03 juillet 2009
Est de la RDC: patrouille de nuit à Luofu avec les Gurkhas de l'ONU
A cent mètres d'un pont, la jeep de l'ONU s'arrête sur la piste. Fusils d'assauts à la main, deux Gurkhas, soldats d'élite de l'armée indienne, bondissent hors du véhicule, puis marchent à la lumière des phares vers la rivière, en éclaireur.
"C'est un endroit où l'on est vulnérable", explique le major indien, chef de la patrouille. L'officier, qui ne veut pas donner son nom, commande une soixantaine de Casques bleus basés à Luofu, une localité de 14.000 habitants dans la province du Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo.
Dans les forêts des montagnes environnantes, de petits groupes de rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) se cachent le jour et, quand vient le soir, attaquent des villages ou des soldats des Forces armées de la RDC (FARDC).
Comme le 17 avril dernier. Vers 21H00, plus de 300 FDLR ont incendié 255 des 2.500 maisons de Luofu. Cinq enfants et deux adultes ont péri brûlés.
A cette époque, la Mission de l'ONU en RDC (Monuc) ne disposait pas de base permanente dans la ville. Des Casques bleus de Kanyabayonga, à 15 kilomètres, avaient été dépêchés sur place mais sont arrivés deux heures après l'attaque.
Depuis ce drame, les Gurkhas ne quittent plus la localité. Leur camp de tentes en toile est installé au sommet d'une petite colline surplombant le village. Chaque nuit, ils effectuent au moins deux à trois patrouilles dans la zone, toujours à des heures différentes, uniquement en véhicules.
Vers 21h00 jeudi, le pont sur la rivière Luofu est franchi sans encombre. Mais 2 km plus loin, le groupe d'une vingtaine d'indiens embarqués dans la jeep et un petit camion -armé d'une mitrailleuse légère- est stoppé par un camion en panne au milieu de la piste.
"Il ne faut pas rester là, c'est un endroit qui n'est pas sûr", explique au chauffeur le major, aidé par un interprète qui traduit en swahili. La patrouille devient alors dépanneuse et tracte le camion qui redémarre.
Aux premières maisons du village de Kayna, à 7 km de Luofu, cinq soldats FARDC, kalachnikovs en bandoulière, sortent de la brousse comme de nulle part.
Les tenues sont disparates. L'un porte une casquette kaki vissée de travers sur la tête tel un rappeur, un autre a revêtu un imperméable, un troisième est en tongues. Ils sont aussi en patrouille, disent-ils.
Les indiens poursuivent la leur, roulant à 20 km/h sous le clair de lune, jusqu'à un croisement au centre de Kayna. Au nord, la piste va vers Kirumba, au sud vers Kanyabayonga. Dans ces villes, deux autres unités de 4e Bataillon indien -formé uniquement de Gurkhas, d'origine népalaise- sont également positionnés.
"Notre patrouille s'arrête là. Les autres unités viennent aussi jusqu'à Kanya", dit le major après avoir fait un compte-rendu radio à son quartier général.
Depuis quelques jours, la situation dans la région est qualifiée par la Monuc de "tendue et imprévisible".
Le retour à Luofu se fait à la même allure. Sur la jeep, un Casque bleu muni d'une lampe torche éclaire parfois la piste et les bas côtés d'un puissant faisceau lumineux.
L'équipée croise une longue colonne silencieuse de soldats FARDC qui remontent à pied vers Kayna, sans aucune lumière. C'est une compagnie entière, environ 160 hommes, qui vient d'être relevée.
Les Gurkhas eux sont de retour vers 22H00 à Luofu, déjà endormie, rassurée par la présence des Casques bleus.
Goma : réaction des FARDC aux accusations de Human Rights Watch
Les FARDC trouvent abusif de généraliser des cas isolés constatés au sein des FARDC, alors qu’il y a aussi des efforts observables au sein de cette armée qui se construit. Le colonel Kasonga, porte-parole des forces armées et responsable de la presse militaire l’a déclaré à Goma ce vendredi à radiookapi.net
Il réagissait ainsi au récent rapport de l’ONG Human Rights Watch (HRW), selon lequel les FARDC portent atteinte aux droits de l'homme. Pour le colonel Kasonga, l’armée congolaise fait des efforts énormes en termes de protection de droit de l’homme et protection des populations pendant les opérations militaires contre les combattants hutus rwandais, les FDLR.
Il ajoute: « Le chef de l’Etat, en tant que commandant suprême, a décrété la tolérance zéro au sein des forces armées. Ça veut dire que désormais, et cela depuis le 4 juin de cette année, tout militaire coupable des actes répréhensibles aussi bien en terme de vols, de viols, de violation des droits de l’homme ou de non protection de la population dans l’exercice de ses fonctions, quel que soit son rang, devra non seulement être arrêté mais interpellé et jugé par la justice militaire. Il ne faudrait pas généraliser et dire : les forces armées de la République sont en train de violer les droits de l'homme, de violer les femmes… Et au bout de l’enquête (de HRW), on a trouvé qu’il y a plus commission d’actes répréhensibles maintenant par l’Armée que par le passé ! »
Point de vue de la Monuc
Réagissant au rapport de HRW, le porte-parole de la Monuc, Madnodje Mounoubai, a déclaré: « Premièrement, la Monuc partage entièrement les inquiétudes de HRW. Nous sommes conscients de cette situation. Comme HRW l’a très bien dit, ce sont les éléments de FDLR qui sont responsables de ces abus sur la population civile. Et c’est justement pourquoi, la Monuc est en train d’appuyer les FARDC pour mettre hors d’état de nuire les FDLR.
On parle (dans ce rapport de HRW) de militaires des FARDC. Ce n’est pas toute l’armée congolaise qui doit être sur le ban des accusés, parce qu’il y a certains éléments qui ont des comportements irresponsables. Et justement, en travaillant avec les FARDC, cela nous permet de faire ces observations afin de prendre des actions correctrices nécessaires. Nous devons être sur le terrain, soutenir les FARDC. C’est la seule façon de ramener la paix et la quiétude à l’Est de la République démocratique du Congo ».
Congo: campagne "sans engouement" pour la présidentielle
Cela fait une semaine que la campagne électorale a démarré au Congo pour le premier tour du scrutin présidentiel du 12 juillet, mais Jonas, chauffeur de taxi, ne sent aucun "engouement", comme beaucoup de Congolais.
Jonas Kinkela, quadragénaire, est particulièrement nostalgique de la campagne électorale de 1992, année du premier scrutin pluraliste remporté par Pascal Lissouba face à 16 autres candidats incluant Denis Sassou Nguesso, qui dirigeait le pays depuis 13 ans.
M. Sassou Nguesso est ensuite revenu au pouvoir en 1997 à l'issue d'une guerre civile gagnée par ses troupes, et il a été élu en 2002 lors d'une présidentielle boycottée par les principaux opposants. Depuis, la paix est revenue dans ce pays pétrolier d'Afrique centrale et l'opposition, malgré ses réserves, participe au scrutin.
"En 1992, c'était le combat des titans", affirme Jonas Kinkela, se souvenant d'une "réelle compétition entre des acteurs ambitieux". "Aujourd'hui, un seul candidat" semble régner en maître sur la campagne, "parce qu'il n'a pas des adversaires de taille", ajoute-t-il.
A Brazzaville, ils sont nombreux à faire le même constat, à sept jours de la clôture de la chasse aux voix. Aucun incident n'avait été signalé à mi-parcours.
"L'ambiance est morose", estime Blaise Anga, un ouvrier trentenaire.
"Nous assistons à une campagne tout à fait monotone. (...) Nous sommes indisposés par des affiches monocolores", appartenant au "candidat de la majorité", note Roch Euloge Nzobo, de l'Observatoire congolais des droits de l'Homme (OCDH).
Dans le camp du président sortant, qui brigue un nouveau septennat face à 12 autres prétendants, l'optimisme règne quant à l'issue du vote pour lequel plus de deux millions d'électeurs sont appelés aux urnes. "La victoire est à notre portée", a soutenu l'ex-Premier ministre Jacques Joachim Yhomby Opango lors du meeting inaugural du candidat Sassou Nguesso, le 27 juin à Pointe Noire (sud), la deuxième ville du pays.
"Cette élection est un penalty tiré sans gardien", a de son côté estimé le Premier ministre Isidore Mvouba, un des responsables du Rassemblement de la majorité présidentielle (RMP) regroupant des partis et associations soutenant M. Sassou Nguesso.
Les opposants battent pourtant campagne, avec des meetings ou des marches pacifiques, et réclament notamment une élection transparente et apaisée.
C'est le cas de l'ex-ministre des Finances (1997-2002) Mathias Dzon, candidat de l'Alliance pour la république et la démocratie (ARD), considéré comme le principal rival de M. Sassou Nguesso, mais aussi des indépendants Joseph Kignoumbi Kia Mboungou, Jean Ebina et Anguios Nganguia Engambé. "Nous sommes à l'heure du bilan du pouvoir. Il est catastrophique. La situation est grave dans notre pays: pas d'écoles, pas d'hôpitaux, ni de routes", a critiqué notamment M. Kia Mboungou.
Dans la joute oratoire pré-électorale, Roch Euloge Nzobo de l'OCDH note "une psychose et une angoisse entretenues" par le camp du pouvoir qui invite les électeurs à choisir son candidat, "sans quoi il n'y aura pas la paix".
O.M
Une dizaine d’arrestations opérées après une attaque manquée des installations de l’inspection générale
Une dizaine de personnes soupçonnées d’avoir fait partie du groupe d’éléments armés ayant perpétré, dans la nuit de lundi 29 à mardi 30 juin à partir d’une heure du matin, une attaque manquée des installations de l’inspection générale de la Police nationale congolaise, ex-IPK, ont été arrêtées à l’issue du ratissage opéré au site Tembe na Tembe, dans la commune de Lingwala, a appris l’ACP du porte-parole de l’inspection générale de la PNC.
Plusieurs armes de guerre et des munitions ont été récupérées par les forces de l’ordre qui ont échangé des tirs avec les assaillants pendant près de 3 heures.
Parmi les personnes arrêtées figureraient certaines qui se sont fait passer pour des étudiants ainsi que des jardiniers qui, curieusement, se trouvaient dans ce site sombre bouclé depuis le déclenchement des hostilités.
Selon le porte-parole de l’inspecteur général, les éléments commis à la garde des installations, renforcés par ceux de la Police d’intervention rapide, ont repoussé les assaillants, qui ont abandonné leurs armes. Une commission d’enquête a été constituée pour faire toute la lumière sur cette situation dangereuse créée au moment où toutes les couches de la population célébraient le 49ème anniversaire de l’indépendance après certains analystes, cette attaque pourrait avoir un lien avec la découverte à l’intérieur du Centre pénitentiaire et de rééducation de Makala (CPRK) d’un lot important et impressionnant de boissons fortement alcoolisées communément appelées
«Supu na tolo», de drogue de tous genres (canabis-chanvre), de barres de fer, baramines, et plusieurs types d’armes blanches.
Certains suspects dont le directeur de la prison sont mis à la disposition de la Justice.
(D’après ACP)


