20 mars 2009
Vital Kamerhe (re) lance «un appel à l’apaisement»
Le président de l’Assemblée nationale, le PPRD Vital Kamerhe, a présidé jeudi 19 mars la Conférence des présidents qui est un des organes de la Chambre des députés à l’instar du Bureau, des Commissions et des Groupes parlementaires. Proche de "Vital", le député Justin Bitakwira aurait été interpellé jeudi par des agents de l’ANR. Il a été relâché après plusieurs heures d’interrogatoire.
Lors de son allocution d’ouverture de la session ordinaire mars-juin de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe avait promis d’inscrire la question relative à sa démission ainsi qu’au renouvellement du Bureau «à la prochaine réunion de la Conférence des Présidents.» Dès le lendemain, l’AMP, par la bouche de son porte-parole adjoint - qui n’est autre que le ministre de la Communication et des Médias et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga - a fait savoir qu’un projet de motion a déjà été approuvé par plus de trois cents députés sur 500 que compte l’Assemblée. C’est assez étrange de voir un membre du gouvernement assumer d’autres responsabilités dans une organisation politique. Les sophistes rétorqueront que l’AMP n’est pas un parti politique. N’empêche. L’article 97 de la Constitution est mis à mal par ce mélange de genre.
Fatiguée d’attendre la "démission" de Vital "avec effet immédiat", la coalition pro-kabiliste a donc décidé de recourir à «l’arme fatale» : la déchéance. La réunion des présidents a bel et bien eu lieu jeudi 19 mars au Palais du peuple. Par présidents, il faut entendre les présidents des groupes politiques et provinciaux ainsi que ceux des commissions parlementaires. Groupe majoritaire, l’AMP contrôle quasiment le trois quart de ce beau monde. C’est dans ce «saint des saints» qu’on élabore l’ordre du jour qui sera par la suite adopté par la plénière.
Plaidoirie pro domo
Dans son mot introductif, Kamerhe a tenu à rappeler dans une sorte de plaidoirie pro domo que depuis le déclenchement de la crise entre lui-même et sa famille politique son «souci a été et demeure celui de préserver le président de la République et ma famille politique du piège de l’inconstitutionnalité (…) et de sauvegarder notre jeune démocratie.» Une jeune démocratie «dont le président Kabila est», selon lui, «l’artisan principal». Et de poursuivre qu’il ne pouvait pas «adhérer à un schéma» dont il avait «la conviction du caractère illégal et inconstitutionnel, à savoir la démission avec effet immédiat, en dehors de la plénière (…).» C’est ici que Vital a invité la conférence des présidents à inscrire la question de sa démission et du renouvellement du Bureau à l’ordre du jour de la prochaine plénière. En attendant les débats à la plénière, le «Speaker» a voulu décrisper le climat politique en lançant un «appel à l’apaisement» estimant qu’il n’y a pas «des questions qui mettent en péril» l’Assemblée.
Que disent les textes ? Le premier alinéa de l’article 21 du règlement d’ordre intérieur de l’Assemblée nationale stipule : «Les membres du Bureau sont élus pour la durée de la législature». L’alinéa 2 introduit l’exception : «Toutefois, en cas de faute grave ou d’incompétence constatée par la plénière dans l’exercice de ses fonctions, un membre du Bureau peut-être relevé par celle-ci suivant une procédure contradictoire. Dans ce cas, le remplaçant est élu par le reste de la durée du mandat du membre déchu.»
C’est ici que les Romains vont s’empoigner, dans un débat contradictoire, pour donner une réponse qu’on espère univoque à une question qui taraude l’opinion congolaise : Que reproche-t-on à Vital Kamerhe ? «L’étonnement» exprimé par le président de l’Assemblée nationale après l’entrée des troupes rwandaises dans la province du Nord Kivu peine à convaincre comme étant l’unique grief. «Le Rwanda de Paul Kagame ne vaut pas une crise politique en RD Congo», commente avec ironie un député AMP joint au téléphone à Kinshasa.
Dramatisation
Et pourtant. A l’AMP, l’heure est à la dramatisation. Mende n’a pas hésité de parler de «haute trahison» dans le chef du président de la Chambre basse. Celui-ci est suspecté d’avoir eu un agenda caché séditieux. Ses propos auraient semé le trouble dans les esprits. Dans son allocution d’ouverture, Kamerhe a semblé balayer ces arguments d’un revers de la main : «Je voudrais ici dire et prendre l’Assemblée nationale à témoins que j’ai été parmi les premiers à prôner le rapprochement avec le Rwanda (…)». Quoi alors ? Les coups de gueule de Vital dans les colonnes de l’hebdomadaire parisien «Jeune Afrique» ne suffisent pas, non plus.
Dans un langage subliminal, Kamerhe semble mettre le doigt sur la cause profonde du divorce «pour cause déterminée» entre lui et sa famille politique. «J’avais promis de faire de notre Chambre une famille parlementaire où les députés de la majorité et de l’opposition devraient croiser leurs idées dans la convivialité pour booster notre société vers le progrès, dira-t-il. Je me réjouis que cela soit devenu aujourd’hui une réalité. J’invite donc tout le monde à faire un effort pour accéder à cette exigence démocratique d’une société moderne. Trêve de divisions, de dissensions et de crises artificielles, car l’heure est aux débats d’idées, à la justice pour tous et au travail bien fait, bref au respect des valeurs républicaines qui intègrent les exigences de bonne gouvernance, de démocratie et d’observation des droits de l’homme.»
Une issue incertaine
Selon de bonnes sources, outre le secrétaire exécutif de l’AMP, Augustin Katumba Mwanke, les personnalités les plus déterminées à avoir la peau de l’actuel président de l’Assemblée nationale se trouveraient parmi les membres du gouvernement qui s’estiment, à tort ou à raison, avoir été «humiliées» lors des interpellations. «Kamerhe a été «condamné à mort» dès qu’il a laissé la plénière mettre sur pieds des commissions parlementaires chargées d’auditer les entreprises publiques dont la Banque Centrale du Congo», lâche un parlementaire. Le moins qu’on puisse dire est que Kamerhe va fatalement démissionner. Dans le respect des textes. L’AMP, elle, ne manquera pas de vivre une fracture interne. «Inscrire la démission de Vital Kamerhe dans l’ordre du jour est une chose, tonne un autre député joint à Kin. Les résultats du vote pourraient réserver des désagréables surprises.» Selon ce parlementaire, l’AMP a engagé «un pari risqué» dans la mesure les débats à la plénière pourraient prendre la tournure d’un « déballage AMP contre AMP». Selon cette source, l’image de Joseph Kabila a pris un grand coup dans les milieux diplomatiques. «Des diplomates originaires des nations démocratiques, poursuit-il, ont été choqués par la volonté du président de la République à faire décapiter l’Assemblée nationale. Ce sont des choses qui n’ont lieu que dans des républiques bananières.»
On apprenait, au moment de clore ces lignes, que le député Justin Bitakwira, étiqueté AMP, aurait été interpellé jeudi à l’aéroport de Ndjili par des fonctionnaires de la DGM (Direction générale des migrations). Proche de Vital Kamerhe, Bitakwira devait prendre un vol à destination de Goma. Il aurait été interrogé durant plusieurs heures par des agents de l’ANR (Agence nationale de renseignements) avant d’être relâché au début de la soirée. Ce député kivutien avait eu le courage de fustiger, sur les ondes de la radio Okapi, la décision de «l’autorité morale» de l’AMP de faire démissionner les membres du Bureau de la Chambre basse.
B.A.W
République bananière: le député national J. Bitakwira interdit de quitter le pays.. Kabila à la chasse aux députés disciplinés !
Sur ordre d’une autorité non identifiée, des fonctionnaires de la DGM (Direction générale des migrations) ont dépossédé ce député kivutien, étiqueté pourtant AMP, de ses documents de voyage. Bitakwira pointe un doigt accusateur en direction d’un certain «lobby» à l’origine du charivari qui règne au sein de la Chambre basse. L’homme dit craindre désormais pour son intégrité physique.
Devant rendre visite à un membre de sa famille hospitalisé à Nairobi, au Kenya, le député national Justin Bitakwira, s’est présenté jeudi 19 mars à l’aéroport international de Ndjili afin de prendre son avion. Il est interpellé par des agents de la DGM. Ceux-ci prétextent de vérifier l’authenticité de son autorisation de sortie revêtue pourtant de la signature du président de l’Assemblée nationale. Plusieurs heures après le décollage de l’aéronef, un fonctionnaire vient lui signifier qu’il s’est agi d’un «mal entendu». Retour à la maison.
Vendredi 20, «Justin» se représente à nouveau à l’aéroport. Le même manège recommence. A sa grande surprise, tous ses documents de voyage sont confisqués par la DGM. A savoir : le passeport, le billet d’avion ainsi que l’autorisation de sortie délivrée par le président de l’Assemblée nationale, le PPRD Vital Kamerhe. Motif invoqué par la DGM : «Nous n’avons pas encore reçu un ordre contraire disant que vous pouvez sortir du pays». De qui devrait venir cet ordre ? L’histoire ne le dit pas. Joint au téléphone par un journaliste de radio Okapi, Bitakwira a laissé entendre qu’il était placé sous la surveillance des éléments de la «Garde républicaine», en fait la garde prétorienne de Kabila.
Proche de Vital Kamerhe, Justin Bitakwira, connu pour son franc-parler, subit les «dégâts collatéraux» de la gué-guerre qui oppose les «super faucons» de l’AMP-PPRD au numéro un actuel de la Chambre basse. Ce député a eu le courage – la témérité ? – de vitupérer les errements de «l’autorité morale» de cette coalition politique qui n’est autre que Joseph Kabila. Les propos tenus par ce parlementaire ont manifestement déplu au «raïs» qualifié par l’outrecuidant député de «chef d’Etat en perdition».
Agacé par toutes ces tracasseries indignes d’un Etat démocratique, Bitakwira n’a pas trouvé des mots assez durs pour dénoncer son infortune. «Je me demande dans quel Etat de droit vivons-nous actuellement, s’est-il exclamé sur les ondes de radio Okapi. Comme nous prenons de positions défendant la démocratie, c’est sans doute le même lobby qui cherche à nous mettre en quarantaine.» Bitakwira de s’étonner qu’une telle mésaventure arrive à un parlementaire en fonction. «Si ce genre de situation peut arriver à un député national, je me demande ce qui arriverait aux simples citoyens. Je commence à avoir des craintes pour ma vie.»
Sous d’autres cieux, la situation que dénonce le député Justin Bitakwira aurait constitué un scandale pouvant déboucher à une crise politique. Le ministre exerçant la tutelle sur la DGM devait être interpellé pour fournir des explications sur cet acte constitutif de violation flagrante de la Constitution. «Aucun parlementaire ne peut, en cours de sessions, être poursuivi ou arrêté, sauf en cas de flagrant délit, qu’avec l’autorisation de l’Assemblée nationale ou du Sénat selon le cas», stipule l’alinéa 2 de l’article 107 de la Loi fondamentale promulguée le 16 février 2006 par … Joseph Kabila. «Les députés nationaux et les sénateurs ont le droit de circuler sans restriction ni entrave à l’intérieur du territoire national et d’en sortir», énonce, pour sa part, le premier alinéa de l’article 109.
«Joseph Kabila et les durs de son entourage ont décidément une conception tyrannique de la démocratie», commente, indiqgné, un député de l’opposition joint au téléphone à Kinshasa.
Où va-t-on ?
O.M/B.A.W.
Assemblée nationale : la démission de Kamerhe et l'interpellation de Muzito à l'ordre du jour
La conférence des présidents des groupes parlementaires vient d’adopter ce jeudi l’ordre du jour de la session ordinaire de l’Assemblée nationale. Parmi les points inscrits à cette session, figurent notamment la démission du président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, et le renouvellement du bureau, ainsi que l'interpellation du premier ministre Adolphe Muzito, rapporte radiookapi.net
La réunion des présidents des groupes parlementaires, y compris de l'AMP, a été dirigée par Vital Kamerhe lui-même. selon le rapporteur démissionnaire du bureau de l'Assemblée nationale, Grégoire Katende wa Ndaya, la conférence des présidents a retenu trois points importants à l'ordre du jour qui devront faire l'objet du débat en plénière mardi ou mecredi prochain. Il s'agit, selon l'ordre d'importance, d'abord de la démission du président de l'Assemblée nationale suivie du renouvellement du bureau de cette institution.
Ensuite, vient l'interpellation du premier ministre Adolphe Muzito par trois députés : François Mwamba, Roger Lumbala et Lisanga Bonganga. Enfin, le troisième point est relatif au calendrier des matières. La première plénière pour aborder ces trois points interviendra mardi ou mercredi prochain, a précisé le rapporteur démissionnaire. " compte tenu de l'importance des matières, surtout les deux premières, la conférence de présidents a estimé qu'il fallait quelques concertations avant d'ouvrir la plénière", a aouligné Grégoire Katende.
Au cours de cette réunion des présidents des groupes parlemntaires, Vital Kamerhe a rappelé son souci de préserver le chef de l’Etat et sa famille politique du piège de l’inconstitutionnalité et de sauvegarder la jeune démocratie du caractère illégal, à savoir la démission en dehors de la plénière.
RDC Visite éclair : Nicolas Sarkozy attendu jeudi prochain à Kinshasa
Le président français est attendu jeudi 26 mars à Kinshasa pour une visite officielle en République démocratique du Congo (RDC), à l’invitation de son homologue Joseph Kabila, a annoncé l’ambassadeur de France en RDC, Pierre Jeaquemot.
Au cours de son séjour, M. Sarkozy aura des entretiens avec les officiels congolais et prononcera une allocution devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès.
Devant les ambassadeurs étrangers, M. Sarkozy avait proposé une "nouvelle approche" pour apaiser la région des Grands lacs, évoquant un "partage des richesses" entre la RDC et le Rwanda. Ses propos ont provoqué une levée de boucliers à Kinshasa, le contraignant à démentir le mois dernier dans la presse locale toute velléité de "démembrement" de l'ex-Zaïre.
Dans une déclaration, mercredi à Kinshasa, à l’issue d’un entretien avec le Premier ministre Adolphe Musito, l’ambassadeur français a indiqué que Nicolas Sarkozy vient se prononcer sur la contribution de son pays au plan de stabilisation et de reconstruction de l’Est de la RDC.
«La France a la même vision que la RDC sur le schéma de la reconstruction qui doit passer par le rétablissement d’une paix durable, la lutte contre la fraude, la réhabilitation des services publics, le rétablissement d’une justice transactionnelle, le rapatriement des réfugiés et le retour des déplacés», a souligné le diplomate français.
Gabon: de nombreux chefs d'Etat africains aux obsèques de la Première dame
..............................................................LES PRESIDENTS BONGO, SASSOU ET LES ENFANTS DE FEUE EDITH LUCIE... OMAR DENIS ET YACINE QUEENIE
Dix chefs d'Etat et deux chefs de gouvernement africains ont assisté jeudi aux obsèques et à l'hommage officiel de la Nation gabonaise à la Première dame gabonaise Edith Lucie Bongo Ondimba, décédée samedi au Maroc, a constaté l'AFP.
Les présidents béninois Thomas Yayi Boni, centrafricain François Bozizé, équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema, ivoirien Laurent Gbagbo, malien Amadou Toumani Touré, santoméen Fradique de Menezes, tchadien Idriss Deby Itno et togolais Faure Gnassingbé ont assisté aux cérémonies présidées par le président gabonais Omar Bongo Ondimba et le père de la défunte, le président congolais Denis Sassou Nguesso.
Le président de la R.D. Congo, Joseph Kabila s'est fait représenter par son épouse, Madame Olive Lembe Kabila.
Les chefs de gouvernement de Mauritanie et de Guinée, plusieurs Premières dames et de nombreux ministres étaient également présents.
La France était représentée par le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, et le secrétaire d'Etat français à la Coopération, Alain Joyandet. "Nous sommes ici pour transmettre les condoléances du président de la République à la famille Bongo", a déclaré M. Joyandet à l'AFP précisant qu'aucune rencontre même extra-officielle n'était prévue.
Les obsèques ont commencé vers 10H00 (09H00 GMT). Après une cérémonie oecuménique et une interruption vers 16H00, l'hommage s'est poursuivi par des témoignages et discours de personnalités qui devaient prendre fin en soirée.
Toutes les télévisions gabonaises ont supprimé leurs programmations habituelles pour retransmettre les obsèques en direct.
Après une nouvelle veillée au Palais présidentiel, la dépouille de Mme Bongo sera rapatriée vendredi vers Edu, dans le nord du Congo, où elle sera inhumée dans le cimetière familial, conformément "aux us et coutumes de l'ethnie Mbochi" à laquelle elle appartenait.
Fille aînée du président congolais, docteur en médecine, Edith Lucie Bongo, 45 ans, avait épousé Omar Bongo, 73 ans, en 1990. Elle avait eu deux enfants avec le président gabonais. Elle est décédée samedi à Rabat où elle était hospitalisée depuis plusieurs semaines.
Le gouvernement gabonais a décrété un "deuil national" sur le territoire gabonais jusqu'aux funérailles de Mme Bongo. La journée de jeudi était fériée.
O.M...RIP/AFP



