16 mars 2009
Rentrée parlementaire en RD Congo : Une session de mars très peu ordinaire à l’Assemblée nationale
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Dans un communiqué publié dimanche soir, l’Alliance de la majorité présidentielle (AMP) annonce la non-participation des députés portant son label à la séance d’ouverture de la session ordinaire de l’Assemblée nationale lundi 16 mars. La coalition des partis pro-kabiliste demande à Vital Kamerhe de démissionner de ses fonctions de président de l’Assemblée nationale à défaut, elle mettra en œuvre «les mécanismes réglementaires à l’effet d’obtenir sa déchéance». Boshab, Tshiongo et Nyabirungu seraient candidats à la succession de «Vital». Certaines voix s’élèvent pour suggérer l’organisation des «primaires» avant de départager les prétendants à la Plénière.
«Vital Kamerhe doit partir mais dans le respect des textes en vigueur et dans la dignité. C’est assez étrange de voir certains membres du gouvernement, étiquetés AMP, éprouver un plaisir malsain à inciter Joseph Kabila à humilier l’actuel président de l’assemblée nationale. Les «faucons» jouent un rôle néfaste autour de Joseph Kabila ». L’homme qui parle appartient à une formation politique alliée à l’AMP. Questions : Que reproche-t-on réellement à «Vital» ? Est-ce l’indignation manifestée par lui après l’annonce de l’entrée des troupes rwandaises dans la province du Nord Kivu ? Ou encore ses sorties médiatiques bruyantes dans l’hebdomadaire «Jeune Afrique» ainsi qu’un certain «activisme parlementaire» ayant déplu à certains ministres AMP lors des interpellations à l’Assemblée nationale ? «C’est un peu tout cela», estime un analyste.
Selon certains observateurs du «zoo politique» congolais, Kamerhe se serait comporté en opposant tout en faisant partie de la majorité. Certains membres du gouvernement lui tiendraient rigueur des «humiliations» subies par eux lors des interpellations à l’Assemblée nationale. «Kamerhe a assisté sans réagir pendant que certains députés de l’opposition s’acharnaient sur les interpellés», commente un observateur. Un analyste joint au téléphone à Kinshasa cite des noms : Jeannine Mabunda Lieko (Portefeuille) et Lambert Mende Omalanga. On cite également le ministre Pierre Lumbi des Infrastructures. C’est l’homme de fameux contrats chinois. Selon une source, l’actuel porte-parole du gouvernement serait convaincu que son interpellation à la Chambre basse est à l’origine de son départ du très juteux ministère des Hydrocarbures pour celui de la Communication. «Kamerhe a commis beaucoup d’erreurs de communication, remarque un confrère kinois. Son erreur fatale a été de laisser l’Assemblée nationale mettre sur pied des commissions chargées d’auditer des entreprises publiques y compris la Banque centrale du Congo, cette pompe à fric pour le chef de l’Etat…» Cette initiative aurait été perçue comme une «trahison».
Règlement de comptes
Il régnerait donc un climat de «règlement de comptes» au sein de l’AMP. Des noms seraient déjà cités pour occuper le futur fauteuil vacant du président du Bureau de la Chambre basse : Evariste Boshab, Tshiongo Tshibinkubula wa Ntumba et Nyabirungu Mwene Songa. Le premier est le secrétaire général du parti présidentiel, le PPRD. Les deux autres sont députés de la même formation politique. Certaines voix s’élèvent en privée pour proposer l’organisation d’une sorte des «primaires» au sein de la majorité présidentielle avant que la Plénière ne départage les prétendants. «Une telle transparence est nécessaire pour restaurer la confiance entre le futur nouveau président du Bureau et les autres membres de l’assemblée», commente un analyste.
C’est le vendredi 27 février que le PPRD invitait Vital Kamerhe, sans le citer, à se démettre de ses fonctions. Et ce, en exécution d’une décision prise dimanche 22 février par un comité politique présidé par Joseph Kabila. Après plusieurs jours passés notamment en France et aux Etats-Unis d’Amérique, le président de l’Assemblée nationale est rentré, dimanche 22 février, à Kinshasa. L’homme est resté imperturbable arguant remettre son sort à la Plénière. Et ce, au nom de la légalité. Un avis partagé par plusieurs parlementaires. C’est le cas notamment de Me Lumeya, premier vice-président du groupe des parlementaires Chrétiens démocrates (opposition). "Nous n’avons pas élu les membres des familles politiques mais plutôt des individus", a-t-il déclaré. Président de la Commission politique et administrative de l’Assemblée nationale, le MLC Delly Sessanga Hipungu ne dit pas autre chose.
En attendant de connaître le véritable vainqueur de la «lutte finale» Kabila-Kamerhe, il faut dire que le duel à mort dont l’épilogue aura peut-être lieu lundi 16 mars a commencé par opposé Vital à ce qu’il nomme le «gouvernement parallèle». Entendez : Augustin Katumba Mwanke et sa bande. Ce combat singulier s’est déroulé en plusieurs phases. Première phase : Eviction de Kamerhe du secrétariat général du PPRD et son remplacement par Evariste Boshab. Deuxième phase : Occupation du bureau du président de l’Assemblée nationale par le chef de l’Etat. C’était au mois de novembre denier. Troisième phase : Barrer la route à Vital pour le poste de Premier ministre.
En riposte, le président de l’Assemblée nationale s’est fendu une interview dans «Jeune Afrique» tirant à boulets rouges sur le «gouvernement parallèle» tout en ironisant sur les «Cinq chantiers». Un technocrate proche d’un parti allié à l’AMP de conclure : «L’AMP, ses alliés et partenaires politiques devraient tout faire pour tirer les leçons profondes de cette crise. A défaut, la démocratie congolaise en gestation sera la grande perdante».
B.A.W.
RDC: les députés de la majorité veulent la démission du président de l'Assemblée
Les députés de la majorité en RD Congo ont demandé la démission dimanche du président de l'Assemblée nationale, Vital Kamerhe, dont les déclarations sur l'entrée des troupes rwandaises dans le pays ont selon eux affecté la "sécurité" et la "cohésion nationale".
Les députés de la majorité parlementaire de République démocratique du Congo (RDC) demandent à M. Kamerhe de "démissionner de ses fonctions", selon un communiqué publié dimanche soir. "A défaut, nous mettrons en oeuvre les mécanismes réglementaires à l'effet d'obtenir sa déchéance", préviennent-ils.
"Nous désapprouvons les déclarations du président de l'Assemblée nationale et le désavouons par conséquent", soulignent-ils dans une déclaration politique.
Les députés annoncent également leur boycottage de la séance d'ouverture de la session ordinaire prévue lundi. L'Assemblée nationale est convoquée en session ordinaire alors que cinq membres, sur les sept que compte son bureau, ont présenté leur démission avec "effet immédiat" le mois dernier.
Le 21 janvier, au lendemain du lancement de l'opération militaire congolo-rwandaise contre les rebelles hutu rwandais dans l'est de la RDC, M. Kamerhe, membre du parti présidentiel et longtemps considéré comme un proche du chef de l'Etat Joseph Kabila, avait jugé "grave" la présence des troupes de Kigali dans le pays.
L'Alliance de la majorité présidentielle (AMP), coalition des partis soutenant le chef de l'Etat, avait critiqué les déclarations de M. Kamerhe à cause de "leurs répercussions sur la sécurité et la cohésion nationales".
Lors d'une réunion le 22 février sous la présidence de M. Kabila, le comité politique de l'AMP "avait décidé de procéder au changement des membres du bureau de l'Assemblée nationale", qui appartiennent tous à la coalition au pouvoir.
"Kamerhe va rester légaliste et veut à tout prix sauver la jeune démocratie congolaise. Il a été élu par la plénière de lAssemblée nationale et donc par les députés, et non par son parti politique", avait fait valoir à l'AFP l'un de ses proches.
En privé, de nombreux responsables de la majorité accusaient depuis des semaines M. Kamerhe d'être à l'origine d'une pétition de députés réclamant une session extraordinaire de l'Assemblée sur l'opération militaire RDC-Rwanda.
L'entrée des troupes de Kigali fin janvier en territoire congolais avait suscité la surprise et parfois la colère en RDC, après des années de guerres et de tensions entre les deux pays.
Les derniers soldats de Kigali déployés dans l'est congolais ont regagné leur pays fin février.
Rentrée parlementaire sur fond de « guerre de clans »
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L’AMP a décidé de franchir le Rubicon. L’on sera fixé ce lundi 16 mars avec la rentrée parlementaire. Une rentrée parlementaire qui s’effectue sur fond de « guerre de clans » au sein de la famille présidentielle. Après la guerre de 1960 qui aura duré 46 ans, la République démocratique du Congo risque de connaître une nouvelle crise politique si jamais l’AMP n’a pas la capacité, surtout politique, de gérer l’après-départ du Bureau de l’Assemblée nationale.
De quoi sera fait le décor aujourd’hui au Palais du peuple avec la rentrée parlementaire pour la session du mois de mars ? Les Congolais sont obligés de retenir leur souffle. Nul ne sait le spectacle que l’hémicycle du Palais du peuple offrira ce jour à la population congolaise. Sera-t-elle indigeste ou digne de représentants du peuple ? Jusque tard hier soir, l’on parlait toujours de la probable démission de Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale et de Ngokosso, rapporteur adjoint. Mais rien n’ y fit.
En plus, de sources concordantes, l’on apprenait qu’un groupe de députés nationaux s’était rendu hier dimanche à Goma, rencontrer le chef de l’Etat. Les entretiens devraient porter sur la rentrée parlementaire, et bien sûr la démission de derniers membres du Bureau de l’Assemblée nationale.
Entre-temps, dans les couloirs de l’AMP, l’on s’affairait sur cette rentrée parlementaire. Il nous revient que l’on continuait à exercer des pressions pour que Vital Kamerhe s’en aille. Et que sa démission et celle de Ngokosso devraient être déposées hier dimanche dans l’après-midi.
Toutefois, depuis les dernières quarante-huit heures, des voix se sont élevées pour tempérer les ardeurs et éviter cet acharnement sur le président de l’Assemblée nationale. Deux « clans » viennent d’avoir le jour au sein de l’AMP. Aussi, la rentrée parlementaire qui s’effectue aujourd’hui risque de se dérouler sur fond de « guerre de clans ». Pour preuve, la déclaration des députés de l’AMP désavouant le président de l’Assemblée nationale. Une réunion qui a été marquée par des hésitations et il a fallu de conciliabules pour convaincre certains députés à signer la déclaration, malgré eux, prétextant qu’ils refusaient de le faire devant les cameras.
Que Vital Kamerhe démissionne ou pas, là n’est plus le problème fondamental. A plusieurs reprises, Le Potentiel a souligné dans ces mêmes colonnes qu’il existe effectivement un problème interne à l’AMP. Ce problème est aujourd’hui réel avec cette « guerre de clans ». Cependant, la question fondamentale est celle de savoir si l’AMP a les moyens politiques - nous le soulignons pour ne pas ramener le débat vers le bas en évoquant « d’autres moyens » - afin de faire face à l’après-départ du Bureau actuel de l’Assemblée nationale. En fait, s’il s’était agi seulement de la tête de Kamerhe, pourquoi s’en prendre à tout le bureau ? Si l’AMP dispose des preuves indiscutables d’insoumission, de traîtrise pour obtenir le départ de Kamerhe, il fallait à tout prix en terminer au sein des instances du parti et de la plate-forme. Et si réellement cette attitude devrait porter préjudice au parti, à l’action du chef de l’Etat, aux institutions nationales, emboîter alors le pas au Sénégal et à l’Afrique du Sud. Dans ces deux pays, l’on avait brandi les preuves, au sein des institutions nationales, de la culpabilité de Maky Sall au regard de la gestion douteuse des fonds qui lui avaient été donnés pour les projets socioéconomiques à Thiès, sa ville natale. En Afrique du Sud, des preuves avaient été également brandies pour démontrer que Thabo Mbeki avait exercé des pressions sur la justice afin d’obtenir le procès de Jacob Zuma, accusé de corruption. Il y a eu donc trafic d’influence. L’AMP devrait procéder de la même façon pour rassurer l’Opposition et toute la population de ses bonnes intentions, de sa crédibilité et de son honorabilité.
En fait, tout se passe comme si l’on voudrait ramener les Congolais à la situation de 1960. Puisque l’on voulait la tête de Lumumba, des pressions avaient été exercées dans le but d’obtenir son départ. La crise politique qui a résulté de cette situation a duré 46 ans. La classe politique devrait tirer la leçon de toutes ces situations analogues et à plusieurs ramifications.
Dans cette « guerre de clans » à l’AMP, il y aura bel et bien un gagnant et un perdant. D’où cette grande crainte de voir le président de la République être pris en otage par le camp vainqueur. Ce qui aura des répercussions multiples et néfastes sur la bonne marche de cette plate-forme, et au-delà, sur le processus de démocratisation en cours dans notre pays.
Mais le véritable problème est cette image que la RDC projettera à travers le monde. En effet, l’histoire nous a appris souvent dès que l’on touche à des institutions issues des élections, la majorité au pouvoir a souvent eu du mal à maintenir le cap. Le cas de la France, par deux fois sous le Général De Gaulle et Jacques Chirac en dit long. Le premier a été contraint à la démission et le second à la cohabitation avec l’opposition.
Par ces temps qui courent, toucher à des organes issus des élections n’agrandirait pas le pays. Il y a là une tendance au mépris envers le souverain primaire et un retour au monolithisme alors que le président de la République se bat chaque jour pour instaurer un Etat de droit, un Etat démocratique. C’est même là l’essence de son parcours politique, maintes fois rappelée dans ses différents discours tant à la Nation qu’à la Communauté internationale. En décidant de franchir le Rubicon, l’AMP s’est-elle suffisamment préparée, politiquement s’entend, pour convaincre le peuple congolais et la Communauté internationale ? La question reste posée. Le Potentiel
Floribert Chebeya arrêté dimanche à Kinshasa
La nouvelle a été communiquée à la rédaction de «Congoindependant.com», vers la fin de l’après-midi, ce dimanche 15 mars, par Paul Nsapu Mukulu, secrétaire général de la Fidh (Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme). Dans la soirée, un communiqué de «La Voix des Sans Voix» est venu confirmer l’info. Une synergie des organisations non gouvernementales avait prévu d’organisé, lundi 16 mars, un sit-in devant le Palais du peuple, siège du Parlement, pour «la sauvegarde de la jeune démocratie en RD Congo». Un mémorandum devait être remis aux présidents des deux Chambres du Parlement. Les Kinois étaient invités à participer nombreux à cette «manif». Outre Chebeya, directeur exécutif de la VSV, on apprend également l’arrestation de son adjoint Doli Ibefo Mbunga et de Donat Tshikaya Chargé de réception au Renadhoc. Ils ont été appréhendés lors d’un point de presse organisé au siège du Renadhoc dans la commune de Barumbu.
Un climat politique irrespirable règne à Kinshasa à moins de vingt-quatre heures de l’ouverture de la session ordinaire du Parlement congolais. Selon des sources, les équipements audio-visuels de la RTNC (Radio télévision nationale du Congo) ont été démontés pour empêcher la retransmission en direct de l’allocution du président de l’Assemblée nationale en titre, le PPRD Vital Kamerhe. Point n’est besoin de chercher à savoir à qui profite le «crime». Au moment où nous couchons ces lignes, les chefs des groupes parlementaires de la majorité présidentielle se trouvaient encore à Goma pour une ultime concertation avec Joseph Kabila. But : définir l’attitude à adopter lundi. Faut-il ou pas boycotter la rentrée parlementaire ? C’est, semble-t-il, la question qui a été au centre des discussions.
Les troupes rwandaises
Deux événements sont à l’origine de ce tumulte. A savoir : le déploiement, le 20 janvier dernier, des troupes rwandaises dans la province du Nord Kivu pour «traquer» les miliciens hutu des FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda). L’entrée des troupes rwandaises sur le sol congolais a été unanimement stigmatisée au sein de l’opinion congolaise. Le président de l’Assemblée nationale a eu le courage de dire tout haut ce qui se murmurait tout bas provoquant le courroux de Joseph Kabila. Celui-ci a décidé de faire démissionner le Bureau de l’Assemblée nationale. Cinq membres de cet organe, sur sept, ont déjà rendu leur tablier sur simple injonction de «l’autorité morale» de l’AMP (Alliance de la majorité présidentielle» qui n’est autre que le «raïs» Joseph Kabila.
A l’occasion de cette rentrée parlementaire, une vingtaine d’associations de défense des droits humains avait prévu d’organiser une «marche pacifique» lundi 16 mars. La «manif» devait commencer à 9h30 sur le boulevard Triomphal avant d’aboutir au Palais du peuple. Ces associations sont : Renadhoc, Comité droits de l’Homme maintenant (CDHM), Cojeski, Toges noires, VSV, Human rescue, Anesco, Justice et Solidarité, Ligue des électeurs,CDDH, Anges du ciel,ANMDH, Reprodhoc/Kin, Cidi,CDH,Socikin,ACCI, USPE, RAF,Forem et Linelit.
Mémorandum
Dans une lettre datée 12 mars 2009, Floribert Chebeya et Philémon Mukendi avaient informé le gouverneur de la Ville de Kinshasa de l’organisation de cette «démonstration» en précisant que l’objectif in fine est de remettre un «mémorandum» aux présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat.
En parcourant les documents parvenus à la rédaction de Congoindependant.com, il apparaît que les organisateurs avaient convié les Kinois «à participer massivement» à cette «marche pacifique». Des calicots dénonçant «la dictature», «la violation de la Constitution» et les «démissions forcées» des membres du Bureau de l’Assemblée nationale devaient être déployés par les protestataires. D’autres calicots sont sans équivoque : "Non à la dictature, oui à la liberté d’opinion et d’expression"; "Non à la violation de la Constitution, oui au respect des règlements intérieurs de deux Chambres du Parlement"; "La Synergie exige la sauvegarde de la jeune démocratie en RD Congo"; "Non aux démissions forcées, oui à la solidarité de tous les parlementaires avec les membres du Bureau de l’Assemblée nationale".
Le pouvoir kabiliste a-t-il pris peur ?
C’est à la fin de l’après-midi du dimanche que notre rédaction a reçu un coup de fil de l’activiste des droits humains Paul Nsapu Mukulu : «Floribert Chebeya Bahizire, directeur exécutif de «La Voix des Sans Voix» vient d’être arrêté par des agents de la police accompagnés des fonctionnaires de l’Agence nationale de renseignements», dit-il avec une pointe de colère. Doli Ibefo Mbunga et Donat Tshikaya, respectivement directeur exécutif adjoint de la «VSV» et Chargé de réception au Renadhoc (Résau national des ONGs des droits de l’Homme en RD Congo) ont également été interpellés. Les trois hommes ont été amenés «vers une destination inconnue».
Brutalité
Au début de la soirée, un communiqué de la «VSV» daté 15 mars est tombé. Le document apporte quelques précisions. A savoir notamment que les arrestations des personnalités précitées ont lieu dimanche 15 mars vers 14h36. Les associations animaient une conférence de presse sur la «crise inter-institutionnelle» en RD Congo et pour annoncer l’organisation de la «marche». «Des éléments armés de la police, venus à bord de trois véhicules, ont enlevé les trois précités avec une brutalité sans précédent et sans respect de la dignité humaine après avoir neutralisé sous menaces d’armes plus d’une dizaine des militants des droits humains et des journalistes présents au siège du Renadhoc, indique le communiqué. Le matériel du Bureau du Renadhoc dont les ordinateurs, des fournitures du Bureau ainsi qu’une camera de la chaîne privée Canal Congo TV a été emporté par les éléments armés de la police après avoir cassé la porte d’entrée du bureau du Renadhoc.»
Le communiqué de la «VSV» fait remarquer que l’«enlèvement» de ces activistes des droits humains est intervenu vingt-quatre heures après l’arrestation au niveau de l’UPN (Université Pédagogique Nationale) de trois étudiants. Il s’agit de Zelens Idambo, de l’Université de Kinshasa, Edouard Bukize et Patrick Yemba de l’UPN. Les trois étudiants distribuaient le message de la Synergie appelant la population à la marche et au sit-in sur le boulevard Triomphal, lundi 16 mars.
Libération immédiate et sans condition
La Voix des Sans Voix exige «la libération immédiate et sans condition» des messieurs Floribert Chebeya Bahizire, Dolly Ibefo Mbunga et Donat Tshikaya et la restitution du matériel du Bureau du Renadhoc et autres biens emportés.
A Bruxelles, Paul Nsapu, secrétaire général de la Fidh n’a pas trouvé des mots assez durs pour dénoncer la «pensée unique» et la «dérive dictatoriale» qui se sont installées en Rd Congo. Pour lui, il n’était que normal que les activistes des droits humains saisissent l’occasion de l’«énième violation flagrante de la Constitution» à travers la venue des troupes rwandaises au Congo pour organiser une manifestation.
«Ces arrestations démontrent qu’il n’y a point de démocratie en République démocratique du Congo, s’enrage Nsapu. Ceux qui ont porté à bras le corps le processus électoral qui nous a ramené plusieurs années en arrière, loin de la démocratie, doivent se mordre les doigts. Les libertés fondamentales sont inexistantes au Congo. La Constitution est régulièrement violée. Le dernier cas en date concerne la venue des troupes rwandaises à l’insu du Parlement. Nous dénonçons ce harcèlement, cette nouvelle intimidation des défenseurs des droits de l’Homme.» Nsapu Mukulu de conclure : «On ne s’attaque pas impunément aux défenseurs des droits de l’Homme.»
B.A.W.




