06 février 2009
Vital Kamerhe démissionne, Kabila le confirme
"En ce qui concerne la démission de Vital Kamerhe, le Président Kabila a choisi de faire dans la totale discrétion", a dit un diplomate de haut niveau à Kinshasa
Vital Kamerhe, désavoué sera-t-il démissionné ?
Avant la démission de Vital Kamerhe au poste de Président de l'Assemblée Nationale, des manoeuvres ont été notées au sein du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) au pouvoir. Mais après plusieurs jours de suspense et des réunions secrètes aussi bien à la cité de l'OUA qu’à la ferme présidentielle de N'selé, il a été retenu que le président de l'Assemblée Nationale, Vital Kamerhe quitte le perchoir.
La goutte d'eau de troupes rwandais
La dernière fois, la crise était perceptible au lendemain de l’arrivée des troupes rwandaises, sur le sol congolais. Vital Kamerhe était visiblement pointé du doigt, pour avoir osé dire qu’il n’avait pas été associé aux préparatifs et qu'il avait notamment qualifié de "grave" l'entrée des soldats rwandais au Nord-Kivu. Une réunion houleuse s’en était d’ailleurs suivie au Pprd, avant que la tempête ne soit apaisée.
Pourtant, Kabila a dit à la presse, le 31 janvier dernier, que les Présidents de deux chambres du Parlement étaient au parfum des pourparlers ayant permis la conclusion d’un accord militaire entre le Rwanda et la RD. Congo sur la traque commune des Fdlr.
FAUX... KAMERHE A SANS DOUTE ETE AVERTI APRES L'INVASION RWANDAISE COMME TOUT LE MONDE (VOIR VIDEO CI-DESSOUS)
KAMERHE N'EST PAS LE SEUL... ETUMBA, LE CHEF D'ETAT MAJOR GENERAL DES FARDC N'ETAIT PAS NON PLUS AU COURANT DE L'ENTREE DES TROUPES RWANDAISES AU NORD-KIVU
" Pour le PPRD, qu'est-ce que c'est qu'une trahison ? Un président de l'Assemblée Nationale qui défend son peuple contre l'invasion d'une armée etrangère ? C'est horrible et c'est contraire à la démocratie", dit un congolais
" Tout ça parce qu'il s'est élevé contre l'arrogance de la majorité et a déploré que la minorité ne puisse faire entendre sa voix à l'Assemblée", estime un député de l'AMP sous l'anonymat.
La démission de Vital Kamerhe intervient dans un contexte de bataille de tranchées entre le camp des faucons et d’une frange de PPRDistes. Les relations Joseph Kabila "Faiseur de paix" et Kamerhe "le pacificateur" se sont relativement dégradées. Ce qui fait croire que la famille présidentielle "AMP" pourrait peser de tout son poids pour faire émerger une nouvelle personnalité plus conciliante. On parle même d'un profil féminin dans ce sens.
Désavoué, Vital Kamerhe fidèle parmis les fidèles du président de la République, sera-t-il le premier président de l'Assemblée Nationale de l'ère "démocratique" à être démis de ses fonctions ?
Wait and see
O.M...La RDC a étonné, étonne et étonnera toujours
Après son cinéma habituel, la Monuc cautionne Ntaganda dans les FARDC... On ne change pas une équipe qui gagne, n'est-ce pas ?
Après le tollé observé du côté des organisations de défense des droits de l’homme, suite à la promotion du général Bosco Ntaganda au sein des Forces Armées de la RDC (FARDC), tous les yeux de l’opinion étaient tournés vers la Mission des Nations Unies en RDC, afin qu’elle clarifie sa position face au cas de cet ancien chef rebelle déjà sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI).En effet, hier, au cours de son point de presse hebdomadaire, la Monuc a indiqué, par la voix de son porte-parole, Mounoubai Madnodje, qu’ « elle continuera à travailler avec les FARDC, malgré la présence du cité ». « Il n’y a aucune objection » a sobrement lâché l’agent onusien.
Cependant, quant à l’appel de l’ONG international Human Rights Watch demandant à la Monuc d’aider à l’arrestation des personnes poursuivies par la justice internationale, afin de mettre un terme à l’impunité, la Mission a répondu qu’elle est en appui au gouvernement de la RDC. « Si le gouvernement nous le demande, nous le lui donnerons » Les RDF à l’Est de Mabenga sans les FARDC, ni le CNDP Concernant l’opération conjointe entre les FARDC et les Forces de défense rwandaises( RDF) contre les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda( FDLR), le porte-parole militaire de la Monuc , Jean-Paul Dietrich, a déclaré que jusqu’à la semaine passée, il n’y a pas eu des combats majeurs.
Selon la Mission , les troupes de RDF sont déployées conjointement avec les FARDC à quelques kilomètres à l’Ouest de Nyamilima, situé à 110 Km au Nord-Est de Goma. Une autre partie s’est redéployée à l’Est de Mabenga, situé à 25 Km au Nord-Ouest de Rutshuru vers le Parc national de Virunga, sans les FARDC, ni le Congrès national pour la défense du peuple( CNDP). Le troisième déploiement est localisé dans la région de Bambo, située à 100 Km au Nord de Goma et qui appartient au territoire de Rutshuru.
Dans le territoire de Masisi, les troupes de RDF sont déployées dans la région de Katoyi, située à 35 Km au Sud de la ville de Masisi, sur l’axe conduisant vers Walikale. Le déploiement du CNDP est moins défini puisque dans plusieurs zones, il est mélangé aux FARDC ou aux troupes de RDF, ou est en préparation pour se rendre dans les sites de regroupement respectifs à Rumangabo ou à Kimoka, pour un processus rapide d’intégration au sein des FARDC. Kashebere, bastion des FDLR S’agissant des FDLR, la Monuc a indiqué que leur bastion demeure la région de Kashebere, située à 33 Km au Nord-ouest de la ville de Masisi. Alors que les éléments armés sont présents dans les villages Ntoto, situé à 25 Km au Sud-Ouest de Kashebere, et Mahiya, situé à 8 Km au Sud de Kashebere.
Esquissant un bilan de la traque, la Monuc a informé que du 30 au 31 janvier 2009, des opérations conjointes ont été réalisées sur l’axe Rutshuru dans les zones de la forêt de Kirama et à Kazaroho, où quatre éléments des FDLR se seraient rendus. Dans une autre opération réalisée à environ 20 Km au Sud de Tongo, trois éléments des FDLR auraient été tués. Sur l’axe Masisi, les opérations ont été réalisées dans la région de Kibua, située au Sud du territoire de Masisi. « Mais il convient de noter que malgré les arrestations et les décès des éléments des FDLR lors des combats annoncés par les FARDC, spécialement dans la région de Nyamilima, dans le Parc national de Virunga et à Kibua, nos patrouilles dépêchées sur le terrain n’ont pas été en mesure de confirmer ces faits » a précisé le lieutenant-colonel Dietrich. O.M/Le Phare
Mission impossible : Thambwe Mwamba à la recherche de Nkunda ?
Depuis ce jeudi, en début d’après-midi, le Ministre Congolais des Affaires Etrangères, a quitté Kinshasa pour Goma, première étape de son voyage vers Gisenyi où il va rencontrer son homologue rwandais. Alexis Thambwe Mwamba estime qu’il est temps d’évaluer les opérations militaires conjointement engagées contre les Fdlr. Le cas Nkunda, a-t-il déclaré à la radio onusienne, sera inscrit à l’ordre du jour des entretiens diplomatiques. Est-ce le début de la fin d’une aventure ou, c’est le changement d’épisode, pour Laurent Nkunda ?
On en saura un peu plus à l’issue des pourparlers directs entre Alexis Thambwe Mwamba et son homologue rwandais. Les deux personnalités ont convenu de se rencontrer à Gisenyi, là où depuis un certain jeudi 22 janvier, vers 22H30’, Laurent Nkunda avait été capturé et placé en résidence surveillée. Au-delà du simple exercice d’évaluation des opérations militaires axées sur le démantèlement des Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda, Fdlr en sigle, Alexis Thambwe Mwamba, cité par Radio Okapi, a déclaré que le cas Laurent Nkunda sera également inscrit à l’ordre du jour.
Lorsqu’on sait que toute l’attention des congolais est focalisée sur l’épineuse question de l’extradition à Kinshasa, pour un jugement public, de l’ex-Chef du Congrès National pour la Défense du Peuple, mouvement rebelle, cette déclaration rassure moins qu’elle ne inquiète. D’autant qu’elle bouscule, en même temps, les réflexions sur les raisons d’un tel déplacement, avant même le 10 février, date avancée par Kabila, lors de sa dernière sortie médiatique du 31 janvier 2009, au Palais de la Nation.
Où allons-nous ?
Pour l’essentiel, peut-on croire que c’est le début officiel du fameux processus politique, diplomatique et/ou judiciaire qui déboucherait, en fin de compte, sur la finalisation du dossier « Laurent Nkunda » ? C’est, apparemment, l’occasion de tenter d’y croire dans la mesure où il n’est « ni un sac de maïs, ni de haricot », comme l’avait si bien évoqué le Président Kabila.
Des tractations ainsi ouvertes, croit-on, favoriseront d’une manière ou d’une autre, l’éclosion de la vérité, sur la suite des événements. Dans tous les cas, Laurent Nkunda n’aura été qu’une des têtes couronnées de la haute maffia internationale qui s’est incrustée à l’Est de la RD. Congo, avec pour mission affichée, le trafic illicite et l’exploitation illégale des ressources naturelles de ce pays. Y mettre fin implique des actions combinées. C’est même un pari difficile. Kabila, lui-même, l’avait reconnu comme tel. Ainsi, cette extradition paraîtrait-elle hypothétique.
Après tout, comme va-t-on jeter Laurent Nkunda au feu et laisser Bosco Ntangada humer l’air frais de Goma, sous les couleurs de l’armée nationale ? Comment pense-t-on juger Laurent Nkunda sans la moindre éclaboussure, pour ses parrains rwandais ? Enfin, comment envisage-t-on amnistier tous ses compagnons de lutte, les intégrer dans l’armée nationale et, à la limite, laisser le CNDP se muer en parti politique, alors que son chef historique serait voué aux gémonies ?
Autant sont des questions qui désamorcent toute précipitation, dans la conclusion. Puisque Thambwe Mwamba est à Gisenyi, va-t-il revenir avec Laurent Nkunda, à Kinshasa ? C’est trop, tôt. L’affaire risque, par contre, de prendre beaucoup de mois, tant que l’autre partie, le Rwanda, qui préconisait déjà une solution politique, campera sur ses positions. Le Congo est-il devenu subitement fort, pour l’amener à se dédire ? La Prospérité
La contreverse autour de l’intégration des troupes rebelles tutsis du CNDP dans les FARDC
Selon le plan conçu dans le Programme Amani, le processus d’intégration commencerait absolument par le désarmement des ex-combattants. Or aujourd’hui, nous assistons à une intégration à très grande vitesse qui n’est en réalité qu’un mixage qui renforce les troupes du Cndp et les Maï-Maï qui restent en déploiement au Nord-Kivu mais surtout dans les zones qu’ils occupaient depuis leur existence.
Un processus d’intégration crédible devrait commencer par une sensibilisation conduite par les officiels de l’armée nationale dans le cas d’espèce les membres de la Structure militaire d’intégration et un choix devrait être offert aux combattants pour ne pas les forcer à tous intégrer l’armée même alors que certains parmi eux auraient préféré abandonner les armes et se retrouver dans la vie civile. Toute intégration dans l’armée devrait être un choix personnel et libre de chaque combattant et non une décision politique qui ne tienne pas compte de la volonté des personnes concernées. Une telle imposition aura forcément un impact négatif sur l’armée de demain. Il y a également un sérieux problème de compétence. En effet, il ne suffit pas d’avoir appartenu à un groupe armé pour entrer bon à l’intégration dans l’armée nationale, le temps des colonels illettrés et des généraux est révolu et si la RDC veut que son armée soit un jour respectée et prise au sérieux par sa population et ses voisins, il va falloir faire de la qualité le critère principal pour le choix des candidats Fardc. L’identification des premiers ex-combattants révèle déjà un grand nombre d’enfants soldats dont 85 ont pu être récupérés par l’Unicef en début de semaine, selon Véronique Taveau, la porte-parole de cette organisation. Selon des sources locales, le Cndp aurait aussi son lot de kadogo mais pour le moment personne n’ose aborder cette question avec eux au nom de la paix.
Il faut toutefois compter avec la position officielle du Cndp exprimée sur le site kivupeace et par la bouche de Désiré Kamanzi, proche de Bosco Ntaganda et qui se présente maintenant comme président du Cndp. Pendant que Kinshasa parle d’intégration du Cndp dans les Fardc, le Cndp dit que ses éléments vont participer aux opérations militaires de manière ponctuelle et que l’intégration de ses troupes dépendra de la bonne marche des négociations de Nairobi. Ceci suscite une grande question. Quelle crédibilité accorder donc à toutes ces cérémonies auxquelles on a eu droit à Goma et à Rumangabo? Quel avenir pour ce processus aux multiples visages ?
OPERATIONS CONJOINTES FARDC (y compris les ex-combattants) et les RDF
Le choix effectué par Kinshasa de laisser rentrer les troupes Rwandaises en RDC et d’associer les ex-rebelles aux opérations conjointes contres les ex-Far – Interahamwe regroupés au sein du mouvement Fdlr est un fait accompli qui a surpris beaucoup de monde aussi bien au Congo qu’à l’extérieur. Si les plans militaires doivent être tenus secrets, le parlement, qui est l’institution qui représente le peuple, souverain primaire aurait dû être consulté avant coup. Dans un régime à démocratie parlementaire, l’Assemblée nationale aurait dû être impliquée avant que toutes ces choses n’arrivent. La réaction surprenante de Vital Kamerhe était le signe que le mécanisme de décision dans ce cas n’avait impliqué qu’un strict minimum de personnes.
La réunion interinstitutionnelle et la conférence de presse de samedi dernier qui toutes les deux ont eu lieu après coup n’ont pas été suffisantes pour dissiper les lourds soupçons qui pèsent sur l’innocence du deal entre Kabila et Kagame. Si le but poursuivi est de faire pression sur les Fdlr pour un retour au Rwanda, alors qu’une implication plus importante de la section DDRRR de la Monuc dont le premier travail devra consister en une sensibilisation sérieuse des combattants.
Quant aux opérations elles mêmes, si l’objectif est le démantèlement définitif des Fdlr, c’est-à-dire la destruction des moyens militaires et l’éradication des capacités de nuisance des combattants hutu, alors il faudra que l’on dise clairement à l’opinion que les opérations de la coalition vont durer plusieurs mois et donc les troupes rwandaises ne quitteront pas le Congo à la fin du mois de février comme annoncé. Faire participer les Maï-Maï et les troupes du Cndp à cette coalition sans un processus d’intégration crédible au sein des Fardc n’est pas politiquement correcte tant que toutes les zones d’ombres ne sont pas éclairées. International Crisis Group



