LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

03 décembre 2008

Les Belges dos au mur

degucht_454En relançant le projet d’envoi d’une force européenne dans l’Est de la République Démocratique du Congo, les Belges se sont pratiquement mis la corde au cou. Leur ministre des Affaires Etrangères, Karel de Gucht, a en effet accepté la proposition du Secrétaire Général de l’ONU, Ban Ki-Moon, de voir la Belgique non seulement soutenir l’idée au niveau de l’Union Européenne mais aussi contribuer avec des troupes.Pour d’aucuns, le Royaume de Belgique, ancienne puissance tutrice de la RDC de 1908 à 1960, se trouve devant une lourde responsabilité historique, celle de sauver son ancienne colonie. Cela est d’autant vrai que les Nations Unies ont les regards tournés vers Bruxelles pour donner une réponse immédiate à la demande de la France, qui assure la présidence de l’Union Européenne, de voir les 27 Etats affiliés se concerter rapidement pour permettre à la fameuse « mission intermédiaire » ou, mieux, force d’interposition de prendre corps.

Selon nombre d’observateurs, le gouvernement belge devrait se faire violence pour reconsidérer sa décision de ne plus envoyer des troupes dans ses ex-colonies, après la tragédie du massacre de dix commandos belges à l’aéroport de Kigali, en 1994, en marge des troubles consécutifs à l’attentat meurtrier contre l’avion du président Juvénal Habyarimana. Au regard de l’agitation que suscite le drame congolais au sein de l’opinion belge, laquelle presse les officiels de leur pays à s’impliquer sans tarder dans la prise en charge de la catastrophe humanitaire, ceux-ci commencent à parler d’une seule voix.

Marianne Thyssen par exemple, présidente du CDNV, a avoué récemment que la situation dans l’Est du Congo était affreuse et qu’il fallait faire quelque chose. Elle pensait notamment aux 250.000 nouveaux déplacés que la guerre vient de jeter sur le chemin de l’exil intérieur, en sus du million déjà comptabilisé par les humanitaires. Alors que la classe politique belge, dans sa large majorité, est favorable à la participation active des troupes belges au sein de la force européenne appelée à intervenir en RDC, un préalable se fait jour : c’est l’exigence d’un débat préalable au Parlement. On croit savoir que les choses pourraient se préciser rapidement, étant donné que le Secrétaire général de l’ONU attend la réponse du gouvernement belge, à lui transmettre par le Premier ministre Yves Leterme, au 5 décembre 2008 au plus tard.

Le second préalable, dans l’hypothèse d’un avis favorable des parlementaires, serait que les soldats belges opèrent absolument sous le label de l’Union Européenne et pour un délai strictement limité dans le temps. Certains parlent d’une période qui ne devrait pas excéder 5 à 6 mois, le temps pour l’ONU de mobiliser les 3.000 casques bleus supplémentaires attendus pour renforcer le contingent de la Monuc, actuellement chiffré à 17.500 hommes. Le député Daniel Ducarme a toutefois posé quelques questions fort embarrassantes : qui sera en charge de la force européenne, les instances de décision de l’ONU ou celles de l’Union européenne ? New York ou l’état-major européen qui se trouve à Postdam ? Et sur le terrain, qui donnera le Go si, par exemple, il faut engager des hélicoptères dans une action offensive ? »

Ce qui paraît plus ou moins acquis est que les soldats belges sont logistiquement en mesure de se déployer rapidement à l’aéroport de Goma pour le sécuriser, à l’image de la bonne conduite de leurs frères d’armes positionnés à Kaboul. Les militaires belges seraient aussi désireux d’avoir comme partenaires à Goma les 750 casques bleus béninois présents au sein du contingent de la Monuc, en raison du fait que ces derniers avaient été formés et équipés par leur pays.

Enfin, on pense que le ministère belge de la Défense devrait solliciter naturellement des crédits pour une action humanitaire d’envergure au Congo, surtout que le ministre Charles Michel est partisan d’une telle initiative. Apparemment, les Belges semblent prêts à faire la sourdine aux vociférations de Kigali, qui pourrait les accuser de n’avoir pas tiré les leçons de leur implication présumée dans le génocide Tutsi de 1994. Ainsi, le décor d’une opération Artémis/bis parait solidement planté. Le Phare

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