31 mars 2009
Sénat : projet de loi sur l’amnistie, les auteurs du génocide, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité exclus
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Le projet de loi portant amnistie pour faits de guerre et insurrectionnels commis dans les provinces du Nord et Sud Kivu a été débattu ce mardi à la chambre haute du Parlement au palais du peuple. Le fond de la question est de savoir qui bénéficiera de cette loi et qui n’en bénéficiera pas, rapporte radiookapi.net
La Commission défense, sécurité et surveillance des frontières du Sénat a défini ce jour les termes « faits de guerre » et « faits insurrectionnels ». Avec ces définitions, les pouvoirs exécutif et judiciaire devront ainsi catégoriser les personnes qui pourraient bénéficier de cette amnistie dans la validité va de la période comprise entre juin 2003 et la date à laquelle la loi sera promulguée par le chef de l’Etat. Ce que l’on peut retenir, au regard de la définition des concepts, c’est que les personnes reconnues coupables des faits de génocide, des crime de guerre ou des crimes contre l’humanité, ne pourront bénéficier de ladite amnistie.
Quant au caractère spécifique et discriminatoire relevé par certains sénateurs contre le projet de cette loi, la commission a répondu qu’il s’agit d’une loi qui fait suite aux recommandations des accords de paix et de sécurité dans les deux Kivu. Elle inclut les derniers accords entre le gouvernement et le CNDP. L’introduction de ces nouvelles données exige, après l’adoption par le Sénat, la création d’une commission mixte Sénat Assemblée nationale pour harmoniser le texte avant sa promulgation par le chef de l’Etat.
La commission a souligné par ailleurs qu’il n’est pas exclu que le Parlement ou le gouvernement initie une loi d’amnistie générale en vue de la réconciliation nationale.
Mwenga : menacée par les FDLR, la population déserte les villages
Une partie de la population du groupement de Kitwabaluzi, collectivité de Burhinyi en territoire de Mwenga, est en fuite depuis lundi en début d'après midi. La société civile locale signale que cette fuite répond aux exigences des combattants hutus rwandais. Le chef de poste d'encadrement administratif de Burhinyi confirme avoir reçu une lettre des FDLR, invitant la population à quitter ce village pour éviter les futurs combats entre FARDC et FDLR, rapporte radiookapi.net
Mais quelles sont les raisons qui ont poussé les FDLR à demander à la population de fuir leur village ? Un membre de la société civile de Tubimbi, qui a requis l'anonymat, précise les circonstances de cette fuite : « Les FDLR ont demandé aux habitants d’abandonner leurs maisons parce qu’ils ne savent pas à quel moment les FARDC pourraient venir les attaquer à Tshabaluzi. Ainsi, personne ne s’est rendu au marché hier. Les gens ont rebroussé chemin. Les un ont fui vers Tubimbi, les autres au nord de burini, et d’autres encore à Mudinga. Tous racontent que ce sont les FDLR qui leur ont conseillé d’éviter les lieux. »
L'administrateur assistant du territoire de Mwenga ajoute, pour sa part, que la localité de Kitamba avait aussi été vidée de sa population la semaine dernière suite aux menaces proférées par les FDLR. La même autorité territoriale précise que certaines familles ont commencé à regagner timidement leurs ménages.
CPI : Bemba-Moreno...match serré !
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Luis Moreno Ocampo a requalifié ce lundi 30 mars, à la Haye, les charges portées contre Jean-Pierre Bemba Gombo. L’état amendé présenté aux juges, révèle que le Procureur de la CPI maintient, contre vents et marées, la responsabilité pénale individuelle de Bemba en tant que Supérieur hiérarchique ou Chef militaire des crimes commis par ses troupes envoyées, en son temps, en mission d’intervention rapide en RCA.
Si les représentants des victimes ont jusqu’au 9 avril, pour réagir, les avocats de la défense de Bemba ont, quant à eux, un délai large, pour s’y préparer. C’est le vendredi 24 avril qu’ils seront devant les juges de la Chambre Préliminaire III, à la CPI. La réplique, espère-t-on, au Mlc, sera musclée. C’est un dossier pas comme les autres, à la Cour Pénale Internationale, à la Haye, aux Pays-Bas. L’affaire Bemba rebondit sur scène.
Cette fois-ci, Luis Moreno revient à la charge, pour requalifier les faits, à la demande des juges de la Chambre Préliminaire III. Ce lundi 30 mars, en effet, le Procureur de la CPI a maintenu la responsabilité pénale individuelle de M. Bemba, quelle que soit sa casquette de supérieur hiérarchique ou chef militaire, pour des crimes que ses hommes dépêchés, en son temps, en mission d’intervention rapide en République Centrafricaine, avaient commis.
L’état amendé présenté hier aux juges, sur des charges retenues contre Bemba, démontre, si besoin en était, que Luis Moreno Ocampo est déterminé à faire valoir ses vues et thèses jusqu’au bout. Il est resté le même. Son état amendé est presque une copie conforme ou, à la limite, une caricature de dix mille pages des preuves qu’il avait initialement déposées sur la table des juges.
En des termes précis, il maintient la responsabilité pénale individuelle et présente, par contre, les éléments liés à la responsabilité de Chef militaire ou, même, de supérieur hiérarchique, comme une responsabilité subsidiaire à cette responsabilité pénale individuelle déjà portée à la connaissance des juges. Voilà tout. Le 9 avril, au plus tard, les représentants des victimes ont droit d’introduire, s’ils le veulent, des observations. Le collectif des avocats de la défense de Bemba dispose d’un délai large. C’est le vendredi 24 avril que sa réplique est attendue. Une réplique voulue musclée, au Mlc, à Kinshasa. Le match, croit-on, s’annonce serré.
Brèche ouverte
La Chambre préliminaire III de la Cour pénale internationale (CPI) avait décidé, le 5 mars dernier, d’ajourner l’audience de confirmation des charges dans l\'affaire Le Procureur c/ Jean-Pierre Bemba Gombo et de demander au Procureur d’envisager de soumettre à la Chambre un document amendé contenant les charges. L’article 61 (7) (c) du Statut de Rome prévoit cette possibilité, rappelait-elle, dans un communiqué daté du 5 mars dernier.
En effet, dans sa décision du 4 mars 2009, la Chambre indiquait que les éléments de preuve présentés par le Procureur semblaient établir qu’un crime différent, relevant de la compétence de la Cour, a été commis. Les juges estimaient ainsi que, sans préjuger de la responsabilité pénale individuelle alléguée de M. Bemba (article 25 du Statut), la qualification juridique des faits qui lui sont reprochés pourrait indiquer un autre type de responsabilité pénale, à savoir celle en tant que chef militaire et supérieur hiérarchique (article 28 du Statut).
Voilà pourquoi, ils demandaient alors au Procureur de leur présenter, au plus tard le 30 mars 2009, un état amendé des charges traitant de cette question. Par la même occasion, la Chambre invitait la Défense à répondre à ce nouveau document par écrit au plus tard le 24 avril 2009, et les représentants des victimes à lui faire parvenir leurs observations au plus tard le 9 avril 2009. Les juges indiquaient, enfin, qu’ils rendront publique leur décision sur la confirmation éventuelle des charges à l’encontre de M. Bemba dans un délai de 60 jours à compter de la réception de la dernière soumission écrite.
Chronologie des faits
L'audience de confirmation des charges dans l'affaire Le Procureur c/ Jean-Pierre Bemba s’est tenue du 12 au 15 janvier 2009 devant la Chambre préliminaire III, à La Haye. Jean-Pierre Bemba Gombo, ressortissant de la République démocratique du Congo (RDC), président et commandant en chef du Mouvement de Libération du Congo (MLC), a été arrêté le 24 mai 2008 par les autorités du Royaume de Belgique, suite à un mandat d'arrêt délivré sous scellés par la Cour pénale internationale le 23 mai 2008. Il a été remis à la Cour le 3 juillet 2008.
Selon l'Accusation, Jean-Pierre Bemba Gombo serait pénalement responsable, conjointement avec une autre personne ou par l'intermédiaire d\'autres personnes, de cinq chefs de crimes de guerre (viols, tortures, atteintes à la dignité de la personne, notamment des traitements humiliants et dégradants, pillages et meurtres) et de trois chefs de crimes contre l'humanité (viols, tortures et meurtres) commis sur le territoire de la République centrafricaine pendant la période allant du 25 octobre 2002 au 15 mars 2003.
Béchir se promène
Le soudanais Béchir était hier à Doha où il a siégé aux côtés de Ban Ki-Moon, au sommet de la Ligue Arabe. Recherché par la CPI pour des crimes commis au Darfour, Béchir joue à la diversion. Il se promène, à travers le monde. Le voyage d’hier est le 4ème du genre depuis son inculpation. Il a été en Erythrée, Egypte et en Libye.
Au Soudan, son propre pays, il sillonne et danse en tenue de chef coutumier, sans la moindre inquiétude. Il est soutenu, dans cette vaste aventure contre la CPI, par des milliers de sympathisants. Les soudanais, eux-mêmes, sont les premiers à jurer de mourir avec lui, si la CPI venait à oser toucher à la prunelle de ses yeux. O.M/La Prospérité
Accord Gouvernement – CNDP / Police de proximité : un agenda caché
Signer un accord, est une chose. Comprendre tous les points de concordance pour mieux appliquer tout accord est une autre paire de manche. L’accord qui vient d’être signé entre le Gouvernement et le Congrès national pour la démocratie et le progrès, CNDP, comporte des « pièges ». L’un d’entre eux consiste justement en cette création d’une « Police de proximité » en République démocratique du Congo. Ce « piège » relèverait-il de l’existence d’un agenda caché ?
Le 23 mars 2009, à Goma capitale du Nord-Kivu, et précisément dans l’Hôtel Ihussi, les représentants du Gouvernement et du Congrès national pour la démocratie et le progrès, CNDP, procédaient à la signature d’un accord de paix : « Accord de Ihussi ». Signataires de cet accord, Raymond Tshibanda, ministre de la Coopération internationale et Régionale ; Dr. Désiré Kamanzi, président du CNDP ; Olusegun Obasanjo, co-facilitateur, Envoyé spécial du Secrétariat général des Nations Unies pour la région des Grands Lacs, Benjamin William M’kapa, co-facilitateur pour l’Union Africaine et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs.
Le peuple congolais, les Etats africains, la communauté internationale ont salué cet événement qui constitue un pas important vers la paix en République démocratique du Congo. Au-delà, dans toute la région de l’Afrique des Grands Lacs. Un pas important qui marque un tournant crucial dans les relations entre la République démocratique du Congo et ses principaux voisins, notamment le Rwanda.
Depuis, il est question d’appliquer cet accord pour remettre les populations du Kivu au travail. Mieux, de leur permettre de vivre désormais dans de meilleures conditions humaines, en toute dignité. Cela passe par l’application de cet accord. Or, le bon déroulement de ce processus impose la même compréhension du texte par toutes les parties. Comme s’il s’agit d’un signe de prémonition, les populations qui ont salué la signature de cet accord de paix, sont toutefois dubitatives.
En s’imposant la relecture de cet accord de paix, certains observateurs soulèvent quelques interrogations pertinentes. Notamment sur l’article 5 dudit accord parlant « De la résolution des conflits locaux ». Cet article stipule :
5.1 : Le Gouvernement s’engage à mettre en place des Comités locaux permanents de conciliation, relevant de l’autorité civile locale et composés notamment des sages locaux, hommes et femmes, pour pallier la carence en matière de prévention et de résolution extra-judiciaire de conflits.
5.2 : Les parties conviennent du principe de la création d’une « Police de proximité » entendue comme branche de la Police nationale congolaise, à l’écoute du peuple à la base et au service de celui-ci.
5.3 : Les éléments de la Police de proximité seront recrutés et formés au niveau national. Le Programme de leur formation sera structuré de manière à les doter d’une connaissance profonde des réalités sociologiques des régions où ils seront déployés. Sans être constituée sur une base ethnique ou communautaire, la Police de proximité veillera, dans le déploiement de ses unités sur le terrain, à ce que la composition de celles-ci reflète la diversité sociale locale.
5.4 : Les deux parties conviennent que la contribution du CNDP sur les sujets ci-dessus est à verser à la partie gouvernementale. 5.5 En attendant la mise en place de la Police de proximité, et afin d’assurer la sécurité des réfugiés et personnes déplaces rentrant dans leurs milieux, les parties conviennent de la mise en place, par le gouvernement d’une unité de « Police spéciale » issue du processus d’intégration des éléments de la Police du CNDP au sein de la Police nationale. Cette unité sera formée et équipée conformément aux exigences de maintien de l’ordre au niveau local.
Il est un fait que cette question soulève à la fois un problème complexe et délicat. Complexe parce que cette « Police de proximité » n’intègre pas le processus normal de restructuration de la Police nationale et concerne un cas précis. Ensuite, il est basé uniquement sur un point de vue « sociologique », pour ne pas dire ethnie ou communautaire, c’est selon..
Empressons-nous de relever qu’il serait imprudent de copier servilement ce qui se passe sous d’autres cieux. En France, par exemple, il existe une « Police de proximité ». Cette police a des missions bien précises : maîtriser la délinquance juvénile, combattre le vandalisme et la criminalité par une politique de prévention et d’éducation. Or, cette Police de proximité proposée par l’Accord de Ihussi devra « assurer la sécurité des réfugiés et des personnes déplacées rentrant dans leurs milieux d’origine, sa composition doit refléter la composition de la diversité locale ». Ces missions contiennent en elles-mêmes les germes de conflit, de la montée de l’ethnicisme alors que l’Accord de Ihussi vise la convivialité.
Structures budgétivores et militaristes
Telle que décrite dans l’article 5 de cet accord de paix ; cette « Police de proximité » est déjà budgétivore. Pour son implantation effective, elle passe par trois étapes ; recrutement formation et déploiement. Ce qui requiert des moyens financiers importants. Puisqu’il faut penser à toute la logistique nécessaire.
Mais il y a également une quatrième étape : celle transitoire qui consiste à la mise en place d’une « Police spéciale issue du processus d’intégration des éléments de la Police du CNDP au sein de la Police nationale congolaise ».
Sur ce point précis, des éclaircissements sont nécessaires. S’il faut interpréter cette clause, aucun accord n’est donc intervenu pour que les éléments du CNDP intègrent le processus normal et national de la restructuration de la Police nationale. Cette formule est tellement subtile qu’elle pourrait constituer un piège dans lequel le gouvernement est tombé.
Mais cette Police de proximité rappelle à bien des Congolais la Brigade disciplinaire, la JMPR, les CPP et les Forces d’auto-défense populaires, FAP. Ces structures qui fonctionnaient en marge des structures classiques de la Police du maintien de l’ordre public, ont saigné à blanc les finances publiques jusqu’à constituer des « organes parallèles » aux services de l’ordre. La suite est connue de tous : des jugements extra-judiciaires. Pire, au regard des situations de guerre, ces structures ont été des pépinières potentielles des milices, lesquelles ont commis des atrocités des plus extrêmes.
De ce qui précède, il revient à toutes les parties du privilégier l’intérêt supérieur de la nation. Le processus de la restructuration de la Police nationale étant en cours, il est possible de prévoir des unités spécialisées qui devraient accomplir des missions bien déterminées. Notamment la Police d’intervention rapide, la Police des enfants, la Police de la lutte contre la drogue… pour ne citer que celles-là. Car la mission de la Police nationale est connue de tous : maintenir l’ordre public, assurer la protection des biens et des personnes, combattre la criminalité et nous en passons. La réussite de la mission de la Police nationale réside dans ses structures, son organisation, les hommes qui la composent et l’animent, les conditions excellentes de travail et de vie sociale.
En fait, les inquiétudes sont réelles. L’on découvre que la proposition de la Police de proximité est retenue juste au moment où certaines personnes brandissent le « critère sociologique » pour procéder au découpage territorial de la province du Kivu en Grand Nord-Kivu et en Grand Sud-Kivu.
La plupart des éléments développés et contenus dans l’article 5 de l’Accord de paix de Goma rejoignent, curieusement, les propos repris dans le mémorandum du 2 décembre 2008 remis certainement aux co-facilitateurs pour qu’ils soient transmis au secrétaire général de l’Organisation des Nations unies.
Assemblée nationale : tractations pour le renouvellement du bureau
"Normalement, l’idée maîtresse est de laisser une personnalité de l’Est diriger l’Assemblée Nationale...pourquoi pas un tutsi pour consolider la paix en RDC", a précisé une source Onusienne sous couvert de l'anonymat.
Des négociations au sein de certains groupes parlementaires, aussi bien de la majorité que de l’opposition, pour le renouvellement du bureau de l’Assemblée se tiennent. Chaque groupe ou plate forme politique confectionne des listes de candidats potentiels, choisis selon la vision politique du groupe parlementaire, les compétences et les atouts qu’ils présentent, rapporte radiookapi.net
Selon Martin Mukonkole, rapporteur de Ordre des Républicains (ODR), son parti entend présenter des candidats à tous les postes : « L’option a été levée… nous avons dit qu’il y aura participation. C’est une stratégie qu’on ne pourra pas dévoiler tout de suite. Nous attendons. Nous sommes prêts, et nous sommes entrain de regretter pourquoi il n’y a pas plénière... Nous en appelons seulement au bon sens. Je sui membre du bureau d’une commission. Mais comment expliquer qu’au niveau de la gestion des commissions permanente, il y a l’opposition et la majorité, mais quand il faut gérer le bureau de l’Assemblée nationale, ils refusent et disent que c’est leur monopole ? C’est ça la tricherie. »
Quant à l’AMP, elle compte présenter des candidats après une concertation à divers niveaux entre le PPRD, le Palu et l’Udemo.
Aubin Minaku, Vice-président du groupe parlementaire PPRD, explique : « Après la démission du président Vital Kamerhe, et d’autres membres du bureau, il ne faudrait pas qu’il y ait des précipitations inconsidérées, ni lenteur excessive. L’AMP – Palu – Udemo ; cette coalition est organisée et ordonnée. Et nous allons présenter un ticket de candidats AMP – Palu - Udemo. Et pour présenter un ticket valable, il faut des concertations responsables. C’est ce qui est entrain d’être fait au niveau de chaque parti politique. Ensuite, ce sera la mise en commun. Et de façon responsable, nous présenterons notre ticket. »
30 mars 2009
Le pro-Rwanda Louis Michel plaide l'urgence de l'accord de paix en RDC.. Ruberwa (RCD=CNDP) pour remplacer Kamerhe au perchoir !
Le commissaire européen au Développement pro-Rwanda Louis Michel a insisté lundi à Kinshasa pour l'application "urgente" de l'accord de paix signé à Goma (est) entre le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et l'ex-principale rébellion.
"Je pense que cet accord est bon en soi. Il contient tous les éléments qui permettent de fonder une paix durable, mais il est évident qu'il est urgent de le mettre en oeuvre", a déclaré M. Michel au cours d'une conférence de presse.
Kinshasa et l'ex-rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) ont signé le 23 mars dans Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, un accord prévoyant notamment la transformation de l'ex-rébellion en parti politique, la libération des membres du CNDP détenus par les autorités de RDC et la promulgation d'une loi d'amnistie des anciens rebelles.
La rébellion du CNDP, dirigée par le tutsi rwandais Laurent Nkunda et longtemps soutenue par Kigali, a pris fin avec la défection de ses commandants le 16 janvier 2009, ayant enfin reçus l'ordre venant de Kigali de passer dans le camp de Kinshasa.
La RDC et le Rwanda ont ensuite lancé le 20 janvier jusqu'à fin février une opération conjointe pour traquer les rebelles hutu rwandais du Front démocratique de libération du Rwanda (FDLR). Ils ont été repoussés vers l'ouest et le nord du Nord-Kivu, sans être réduits.
Le comble de l’hypocrisie est que le sauvetage du régime totalitaire congolais pourrait se réaliser par le Rwanda. Le Tutsi Power (RCD, CNDP) tient au régime de Joseph Kabila, le seul capable de justifier la sale guerre d'agression rwandaise avec l'occupation du Nord et Sud-Kivu, tout en harcelant les FDLR, Maï Maï, Apareco etc..
O.M...la machine tutsi est en marche !
PEUPLE CONGOLAIS, si nous ne faisons rien... Kabila a une chance de vieillir au pouvoir, comme ses aînés Bongo, Biya, N'guesso..
« Quand les éléphants se battent, c'est l'herbe qui souffre », dit-on (...) La visite éclair du président français à Kinshasa soulève des interrogations sur le rôle de la France dans le retournement spectaculaire de la situation à l'est de la RDC (...)
Les cinq chantiers (infrastructures, santé et éducation, eau et électricité, logement et création d'emplois) promis au peuple congolais peuvent toujours attendre.
En se ralliant à la France, Kabila a au moins une chance de vieillir au pouvoir, comme ses aînés Omar Bongo et Sassou N'guesso (...)
La population congolaise, subit les conséquences des affrontements entre géants qui se disputent les ressources naturelles de ce pays au sol immensément riche, mais compté parmi les plus pauvres de la planète.
Cinq heures de séjour à Kinshasa ont suffi au président français pour aborder ce qu'il appelle lui-même le « resserrement des relations de coopération entre Kinshasa et Paris ».
Même s'il a affirmé ne pas avoir de leçon à donner, Nicolas Sarkozy ne s'est empêché de faire des recommandations aux politiciens congolais.
La première est une leçon de bon voisinage :
« S'ils organisent leur bon voisinage, les peuples de la région vivront riches et en paix. Mais si c'est la loi du plus fort, alors ils resteront pauvres et malheureux... »
Le chef de l'Etat français a ensuite salué le rapprochement de la République démocratique du Congo (RDC) et du Rwanda qu'il a qualifié de « véritable signe de refondation de la région des Grands Lacs ».
La RDC et le Rwanda ont lancé le 20 janvier jusqu'à fin février une opération conjointe pour traquer les rebelles hutu rwandais du Front démocratique de libération du Rwanda (FDLR). Ils ont été repoussés vers l'ouest et le nord du Nord-Kivu, sans être réduits.
Vanté par Sarkozy, le rapprochement avec Kigali a entraîné une crise
Pourtant, il n'a pas abordé le fait que les opérations militaires rwando-congolaises, qu'il présente comme salutaires, ont été à la base d'une crise institutionnelle.
Vital Kamerhe, le président du parlement congolais, a dû déposer sa démission à la veille de l'arrivée de Nicolas Sarkozy à Kinshasa. Il avait subi des pressions de la famille politique de Joseph Kabila, le président congolais, qui lui reprochait d'avoir posé trop de questions sur la traque des rebelles hutus (FDLR). Vital Kamerhe dénonçait le fait qui ces opérations se soient déroulées sans que l'institution qu'il dirigeait n'en ait été informée.
Autre leçon donnée aux politiques congolais : la bonne gouvernance. « Nous sommes des élus du peuple, c'est notre devoir de rendre des comptes à ceux qui nous ont élus », a-t-il rappelé lors de son allocution devant les parlementaires congolais.
Il valait la peine de rappeler cette règle démocratique élémentaire à des dirigeants réputés pour leur mépris de leurs électeurs et leur attachement aux avantages liés à la profession de politicien africain : grosses voitures, villas luxueuses et comptes bancaires domiciliés dans des banques occidentales et remplis d'argent détourné provenant de leurs pays.
Le contrat décroché par Areva a-t-il joué un rôle ?
Qu'est ce qui explique le rapprochement entre Kinshasa et Kigali, et surtout la disparition du jour au lendemain du rebelle tutsi rwandais Laurent Nkunda qui a pris des vacances au Rwanda, et dont le mouvement, le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), s'est transformé en parti politique ?
La réponse se cache peut-être derrière le contrat que Nicolas Sarkozy a arraché au bénéfice d'Areva. Cette entreprise française a obtenu le permis de puiser de l'uranium où elle souhaitait, sur toute l'étendue de la RDC.
L'annulation de la dette africaine, le président français a promis d'en parler au prochain sommet du G20, à condition que les pays du continent noir ne se tournent pas vers d'autres créanciers.
C'est sans doute la Chine qui doit rougir en voyant Kinshasa se détourner progressivement des fameux accords « Mines contre infrastructures », et se rallier aux traditionnels partenaires européens pour des raisons de consolidation de son pouvoir.
Quoiqu'il en soit, le jeune président congolais a tout intérêt à se tenir tranquille et surtout à respecter ses engagements.
Il doit garder en tête qu'à tout moment, Nkunda, ou un autre chef rebelle monté de toutes pièces peut toujours resurgir, armé jusqu'aux dents et bénéficiant d'une couverture médiatique de certains médias occidentaux faisant de lui un héros.
Les deux gouvernants vivent avec un canon sur la tempe.. Kagamé maintient l'épée de damoclès au-dessus du Congo
De l'autre côté de la frontière, Paul Kagame ne peut dormir sur ses deux oreilles. Le rapprochement avec Kinshasa, salué par la communauté internationale, a l'air de calmer ses bailleurs de fonds qui menaçaient de lui tourner le dos à cause de son soutien à la rébellion congolaise.
Cependant, le problème des FDLR reste entier. Les récentes opérations militaires rwando-congolaises auraient permis de rapatrier quelque 1 300 combattants et leurs familles sur un effectif qui a toujours été estimé à 6 000 hommes.
L'ONG catholique Caritas-Développement Congo a récemment tiré la sonnette d'alarme sur le nombre croissant de déplacés qui fuient l'insécurité causée par les opérations contre les rebelles hutu rwandais. Selon Caritas, près de 20 000 ménages déjà recensés sont concernés par ces déplacements massifs et sont sans assistance.
Les deux gouvernants vivent donc un canon sur la tempe, subissant des pressions de la part des grandes démocraties occidentales, leurs amis et bienfaiteurs, prêts à tout pour garder la main mise sur l'exploitation des richesses naturelles de la région, primordiales pour le fonctionnement de leurs industries.
STOP AREVA : Contamination à l'Uranium par Areva en Afrique
Le groupe nucléaire français Areva, qui extrait de l'uranium au Niger et Gabon, est accusé d'avoir laissé sciemment ses employés et les habitants des zones minières exposés à un taux de radioactivité trop élevé.
Les travailleurs et la population atteints de cancers dûs à la radioactivité
Dans un rapport rendu public mercredi 4 avril 2008, plusieurs associations dénoncent les négligences d'Areva qui a exploité ces mines d'uranium jusqu'en 2000. Plusieurs travailleurs seraient décédés de cancers suite à leur exposition au radon et à l'uranium.
Areva est accusé d'avoir volontairement caché les risques que prenaient les travailleurs en étant si proches du minerai radioactif.
En effet, l'Uranium est une matière radioactif dont les radiations perturbent le fonctionnement des cellules vivantes. Elles sont d’autant plus dangereuses que nos sens ne peuvent les détecter.
Malgré ce risque, les travailleurs sont descendus dans la mine sans aucune protection.
Parmi les travailleurs gabonais, 243 (soit 50,5%) disent souffrir de problèmes pulmonaires, certains avec des pathologies associées (dermatologiques, ophtalmologiques ou cardiovasculaires).
Employés et population ont été exposés parfois pendant plus de 20 ans à la radioactivité :
de l'air : poussières radioactives ou gaz radon,
des bâtiments construits avec des résidus radioactifs : habitations, maternité, école
des aliments contaminés
L'exploitation de l'uranium contamine l'eau et l'air
Pollution de l'air
«Au Niger, soit Areva laissait sur place les résidus radioactifs, soit elle les entreposait à l'air libre dans le désert, à quelques kilomètres des villes et des nomades», a dénoncé Bruno Chareyron, responsable de laboratoire à la Criirad.
Pollution de l'environnement
De plus, Areva est accusé d'avoir déversé plus de 2 millions de tonnes de résidus radioactifs dans une rivière entre 1961 et 1980.
Pollution de l'eau potable
Les ONG reprochent également à Areva de rester muette sur la contamination de l'eau au Niger, qui continue aujourd'hui à être distribuée à la population, malgré les résultats alarmants des tests de la CRIIRAD.
Des associations dénoncent une "négligence fautive" dans la gestion, par Areva, de la mine d'uranium de Mounana, au Gabon, et demandent au groupe nucléaire français de "prendre ses responsabilités" environnementales et sanitaires au Gabon et au Niger.
Le rapport d'enquête rendu public, mercredi 4 avril 08, par l'association de juristes Sherpa, en coopération avec la Criirad, Médecins du monde et les associations d'anciens travailleurs gabonais et expatriés du site, relève "l'existence d'un risque connu" et "l'absence coupable d'information sur ces risques".
*L'association de juristes Sherpa a déjà poussé Total à indemniser des ouvriers birmans, et a prévenu qu’elle disposait de suffisamment d’éléments pour entamer « une ou des procédures » en justice « longues et complexes » en France.
Source : L'association Sherpa
29 mars 2009
Transfert de Nkunda en RDC = Le maintien de l’occupation de l'armée rwandaise "Tutsi" du Nord et Sud-Kivu
"Paul Kagamé maintient l'épée de Damoclès au-dessus du Congo", nous dit une source onusienne.
Une réunion des ministres de la Justice prévue
Les ministres de la Justice du Rwanda et de République démocratique du Congo vont se rencontrer pour discuter du transfert en RDC du chef de l'ex-rébellion congolaise Laurent Nkunda, détenu au Rwanda, a indiqué samedi une source du ministère congolais des Affaires étrangères.
"Les deux ministres de la Justice vont se rencontrer pour émettre les avis juridiques au sujet du transfert de Nkunda", a indiqué à l'AFP cette source au terme d'une réunion samedi à Kinshasa des ministres des Affaires étrangères des deux pays.
Le lieu et la date de cette rencontre n'ont pas été précisés.
Les deux pays avaient lancé le 20 janvier une opération militaire conjointe sans précédent afin de réduire les rébellions dans l'est de la RD Congo, frontalière du Rwanda.
Le premier résultat de cette opération, achevée fin février, avait été l'arrestation le 22 janvier au Rwanda du général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda, chef historique du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP).
L'intervention militaire avait aussi visé les rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
La ministre rwandaise Rosemary Museminali et son homologue congolais Alexis Thambwe Muamba ont décidé que les deux pays allaient "(échanger) leurs ambassadeurs immédiatement", selon la même source, précisant qu'aucune date n'avait été cependant arrêtée.
Kinshasa et Kigali avaient rompu leurs relations diplomatiques en août 1998, au lendemain du déclenchement de la deuxième guerre dans l'est de l'ex-Zaïre.
Les ministres recommandent aussi la tenue d'un sommet des deux chefs d'Etat Joseph Kabila et Paul Kagamé "afin de consolider les relations bilatérales".
Les deux pays ont par ailleurs procédé à l'évaluation de leur opération militaire conjointe, souhaitant "poursuivre la lutte contre les FDLR", toujours actifs dans l'est de la RDC, notamment dans la province du Nord-Kivu.
Ils demandent à la communauté internationale "d'imposer des sanctions contre les responsables du FDLR qui ont élu domicile à l'étranger".
Enfin, une commission bilatérale permanente de défense et sécurité sera mise en place afin d'échanger sur les problèmes communs de sécurité. Une première réunion d'experts sur la question de la sécurité aux frontières devrait se tenir du 16 au 18 avril.
O.M...CONTRE TOUTE INTERVENTION RWANDAISE-TUTSI SOUS QUELQUE FORME QUE CE SOIT !
Situation préoccupante des droits de l’Homme en RD Congo : La police politique de Joseph Kabila entretient la terreur
Il ne se passe pas un jour sans que les organisations de défense des droits humains, aux quatre coins du pays, dénoncent les abus (arrestations arbitraires, tortures, passage à tabac…) commis par les agents de l’Agence nationale de renseignements (ANR) et ceux de la police nationale. Toute déclaration ou action «politiquement incorrecte» pour le pouvoir kabiliste est réprimée par des éléments de ces organismes qui échappent à tout contrôle démocratique. Les «Pouvoirs» législatif et judiciaire regardent sans réagir. Les victimes ne jouissent d’aucun recours. Jadis très vigilantes et donneuses de léçon, les puissances occidentales font désormais la sourde oreille aux cris d’alarme des organisations de défense des droits de l’Homme.
Lubumbashi lundi 16 mars 2009. Il est presque 18h00. Mulumba Kapepula, employé à la SNCC (Société nationale des chemins de fer du Congo) est arrêté par des agents de l’ANR. L’homme prenait tranquillement son repas dans un restaurant de la place. Qui a ordonné son interpellation? Que lui reproche-t-on ? Dans un communiqué conjoint daté mardi 24 mars dernier les association de défense des droits de l’Homme Asadho/Katanga et le Centre des Droits de l’Homme et du Droit humanitaire (CDH) indiquent que l’ordre d’arrestation émanerait du chef de poste ANR/Ville, un certain Skoda Kasongo. Il est reproché à Mulumba d’avoir «exprimé librement ses opinions» - sans d’autres précisions - lors d’un rassemblement des agents en SNCC en grève devant la place de la Gare.
Lors de son incarcération à la direction provinciale de l’ANR, l’intéressé aurait été «sérieusement torturé par plus de 6 personnes à coups de fouets, de bottes, de poings et même branché au courant électrique», relève le communiqué. L’homme a été privé du droit de visite y compris celle de son épouse. Après avoir constaté une détérioration de l’état de santé de cet employé de la SNCC, le médecin de l’ANR, appelé d’urgence, a conseillé son transfert, mardi 17 mars, à la «Polyclinique Flora» où il devait recevoir des «soins intensifs». Le communiqué de poursuivre qu’«alors que son état de santé était encore très préoccupant, l’ANR est venue le tirer de son lit d’hôpital le soir du 20 mars 2009, pour l’acheminer en catimini le 21 mars vers Kinshasa dans un lieu qui est tenu secret.»
L’ANR se substitue aux cours et tribunaux
L’Asadho/Katanga et le Centre des Droits de l’Homme et du Droit Humanitaire se disent «vivement préoccupées par la dégradation de l’état de santé et la déportation» de Mulumba Kapepula. A Lubumbashi, des rumeurs de plus en plus persistantes font état du décès de ce citoyen à la suite «des tortures et autres traitements inhumains» lui infligés par des agents de l’ANR. L’Asadho/Katanga et le CDH de rappeler au gouvernement le prescrit de l’article 16 de la Constitution de la RD Congo, promulguée le 16 février 2006. A savoir : «La personne humaine est sacrée» ; «L’Etat a l’obligation de la respecter et de la protéger».
Les deux associations fustigent «l’attitude complice» du directeur provincial de l’ANR/Katanga «qui laisse commettre des actes de tortures par ses agents sans la moindre sanction, ne serait-ce que disciplinaire.» Ajoutant : «Si les atteintes à la sûreté de l’Etat doivent susciter une réprobation légitime des citoyens, elles ne peuvent en aucune façon justifier l’attitude des responsables de l’ANR, qui veulent se substituer aux cours et tribunaux en recherchant et en jugeant les criminels de droit commun. Cette dérive est déjà accompagnée de très sérieuses atteintes aux libertés publiques et individuelles.»
Un mémo à «Sarko»
Kinshasa, jeudi 26 mars. Quatre membres du «Parti travailliste» (PT), un parti d’opposition dirigé par Steve Mbikayi, sont «enlevés» au niveau du rond-point Nelson Mandela, situé dans la commune de la Gombe. Cette formation politique avait prévu de déposer un mémorandum destiné au chef d’Etat français à l’ambassade de France à Kinshasa. Arrêtés, les quatre militants auraient été «tabassés par les policiers, et ce, après avoir essuyé des injures de toute sorte de la part des forces de l’ordre», indique un communiqué de l’association de défense des droits humains «La Voix des Sans-Voix» (VSV). Parmi les interpellés, il y a le président du «Mouvement des Jeunes Travaillistes» (MJT/Lukunga, Milambo Kayabo. Celui-ci aurait reçu «un coup de crosse d’arme à feu au bras droit au moment où il voulait manifester son indignation contre l’interruption subite de leur procession.» Il serait gravement blessé. Autres personnes appréhendées : Kayiya Clément, Kabuye Tshute, Kembi Jean et mademoiselle Kwaku Justine.
Selon le communiqué de la VSV, Kayiya et Kembi ont été relâchés vendredi 27 mars dans la matinée, tandis que Kabuye Tshite et Mlle Kwaku Justine, ont été gardés en détention avant d’être remis en liberté le même jour vers 15 heures. Motif : les deux prévenus portaient un T-shirt assortie de l’effigie du président du PT, Steve Mbikayi. Le 4 février, le PT avait organisé une marche pacifique dans la capitale. But : protester contre la déclaration de Nicolas Sarkozy sur la gestion conjointe de l’espace territorial et des ressources entre la RDCongo et le Rwanda, et l’entrée de l’armée rwandaise sur le sol congolais. La marche avait été violemment dispersée.
Impunité et manque de volonté politique
La VSV a saisi cette occasion pour inviter le gouvernement congolais à mettre fin «à l’utilisation à des fins privées de la police pour réprimer les membres des partis politiques d’opposition (…)», alors que les manifestations organisées par les organisations politiques d’obédience kabiliste ne sont guère interdites.
Le 17 mars, le Rapporteur spécial de l’ONU en RD Congo Walter Kälhin faisait état en termes peu équivoques de la «détérioration» de la situation des droits de l’homme «depuis un an». L’homme parle des "violations massives et systématiques". Selon lui, "la plupart des atrocités sont commises par des groupes armés mais aussi par des membres de l’armée gouvernementale". Et que les auteurs de ces exactions savent qu’ils bénéficient d’une "impunité" de fait en raison "de la situation déplorable de la justice" et d’un "manque de volonté politique".
Les droits humains se portent très mal au Congo dit démocratique de Joseph Kabila. En dépit de cette évidence, le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies a envoyé vendredi 27 mars un très mauvais signal en rejetant une proposition européenne d’envoyer un «enquêteur spécial» sur la situation des droits de l’Homme à l’Est de la RD Congo. Dans cette partie orientale du pays, les forces régulières sont impliquées dans divers cas de violences à l’instar des groupes armés qui y opèrent.
Le Conseil est composé de 47 états ayant pour mission de promouvoir la protection des droits de l’Homme aux quatre coins du monde. Le régime de Kabila semble bénéficier de la «solidarité» des Etats du Tiers-monde mais aussi de la complaisance de certaines puissances occidentales aveuglées par leurs intérêts nationaux. «Ma responsabilité, c’est de défendre les intérêts de la France», déclarait le président Nicolas Sarkozy lors de son récent passage à Kinshasa. Cynique ?
B. A. W.






