LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

15 janvier 2009

Les CNDP 1 et 2 retardent la pacification

LA_20UNE_NKUNDAAddis-Abeba succèdera à Nairobi dans les tout prochains jours avec la double réunion des chefs d’Etat de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs et de l’Union africaine. La guerre au Kivu sera toujours au centre de deux rencontres. Mais le bras de fer, si bras de fer il y a, entre Laurent Nkunda et Bosco Ntaganda pour le leadership du CNDP, suscite plusieurs interrogations. Kinshasa risque de se retrouver en face de deux CNDP et ne savoir avec qui négocier. Une situation inconfortable qui met en péril le processus de pacification au Kivu.

Le 31 janvier, l’Union africaine et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs réuniront à Addis-Abeba la délégation du Gouvernement de Kinshasa et celle de la rébellion armée du Congrès national pour la démocratie et le progrès, CNDP. En attendant, les pourparlers se poursuivent pour se mettre d’accord sur les termes de référence de l’accord formel de cessez-le-feu qui était attendu d’ailleurs depuis hier mercredi. Le médiateur attitré, le nigérian Olusegun Obasanjo, ayant quitté la capitale kenyane pour consultation à New York, au Conseil de sécurité, c’est le co-facilitateur, le tanzanien Benjamin M’Kapa, qui supervise les négociations, en étroite collaboration avec le ministre kenyan des Affaires étrangères, Moses Watengula.

Cependant, le chemin qui conduit vers la paix est encore long et parsemé d’épines. A titre d’exemple, la scission pas encore confirmée officiellement au sein du CNDP risque de porter ombrage aux efforts fournis par la Communauté internationale. Cette scission menace sérieusement le processus de pacification au Kivu. En lieu et place de deux interlocuteurs, Kinshasa risque de se retrouver devant un choix difficile et périlleux, si jamais sur le terrain, le CNDP Bosco Ntaganda consacrait le « putsch » qu’il annonce avoir réalisé.

Cette situation aux conséquences imprévisibles met déjà en ballotage la paix au Kivu.

CPS_SUF35_120109202310_photo02_photo_default_512x334La thèse du piège

Depuis que Bosco Ntaganda a annoncé le limogeage de Nkunda, il est toujours prématuré d’admettre cette version. Tout, jusqu’ici, ressemble à un coup « monté et manqué » dans la mesure où Nkunda donne toujours l’impression de tenir les rênes du CNDP. Le fait que cet incident se soit produit à la veille de la reprise du troisième round de Nairobi III, ressemblait plus à un canular, à une manœuvre de diversion pour retarder le processus de Nairobi.

Pour preuve, ce sont bel et bien les délégués de Nkunda qui continuent à siéger à Nairobi avec le gouvernement et la facilitation internationale. Olusegun Obasanjo s’est déplacé pour Jomba où il a rencontré Nkunda et non Bosco Ntaganda afin de dégager des pistes de solutions.

Mais pas plus tard que mardi 13 janvier, le chef d’état-major du CNDP qui prétend avoir renversé Nkunda persiste et signe : « Nkunda a été destitué et la porte est ouverte pour une sortie en douceur », affirme Kamanzi, porte-parole du CNDP-Bosco. Menace claire que Bosco Ntaganda pourrait recourir à la violence pour limoger effectivement l’actuel président du CNDP. Ce qui conduirait au scénario de l’Ituri avec des affrontements entre « milices ou fractions dissidentes », compliquant davantage l’équation paix.

Toutefois, un élément nouveau dans sa déclaration : Bosco rejette toutes les « ambitions nationales de Nkunda » au nom du CNDP. Il se dit « prêt à collaborer avec Kinshasa pour traquer les FDLR ; qu’il respecte l’ordre constitutionnel en place et ne remet pas en cause la convention sino-congolaise ». Faits dénoncés par Nkunda qui réclame pratiquement la remise en cause de l’ordre constitutionnel actuel.

Piège ou pas, ce sont des éléments susceptibles de bousculer les réunions d’Addis-Abeba, et cela n’est pas fait par hasard.

Carte_20KivuKivu, le seul gagnant

La première question est celle de savoir à qui profite cette scission ou confusion ? Interrogation pertinente dans la mesure où Nkunda et Bosco sont tous des alliés de Kigali. Dans le soutien que le Rwanda apporte au CNDP, il vise en premier lieu le contrôle des deux Kivu, tel que le mentionne très bien le « Plan Cohen ». Dès lors que Nkunda a manifesté des « ambitions nationales », il s’éloignait des préoccupations réelles de Kigali.

Pas étonnant que « le pouvoir rwandais » le lâche pour créer un CNDP- Bis avec Bosco Ntaganda qui est en train de mieux rencontrer les préoccupations rwandaises. C’est-à-dire, que le Kivu « soit toujours plus près de Kigali ». Cette hypothèse s’inscrit encore dans le « Plan Cohen », et au-delà celui de la balkanisation de la RDC, peu importe le temps que cela pourrait prendre.

Mais quelle est l’approche de Kinshasa face à cette situation pour autant que l’objectif est de voir le « Kivu gagné » en termes de paix ? Kinshasa n’a d’autre choix que de faire preuve d’ingéniosité en s’appuyant sur « des stratèges » pour gérer au mieux sa démarche. De prime abord, Kinshasa a l’obligation politique de continuer à composer avec la communauté internationale et aller jusqu’ au bout de Nairobi III. Une initiative soutenue par la Résolution 1856 du Conseil de sécurité qui intègre le Programme Amani et l’Accord de Nairobi signé par la RDC et le Rwanda, consacrant ainsi « le succès diplomatique » de Kinshasa.

Il y a là justement une ouverture à travers laquelle Bosco Ntaganda devrait s’engouffrer pour manifester effectivement ses bonnes intentions de paix, de respect de la Constitution et s’attirer la sympathie de la Communauté internationale. De deux, Kinshasa commettrait une grave erreur politique en cherchant à engager des « contacts directs » avec Bosco qui n’a pas encore reçu le quitus de la facilitation internationale. Et tant que cette confusion ou scission au sein du CNDP n’apporte pas encore des éclaircies, Kinshasa doit demeurer prudent. Et seuls les « vrais stratèges », convaincus de la cause nationale, peuvent déceler les failles pour que le processus de facilitation au Kivu arrive à bon terme. O.M/Le Potentiel

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