LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

27 janvier 2009

L’Asadho exige l’arrestation du «général Bosco» et l’extradition de Nkunda... Et pourquoi pas Joseph Kabila ?

CPS_SUF35_120109202310_photo02_photo_default_512x334Les images montrant le chef militaire du CNDP dévissant entre «gentlemen» avec des autorités politiques congolaises à Goma a choqué plus d’une organisation de défense des droits humains. C’est le cas notamment de l’Asadho et de HRW (Human Right Watch). Bosco fait toujours l’objet d’un mandat d’arrêt international de la Cour pénale internationale. L’Asadho réclame son transfert à La Haye ainsi
que l’extradition de Laurent Nkunda à Kinshasa.

«Pour vivre tranquille, il faut vivre cacher», dit un adage. Pour n’avoir pas écouté cette sagesse populaire, le «général» Bosco Ntaganda doit méditer les conséquences de son irruption sur la scène politico-médiatique après la «destitution» du «Chairman» Laurent Nkunda et l’annonce spectaculaire de la fin des hostilités entre le CNDP (Congrès national pour la défense du peuple) et les Forces armées de la RD Congo. Selon des sources, certains lobbyistes seraient déjà à l’œuvre auprès de certains Etats membres du Conseil de sécurité afin d’obtenir la «réhabilitation» de ce chef milicien. Vraie ou fausse, cette démarche non encore officielle, est loin de faire bondir de joie les organisations de défense des droits humains.

Tranférer "Bosco" à La Haye

Dans un communiqué daté lundi 26 janvier, l’association africaine de défense des droits de l’Homme, Asadho, «se réjouit» au passage de l’«arrestation» du général déchu Laurent Nkunda par les autorités rwandaises» et «dénonce l’attitude du gouvernement de Kinshasa qui tend à ignorer le mandat d’arrêt lancé contre le commandant Bosco Ntaganda par le procureur près la Cour pénale internationale» depuis 2006. Ancien bras droit de l’Iturien Thomas Lubanga, Ntaganda, surnommé «Terminator», est accusé par le procureur près la CPI d’avoir recruté et enrôlé des enfants de moins de 15 ans comme soldats, et de les avoir fait participer aux affrontements de 2002 à 2003 en Ituri. Il s’agit du même chef d’inculpation mis à charge de Lubanga.

CPS_RYQ36_211008200950_photo00_photo_default_512x340Extrader Nkunda à Kinshasa

L’Asadho de rappeler que l’Auditeur général des Forces armées de la RD Congo reproche à Nkunda d’avoir commis notamment des crimes de guerre et crimes contre l’humanité suivant le dossier RMP 094/PS/04. «En outre, souligne le communiqué, les deux {Ntaganda et Nkunda, Ndlr} sont sérieusement soupçonnés dans le massacre des populations civiles, les pillages des biens appartenant aux particuliers, les exécutions sommaires et les viols des femmes et jeunes filles commis au mois de nombre 2008 à Kiwanja au Nord Kivu.» Et de dénoncer «l’alliance scellée par le Gouvernement congolais avec le commandant Bosco Ntaganda pour la traque des FDLR alors qu’il est recherché par la justice internationale.

HRW indignée

L’association exige dans la foulée l’arrestation de l’ex-numéro deux de l’Union des patriotes congolais (UPC) et son transfert à La Haye. Question : la CPI ne pouvant compter que sur la collaboration des Etats membres, quel Etat osera mettre le grappin au collet de Bosco ? La RD Congo ? Le Rwanda ? Notons que l’Ong américaine Human Right Watch s’est dite «indignée» par l’apparition de Bosco aux côtés du ministre congolais de l’Intérieur. L’organisation a fustigé ce que d’aucuns n’hésitent plus à qualifier d’«éloge de l’impunité». Une impunité qui ne fait favoriser les atrocités que l’on déplore dans la partie orientale de la RD Congo.

610x8Appel aux autorités rwandaises

Dans son communiqué, l’Asadho demande aux autorités rwandaises d’extrader «le général déchu Laurent Nkunda pour qu’il soit jugé par la justice congolaise, conformément à ses engagements pris dans le cadre du Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la région des grands lacs du 15 décembre 2006.» Cette association n’avait sans doute pas encore pris connaissance de la déclaration faite lundi par un porte-parole militaire de l’armée rwandaise, en l’occurrence le commandant Jill Rutaremara, selon laquelle «Laurent Nkunda n’est pas en prison». Rutaremara n’a pas eu recours à des fioritures en expliquant : "Il y a une différence entre arrêter quelqu’un et le mettre en prison. Tout ce que je peux dire c’est qu’il est en sécurité".

Mutaboba parle de Kabila et Nkunda

Dans sa toute dernière édition n°2507, l’hebdomadaire parisien «Jeune Afrique», publie, dans sa rubrique «Débat», une «réponse» que Joseph Mutaboba destine au président de l’Assemblée nationale congolaise, le PPRD Vital Kamerhe. Mutaboba est l’envoyé spécial du président rwandais dans la région des Grands Lacs. On peut y lire ces mots teintés autant de cynisme que d’habileté à propos de Nkunda : «Comme vous le savez, le président Kabila est apparu sur la scène politique congolaise en même temps, dans le même camp et dans les mêmes circonstances que Laurent Nkunda, son ancien compagnon d’armes au sein de l’AFDL.» Bien que rédigé apparemment in tempore non suspecto, Mutaboba envoie manifestement un double message qu’on pourrait traduire comme suit : "Joseph Kabila et Laurent Nkunda doivent, tous les deux, leur carrière politique aux autorités de Kigali. Il ne sert à rien donc de diaboliser le second tout en déifiant le premier. Que conclure sinon que, manipulables à souhait, les Congolais – le ministre de la Communication Lambert Mende, en tête - se sont manifestement réjouis trop vite de voir le «général Laurent» derrière les barreaux à Makala…

B.A.W

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