LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

25 février 2009

Grands Lacs : les vrais enjeux en marche

35725195Où va le Congo ? Où va l’Afrique des Grands Lacs ? Interrogations pertinentes au moment où les troupes étrangères, rwandaise et ougandaise, invitées par la RDC, quittent le Congo. Car ce revirement de situation sur le terrain, avec cet apparent retour à la paix, ne peut que découler d’un « plan savamment élaboré» et qui a pris en compte les vrais enjeux de cette région de l’Arique des Grands Lacs. La machine est effectivement en marche. A qui profitera cette nouvelle expérience militaro-politique ?

Les troupes rwandaise et ougandaise quittent, à partir de ce mercredi, le territoire congolais. Invitées par le gouvernement congolais, elles ont mené des opérations militaires conjointes pour neutraliser les forces négatives, principalement les FDLR et la LRA. L’heure est donc au bilan.

Mais également à des interrogations à se poser pour mieux apprécier cette initiative, de manière à savoir si elle serait à refaire ou pas. Qui a conçu cette mission et comment en est-on arrivé à convaincre Kinshasa, Kigali et Kampala ? Ont-ils subi des pressions ? De la part de qui et pourquoi ?

L’Angola … et maintenant le Rwanda

Il est vrai que selon les premiers recoupements, ces opérations marquent le retour effectif des Etats-Unis en Afrique, particulièrement dans la région des Grands Lacs aux potentialités immenses et non encore exploitées. Aussi, les analystes ont-ils vu la main de l’AFRICOM, ce Commandement régional militaire pour l’Afrique, qui a entre autres objectifs, la lutte contre le terrorisme, la compétition économique pour pré-positionner l’Amérique face aux pays émergents : la Chine, l’Inde et le Brésil.

L’arrivée de Barack Obama qui entend réconcilier les Américains avec eux-mêmes et l’Amérique avec le reste du monde a accéléré l’exécution de ce « plan ». Plan qui vise dans un premier temps à mettre fin à toutes les « guerres idiotes » pour faire certainement place à « des guerres intelligentes ».

Quelles que soient les bonnes intentions des uns et des autres, la question est celle de savoir pourquoi on a justement choisi le Rwanda en particulier, alors en parfaite discordance avec la RDC, pour ramener la paix dans cette région. Un recul s’impose pour mieux apprécier cette démarche.

En effet, lorsqu’il s’est agi de déployer une force d’interposition au Nord Kivu, de nombreux pays occidentaux avaient suggéré que ce soit des troupes africaines et non européennes. La France avait même pris le devant pour contacter l’Angola afin qu’il accomplisse cette mission. Surtout que ce pays dispose des arguments solides tant militaires, politiques qu’économiques, se passant pour le « gendarme » de la région.

Curieusement, cet élan s’est arrêté net. Comme si une « force invisible» venait de court-circuiter la proposition européenne. Et contre toute attente, de façon surprenante et spectaculaire, l’on a assisté à un « dialogue direct » entre Kinshasa et Kigali.

Si ce dialogue est franc, spontané, comme cela s’est passé en Europe après la Deuxième Guerre mondiale, il est un fait incontestable qu’il profitera au Congo, au Rwanda et à toute la région des Grands Lacs. Mais dès lors que des rumeurs persistantes évoquent des « enjeux » qui se cachent derrière ces opérations militaires pour tester la capacité du Rwanda à jouer le même rôle que l’Angola en vue de réguler les tensions dans la région et restaurer réellement la paix et la sécurité, c’est la face cachée de cette mission militaire conjointe.

On en parle déjà dans plusieurs capitales africaines et occidentales.

CPS_SHB90_021208082419_photo01_photo_default_512x348Grands Lacs et le Moyen-Orient

Au fait, si cette hypothèse se confirmait, tout se passe comme aux temps forts de la guerre froide : la conquête des espaces géostratégiques. Ou encore l’on s’attend à des schémas comme ceux de l’après-guerre en Afghanistan, en Irak... L’enjeu aujourd’hui, ce sont les opportunités économiques qu’offre la région des Grands Lacs.

Ceci nous ramène par conséquent aux différents « plans » déjà évoqués dans ces mêmes colonnes, et qui mettaient tous un accent particulier sur les ressources naturelles de la région, particulièrement celles de la République démocratique du Congo. Que ce soit le   « Plan  Cohen », le « Plan Sarkozy révisé », le « Plan Sud Soudan-congolais » mais en réalité anglo-saxon, ils ont un dénominateur commun : un   « Marché commun » pour commercialiser les richesses naturelles de la région, en grande partie celles du Congo. Aussi, la RDC ayant démontré une « organisation étrange » (sic) pour contrôler ses richesses, il n’est plus question de « favoriser des réseaux maffieux ». Donc, il faut contrôler ses richesses et trouver un élément stabilisateur. D’où ce choix qui serait porté sur le « Rwanda, un pays à dimension géographique petite, mais à démographie dynamique ». Des concepts qui disent certainement quelque chose pour les Congolais. Mais qui avait dit que le Rwanda serait bientôt une zone franche à l’image de la Suisse pour servir de  « paradis fiscal » ? Les rumeurs sont en train de se recouper.

Au fait, toute initiative qui viserait à ramener la paix, la sécurité et favoriser le développement dans la région serait la bienvenue pour tous les pays de la région. Mais encore faudrait-il ne pas mélanger les sauces pour en faire une bouillabaisse. La Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, CIRGL  a fait un travail préliminaire admirable en s’appesantissant sur les « vraies causes des conflits armés » dans la région. A savoir, l’absence de démocratie, des rivalités interethniques, le pouvoir de domination et cette tendance à l’expansionnisme.

Ces causes pourraient même s’appliquer au Moyen-Orient. Or, justement, on a vu les choses sous un autre angle, en se trompant d’élément stabilisateur. Ce qui crée et continuera à créer des frustrations dans cette partie du globe.

Une République démocratique du Congo forte, unie, demeure un gage de succès, un atout majeur de stabilité et de progrès pour toute la région. La raison est simple : ce pays possède toutes les opportunités de garantir la paix et la sécurité aux pays voisins. L’histoire coloniale l’a prouvé. Pourquoi nier cette évidence politique et sociologique en fomentant des coups de force, des guerres d’agression, en créant des seigneurs de guerre, et bientôt l’affaiblissement économique de la RDC ? L’Angola a réussi à se faire inviter dans certaines capitales de la région, parce qu’elle accuse quasiment les mêmes opportunités que la RDC. Ce que ne possèdent pas d’autres pays de la région, nonobstant la « dynamique de leur démographie », car leur propre cas, leur histoire avec cette absence de convivialité interne pose problème et soulève tant d’interrogations. Qu’on ne se trompe pas, une fois de plus, sur l’élément stabilisateur au risque d’instituer l’instabilité dans la région, faisant des Grands Lacs, un deuxième Moyen-Orient.

Toute l’Afrique des Grands Lacs, ainsi que les « faiseurs de paix » y gagneraient en s’impliquant dans la formation d’une armée nationale, républicaine et dissuasive en RDC. Or, l’on ne comprend toujours pas pourquoi ces mêmes faiseurs de paix voudraient que la RDC ne dispose pas d’une armée au sens plein du terme. Le Potentiel

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