LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

02 juillet 2009

Les « Cinq fléaux » à combattre... selon Kabila !

165652002345fe86a6e6fa81A chaque président « ses fléaux », se hasarderait-on à dire. Mobutu dénonçait déjà les « Dix fléaux » qui rongeaient la société zaïroise. Le président Joseph Kabila Kabange vient de découvrir « Cinq fléaux » qui mettent en péril le vaste programme de la reconstruction nationale et de la refondation de l’Etat congolais. Il vient de tirer la sonnette d’alarme dans son message à la Nation à l’occasion du 49è anniversaire de l’indépendance nationale.

Le président de la République, Joseph Kabila Kabange a procédé le mardi 30 juin, à Goma, à une auto-critique sévère sur l’« état de la Nation ». C’était dans un message adressé à la Nation à l’occasion du 49ème anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo.

Certes, le président de la République a placé cette manifestation sous le signe de l’espérance pour vrai que hier, Goma était synonyme de désespoir. Mais face à de nombreux sacrifices, Goma retrouve progressivement sa quiétude et qu’il est possible d’espérer.

En survolant les différents secteurs de la vie nationale, le président de la République ne s’est pas empêché de tirer la sonnette d’alarme. Raison de son inquiétude : la justice elle-même est au banc des accusés. « Abusant de l’indépendance liée pourtant à la délicatesse et à la noblesse de sa charge, le magistrat se rend lui aussi coupable de vol, de concussion, de corruption et voire même des infractions de droit commun, avec une facilité déconcertante », a dit le chef de l’Etat d’un ton ferme et amer. Sévère réquisitoire.

Et pourtant, déjà dans son discours d’investiture du 6 décembre 2006, le président de la République soulignait la nécessité de garantir le fonctionnement normal des institutions pour préserver l’équilibre des pouvoirs, et surtout l’indépendance de la justice dans la lutte contre la puissance d’argent et d’amitié. D’autre part, en décidant d’ouvrir les portes des prisons « devant tous ceux qui se mettront en travers de la loi », le chef de l’Etat, grâce au bon fonctionnement de la justice, réaffirmait sa volonté de gouverner autrement dans cet élan de refondation d’un Etat classique. Si aujourd’hui, il a annoncé qu’il va tirer toutes les conséquences découlant des conclusions des travaux de la 2è session du Conseil supérieur de la magistrature, c’est que le constat est amer : le magistrat n’a pas été « redevable » pour permettre à la population d’accéder à une justice juste.

35600732_pLES CINQ FLEAUX

Dans son réquisitoire sévère, en sa qualité de « Magistrat suprême », le président de la République est allé au fond des choses. Il a dénoncé les maux qui rongent la société congolaise. Il s’agit de « Cinq fléaux » qui risquent de mettre en péril non pas seulement ce « projet ambitieux de 5 chantiers », mais tout le processus de reconstruction nationale et de refondation de l’Etat congolais. Comme autrefois, Mobutu dénonçait les « Dix fléaux » qui minaient la société zaïroise. Soit.

Le chef de l’Etat n’a pas mâché ses mots en énumérant ces anti-valeurs qui s’enracinent au sein de la société congolaise à savoir l’indiscipline, l’intolérance, la concussion, la gabegie financière et la corruption. Voilà les Cinq fléaux à combattre si l’on tient à relever les grands défis d’un Etat classique.

Indiscipline. C’est que l’autorité de l’Etat n’est pas opposable à tout le monde. Qu’il existe encore des personnes qui se croient au-dessus de la loi et posent des actes inciviques en défiant l’autorité et les institutions constitutionnelles.

Intolérance. Le processus de démocratisation accuse des ratés et provoque le dysfonctionnement des institutions. Il va sans dire que les droits fondamentaux de l’homme sont violés.

38484280Concussion.

Le chef de l’Etat vient de dénoncer l’existence des contrats léonins passés par certaines autorités politiques avec des firmes étrangères. Ou encore des personnalités qui sont mouillées dans les affaires maffieuses, en plus de la spoliation des biens de l’Etat. Une situation qui conduit à l’impunité.

Gabegie financière. La mauvaise gouvernance caractérisée par le déficit toujours grandissant des finances publiques, la dépréciation continue de la monnaie nationale, le détournement des deniers publics. Ce cas de figure entretient la médiocrité et ne favorise nullement l’excellence.

Corruption. Elle est sous-tendue par l’immoralité politique qui conditionne l’octroi de certains droits au moyen des pots-de-vin. La sous-évaluation des recettes publiques par les régies financières, l’acquisition des contrats des grands travaux en violation des principes directeurs de la passation des marchés publics, le clientélisme, le tribalisme, le régionalisme, la délation, la trahison… autant d’actes de corruption qui aliènent et entretiennent l’enrichissement sans mesure. Ils accouchent d’une bourgeoisie compradore qui finit souvent par avoir un ascendant sur la gestion politique.

Une fois de plus, le réquisitoire est sévère. Ces fléaux sont à l’image de la gangrène, et peuvent facilement venir à bout d’une société. Que ce réquisitoire émane du président de la République, il est temps d’agir, de changer, et les hommes et le mode de gouvernance.

Fait intéressant, le président de la République vient de rejoindre les evêques catholiques qui, dans leurs lettres épiscopales ont dénoncé les mêmes fléaux. Pas plus tard que dans celle du 12 février 2009, ils appelaient le peuple congolais à la « vigilance ».

Parlant de la paix, de la sécurité menacées, ils ont critiqué la gabegie financière et l’incurie administrative émaillées par l’impaiement des fonctionnaires, la misère des familles, l’inaccessibilité croissante à d’autres services de base tels que les soins de santé, l’eau potable, l’électricité, les transports publics, l’assainissent des villes.

De la corruption, ils soulignaient qu’elle est devenue le « cadre général de vie et d’action socio-politique en RDC ». Et de conclure « qu’il y a péril en la demeure. Il est urgent d’envisager et d’appliquer des sanctions exemplaires ».

Oui. Il faut agir, changer. Car, comme l’ont dit les evêques catholiques, « le peuple jugera ses gouvernants sur leur capacité à donner une réponse pertinente et définitive à ces grands défis ». C’est tout dire. Le Potentiel

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