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LOSAKO

le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde ils peuvent se faire entendre. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

25 février 2009

VITAL KAMERHE... PAR ICI LA SORTIE !!!

kabila_20kamerhe_20gomaEn tout cas jusque maintenant son cabinet reste catégorique. Le président de l'Assemblée nationale ne va pas rendre le tablier, et cela pour trois raisons. Ses partisans estiment que Kamerhe va rester légaliste et veut à tout prix sauver la jeune démocratie congolaise. Selon toujours son cabinet, Kamerhe a été élu par la plénière de l’Assemblée nationale et donc par les députés et non par son parti politique.

Pour preuve, Vital Kamerhe a reçu 400 voix sur 430 votants, alors que le PPRD, son parti, ne dispose que de 111 députés à l’Assemblée nationale. Ceci nous rappelle qu’au Sénat où Shé Okitundu, candidat du PPRD-AMP, bien que majoritaire dans la chambre haute, a été battu par Kengo Wa Dondo, indépendant et candidat de l’opposition. Pour les proches de Kamerhe, si démission il peut y avoir, ils affirment qu’il le fera à la seule plénière de l’assemblée nationale qui l’a élu.

Que reproche-t-on à Vital Kamerhe ?

Selon certains indices, il y a tout d’abord son intervention du 21 janvier sur Radio Okapi où il avait déclaré ne pas être informé de l’entrée des troupes rwandaises en RDC. Mais d’après d’autres sources, il y a aussi et surtout les résolutions de l’Assemblée nationale, datant du 14 janvier qui avaient créé des commissions parlementaires devant procéder aux contrôles sur la gestion de différentes institutions de l’Etat. Notamment le gouvernement, l’armée, la police, les services de sécurité, les secteurs des mines et hydrocarbures, les gouvernements provinciaux ainsi que les entreprises publiques. Or, en cette matière, on le sait, les Romains s’empoignèrent. Les partisans de Kamerhe, dont des députés, pensent que le départ du président de l’assemblée viserait également à étouffer l’exécution de ces résolutions.

Peut-on parler d’une crise au sommet de l’Etat ?

Ça parait évident au vu de ce qui se passe. Ce qui est vraisemblable, ce que le divorce est consommé entre Joseph Kabila et Vital Kamerhe. Les observateurs politiques n’hésitent pas à comparer la crise actuelle avec celle de 1960 entre Kasa-Vubu et son premier Lumumba et entre Kasa Vubu et Tshombé, avec les conséquences politiques que nous connaissons. Toutefois, connaissant les liens politiques et mêmes extrapolitiques liant les deux personnalités, il n’est pas exclu que les violons s’accordent de nouveau. Il faut signaler le rôle de la Communauté internationale dans ce dossier.
En effet, quelques diplomates tentent de rapprocher les deux hommes afin, disent-ils, de sauver la démocratie.

Le ballet diplomatique est signalé si pas enregistré. Lundi, c’était Jean Ping, le président de l’Union Africaine. Le week-end, ce sera Ban Ki-Moon, le secrétaire général de l’ONU et plus tard le président français Nicolas Sarkozy. Toutes ces personnalités pourront, peut-être, aider à rapprocher les vues. Mais, d’ici là, tout est possible.

image_file_1140Morosité et tristesse à l'Assemblée nationale

La démission de quelques membres du bureau de l’Assemblée nationale est à la base du malaise qui prévaut actuellement dans les installations de la chambre basse du parlement. Selon le secrétariat du bureau du président de l’Assemblée nationale, deux membres du bureau, en l’occurrence Christophe Lutundula et Brigitte Kalaba, respectivement 1er vice-président et questeur adjointe ont déposé leur démission au secrétariat du président de l'Assemblée nationale. Tout s'est passé dans une ambiance de tristesse affichée par le personnel administratif du parlement.

« Au revoir ex-collègue. Ah non, moi je ne pars pas ». Ces mots sont prononcés par le personnel d'appoint des membres du bureau de l’Assemblée nationale, non pas avec joie, mais avec mélancolie. Quelques bureaux fermés. Certains meubles et matériels didactiques pour les bureaux dehors laissent à penser à quelqu’un qui déménage. Tout le charroi automobile est immobilisé dans l’enceinte du Palais du peuple. Le silence ressemble à celui du cimetière. L’ambiance est inhabituelle.

Pourquoi alors ?

165652002345fe86a6e6fa81La réponse à travers ces réactions de quelques travailleuses des cabinets de l’Assemblée : « Le président de la République demande aux membres du bureau de démissionner. Ça ne se passe pas comme ça. C’est anti-constitutionnel »

Un analyste politique rencontré dans les couloirs du Palais du peuple critique le vice de procédure. Il dénonce la tentative de déstabilisation de l’Assemblée nationale. Dieudonné Tombe explique : « Il y a une tentative de déstabilisation du bureau qui est partie d’un malaise au sein de l’AMP. Aujourd’hui, si on veut se débarrasser de Vital Kamhere, je crois qu’on peut, qu’au niveau de la forme, soigner beaucoup de choses. Et la forme ne paraît pas être respectée »

Selon un haut cadre du PPRD rencontré au siège du parti présidentiel, la procédure de destitution de Vital Kamerhe est en train d’être peaufinée. La crise s’est accentuée au lendemain du retour du président de l'Assemblée nationale et pendant que les députés pétitionnaires attendent de remettre leur pétition à Vital Kamhere.

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L’illusion de la paix

8587e9c1Les choses semblent se normaliser en RD Congo et si on n’est toujours pas en mesure de parler de calme plat, force est de reconnaître que comparativement à un passé récent, on peut à juste titre se réjouir de l’accalmie qui prévaut ces temps-ci. Car le pays a connu des jours autrement plus tourmentés.

Cette situation de relative paix, si on n’y prend garde, peut cependant se révéler trompeuse, car si de nomreuses difficultés se sont estompées, cela ne sgnifie pas qu’elles ont toutes disparu. Bien au contraire, certaines d’entre elles demeurent, vivaces, larvées et resteront toujours en l’état tant qu’on ne leur aura pas trouvé de solution définitive. L’entrée des troupes rwandaises dans la province congolaise du Nord-Kivu, le 20 janvier dernier, à l’invitation du président congolais Joseph Kabila, dans le but de poursuivre les rebelles des FDLR, avait surpris plus d’un. Mais elle avait aussi le don de consacrer l’heureux rapprochement de deux ennemis jurés qui, jusque-là, se regardaient en chiens de faïence.

Selon le porte-parole de l’armée rwandaise, les soldats de Kigali ont atteint leurs objectifs. Mais force est de reconnaître que les rebelles des FDLR n’ont pas été complètement annihilés. Car s’il est vrai que les militaires envoyés par Paul Kagamé pour aider l’armée congolaise ont permis de récupérer leurs quartiers généraux, une majorité des membres des rebelles rwandais reste encore au Congo. Et cela représente un motif sérieux d’inquiétude. La date du retrait des troupes de Kigali présentes en RDC constitue un autre problème.

CPS_TKE43_210209170529_photo00_photo_default_333x512Les deux capitales ne semblent pas s’accorder sur le même chronogramme. Il faudra sans doute attendre la cérémonie du 25 février devant marquer un retrait prévu pour la fin du mois, pour en savoir un peu plus. Mais déjà, on s’interroge sur ce qui peut arriver si d’aventure les troupes rwandaises traînaient les pieds ou simplement décidaient de ne pas quitter le si riche territoire d’un "ami" au secours duquel elles ont volé avec tant de zèle et d’empressement. Les richesses du Congo étant toujours à profusion, les Rwandais sauront-ils résister à la tentation de se payer en or et en diamant ?

Et c’est peut-être ce qu’avait anticipé entre autres choses, le président de l’Assemblée nationale congolais, Vital Kamerhe. Ce qui lui vaut d’ailleurs aujourd’hui d’être poussé à la démission, par nombre de ses détracteurs. Ses déclarations légalistes n’ont visiblement pas plu. Plus, ses propos, auxquels s’ajoute la mise en circulation d’une pétition visant la convocation d’une session extraordinaire pour en savoir un peu plus sur le quitus présidentiel ayant autorisé l’arrivée des Rwandais en territoire congolais, peuvent faire que la foudre lui tombe sur la tête. Il est désormais l’homme à abattre et on lui reproche tout et le reste.

36125288_pSon ambition est jugée "démesurée" et il chercherait à "humilier le chef de l’Etat". L’homme est désormais dans le collimateur des faucons du clan présidentiel. Et cela représente aussi un autre problème de taille pour le Congo. Car, à supposer que les caciques du parti présidentiel parviennent à avoir la tête de Kamerhe, ils devraient sans doute en tirer les conséquences. A deux ans des prochaines élections, un tel bouleversement politique ne serait pas dénué de risques sérieux pour la stabilité des partis politiques, des institutions et même du bon déroulement d’une démocratie qui, déjà, peine à voir le jour.

Mais plus immédiats et sans doute plus brûlants sont les problèmes que suscitent les "cas" Laurent Nkunda et Bosco Ntaganda, tous les deux recherchés par la CPI, mais auxquels le président Kabila ne semble pas vouloir réserver le même traitement. Concernant le chef historique de la rébellion congolaise, Laurent Nkunda, qui, depuis 2004, défiait le pouvoir de Kinshasa, le président Joseph Kabila affirme avec force que l’homme arrêté le 22 janvier 2009, sera extradé. Et d’ajouter : "C’est un processus. On y travaille". Mais extradé où ? A Kinshasa ou à la Haye ?

Il faut sauver le soldat "Bosco"

Au cas où Kabila déciderait de livrer son ennemi à la CPI, on se demande ce que penserait Kagamé qui a toujours été le mentor de l’ennemi du président congolais. Quant à Bosco Ntaganda, lui, bénéficie assurément du soutien absolu de son nouvel ami présidentiel. Chef d’Etat-major du CNDP passé dans le camp de Kinshasa, il est lui aussi sous le coup d’un mandat d’arrêt de la CPI pour avoir enrôlé des enfants en 2002-2003 en Ituri, district voisin du Nord Kivu. Mais Kabila garde sans doute en mémoire que c’est le ralliement du numéro deux du CNDP qui a permis l’arrestation de la bête noire qui hantait le sommeil de plus d’un à Kinshasa. Devoir de reconnaissance oblige, il décide que l’arrestation de Bosco Ntaganda n’est pas à l’ordre du jour. Le chef de l’Etat choisit de ne pas y songer car "le choix est clair. La paix et la sécurité du Nord Kivu passent avant toutes choses".

610x3Reste à savoir si le juge Luis Moreno-Ocampo et ses hommes l’entendent de cette oreille. On peut déjà présumer que non. On voit alors se profiler des embrouilles à l’horizon. Et au regard des difficultés réelles et des ramifications qu’elles ne manquent pas de créer, on se rend compte que la paix en RDC est plus apparente que réelle. La vraie, la définitive est à venir, et elle passe obligatoirement par une bonne et sereine résolution de toutes ces difficultés bien présentes et toutes aussi délicates à manier les unes que les autres.

Pour ardue que se révèle la tâche, refuser de l’accomplir risque d’exposer le pays tout entier aux dangers de la désagrégation. Car cette relative accalmie dans la région peut s’apparenter à un mirage trompeur. Pire, elle peut s’avérer être le calme plat, trop plat, annonciateur d’une dangereuse tempête. Plus que jamais, la RDC a besoin qu’on lui porte secours.

Elle recèle en ce moment tant de facteurs qui, utilisés avec soin, conduisent à cette paix dont on rêve depuis si longtemps au pays de Kabila. Mais ces mêmes éléments, manipulés sans le tact et la sérénité nécessaires, constituent des ingrédients dangereux dont le mauvais mélange peut conduire à un nouvel embrasement durable du pays et au-delà, de toute la région. O.M/Le Pays

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Affaire Kamerhe : Lutundula joue le jeu de sa famille présidentielle... Kamerhe "n'est plus qu'une question d'heures"

6_anmo_1Deux membres du bureau de l’Assemblée nationale ont effectivement démissionné comme cela a été annoncé mardi au palais du peuple. Il s’agit de Christophe Lutundula Opala, 1er vice-président, et de Mme Brigitte Kalaba, questeur adjoint. Information confirmée par le premier cité qui s’est confié mardi soir à radiookapi.net

Christophe Lutundula explique : « Depuis le dimanche, le président de la République a demandé à tous les membres du bureau appartenant à la majorité de déposer leur démission. Comme mon parti qui a un respect à l’AMP, moi-même aussi, je viens de vous le dire, je me sens comme membre de l’AMP, haut cadre de l’AMP, il est clair que je devais suivre les instructions de l’autorité morale de notre famille politique. Raison pour laquelle, ce matin, j’ai déposé à l’office du président de l’Assemblée nationale ma lettre de démission pour des raisons politiques impérieuses et en accord avec ma famille politique. »

Le 1er vice président démissionnaire a par ailleurs souligné que la démission des membres de l’AMP du bureau de la chambre basse est une démarche politique qui doit être formalisée par une procédure parlementaire.

arton386Kiaviro, Luhaka et Mbuyu réagissent

Initiateur de la pétition en cours à l’Assemblée nationale, le député Jean-Louis Ernest Kyaviro, lui-même membre de l’AMP, a déploré le même mardi soir l’absence du dialogue au sein sa famille politique. « Nous continuons à être de l’AMP, à soutenir le chef de l’Etat. Nous attirons tout simplement l’attention sur le fait qu’il est mieux de régler les questions par le dialogue que par des coups de force et la chasse à l’homme », a-t-il déclaré. Il en a appellé à « des discussions franches entre nous au sein de la majorité ». Une autre réaction d’un autre membre de la majorité présidentielle, est venue de Me Mbuyu. Celui-ci estime que Vital Kamerhe a été élu président de l’Assemblée nationale par le fait d’un accord politique. Il ne peut donc pas, par conséquent, continuer à s’accrocher à son poste.

Du côté de l’opposition, Thomas Luhaka, membre du MLC, regrette quant à lui « la tentative de musellement de la démocratie au Parlement. « Nous sommes très préoccupés par ces démissions forcées des membres du bureau de l’Assemblée nationale. Ce sont des problèmes internes à l’AMP, mais qui vont avoir des conséquences sur el fonctionnement de l’institution. Vital Kamerhe est en train de payer la démocratie qu’il a voulu faire régner au niveau de l’Assemblée nationale, en permettant à l’opposition d’exprimer librement son opinion, même si, au moment du vote c’est toujours le point de vue de la majorité qui l’emportait. Mais, cette tribune qui permettait aux Congolais d’avoir le point de vue de la majorité et de l’opposition, nous craignons que l’AMP a levé l’option de durcir le ton et de pouvoir étouffer la jeune démocratie qui était naissante au niveau de l’Assemblée nationale. »

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Nord-Kivu : l’échec de l’opération conjointe rwando-congolaise... Le rwanda va-t-il se retirer de la RD Congo ?

35858243Une cérémonie officielle doit marquer ce mercredi le retrait de l’armée rwandaise. Sa mission officielle, désarmer de force les FDLR, est loin d’être remplie. Kinshasa et Kigali en retirent cependant certains gains. Durables ?
Analyse

C’est ce mercredi que, selon les autorités congolaises, une cérémonie officielle doit marquer la fin de l’opération militaire conjointe rwando-congolaise au Nord-Kivu et, donc, le retrait de l’armée rwandaise du territoire congolais.

Un dixième de l’objectif

L’objectif officiel de l’opération n’est pas rempli. Celle-ci devait servir à désarmer de force et rapatrier les FDLR (rebelles hutus rwandais, issus des génocidaires) qui ensanglantent les deux Kivus depuis une décennie. Ils constituent surtout une plaie pour la population kivutienne, à laquelle ils s’imposent généralement par la terreur, mais peuvent, à long terme, représenter une menace pour le Rwanda si la situation dans ce pays venait à se déstabiliser.

36125962_pAlors que leur nombre est estimé à 6 500 combattants, l’opération militaire conjointe n’a réussi à en pousser que 375 à désarmer et à rentrer au Rwanda, accompagnés d’environ 600 membres de leurs familles. Quelque 2 000 autres Rwandais séjournant au Congo (légalement ou non) ont également décidé d’être rapatriés par l’Onu.

Outre ce "succès", on compte de 100 à 200 FDLR tués lors de l’opération. Soit un total de 500 à 600 combattants neutralisés : moins d’un dixième de l’objectif. Les 6 000 combattants FDLR restants se sont retirés temporairement dans la forêt, attendant que l’orage passe : l’opinion congolaise - qui ne peut supporter l’idée que l’armée rwandaise, l’ennemie d’hier, entre légalement au Congo - a obligé Kinshasa à limiter à cinq semaines la durée de l’opération. Trop court.

Autre résultat de l’opération : la désorganisation du dispositif FDLR au Nord-Kivu. Plusieurs de leurs camps abandonnés ont été détruits, qu’ils voudront sans doute reconstruire une fois le danger passé. Mais à quel coût pour la population locale ?

En outre, l’armée congolaise, à la faveur de l’opération militaire conjointe, a été rétablie dans plusieurs localités congolaises sous contrôle FDLR. Mais sera-t-elle capable de les garder, alors que l’offensive de l’automne dernier contre le CNDP (rébellion congolaise de Laurent Nkunda) a abouti à sa déroute et, donc, à son affaiblissement ?

35859320Un échec, mais des gains

On peut donc conclure à l’échec de l’opération conjointe. Mais à mieux y regarder, Kinshasa et Kigali ont tout de même des raisons de s’en satisfaire.

Ainsi, Kinshasa est débarrassée de Laurent Nkunda, aux arrêts au Rwanda après y avoir été attiré dans un piège. Kinshasa en demande l’extradition mais celle-ci tarde et les deux capitales ont des raisons de se contenter du statu quo. Kigali parce que l’idée de livrer Nkunda à Kinshasa "passe" très mal dans les rangs de son armée, que le détenu avait aidée à prendre le pouvoir en 1993-1994. Kinshasa parce qu’un procès de Nkunda au Congo pourrait être très déstabilisateur : comment expliquer que ce rebelle soit poursuivi pour des massacres à Kisangani durant la guerre (mai 2002) et pas son supérieur de l’époque, le général Gabriel Amisi, aujourd’hui commandant de l’armée de terre de Kinshasa ?

Le Rwanda retire lui aussi un bénéfice de l’opération militaire conjointe ratée : celle-ci lui a permis de démontrer à la communauté internationale qu’il n’était pas le complice de Nkunda, alors qu’un rapport d’experts de l’Onu prouvant le contraire, publié fin 2008, avait provoqué la suppression d’une partie de l’aide des Pays-Bas et de la Suède à Kigali. Le Rwanda dépend de l’aide extérieure pour la moitié de son budget - tout comme le Congo.

L’ironie de l’histoire est que c’est sur pression du Rwanda qu’une nouvelle direction a été installée au CNDP pour remplacer Nkunda. Il est dirigé désormais par Désiré Kamanzi, qui négocie l’intégration de ses hommes à l’armée congolaise. Le hic : seule la moitié des troupes CNDP se prêtent à cette intégration. Que réserve demain ? O.M/La Libre

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Tsunami au Palais du Peuple : Kamerhe et Bahati hésitent, Lutundula et Kalaba démissionnent !

6_anmo_1Christophe Lutundula, Premier Vice-Président et Brigitte Kalaba Sankwe, Questeur Adjoint, quittent le Bureau de l’Assemblée Nationale. Ils ont levé l’option de jeter l’éponge avant qu’il ne soit trop tard. Alors que Vital Kamerhe et Modeste Bahati Lukwebo tergiversent, d’autres démissions en cascade sont annoncées. Marc Mvwama, Michel-Egide Ngokoso et Grégoire Katende wa Ndaya sont en route. C’est une question d’heures ou, peut-être, de minutes. Avant le crépuscule de la journée d’aujourd’hui, les choses seront plus claires, au Palais du Peuple.

C’est fini.

Les carottes étaient, depuis trop longtemps cuites, pour les membres du Bureau de l’Assemblée Nationale. Hier, en effet, deux d’entre eux ont mûri leur décision et opté de rendre le tablier, à temps. En noir et blanc, Christophe Lutundula Apala Pen Apala et Brigitte Kalaba Sankwe, ont écrit, chacun, sa lettre de démission, avec copie réservée à l’Alliance de la Majorité Présidentielle, la méga structure de soutien à Kabila, lors de son historique joute électorale contre Bemba, en 2006. Les deux lettres partageant le même esprit ont atterri, en début d’après-midi, au Palais du Peuple, siège du Parlement Congolais. Ce n’est pas tout. D’autres démissions en cascade sont signalées.

Marc Mvwama, Michel-Egide Ngokoso et Grégoire Katende wa Ndaya sont en route. Aujourd’hui, avant le crépuscule, tout parlementira comme sur des roulettes. Ce sera, une fois de plus, l’occasion pour ces autres membres du Bureau de l’Assemblée Nationale de communier à la volonté de la coalition AMP-UDEMO-PALU qui tient à soigner l’honneur et la dignité du Président de la République, M. Joseph Kabila. Péripéties La Coalition majoritaire est restée formelle. Depuis plusieurs semaines, elle avait demandé à Kamerhe de tirer des leçons de sa mauvaise langue. Mais, en vain. L’homme préférait plutôt gagner du temps. Un voyage, estimait-il, pouvait faire l’affaire. C’est ainsi que tout en essuyant des menaces, c’est presque sur la pointe des pieds que le Président de l’Assemblée Nationale décidera tout de même de quitter le pays pour un périple aux Etats-Unis, en Europe et en Afrique du Sud.

A son retour, le dimanche 22 février dernier, l’étau s’est de nouveau resserré autour de lui. Les scenarii sur table Le cénacle du Chef de l’Etat est allé plus loin. Auditer la gestion du Bureau de l’Assemblée Nationale ou pousser ses membres à la démission. Il fallait peaufiner tous les scenarii, pour l’après-Kamerhe, au Palais du Peuple. Le Pprd n’y pas allé par le dos de la cuillère. Lundi dernier, le parti présidentiel lui a flanqué un désaveu sur la figure. Le fossé va davantage prendre ses profondeurs avec la loi de série. Lutundula et Kalaba quittent. Puis, Mvwama, Ngokoso et Katende suivent. Bahati Lukwebo tiendra-t-il, dans ses hésitations ? Et Kamerhe lui-même ? On ne le dira jamais assez. Toujours est-il que tout va changer au Palais du Peuple. La configuration actuelle teintée d’un minimum d’équilibrisme dans la police de débat ne va-t-elle pas en souffrir ? Une chose, certes, est de faire partir Kamerhe qui, aux dernières nouvelles, serait sur le point de livrer sa position. Une autre est de savoir le remplacer.

35726578La majorité présidentielle a le choix. L’histoire est entre ses mains. Kabila à Mbandaka avant Goma Sauf changement de dernière minute, Joseph Kabila était annoncé pour aujourd’hui à Mbandaka, Chef-lieu de la Province de l’Equateur. Son agenda prévoit également une escale à Kampala avant d’arriver à Goma où il présidera la cérémonie d’adieu, à l’issue d’âpres opérations conjointes Fardc-Armée rwandaise contre les Fdlr.

A son retour à Kinshasa, il trouvera la tête déjà grillée. Ainsi, jouera-t-il la dernière partie de la manche. La politique étant dynamique, le malheur des uns fera naturellement le bonheur des autres. La course aux postes sera ouverte aux ambitieux, pour les 998 jours restant à gérer, pour la suite de la mandature présidentielle. La Prospérité

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Grands Lacs : les vrais enjeux en marche

35725195Où va le Congo ? Où va l’Afrique des Grands Lacs ? Interrogations pertinentes au moment où les troupes étrangères, rwandaise et ougandaise, invitées par la RDC, quittent le Congo. Car ce revirement de situation sur le terrain, avec cet apparent retour à la paix, ne peut que découler d’un « plan savamment élaboré» et qui a pris en compte les vrais enjeux de cette région de l’Arique des Grands Lacs. La machine est effectivement en marche. A qui profitera cette nouvelle expérience militaro-politique ?

Les troupes rwandaise et ougandaise quittent, à partir de ce mercredi, le territoire congolais. Invitées par le gouvernement congolais, elles ont mené des opérations militaires conjointes pour neutraliser les forces négatives, principalement les FDLR et la LRA. L’heure est donc au bilan.

Mais également à des interrogations à se poser pour mieux apprécier cette initiative, de manière à savoir si elle serait à refaire ou pas. Qui a conçu cette mission et comment en est-on arrivé à convaincre Kinshasa, Kigali et Kampala ? Ont-ils subi des pressions ? De la part de qui et pourquoi ?

L’Angola … et maintenant le Rwanda

Il est vrai que selon les premiers recoupements, ces opérations marquent le retour effectif des Etats-Unis en Afrique, particulièrement dans la région des Grands Lacs aux potentialités immenses et non encore exploitées. Aussi, les analystes ont-ils vu la main de l’AFRICOM, ce Commandement régional militaire pour l’Afrique, qui a entre autres objectifs, la lutte contre le terrorisme, la compétition économique pour pré-positionner l’Amérique face aux pays émergents : la Chine, l’Inde et le Brésil.

L’arrivée de Barack Obama qui entend réconcilier les Américains avec eux-mêmes et l’Amérique avec le reste du monde a accéléré l’exécution de ce « plan ». Plan qui vise dans un premier temps à mettre fin à toutes les « guerres idiotes » pour faire certainement place à « des guerres intelligentes ».

Quelles que soient les bonnes intentions des uns et des autres, la question est celle de savoir pourquoi on a justement choisi le Rwanda en particulier, alors en parfaite discordance avec la RDC, pour ramener la paix dans cette région. Un recul s’impose pour mieux apprécier cette démarche.

En effet, lorsqu’il s’est agi de déployer une force d’interposition au Nord Kivu, de nombreux pays occidentaux avaient suggéré que ce soit des troupes africaines et non européennes. La France avait même pris le devant pour contacter l’Angola afin qu’il accomplisse cette mission. Surtout que ce pays dispose des arguments solides tant militaires, politiques qu’économiques, se passant pour le « gendarme » de la région.

Curieusement, cet élan s’est arrêté net. Comme si une « force invisible» venait de court-circuiter la proposition européenne. Et contre toute attente, de façon surprenante et spectaculaire, l’on a assisté à un « dialogue direct » entre Kinshasa et Kigali.

Si ce dialogue est franc, spontané, comme cela s’est passé en Europe après la Deuxième Guerre mondiale, il est un fait incontestable qu’il profitera au Congo, au Rwanda et à toute la région des Grands Lacs. Mais dès lors que des rumeurs persistantes évoquent des « enjeux » qui se cachent derrière ces opérations militaires pour tester la capacité du Rwanda à jouer le même rôle que l’Angola en vue de réguler les tensions dans la région et restaurer réellement la paix et la sécurité, c’est la face cachée de cette mission militaire conjointe.

On en parle déjà dans plusieurs capitales africaines et occidentales.

CPS_SHB90_021208082419_photo01_photo_default_512x348Grands Lacs et le Moyen-Orient

Au fait, si cette hypothèse se confirmait, tout se passe comme aux temps forts de la guerre froide : la conquête des espaces géostratégiques. Ou encore l’on s’attend à des schémas comme ceux de l’après-guerre en Afghanistan, en Irak... L’enjeu aujourd’hui, ce sont les opportunités économiques qu’offre la région des Grands Lacs.

Ceci nous ramène par conséquent aux différents « plans » déjà évoqués dans ces mêmes colonnes, et qui mettaient tous un accent particulier sur les ressources naturelles de la région, particulièrement celles de la République démocratique du Congo. Que ce soit le   « Plan  Cohen », le « Plan Sarkozy révisé », le « Plan Sud Soudan-congolais » mais en réalité anglo-saxon, ils ont un dénominateur commun : un   « Marché commun » pour commercialiser les richesses naturelles de la région, en grande partie celles du Congo. Aussi, la RDC ayant démontré une « organisation étrange » (sic) pour contrôler ses richesses, il n’est plus question de « favoriser des réseaux maffieux ». Donc, il faut contrôler ses richesses et trouver un élément stabilisateur. D’où ce choix qui serait porté sur le « Rwanda, un pays à dimension géographique petite, mais à démographie dynamique ». Des concepts qui disent certainement quelque chose pour les Congolais. Mais qui avait dit que le Rwanda serait bientôt une zone franche à l’image de la Suisse pour servir de  « paradis fiscal » ? Les rumeurs sont en train de se recouper.

Au fait, toute initiative qui viserait à ramener la paix, la sécurité et favoriser le développement dans la région serait la bienvenue pour tous les pays de la région. Mais encore faudrait-il ne pas mélanger les sauces pour en faire une bouillabaisse. La Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, CIRGL  a fait un travail préliminaire admirable en s’appesantissant sur les « vraies causes des conflits armés » dans la région. A savoir, l’absence de démocratie, des rivalités interethniques, le pouvoir de domination et cette tendance à l’expansionnisme.

Ces causes pourraient même s’appliquer au Moyen-Orient. Or, justement, on a vu les choses sous un autre angle, en se trompant d’élément stabilisateur. Ce qui crée et continuera à créer des frustrations dans cette partie du globe.

Une République démocratique du Congo forte, unie, demeure un gage de succès, un atout majeur de stabilité et de progrès pour toute la région. La raison est simple : ce pays possède toutes les opportunités de garantir la paix et la sécurité aux pays voisins. L’histoire coloniale l’a prouvé. Pourquoi nier cette évidence politique et sociologique en fomentant des coups de force, des guerres d’agression, en créant des seigneurs de guerre, et bientôt l’affaiblissement économique de la RDC ? L’Angola a réussi à se faire inviter dans certaines capitales de la région, parce qu’elle accuse quasiment les mêmes opportunités que la RDC. Ce que ne possèdent pas d’autres pays de la région, nonobstant la « dynamique de leur démographie », car leur propre cas, leur histoire avec cette absence de convivialité interne pose problème et soulève tant d’interrogations. Qu’on ne se trompe pas, une fois de plus, sur l’élément stabilisateur au risque d’instituer l’instabilité dans la région, faisant des Grands Lacs, un deuxième Moyen-Orient.

Toute l’Afrique des Grands Lacs, ainsi que les « faiseurs de paix » y gagneraient en s’impliquant dans la formation d’une armée nationale, républicaine et dissuasive en RDC. Or, l’on ne comprend toujours pas pourquoi ces mêmes faiseurs de paix voudraient que la RDC ne dispose pas d’une armée au sens plein du terme. Le Potentiel

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