LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

06 février 2009

La contreverse autour de l’intégration des troupes rebelles tutsis du CNDP dans les FARDC

image_file_1650Selon le plan conçu dans le Programme Amani, le processus d’intégration commencerait absolument par le désarmement des ex-combattants. Or aujourd’hui, nous assistons à une intégration à très grande vitesse qui n’est en réalité qu’un mixage qui renforce les troupes du Cndp et les Maï-Maï qui restent en déploiement au Nord-Kivu mais surtout dans les zones qu’ils occupaient depuis leur existence.

Un processus d’intégration crédible devrait commencer par une sensibilisation conduite par les officiels de l’armée nationale dans le cas d’espèce les membres de la Structure militaire d’intégration et un choix devrait être offert aux combattants pour ne pas les forcer à tous intégrer l’armée même alors que certains parmi eux auraient préféré abandonner les armes et se retrouver dans la vie civile. Toute intégration dans l’armée devrait être un choix personnel et libre de chaque combattant et non une décision politique qui ne tienne pas compte de la volonté des personnes concernées. Une telle imposition aura forcément un impact négatif sur l’armée de demain. Il y a également un sérieux problème de compétence. En effet, il ne suffit pas d’avoir appartenu à un groupe armé pour entrer bon à l’intégration dans l’armée nationale, le temps des colonels illettrés et des généraux est révolu et si la RDC veut que son armée soit un jour respectée et prise au sérieux par sa population et ses voisins, il va falloir faire de la qualité le critère principal pour le choix des candidats Fardc. L’identification des premiers ex-combattants révèle déjà un grand nombre d’enfants soldats dont 85 ont pu être récupérés par l’Unicef en début de semaine, selon Véronique Taveau, la porte-parole de cette organisation. Selon des sources locales, le Cndp aurait aussi son lot de kadogo mais pour le moment personne n’ose aborder cette question avec eux au nom de la paix.

Il faut toutefois compter avec la position officielle du Cndp exprimée sur le site kivupeace et par la bouche de Désiré Kamanzi, proche de Bosco Ntaganda et qui se présente maintenant comme président du Cndp. Pendant que Kinshasa parle d’intégration du Cndp dans les Fardc, le Cndp dit que ses éléments vont participer aux opérations militaires de manière ponctuelle et que l’intégration de ses troupes dépendra de la bonne marche des négociations de Nairobi. Ceci suscite une grande question. Quelle crédibilité accorder donc à toutes ces cérémonies auxquelles on a eu droit à Goma et à Rumangabo? Quel avenir pour ce processus aux multiples visages ?

CPS_SWD87_170109151903_photo00_photo_default_512x340OPERATIONS CONJOINTES FARDC (y compris les ex-combattants) et les RDF

Le choix effectué par Kinshasa de laisser rentrer les troupes Rwandaises en RDC et d’associer les ex-rebelles aux opérations conjointes contres les ex-Far – Interahamwe regroupés au sein du mouvement Fdlr est un fait accompli qui a surpris beaucoup de monde aussi bien au Congo qu’à l’extérieur. Si les plans militaires doivent être tenus secrets, le parlement, qui est l’institution qui représente le peuple, souverain primaire aurait dû être consulté avant coup. Dans un régime à démocratie parlementaire, l’Assemblée nationale aurait dû être impliquée avant que toutes ces choses n’arrivent. La réaction surprenante de Vital Kamerhe était le signe que le mécanisme de décision dans ce cas n’avait impliqué qu’un strict minimum de personnes.

La réunion interinstitutionnelle et la conférence de presse de samedi dernier qui toutes les deux ont eu lieu après coup n’ont pas été suffisantes pour dissiper les lourds soupçons qui pèsent sur l’innocence du deal entre Kabila et Kagame. Si le but poursuivi est de faire pression sur les Fdlr pour un retour au Rwanda, alors qu’une implication plus importante de la section DDRRR de la Monuc dont le premier travail devra consister en une sensibilisation sérieuse des combattants.

Quant aux opérations elles mêmes, si l’objectif est le démantèlement définitif des Fdlr, c’est-à-dire la destruction des moyens militaires et l’éradication des capacités de nuisance des combattants hutu, alors il faudra que l’on dise clairement à l’opinion que les opérations de la coalition vont durer plusieurs mois et donc les troupes rwandaises ne quitteront pas le Congo à la fin du mois de février comme annoncé. Faire participer les Maï-Maï et les troupes du Cndp à cette coalition sans un processus d’intégration crédible au sein des Fardc n’est pas politiquement correcte tant que toutes les zones d’ombres ne sont pas éclairées.   International Crisis Group

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