LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

13 mars 2009

RDC Droits & libertés : L’opposition congolaise intimidée par les nervis kabilistes

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Dans un communiqué daté dimanche 8 mars, l’association de défense des droits humains «La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme» exprime ses «vives inquiétudes» sur la situation de Norbert Luyeye, président du parti l’Union des Républicains. L’homme a été arrêté le 4 mars dernier. Que lui reproche-t-on ? Luyeye avait organisé une manifestation pacifique pour dénoncer notamment l’entrée des troupes rwandaises sur le sol congolais. C’est l’occasion de rappeler qu’un autre président de parti est embastillé à la prison de Makala depuis 8 mois. Il s’agit de Gabriel Mokia. Celui-ci avait dénoncé des rafles opérées dans les milieux des militaires originaires de la province de l’Equateur.

Que reste-t-il de la Constitution promulguée le 18 février 2006 par Joseph Kabila ? Depuis l’entrée en vigueur de ce texte suprême et près de trois années après l’organisation des élections générales, les Congolais attendent toujours l’érection, «au cœur de l’Afrique, comme le promettait Kabila dans son allocution, d’un Etat de droit, uni, indivisible, social et démocratique». Ce Congo démocratique où règnerait la primauté du droit ressemble décidément à un mirage.

Que constate-t-on ? Bien que le pluralisme politique est consacré dans le premier alinéa de l’article 6 de la Constitution qui stipule par ailleurs que « les partis politiques concourent à l’expression du suffrage, au renforcement de la conscience nationale et à l’éducation civique (…)», les partis politiques appartenant à l’opposition sont traités avec la plus grande condescendance aux quatre coins du pays. L’opposant au pouvoir en place est toujours perçu comme un ennemi à abattre. Le pays est régi par l’arbitraire. La loi du plus fort.

Et pourtant.

«L’opposition politique est reconnue en République Démocratique du Congo. Les droits liés à son existence, à ses activités et à sa lutte pour la conquête démocratique du pouvoir sont sacrés. Ils ne peuvent subir de limites que celles imposées à tous les partis et activités politiques par la présente Constitution et la loi », stipule l’article 8.

En dépit de l’existence de ces instruments juridiques, l’organisation d’une manifestation publique par un parti de l’opposition ressemble à une opération à haut risque. Un saut dans l’inconnu. L’article 26 énonce pourtant que «La liberté de manifestation est garantie. Toute manifestation sur les voies publiques ou en plein air, impose aux organisateurs d’informer par écrit l’autorité administrative compétente (…).»

On le voit, trois années après sa promulgation, la nouvelle constitution de la RD Congo n’a pas généré l’ordre politique nouveau tant attendu au niveau mental. Bien au contraire. Les dispositions constitutionnelles sont constamment et impunément violées par les forces dites de sécurité obéissant exclusivement au premier magistrat du pays. Quelles sont ces forces? Il s’agit de la garde présidentielle, rebaptisée "Garde républicaine", de la police nationale et de l’ANR. Sans omettre l’ex-Demiap (Renseignements militaires).

Les leaders des partis de l’opposition sont intimidés et humiliés. Ils n’ont pas accès aux médias d’Etat, confisqués par le président de la République et sa mouvance. Les manifestations pacifiques sur la voie publique sont réprimées. Les forces de sécurité sont détournées de leur mission. A savoir, le maintien de l’ordre et la sécurisation de la population. Elles sont réduites au rang d’une police politique vouée au service du «raïs».

Dès le lendemain de la proclamation de sa «victoire», le «président élu» Joseph Kabila avait promis à qui voulait l’entendre de «remettre de l’ordre» dans le landerneau politique congolais. Il a tenu parole. C’est un cinglant démenti aux Congolais qui avaient eu la naïveté de penser qu’après ces scrutins, le dialogue sera à l’avenir l’unique mode de résolution des différends politiques. L’arrestation de l’avocate Marie-Thérèse Nlandu, ancienne candidate à la présidence de la République, le pilonnage au mortier de la résidence de l’ancien vice-président Jean-Pierre Bemba Gombo, les affrontements à l’arme lourde en plein Kinshasa entre la garde présidentielle et les soldats attachés à la sécurité du leader du MLC, la tentative d’arrestation du pasteur Théodore Ngoy et son départ en exil etc.

La « VSV » dénonce l’arrestation de Norbert Luyeye. Selon des sources citées, jeudi 12 mars, par Radio France internationale, l’intéressé serait détenu à l’ANR (Agence nationale de renseignements) dans la commune de la Gombe.

Questions : Qui a peur de la démocratie et du débat démocratique? Devrait-on considérer la RD Congo comme un Etat sans Constitution?                                                                                                                            B.A.W.

VsvCi-après, le texte intégral du communiqué de « La Voix ses Sans-Voix » :

LE PRESIDENT DU PARTI POLITIQUE D’OPPOSITION « UNION DES REPUBLICAINS (UR) » ENLEVE ET PORTE DISPARU

La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) exprime ses vives inquiétudes suite à l’enlèvement et la disparition du président du parti politique d’opposition « Union des Républicains (UR) », monsieur Norbert Luyeye Binzunga, à Kinshasa dans la commune de Limete, 7ème rue, mercredi 04 mars 2009 vers 17 heures, par des personnes non autrement identifiées au moment où il vient y répondre à un rendez-vous pris par téléphone une heure auparavant.

Depuis lors, les recherches menées par le parti UR et la famille de la victime à Kinshasa dans les différents cachots et lieux de détention ainsi que les efforts fournis pour entrer en contact par téléphone avec M. Norbert Luyeye (0999908378) demeurent sans suite. L’appareil cellulaire de la victime est constamment « fermé ou hors périmètre cellulaire ».

Il convient de rappeler que le président du parti politique UR avait organisé samedi 07 février 2009 un point de presse au siège du parti, sis avenue Kinzau, n° 08, quartier IV, commune de N’djili. La conférence de presse avait pour thèmes :

- la situation à l’Est du pays avec la présence des troupes rwandaise, ougandaise et soudanaise sur le sol de la RDCongo;
- l’arrestation du général déchu Laurent Nkunda Batware ;
- le dialogue national.

A l’issue du point de presse, le parti politique UR a demandé à la population congolaise d’observer une journée « ville morte » sur toute l’étendue de la république, vendredi 13 février 2009 et a projetté l’organisation d’une marche pacifique à Kinshasa mardi 17 février 2009 pour protester contre la présence des troupes étrangères sur le territoire RDCongolais.

Mardi 10 février 2009, quelques membres du parti UR ont été appréhendés par les forces de l’ordre dans la commune de N’djili à Kinshasa au moment où ils distribuaient un document signé par le président du parti, M. Norbert Luyeye appelant la population à une journée « ville morte » vendredi 13 février 2009.


Le même document demandait à la population de participer massivement à une marche pacifique sur le boulevard du 30 juin à Kinshasa/Gombe, prévue mardi 17 février 2009.

Les militants du parti UR arrêtés mardi 10 février 2009 sont acheminés respectivement à l’Inspection Générale de la Police Nationale Congolaise (IG-PNC, ex CIRCO) à Kinshasa/Lingwala puis à l’Etat-Major de la PNC à Kinshasa/Gombe (en face de l’Institut Supérieur de Commerce, ISC). Il s’agit de pasteur Ngalamulume et monsieur Kahungu Mbemba. Deux (2) autres membres du parti UR, monsieur Rigobert Luyindula et pasteur Jean-Baptiste Anata sont conduits au cachot du bataillon Police Militaire (PM) au camp lieutenant-colonel Kokolo à Kinshasa/Bandalungwa.
Ces deux (2) derniers sont libérés vendredi 20 février 2009.

Pasteur Ngalamulume et M. Kahungu Mbemba sont transférés samedi 21 février 2009 au parquet près le tribunal de paix de Kalamu à Kinshasa. Ils sont poursuivis pour distribution d’un « tract subversif et séditieux » avant d’être mis en liberté samedi 28 février 2009.

Mardi 17 février 2009, d’autres militants du parti politique UR sont appréhendés lors de la répression par la police à Kinshasa/Gombe de la marche pacifique organisée par le parti.

Il s’agit de messieurs Norbert Luyeye, Bilungu, Nsimba Mbungu, Makiese Manzangi, Guy Lema, Mbemba Tumandji, Mbala Luyeye, Longengo André, Mvemba Jean-Pierre et papa Nsimba. Ils sont relâchés quelques heures après.

La VSV craint pour la vie et la sécurité du président du parti politique de l’opposition UR et dénonce une fois de plus la violation flagrante par les forces de l’ordre de la loi n° 07/008 du 04 décembre 2007 portant statut de l’opposition politique, spécialement en son article 15 qui stipule : « Aucun membre de l’opposition politique ne peut être enlevé, interpellé, poursuivi, recherché, détenu ou jugé en raison de ses opinions politiques exprimées dans le respect de la Constitution, des Lois et Règlements de la RDCongo ».

La VSV demande enfin au gouvernement congolais :

- l’ouverture d’une enquête indépendante pour rechercher, localiser et faire la lumière sur l’enlèvement et le sort du président du parti politique d’opposition UR, M. Norbert Luyeye Binzunga;

- en cas de disparition, traduire en justice les personnes mises en cause et les sanctionner conformément à la loi après un procès public, juste et équitable où le droit à la défense devra être garanti ;

- l’arrêt de tracasseries et harcèlements contre les membres des partis politiques de l’opposition en vue de favoriser l’essor de la démocratie et l’avènement d’un Etat de droit en RDCongo.

Fait à Kinshasa, le 08 mars 2009.

LA VOIX DES SANS-VOIX POUR LES DROITS DE L’HOMME (VSV)

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