LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

05 février 2009

Musique congolaise : Une censure pour éduquer

2258451877La semaine écoulée nous a plongés dans les remous d’un milieu musical terni où tout le monde voulait savoir où commence et où finit le travail de la commission de censure. L’occasion en fut la mesure d’interdiction qui a frappé l’album de l’artiste Koffi Olomide dénommé « L’album du patron » pour raison d’éthique et atteinte aux bonnes mœurs, pourrait-on dire. Nous nous proposerons de saisir cette occasion pour réfléchir sur l’état de la musique congolaise avec ses pesanteurs. 

A travers cette situation, tout le monde s’attend à ce que justice soit faite afin que l’on commence enfin à réaliser que la RdCongo n’est pas la jungle. Et à leur corps défendant les artistes devraient se remettre en question pour savoir où ils en sont. Cela fait des années que l’opinion déplore la monotonie et même un certain relâchement donnant cours à des bâclages thématiques et des redondances à n’en point finir dans notre musique. L’inspiration aurait-elle déserté nos artistes au point de s’abandonner aux miasmes de la production et confondre ainsi quantité et qualité ? L’art et le profit feraient-ils bon ménage ? Ont-ils oublié qu’à tout métier la discipline est de règle ?

Or il faut se remettre à l’évidence que même si la loi n’existait pas, on l’inventerait pour rendre possible la vie avec les humains. L’homme est en effet un être complexe, sujet à plusieurs égarements et paradoxalement rétif à la loi. L’homme, dit-on, n’est pas fait pour la loi mais la loi pour l’homme car c’est l’homme qui fait la loi…Mais qui l’inspire ? Le droit étant justement la science de réguler la vie de la société, il faudrait pourtant que ce droit s’exerce et fasse sentir l’autorité de l’Etat. Autant que pour une bonne éducation à leurs enfants, les parents se doivent de réveiller leurs talents et susciter leurs efforts, ils doivent également leur apprendre leurs limites. C’est seulement connaissant leurs limites qu’ils seront de bons citoyens, sachant tempérer leurs élans et donc respectueux des règles de vie en société. La censure est dans ce sens un réflexe d’éducation conditionné dont les règles sont fixées par l’autorité. « Qui aime bien châtie bien », une véritable règle de morale. Elle vient un peu comme une épée de Damoclès, veiller à ce que tout soit dans la bonne taille. Ceci devrait conduire à la culture d’une auto-censure. Ce qui n’est pas moins qu’un ensemble de règles que l’on intériorise en tant que discipline afin d’atteindre ses objectifs. C’est cela la voie royale du guerrier ou celle de la quête de la maîtrise de soi qui devrait nous transformer dans une vision toute positive, quasi divine.

Lorsqu’une infraction est en train de courir, il est normal que le procureur de la république dont la mission première est de garantir l’ordre public, y mette un terme. C’est le pacte social qui veut que l’ordre ne soit possible que quand tout le monde joue le jeu, c’est-à-dire, respecte la loi. Cela étant, nul n’est à l’abri des sanctions. Mais en tout état de cause la censure devrait se faire dans notre pays sans état d’âme pour être crédible. Notre commission de censure devrait prendre le temps nécessaire avant de donner son avis. Mais sans s’immiscer dans des cas comme celui de Koffi Olomide, elle devrait dans son travail arriver à faire sentir qu’elle ne pratique point de chasse aux sorcières mais ne fait que faire respecter la loi dans les attributions qui sont les siennes. En effet un acte ne vaut rien sans ses effets. Aussi, rien à y faire, il n’y a pas de société avec une permissivité ouverte, donc tous azimuts. Que l’Etat arrive à doter cette commission des moyens requis pour qu’elle soit à l’abri de toute manipulation, tel est notre souhait profond. L’homme se découvre quand il se mesure à l’épreuve, dit le philosophe. Il faut en d’autres termes qu’il y ait des résistances sur le parcours d’un homme pour lui apprendre l’humilité. C’est à cela que la censure ou la critique nous rappelle à l’ordre, nous aidant à nous corriger face aux plus grandes épreuves futures. O.M/L'Avenir

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