LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

25 septembre 2009

RDC : Les défenseurs des droits de l’Homme accusent!

FloribertLes associations congolaises de défense des droits humains, par la bouche de Floribert Chebeya, accusent les autorités congolaises d’avoir élaboré un «Plan» destiné à «éliminer» les défenseurs des droits humains. Objectif : museler la société congolaise après avoir mis au pas la presse et l’opposition. A en croire ces organisations, le pouvoir en place manifeste de plus en plus des signes d’intolérance en perspectives des consultations politiques prévues en 2010 et 2011.

Duplicité

En ouvrant les bras à Laurent-Désiré Kabila ainsi qu’à «ses» combattants dits «Banyamulenge», regroupés au sein de l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre), les ex-Zaïrois ont-ils, sans le savoir, apporté l’onction populaire qui manquait à un complot international, une guerre d’agression-invasion camouflée en une «rébellion interne» aux conséquences imprévisibles pour la souveraineté de la RD Congo? Hypothèse risible ? Assurément pas. Comment ne pas avancer cette thèse à voir la duplicité autant que l’impassibilité de la «communauté internationale» face aux errements du pouvoir kabiliste. Des errements reprochés jadis au régime de Mobutu : gabegie, corruption, violation des droits de l’homme, abus de pouvoir, obstruction à la démocratie etc. Question : Pourquoi, après avoir déstabilisé le Zaïre de Mobutu au nom de la promotion de la démocratie, de la bonne gouvernance et du respect des droits humains, la communauté internationale affiche-t-elle un silence assourdissant depuis trois ans alors qu’aucun changement qualitatif n’est intervenu en RD Congo dans ces domaines?

Dans une lettre datée 25 septembre adressée à des sympathisants, Floribert Chebeya Bahizire, directeur exécutif de l’association de défense des droits humains «La Voix des Sans Voix» dit la «profonde préoccupation» des organisations des droits de l’Homme de la RDCongo suite à la «multiplication, ces derniers mois, (...), des actes de harcèlement et de persécution contre les défenseurs des droits de l’homme». Ces harcèlements se manifestent sous forme «des enlèvements, arrestations et détentions illégales, procès injustes et inéquitables, intimidations, campagnes de diabolisation et de dénigrement, menaces diverses, y compris menaces de mort, mise des téléphones sur table d’écoute...»

Pour le directeur exécutif de la «VSV», ces actes ont pour but d’entraver le fonctionnement des Ong des droits humains et la poursuite normale de leurs activités de promotion et défense des droits humains. C’est ainsi que ces organisations ont décidé de faire agir «tous les mécanismes nationaux et internationaux» afin d’obtenir une "intervention d’urgence" de nature à garantir la sécurité et la protection des défenseurs des droits et l’exercice en toute liberté de leurs activités quotidiennes".

Décidées à vendre chèrement leur peau, les organisations de défense des droits humains ont mis sur pied une délégation chargée de prendre contact tant avec les autorités nationales que les milieux diplomatiques. Un seul sujet à l’ordre du jour : la quête de sécurité et de protection. Depuis jeudi 24 septembre, cette délégation est en action. Elle est composée des associations les Amis de Nelson Mandela pour les droits humains(ANMDH), de la Ligue des Electeurs(L.E..), de la VSV, du Réseau provincial des ONGDH de la RDCongo/Kinshasa (Reprodhoc/Kinshasa), du Comité des observateurs des droits de l’Homme(Codho), des Oeuvres sociales pour le développement(OSD), du Comité Droits de l’Homme Maintenant.

"Plan prémédité"

Lors de ces rencontres, ces associations entendent évoquer avec leurs interlocuteurs non seulement le climat d’insécurité dans lequel baignent les défenseurs des droits humains à Kinshasa mais aussi les «menaces de mort» pesant sur les activistes basés à Lubumbashi et à Kisangani. «Vu les inquiétudes persistantes sur leur sécurité et leur vie, les défenseurs des droits de l’Homme de Lubumbashi envisagent de se réfugier à Kinshasa en attendant des garanties de la part du gouvernement de la RDCongo», peut-on lire. Inimaginable ! Les prédateurs des droits et libertés marquent ainsi un point. Les Ong de défense des droits de l’Homme de dénoncer l’existence d’un «plan prémédité» ayant pour objectif l’«élimination» des activistes.

Pour Chebeya, il s’agit d’une volonté sans équivoque «de museler toute la société congolaise» après avoir réussi à faire taire des journalistes. «L’obsession de "gagner" les prochaines élections de 2010-2011 par le pouvoir en place serait à la base de l’intolérance face à toute critique ou revendication, et ce, après l’affaiblissement de l’opposition politique..., écrit-il. Avec l’arrivée à Kinshasa des défenseurs des droits de l’Homme, l’action de plaidoyer et de solidarité va se poursuivre afin d’obtenir du gouvernement de la RDCongo et des mécanismes internationaux relatifs aux droits humains la mise en oeuvre urgente des recommandations du Rapport de la Rapporteuse Spéciale des Nations Unies sur la situation des défenseurs des Droits Humains, (…) et le respect strict par les autorités de la RDCongo de la Déclaration des Nations Unies de 1998 sur les défenseurs des Droits Humains».

«Les derniers des mohicans»

Les défenseurs des droits de l’Homme en RD Congo sont en passe de devenir les «orphelins» de la «démocratisation». Choyés par la «communauté internationale» et les médias occidentaux durant la transition sous Mobutu Sese Seko (1990-1997), ces activistes ne bénéficient plus de la même prévenance. Dès le lendemain des élections générales de 2006, les défenseurs des droits humains se sont retrouvés seuls face aux nervis de l’Agence nationale de renseignements (ANR). Leurs "correspondants" étrangers se sont mis aux "abonnés absents". Conséquence: les abus imputables aux divers services dits de sécurité ne sont plus relayés à l’étranger.

Après le musellement des partis de l’opposition et la mise au pas de la presse, le pouvoir kabiliste cherche à faire taire les «derniers des mohicans» de la société civile, la vraie, lesquels constituent l’unique rempart contre un pouvoir stupide, incompétent et inique.Inutile de rappeler que sous la «dictature mobutiste», les associations de défense des droits humains ont été largement subsidiées par des chancelleries occidentales et autres Ong internationales et belges en particulier. Trois années après les consultations politiques de 2006, les activistes des droits humains trouvent aujourd’hui porte close auprès de leurs bailleurs de fonds. Les plus "chanceux" s’entendent dire : «La stabilité et la reconstruction sont devenues les priorités du moment.»

On peut comprendre le cri d’alarme de ces associations congolaises lesquelles découvrent, à leur dépens, que l’intérêt reste plus que jamais le moteur de toute relation humaine...

B. A. W.

Related Posts with Thumbnails
Posté par Losako à 14:17 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Commentaires sur RDC : Les défenseurs des droits de l’Homme accusent!

Nouveau commentaire