20 février 2009
Est: la guerre des nerfs a commencé !
Joseph Kabila Kabange est-t-il toujours incompris de ses compatriotes sur la question de la présence des troupes étrangères au Nord-Kivu et dans la Province Orientale ? Vingt jours après sa conférence du 31 janvier dernier, le débat est encore vif sur scène. La fin du mois de février, c’est dans quelques jours, pour matérialiser le retour de toutes ces troupes, dans leurs pays respectifs. Mais, les Députés pétitionnaires sont dubitatifs. La Monuc tangue, les Evêques s’inquiètent et les Ongs se rincent les cils et râlent. Muzito promet une cérémonie d’adieu, à Goma.
Décidément, les Députés pétitionnaires ne jurent plus que par le retour du Président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, pour lui remettre en mains propres leur pétition. Fort du nombre de signatures, d’ailleurs supérieures à la majorité requise, ils espèrent le voir convoquer dans le bref délai, la session extraordinaire afin de débattre de la question des forces étrangères sur le sol congolais. Pourtant, ce dernier, continue à écumer l’air frais en Europe ou Aux Etats-Unis, selon certaines sources.
Pendant ce temps, "l’assurance" donnée par Joseph Kabila laisse la place à la crise des nerfs. Celle-ci s’installe au regard du dernier développement de la situation sur terrain. En effet, Kigali et Kampala ont choisi ce moment pour demander la prolongation de leurs opérations conjointes avec les FARDC. Les deux pays estiment que les objectifs visés, par eux, ne sont pas encore atteints. Puisque l’initiative, du moins pour le Rwanda, vient du Parlement, les Députés pétitionnaires congolais ont trouvé de la matière en mettant ainsi le gouvernement dos au mur. Mais, celui-ci ne s’en cache pas. Il s’est agi d’un accord militaire, d’un "accord secret" et donc, non susceptible d’être divulgué, insistait Kabila, ce jour-là.
La pétition obtient un soutien Pendant que la majorité au pouvoir s’interroge sur le bien-fondé de cette pétition, alors que les résultats de l’opération conjointe contre la traque des FDLR et de la LRA sont positifs sur terrain et n’appellent aucun doute, c’est plutôt l’église catholique qui entre en danse, en guise de soutien à la pétition. Archevêques et évêques, membres de la Conférence épiscopale nationale du Congo, Cenco, ont donné de la voix. Ils expriment une forte inquiétude quant à la présence des troupes étrangères au Congo. L’idée, c’est qu’aucune date précise de retour n’est connue par les acteurs en présence.
Au début, Kinshasa et Kigali avançaient 15 jours à dater du 20 janvier correspondant au début des opérations. Puis, le Chef de l’Etat a fait savoir que ce serait vers la fin du mois de février. Et, subitement, c’est la prolongation préconisée du côté rwandais et ougandais qui est à l’ordre du jour. De quoi créer une psychose dans l’opinion. Vite une solution politique Loin de cette polémique sur le retour immédiat ou non des forces étrangères sur le sol congolais, le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), cet ancien mouvement militaire de l’ex-général déchu Laurent Nkunda, mué en parti politique aujourd’hui, a donné un coup de gueule. Par la bouche de M. Dénis Ramaji, représentant de ce groupe à la reprise des pourparlers de Nairobi sur le sol congolais, le CNDP recherche plutôt une solution politique après l’intégration militaire de ses hommes dans les Forces armées de la RDC.
Contrairement à sa volonté de réunir les parties aux pourparlers de Nairobi, le médiateur des Nations Unies dans le conflit à l’Est de la RDC, Olusegun Obasanjo, assisté de l’ancien Président kenyan, Benjamin Mkapa, se voit couper l’herbe sous le pied. A sa place, c’est plutôt Raymond Tshibanda, Ministre congolais de la Coopération Internationale et Régionale, qui préside la suite de ces pourparlers à Goma. D’aucuns croient qu’avec l’arrestation de Laurent Nkunda, sa mission n’avait plus d’objet. D’autres pensent que le culot que ce dernier donnait à Nkunda dans les négociations doit lui avoir ôté tout crédit quant bouclage du processus. Encore que la donne sur le terrain a complètement changé.
RDC: des ONG locales appellent Kabila à livrer à la CPI un ex-chef rebelle
Une cinquantaine d'ONG locales basées dans l'est de la République démocratique du Congo ont appelé jeudi le président congolais Joseph Kabila à livrer à la Cour pénale internationale (CPI) Bosco Ntaganda, ex-chef rebelle rallié à Kinshasa et recherché pour crimes de guerre.
"Etant donné quil nexiste pas de sécurité et de paix durables sans justice, nous vous exhortons à respecter vos engagements internationaux et livrer le criminel de guerre Bosco Ntaganda à La Haye", écrivent ces organisations dans une lettre ouverte au président Kabila, dont l'AFP a reçu copie à Kinshasa.
Bosco Ntaganda, chef d'état-major de la rébellion congolaise du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), passé le 16 janvier dans le camp gouvernemental, est sous le coup d'un mandat d'arrêt de la CPI pour crimes de guerre, notamment l'enrôlement d'enfants en 2002-2003 en Ituri (nord-est).
Interrogé fin janvier sur le cas de cet ex-rebelle, Joseph Kabila avait affirmé qu'il optait pour "la paix et la sécurité" dans le Nord-Kivu, province de l'est de la RDC où le CNDP avait infligé en octobre 2008 de lourdes défaites à l'armée congolaise.
"Il y a des moments où les exigences de la paix l'emportent sur le besoin classique de la justice", avait expliqué le 12 février le ministre de la Justice Emmanuel-Janvier Luzolo, soulignant toutefois l'"imprescriptibilité des crimes de guerre et crimes contre l'humanité".
Le ralliement de Bosco Ntaganda et de la plupart des commandants du CNDP aux Forces armées de la RDC (FARDC) avait considérablement affaibli le chef historique de la rébellion Laurent Nkunda, arrêté au Rwanda le 22 janvier, deux jours après le lancement d'une opération rwando-congolaise dans l'est congolais. Depuis, les éléments du CNDP ont commencé à intégrer l'armée.
Bosco Ntaganda est également accusé par l'ONG Human Rights Watch (HRW) davoir commandé des troupes du CNDP qui ont massacré en novembre 2008 au moins 150 civils à Kiwanja (Nord-Kivu).
RDC : Les FDLR opèrent également au Sud-Kivu
L’opération conjointe des armées congolaise et rwandaise contre les rebelles hutus rwandais, dans l’Est de la RDC touche à sa fin. Selon le gouvernement de Kinshasa, tous les soldats rwandais auront quitté le sol congolais, avant la fin du mois. Jusqu'à présent, l’opération militaire s’est concentrée sur le Nord-Kivu. Mais qu’en est -il des miliciens hutus opérant au Sud-Kivu ?
Pour l’abbé Jean-Bosco Bahala, président de l’Association des radios de proximité du Congo, à Bukavu, les autorités congolaises et rwandaises ont donné la priorité à la neutralisation des FDLR opérant au Nord-Kivu. Citant le général John Numbi, responsable de l’opération militaire conjointe, l’abbé Bahala a dit que les Forces armées de la RDC (FARDC) poursuivront les opérations militaires après le départ des soldats.
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