LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

12 février 2009

Tempête à l'AMP !

assemble_congo_zaireCeux qui croyaient au retour de l'accalmie au sein de la majorité présidentielle vont certainement déchanter. Au moment où des plénipotentiaires du gouvernement se succèdent sur les différentes chaînes pour chanter l'arlésienne du succès de l'opération rwando-congolaise contre les FDLR, les nouvelles qui nous parviennent font état d'un malaise qui couve et qui tire, cette fois, ses origines de la volonté affichée par les faucons de mettre la classe politique au pas.

Au cœur du problème : encore et toujours les conséquences politiques à tirer de la déclaration du président de l'Assemblée nationale en rapport avec l'intervention des troupes rwandaises à l'Est du pays. On se rappelle qu'à la suite de la confirmation par les médias périphériques de la présence de l'armée rwandaise au Congo pour traquer les Fdlr, Vital Kamerhe avait exprimé ses inquiétudes au micro de Radio Okapi. Il s'était notamment posé la question de savoir s'il était envisageable que le gouvernement congolais invite les troupes rwandaises alors que les plaies (ndlr. des différentres agressions) ne se sont pas encore refermées, et encore moins cicatrisées.

Question. En sa qualité de président de l'Assemblée nationale, de membre important du principal parti de la coalition au pouvoir ou de citoyen tout court, Kamerhe avait-il le droit de s'exprimer librement sur une matière qui concerne la souveraineté nationale et l'intégrité du territoire ? Avait-il le droit de contrarier le point de vue officiel ? Tout le débat est là. Et la seule réponse qui y semble aujourd'hui réservée est qu'il faut congédier le parlement, à défaut d'obtenir la démission volontaire ou le départ forcé du cadre " indiscipliné " de la coalition.

Selon les informations qui circulent depuis le dernier week-end, les responsables des partis politiques représentés à l'Assemblée nationale ont reçu des instructions pour mettre fin à ce qui est considéré par certains comme une dangereuse recréation. L'action devrait se dérouler à trois niveaux : convaincre chaque député individuellement sur la nécessité de donner une conclusion à une situation détestable. Ensuite, s'assurer de la fidélité de chaque groupe parlementaire et enfin, passer à l'action dès la reprise officielle des activités parlementaires. Mais ce calendrier arrêté en début du week-end semble contraint aux accélérations à la suite de la démarche des députés signataires de la pétition réclamant une session extraordinaire consacrée aux événements de l'Est. On sait maintenant que 260 députés ont apposé leurs signatures au bas de cette pétition et la parade trouvée depuis hier semble d'opposer à celle-ci une autre pétition, signée cette fois dans l'objectif de pousser Vital Kamerhe à la porte de sortie.

La démarche, apprenait-on hier soir des sources proches d'un groupe parlementaire de la coalition, vise à placer chaque député au pied du mur : signer et mériter la confiance de son parti ou refuser et se mettre en difficulté. Risques La démarche n'est pas sans présenter quelques risques. On sait en effet qu'à l'occasion d'une réunion extraordinaire du parti présidentiel consacrée à la déclaration de Vital Kamerhe sur Radio Okapi, les participants avaient dans leur écrasante majorité épousé le point de vue du président de l'Assemblée nationale.

Le dossier aurait pu être géré autrement à partir de ce moment là mais c'était manifestement sans compter avec l'opiniâtreté des faucons qui ont décidé et obtenu qu'il n'en soit pas ainsi. Mais en sollicitant le vote de défiance des députés, les faucons disposent-ils des moyens d'agir sur la conscience d'un chacun, dans une opération qui se déroulera, conformément aux règles, à bulletin secret ? Et qu'arrivera-t-il si la démarche ne débouchait pas sur les résultats escomptés ? Ayant réponse à tout, les faucons disent : la dissolution ! Oui, mais dissoudre pour faire quoi ensuite ? La constitution est claire en son article 148 : la dissolution doit être suivie de l'organisation de nouvelles élections dans les soixante jours. Le Congo aujourd'hui sans moyens pour organiser les élections locales peut-il se permettre un tel luxe ? L’objectif réel n’est-il pas de priver le pays d’un moyen puissant de contrôle pour le livrer aux prédateurs de tous bords ?

Parlons vrai Au-delà des reproches qu'on peut faire aux uns et aux autres dans l'analyse de cette triste affaire, n'oublions pas l'essentiel : le rejet par un congolais de la présence au Kivu d'une armée connue pour ses incursions et agressions répétitives dans cette partie de la République. Quel discours peut-on tenir à l'endroit des citoyens de ce pays et particulièrement ceux des zones concernées par la présence militaire querellée, pour justifier des sanctions qui risquent de faire passer toute la classe politique de notre pays comme atteinte du " syndrome de Pavlov ". Ne va-t-on pas donner raison à ceux qui pensent très sérieusement que Paul Kagame aura cette fois réussi un coup double en République Démocratique du Congo, d’abord en obtenant le retour officiel de son armée, et ensuite en jetant le trouble au sein de nos institut-ions ? Il est temps de bien regarder ce que l’on fait au lieu de se réveiller toujours trop tard. Affaire à suivre. (L.P.)

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