LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

24 octobre 2008

Nkunda au-dessus de la Constitution

_44501347_nkunda_bbc203Laurent Nkunda, général dissident à la tête du Conseil National pour la Défense du Peuple (CNDP), fait de plus en plus figure de « citoyen spécial » de la République Démocratique du Congo.

En effet, il vient, à lui tout seul, d’être gratifié d’une sévère mise en garde par le Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations Unies, à partir de New York, , à la suite de ses récents propos appelant à « un soulèvement national ». Le CNDP, rappelons-le, s’affiche depuis presqu’un mois comme « Mouvement de libération totale du Congo ». Pendant que la communauté internationale s’évertue à exhorter ce chef rebelle à se réinvestir dans le Programme Amani et l’Accord de Nairobi visant le retour d’une paix durable dans notre pays et qu’elle enjoint tous les groupes armés étrangers à « déposer immédiatement les armes et à se présenter, dans plus tarder et sans condition, aux autorités congolaises et à la Monuc, en vue de leur désarmement, rapatriement, réinstallation ou réintégration », c’est le flou au sujet des troupes de Nkunda.

Les Congolais ont le net sentiment que l’armée nationale et la rébellion du CNDP sont logées à la même enseigne. Il est en effet interdit à l’une et à l’autre de conquérir de nouvelles positions, une façon d’encourager le CNDP à ne pas se presser pour rejoindre le Programme Amani.

Voilà pour le décor actuel. Mais, lorsque les observateurs revisitent la nouvelle Constitution de la République, promulguée par le Chef de l’Etat en février 2006, ils sont stupéfaits de constater que Laurent Nkunda s’est largement mis en marge de ce texte fondateur de la 3me République. Deux dispositions constitutionnelles attirent particulièrement l’attention de vrais patriotes. Article 52 : « Tous les Congolais ont droit à la paix et à la sécurité, tant sur le plan national qu’international. Aucun individu ou groupe d’individus ne peut utiliser une portion du territoire national comme base de départ d’activités subversives ou terroristes contre l’Etat Congolais ou tout autre Etat. »

A l’article 64, on peut lire ce qui suit : « Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution. Toute tentative de renversement du régime constitutionnel constitue une infraction imprescriptible contre la nation et l’Etat. Elle est punie conformément à la loi. »

Où sont passés les légalistes ?

Les termes de la Constitution sont clairs au sujet des mouvements insurrectionnels menés en solo ou en groupes. Il n’y a en principe pas à transiger sur les actes que posent Nkunda et ses troupes. La RDC héberge en son sein un citoyen qui s’est rendu coupable d’une grave violation de la loi fondamentale du pays. L’on a affaire à un rebelle qui devrait subir la rigueur de la loi. On peut dès lors se poser des questions.

Pourquoi les décideurs politiques congolais, qui devraient simplement appliquer la Constitution laissent-ils faire Nkunda ? Pourquoi avoir concocté le Programme Amani contre un citoyen qui nourrit manifestement l’intention de renverser les institutions de la République ? Que se passe-t-il entre les autorités congolaises et l’Onu pour ne pas sanctionner un individu qui vient d’aggraver son cas en invitant l’ensemble du peuple congolais à le rejoindre dans sa croisade de « libération totale du Congo », un message qui ne veut rien dire d’autre que la prise du pouvoir par les armes ? A quel jeu se livre la Monuc, toujours omniprésente sur les fronts militaires de l’Etat et empêchant tantôt les soldats du CNDP tantôt ceux des Fardc, de consolider leurs victoires militaires ?

Avec le recul du temps, on est en droit se demander aussi quel objectif poursuivaient les architectes de l’Acte d’engagement de Goma (janvier – février 2008) en élaboration une résolution faisant injonction au gouvernement d’élaborer, en faveur des responsables et troupes de ce mouvement rebelle, une loi portant amnistie des faits de guerre. Il y a tellement de zones d’ombre dans le dossier Laurent Nkunda, au pays comme à l’extérieur, que certains compatriotes sont tentés de croire en l’existence d’un agenda caché, dont la grande victime serait le peuple congolais. Dieu seul sait à quel prix ce général dissident négocierait la paix, si c’est cela vraiment le schéma établi par les « tuteurs » de la RDC.

Quant au commun des Congolais, il va continuer à chercher à savoir si la Constitution de la République vaut encore un penny. Il lui est permis de douter de la force d’un texte qui devrait s’imposer à tous mais qui, au fil du temps, est en train de montrer ses limites face à certains citoyens intouchables, car couverts par des protections suspectes, en RDC comme ailleurs. O.M/Le Phare

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