009 n’a été qu’à peine exécuté. Il y a une sorte de fixation sur la motion de défiance qui étonne. Cette fixation a beaucoup d’explications notamment le mécontentement des élus suite au paiement devenu irrégulier de leurs émoluments. Empruntant un raccourci, ceux-ci font porter le chapeau à Adolphe Muzito qui n’est donc pas totalement à l’abri d’une surprise. A cela, il faut ajouter les fissures apparues ces derniers temps au sein de la majorité parlementaire où le courant anti Muzito ne fait plus mystère de ses intentions. Certains députés de la majorité ne cachent plus leur hostilité contre le chef du gouvernement, qu’ils ont décidé de ne plus soutenir.

Mais partant des déclarations isolées de quelques députés, il est difficile de conclure à un lâchage en règle. C’est l’expression d’un certain mécontentement dont les origines remontent à la désignation d’Adolphe Muzito au poste de Premier ministre. C’est donc une sorte de règlement des comptes internes dans la majorité tout comme la guéguerre qui oppose le numéro un de l’exécutif à certains de ses ministres dont Olivier Kamitatu.

Sans une mobilisation massive de la majorité, Muzito ne pourra pas faire face seul à la furie parlementaire. Et qui dit majorité voit son leader naturel, seul aujourd’hui capable d’imposer une ligne de conduite. C’est à ce fil, très solide, que repose l’avenir d’Adolphe Muzito à la primature.

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