19 août 2008
Le président zambien Levy Mwanawasa est décédé
Le président zambien Levy Mwanawasa est mort dans un hôpital parisien où il était hospitalisé depuis début juillet après une attaque cérébrale, a annoncé mardi le vice-président Rupiah Banda sur les médias d'Etat.
Le président Mwanawasa est mort "ce matin à 10H30" (08H30 GMT) à Paris, a indiqué le vice-président en déclarant un deuil national de sept jours. "Les citoyens doivent rester calmes durant cette période", a-t-il ajouté.
Levy Mwanawasa était l'une des rares voix du continent à ne pas être impressionnée par la stature historique du président zimbabwéen Robert Mugabe, contre lequel il a plus d'une fois haussé le ton.
Elu à la présidence de la Zambie en 2001, Levy Mwanawasa, 59 ans, s'est démarqué de l'habituelle culture de solidarité entre leaders africains pour dénoncer les maux du Zimbabwe.
En mars 2007, il comparait son voisin, englué dans un marasme économique sans précédent, à "un Titanic en train de sombrer".
Alors président de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), il a tenté de pousser la région à l'action quand le Zimbabwe s'est enfoncé dans la violence après les élections du 29 mars.
Quinze jours après le scrutin, il convoquait un sommet de crise de la SADC auquel il invitait le chef de l'opposition zimbabwéenne Morgan Tsvangirai. Piqué, Robert Mugabe boycottait la réunion tandis que son régime accusait M. Mwanawasa d'agir à la solde de l'Occident.
Malgré les efforts du leader zambien, la région a maintenu un profil bas. "Le silence de la SADC est scandaleux", en a conclu Levy Mwanawasa.
Son attaque cérébrale fin juin en marge d'un sommet de l'Union africaine (UA) l'avait empêché d'élever la voix contre la réélection contestée de M. Mugabe, mais samedi son ministre des Affaires étrangères Kabinga Pande s'en est chargé, en son nom, lors d'un sommet régional.
Agé de 16 ans quand son pays, alors colonie britannique, a accédé à l'indépendance en 1964, Levy Mwanawasa n'a pas été marqué par l'oppression d'une minorité blanche et n'a pas participé à la lutte pour la libération.
Contrairement à de nombreux dirigeants de la région, il ne partage rien avec Robert Mugabe, 84 ans, qui a accédé au pouvoir en 1980 après avoir fait tomber le régime ségrégationniste de Ian Smith.
Né le 3 septembre 1948, cet avocat de formation a défendu avec pugnacité plusieurs dossiers liés à des violations des droits de l'Homme, ce qui lui a valu d'être surnommé "icibumba", le "mur en béton".
En 1991, il est nommé premier vice-président de Frederick Chiluba, arrivé au pouvoir au cours du premier scrutin pluraliste de Zambie.
Il démissionne de ce poste en 1994, pour protester contre ce qu'il perçoit comme du laxisme à l'égard de la corruption et du trafic de drogue. Un an plus tard, il annonce son départ de la scène politique.
En 2001, M. Chiluba le présente comme le candidat à la présidentielle de son parti, le Mouvement pour la démocratie multipartite (MMD). M. Mwanawasa est élu à l'issue d'un scrutin controversé, manipulé selon certains par M. Chiluba.
Rapidement, il se démarque de l'image de "marionnette" que lui ont collée ses opposants et se retourne contre son mentor, lançant une croisade anticorruption contre lui et ses proches.
En 2006, il emporte un deuxième mandat face au vétéran de la politique zambienne Michael Sata, qui conteste les résultats. L'après-scrutin est marqué par des affrontements violents entre partisans de l'opposition et forces de l'ordre.
Loué par l'Occident pour sa gestion saine des finances publiques, M. Mwanawasa a contrôlé l'inflation et attiré de nombreux investissements étrangers, notamment chinois dans le secteur minier.
Malgré une croissance économique soutenue, la Zambie se classe toujours en 165e position sur 177, au classement de l'ONU des indices de développement humain (IDH) et les deux tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté.
Le chef de l'Etat avait eu un accident de voiture dans les années 1990 et une première attaque cérébrale en 2006. Son mandat devait courir jusqu'en 2011, mais en raison de sa santé fragile, il avait indiqué ouverte en janvier la course à sa succession.
Son épouse Maureen a été pressentie pour lui succéder. "Je pense que j'appartiens au réservoir de futurs leaders", a-t-elle confié en février, tout en niant quelque ambition présidentielle.
Entreprises publiques : bradage en vue
....................................................La promulgation le 7 juillet de quatre lois relatives à la réforme des entreprises publiques vient de relancer un vieux débat, encore d’actualité dans le bouillant microcosme politique. Même si l’on se refuse à prononcer officiellement le mot, sans doute parce qu’il passe mal dans l’opinion , il faut reconnaître que la machine de la privatisation des entreprises publiques est bien en marche. Mais, le danger réside dans cet engrenage infernal d’une maffia politico-économique sans scrupule. Il faut éviter que l’aboutissement de la réforme des entreprises publiques consacre un bradage systématique de ce qui reste encore des entreprises publiques.
Plus de doute sur la réforme des entreprises publiques. Le gouvernement de la République démocratique du Congo a fini par lever définitivement l’option d’une profonde restructuration des entreprises publiques.
Depuis la promulgation le 7 juillet 2008 de quatre lois relatives à la réforme des sociétés d’Etat, le portefeuille de l’Etat vit une nouvelle ère. Car dans l’esprit de ces quatre lois, certaines entreprises publiques devront adopter un nouveau statut, selon qu’elles seront transformées en sociétés commerciales, en établissements publics. Celles qui ne répondront pas à ces critères au regard de leurs performances, seront purement et simplement dissoutes ou liquidées.
Pareille mutation des entreprises publiques ne pouvait donc pas laisser indifférente l’opinion publique. Des interrogations fusent de partout et de tout ordre. Sont concernés en premier lieu les mandataires publics.
Jeudi 14 août 2008, ils ont été conviés par le ministère du Portefeuille, aidé dans ce processus par le Conseil supérieur du Portefeuille et le Comité de pilotage de la réforme des entreprises publiques (Copirep), à une matinée d’information sur la réforme ders entreprises publiques.
DESENGAGEMENT OU PRIVATISATION ?
Tout le débat tourne autour du contenu exact de cette réforme, son opportunité et ses chances éventuelles de réussite ainsi que son calendrier précis pour les jours à venir. Mais ce qui importe, c’est d’éviter « un jeu subtil de concept », de lever une option précise et claire en songeant en priorité à « l’Agent principal » de ces sociétés, c’est-à-dire le travailleur. Et ensuite, au bénéfice que l’Etat doit tirer de ces réformes pour soutenir l’économie nationale.
La pilule est, certes, amère. Le gouvernement en est conscient. Car si ces quatre lois fixent le cadre de la réforme, c’est sur terrain que l’on entend mesurer la nette volonté de l’Exécutif à mener à bien un processus. La ministre du Portefeuille le dit mieux tout en soulignant que ce processus, « ne découle pas du seul souci d’impulser la bonne gouvernance mais aussi de la nécessité de mettre en cohérence la gestion du Portefeuille de l’Etat avec les options fondamentales du gouvernement dans le domaine économique ». « En effet, enchaînera-t-elle, de l’interventionnisme étatique à outrance d’hier, qui a montré ses limites sur l’impulsion de l’économie et l’inefficacité de l’Etat dans le domaine productif, l’option du gouvernement est aujourd’hui celle du libéralisme, c’est-à-dire de la promotion de l’initiative privée qui est le principal gage de la création de richesses et d’emplois. Autrement dit, l’Etat doit se désengager autant que possible du secteur productif et marchand pour se consacrer davantage à sa mission de régulation ».
C’est dire que, sur le principe, la réforme des entreprises publiques est désormais irréversible. Pour le gouvernement, la restructuration à laquelle il pense soumettre dans les tout prochains mois ces unités économiques, est destinée à redynamiser le portefeuille de l’Etat, en laissant confronter certaines entreprises, jadis publiques, aux lois d’un environnement libéral.
En décidant de se désengager de quelques sociétés publiques, en s’associant éventuellement aux privés, le gouvernement vient de s’offrir un grand challenge qui l’oblige notamment au devoir de transparence dans la cession des parts de l’Etat au sein de ces entreprises. Et, c’est toute la nébuleuse qui entoure désormais ce processus. Quand on se réfère à toute la razzia qui s’est manifestée dans le secteur minier, avec le démantèlement de la Générale des carrières et des mines, il y a de bonnes raisons de s’inquiéter d’un processus qui risque, comme d’autres initiés dans un passé récent, de consacrer officiellement le bradage des entreprises publiques.
Si tout le monde s’accorde sur la nécessité de réformer les entreprises publiques, des préalables s’imposent cependant avant de se lancer dans cette épreuve. N’était-il pas opportun que le gouvernement envisage d’abord la stabilisation des activités des entreprises publiques avant de les soumettre à une quelconque réforme ? Quel intérêt tire l’Etat congolais en se désengageant des entreprises publiques pour des rasions que lui seul maîtrise alors qu’il pouvait bien les réanimer en les soumettant à une cure d’orthodoxie financière ? Autant plane le doute sur la réussite de la réforme des entreprises publiques.
Même si l’on se résigne, dans des fora officiels d’évoquer clairement le sujet en terme de privatisation, il est tout à fait évident que l’objectif de l’Etat est d’y arriver. Mais, par quel moyen et sous quelle couverture ?
RECENTRER LE DEBAT
C’est exactement à ce niveau que devrait normalement se centrer le vrai débat. Les entreprises publiques sont certes malades. Au-delà de ce fait, maintes fois évoquées par le gouvernement, il faut également admettre que depuis des années, ces unités de production ont été mal gérées, fragilisées par diverses interférences politiques. Aujourd’hui, ceux qui ont émietté ces entreprises n’ont pu trouver pour seule voie - aidés en cela par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international - que le désengagement de l’Etat, autrement dit la privatisation. Erreur !
Lorsqu’on sait qu’il y a moyen de faire mieux, en soumettant notamment les mandataires publics à des règles strictes de gestion, en combattant l’ impunité, il y a toujours lieu d’espérer.
Dans ce décor troublé, les inquiétudes abondent au sujet de la réforme des entreprises publiques, de la manière que le gouvernement compte la mener. Ce qui est à craindre, c’est que remodelées, ces entreprises se retrouvent entre les mains prédatrices de cette maffia politico-économique qui a agi déjà en RDC. C’est malheureusement elle qui pilote, à l’ombre, la réforme des entreprises publiques. Attention donc à ces vautours qui sont à l’affût et attendent dépiécer les entreprises publiques.
Après les avoir mises à genou, la même maffia qui s’est cyniquement signalée dans le secteur minier congolais se prépare aujourd’hui à assener un grand coup fatal au portefeuille de l’Etat. D’où cet acharnement observé autour de la réforme des entreprises publiques. Que quelques unités de production ont été fragilisées à dessein. Aujourd’hui, l’on ne prêche que par la réforme, convaincu que c’est l’unique solution pour soit disant, tirer du gouffre les entreprises publiques. Mais en réalité, par un bon tour de passe-passe, permettre à un groupe d’opportunistes de prendre le contrôle de l’économie nationale.
C’est vrai que les entreprises publiques se retrouvent dans une situation calamiteuse. Mais, les raisons de cette débâcle, comme reconnues par Mme la ministre du Portefeuille, sont de plusieurs natures. Pour l’essentiel, a-t-elle souligné, « ces raisons tiennent certes à la mauvaise gestion interne des entreprises publiques, aux interférences politiques mais aussi à l’inadéquation du cadre juridique consacré jadis par la loi n°78-002 du 06 janvier 1978, qui organisait le fonctionnement des entreprises publiques ».
Aussi, s’il y a nécessité de réformer, ne valait-il pas la peine de commencer par le plus urgent, c’est-à-dire réorganiser la gestion de ces entreprises publiques au lieu de pousser subtilement l’Etat à s’en détourner ?
Privatisation en Afrique
A l’exception de quelques pays (Afrique du Sud, Maroc, Tunisie), nombre d’opérations de privatisation en Afrique, en général, n’ont pas donné les résultats escomptés, notamment le développement d’un secteur privé diversifié et compétitif.
Les graves crises sociales qui se sont traduites par des pertes d’emplois et le renchérissement des prix de certains biens et services ont non seulement renforcé l’hostilité et la méfiance des populations, mais ont aussi parfois débouché sur une inversion du processus et une renationalisation des entreprises, notamment dans les grands services publics comme l’eau, l’électricité, les télécommunications ou encore les chemins de fer. Tel en fut le cas en Tanzanie ou encore en Namibie.
Le bilan décevant de l’échec des politiques de privatisations s’explique surtout par le non respect de certains préalables institutionnels. Beaucoup de programmes de privatisation se sont enlisés faute d’objectifs clairs ou à cause de la poursuite simultanée d’objectifs incompatibles.
Les privatisations se sont effectuées le plus souvent dans un contexte de flou juridique et réglementaire. Elles se sont souvent opérées sans la mise en place de mécanismes favorables à une réelle concurrence entre les opérateurs. En conséquence, les privatisations s’apparentaient à la transformation d’un monopole public en monopole privé, qui était à la fois peu efficace et mal accepté.
Ainsi, l’échec du processus des privatisations vient du fait qu’on a assisté à un transfert de propriété d’un monopole public bureaucratique et corrompu à un monopole privé, mais pas à l’émergence d’un secteur privé performant et compétitif. En conséquence, pour que les privatisations transforment des sociétés d’État mal gérées et budgétivores, en entreprises privées efficaces et compétitives, il faut les inscrire dans le cadre d’une réforme institutionnelle globale, qui tient avant tout à l’émergence d’un Etat de droit.
Dans le cas de la RDC où la corruption, le clientélisme, le détournement des deniers publics, et la mauvaise gouvernance sont devenus endémiques, il n’est pas inutile de se poser la question de savoir si le congolais moyen trouvera son compte dans la réforme des entreprises publiques ( ?)…
Monsengwo enfonce le clou... UDPS de Tshisekedi vise 2011 !
A la demande de l’archevêque de Kinshasa, Mgr Laurent Monsengwo Pasinya, les chrétiens catholiques de Kinshasa ont été conviés hier dimanche, à suivre, dans leurs paroisses respectives et à l’occasion des cultes dominicaux, la déclaration de la Conférence Episcopale Nationale du Congo, rendue publique le jeudi 10 juillet 2008. Ce message, rappelle-t-on, invitait les fidèles catholiques à « se réveiller », entendez à prendre en charge leur destin face aux faiblesses des animateurs des institutions de la République.
Entre autres maux dénoncés par les évêques congolais, on peut citer la généralisation de la corruption, la montée de la crise sociale et de ses corollaires ( la misère, le chômage, la famine, le taux élevé de mortalité, la déperdition scolaire, la prostitution), l’accentuation de la fracture sociale entre riches et pauvres, le déficit du leadership politique, les violations massives des droits de l’homme, l’insécurité et la criminalité, la persistance des conflits armés à l’Est, la stagnation des 5 chantiers de la République, la crise de l’habitat, etc. Pourquoi l’archevêque de Kinshasa a-t-il décidé de « réchauffer un plat » qui, manifestement, s’était refroidi. C’est, croit-on savoir, pour interpeller davantage ses « brebis » au sujet de la prise de conscience collective des problèmes existentiels qui les accablent au quotidien.
En effet, plus d’un mois après l’interpellation de la Cenco, les actions restent timides sur le terrain de la lutte contre la corruption, l’insécurité, les mauvaises conditions de vie, l’instabilité politique, l’absence de l’autorité de l’Etat,etc. L’Eglise catholique de Kinshasa semble avoir pris l’option de sensibiliser suffisamment sa « base », de manière à ce qu’elle ne se trompe, lors des échéances électorales concernant la petite territoriale en 2009 et plus tard celles de 2011 sur la qualité et l’identité de ses futurs gouvernants. La Cenco n’a-t-elle pas proclamé, à mi-parcours, l’échec des élus de 2006 et 2007 ? Au niveau de la hiérarchie catholique de la capitale, la nouvelle alerte relative à la non matérialisation de nombreuses promesses électorales peut être considéré comme un refus de continuer à cautionner la marche du pays à reculons, 48 ans après l’indépendance.
Préambule
1. Nous, Archevêques et Evêques, membres de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), réunis du 07 au 11 juillet 2008 en Assemblée plénière, saisissons l’occasion de la célébration du 48e anniversaire de l’indépendance de notre pays, pour adresser à notre peuple et à nos dirigeants un message d’espérance et d’interpellation qui lance en même temps un vibrant appel à la vigilance si nous voulons atteindre réellement le niveau d’indépendance tant rêvé par les héros nationaux.
Notre indépendance
2. Comme nous le recommande notre hymne national, le bel idéal confié à notre peuple et à nos dirigeants lors de l’accession de notre pays à l’indépendance était celui d’appeler tous les Congolais à « se mettre debout, à s’unir dans l’effort pour l’indépendance, à redresser les fronts longtemps courbés, à prendre le plus bel élan pour bâtir dans le labeur un pays plus beau qu’avant». Un tel idéal ne se construit pas les bras croisés dans l’idée que d’autres viendront construire le pays à notre place. Il exige un engagement total de la population et des ses gouvernants. Le travail des analystes et les observations des personnes avisées nous mènent à la conclusion que nous sommes encore loin de réaliser ce beau rêve de bâtir un Congo toujours plus beau qu’avant. Effectivement ce qui se laisse voir à nos yeux, c’est hélas ! le spectacle dramatique d’un Congo toujours exsangue et extraverti ; c’est le spectacle d’un Congo où la population de plus en plus meurtrie, appauvrie, plongée dans une misère sans nom, continue à broyer du noir et se demande désespérément : « jusques à quand cette souffrance » !
Ce qui se laisse voir à nos yeux, c’est le spectacle des hommes et des femmes fatigués : fatigués de la crise multiforme, crise politique, crise spirituelle, crise morale, crise des valeurs ! Que des gens fatigués de la misère et de la violence !
3. A deux ans du grand jubilé d’or (50 ans) de l’indépendance de notre pays, il est urgent de changer de mentalité et de perspectives et d’envisager des réformes profondes, notamment structurelles, bref de s’engager résolument pour affronter le défi de la misère sociale. Celle-ci a pour noms l’insécurité, la violence, la faim et la malnutrition. L’impératif doit maintenant être clair et absolument décisif : nous mettre debout en vue de construire notre destinée . Comme Saint Paul qui exhortait les fidèles de Rome à la vigilance, nous vous interpellons : « Il est temps de nous réveiller » (Rm.13,11b), pour ne pas brader notre souveraineté nationale et trahir notre nation. Nous redisons avec force : « Le Congo n’est pas à vendre ».
« L’avenir du Congo appartient aux Congolais ».
Nous estimons que c’est là notre devoir de pasteurs : accomplir notre mission prophétique avec le courage de la vérité, un grand sens de responsabilité devant Dieu et devant l’histoire, l’audace des sentiers nouveaux, dans le souci d’instruire, d’accompagner le peuple et d’édifier la nation autant que le Corps du Christ. Ce faisant, l’Eglise ne cherche pas à se substituer à l’Etat ou aux gouvernants. Elle souhaite simplement mettre chacun devant ses responsabilités en replaçant l’homme au cœur des choix politiques et socio-économiques, tout en exigeant considération et justice pour tous, à commencer par les plus démunis.
Des raisons d’espérer
4. Il est vrai qu’un long chemin a été parcouru depuis une dizaine d’années pour remonter la pente dans la reconstruction du pays. Nous reconnaissons, comme nous l’avons signalé dans un précédent message , que notre pays dispose de beaucoup d’atouts qui peuvent nous permettre de reprendre très vite une place de choix dans le concert des nations tant au niveau continental que mondial. C’est le cas notamment du fonctionnement des institutions issues des élections démocratiques, de la présence des ressources humaines de grande qualité, des ressources naturelles d’une valeur insoupçonnée. Nous notons comme signe d’espoir, l’afflux des aides en faveur de notre pays.
Les travaux d’intérêt public en projet sont une prise de conscience de la nécessité d’équiper le pays en infrastructures nécessaires à son développement. Il est donc hautement souhaitable que toutes les régions du pays bénéficient équitablement des bienfaits des aides destinées à la reconstruction du pays Cela ressort aussi du discours du Président de la République qui affirme que son ambition est « de développer les infrastructures de base sur l’ensemble du territoire national, permettant une meilleure circulation des biens et des personnes » .
Toutefois, il y a encore beaucoup de situations préoccupantes qui risquent de mettre en danger l’avenir de notre pays si nous n’y prenons garde notamment la corruption, la misère sociale, l’insécurité, l’exploitation irrégulière et illégale des ressources minières et forestières.
Situations préoccupantes La corruption
5. Dans notre pays, autant chez les Congolais que chez les partenaires de la communauté internationale, la corruption a atteint des proportions aussi inquiétantes qu’insupportables. Cela interpelle notre cœur de pasteurs. Aujourd’hui tous les services se monnayent et s’achètent en bonne conscience. Même ceux qui se disent chrétiens ne se gênent plus à monnayer des décisions politiques, économiques, judiciaires, voire académiques. Comme au temps de la vigne de Nabot, l’argent achète tout et le pauvre se fait déposséder de ses biens (cfr 1R. 21,1-16).
La corruption est devenue le cadre général de vie et d’action socio politique en RD Congo. Il y a péril en la demeure. Pour bâtir un grand Congo ne serait-il pas urgent de décréter une année de lutte contre la corruption ?
La misère sociale
6. De partout dans le pays on fait état d’une misère noire qui frappe la population. Avec la flambée des prix de denrées alimentaires, la famine mondiale est à nos portes. Une couche de la population jeune est désabusée et se livre à la drogue ou à des abus sexuels. A travers toutes les provinces du pays, des contrées entières semblent purement et simplement abandonnées par l’Etat dans un enclavement qui hypothèque tout développement pour les populations. Ne nous voilons pas la face, en RD Congo des personnes meurent de faim. A travers tout le pays des familles entières sont frappées par la crise alimentaire et sont laissées sans assistance conséquente de l’Etat.
Jusques à quand les habitants d’un pays qui en réalité dispose de tant de potentialités agricoles, forestières, lacustres, fluviales, doivent-ils continuer à se nourrir grâce à des programmes d’aide humanitaire?
C’est scandaleux et inacceptable !
Il y a aujourd’hui un mur qui sépare toujours davantage les riches des pauvres. La tension salariale entre les hommes politiques et les agents de l’Etat appelle des réformes urgentes. Bien des salaires ne sont toujours pas payés, les enseignants et bon nombre d’agents de l’Etat sont clochardisés. Ce qui fait craindre une nouvelle vague de grèves à la prochaine rentrée scolaire si rien n’est fait pour les enseignants. Il est surprenant que même des sociétés minières n’arrivent plus à payer leurs agents. De leur côté, les militaires ont eux aussi droit à une solde digne car ils mettent en péril leur vie au service de la Nation.
La misère sociale nous interpelle. Nous ne pouvons accepter une démocratie à deux vitesses, où il y a d’un côté ceux qui vivent dans l’opulence et de l’autre ceux qui doivent se contenter des miettes .
7. Des constructions de luxe et des lotissements pour les grands ne doivent pas faire oublier la nécessité des logements sociaux, des écoles, des centres de santé. Le manque d’une vraie politique d’habitat entraîne comme conséquence la dégradation de l’environnement accentuée par des constructions anarchiques et des érosions, l’occupation intensive de l’espace avec des risques de plus en plus grands d’insalubrité, de surdensité et de promiscuité qui à son tour est une porte ouverte à la relativisation des valeurs et des moeurs ainsi qu’à des violences de toutes sortes. La misère sociale devient un véritable problème de sécurité humaine. Nous tirons donc la sonnette d’alarme par rapport à la situation des démunis. On ne bâtit pas une nation sans une réelle politique de la prise en compte des besoins de la population ni de la valeur effective pour sa vie.
La faiblesse de l’autorité de l’Etat et l’insécurité
8. Nous continuons à espérer l’émergence d’un « leadership plus visionnaire et dynamique, à tous les niveaux et dans tous les secteurs ». A l’heure actuelle la faiblesse de l’autorité de l’Etat se manifeste par une insécurité croissante et une instabilité politique persistante. Nous saluons à ce sujet le Saint-Père, le Pape Benoît XVI qui, dans son entretien avec le Président de la République, Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Joseph KABILA, a rappelé à juste titre cette question récurrente de l’insécurité particulièrement dans les deux provinces du Nord et du Sud Kivu Dans notre message de février dernier, nous avons salué en ce domaine la grande avancée obtenue à la conférence de Goma avec « l’Acte d’engagement » signé par les groupes armés et le gouvernement ainsi que la mise sur pied du programme « AMANI» pour le suivi et l’aboutissement heureux des résolutions de cette Conférence.
Aujourd’hui tout en soutenant ce programme, nous attirons l’attention sur le fait que cet acte d’engagement est souvent violé. Les signataires semblent avoir oublié leur serment. Les affrontements réguliers sont signalés ici et là dans la région entre les différents groupes. Des bandes armées continuent à mener une vie autonome et nocive, et recrutent même à nouveau des enfants, en marge de l’autorité de l’Etat, de la Conférence de Goma et du programme AMANI. Plus encore la présence des groupes armés étrangers et l’exploitation de minerais dans les carrières ont fait augmenter le taux des violences sexuelles.
La plupart des victimes souffrent des traumatismes et surtout des infections sexuellement transmissibles. Le délabrement avancé du réseau routier et l’absence des moyens de transport contribuent à la stagnation de la situation. L’insécurité semble aujourd’hui généralisée dans le pays. Des assassinats ciblés des personnes sur les routes et dans les maisons se multiplient. Des Eleveurs Mbororo immigrés dans le Nord de la Province Orientale, sacrifient les champs de la population, tuent tout autre herbivore, en faveur de leurs vaches. Des éléments de la rébellion Ougandaise LRA pillent dans les paroisses et maisons religieuses enrôlent des jeunes dans leur rébellion, et réquisitionnent des adultes pour des travaux forcés dans leurs champs.
Des FDLR et autres réfugiés rwandais contrôlent encore des portions du territoire. Des Congolais sont refoulés de l’Angola dans des conditions inadmissibles. Des frontières sont de plus en plus sans contrôle. Autant de situations qui devraient interpeller le Gouvernement.
Les ressources naturelles
9. Nous sommes convaincus de l’impérieuse urgence de prendre à bras le Corps le problème de l’exploitation irrégulière, illégale, massive et abusive, des ressources minières et forestières de notre pays. Les contrats léonins et les trafics d’influence mettent à nu la cupidité de nos congénères autant que des étrangers. Comme nous l’avons relevé dans plusieurs de nos messages , nous continuons à croire qu’au lieu de contribuer au développement de notre pays et profiter à notre peuple, les minerais, le pétrole et la forêt sont devenus des causes de notre malheur.
Nous faisons nôtre ce diagnostic lucide de l’Assemblée Episcopale Provinciale de Lubumbashi : « Il est clair que les minerais ne profitent ni à notre population ni à notre peuple. Alors que les bénéfices des investisseurs croissent sensiblement, les travailleurs, eux, s’appauvrissent davantage. Notre économie locale n’en tire apparemment pas le profit. Le peuple se demande à qui profite finalement l’exploitation minière au Katanga ».
Plusieurs études menées par des experts fiables attestent que beaucoup de contrats consacrent le pillage et l’aliénation de la plupart des droits miniers sans aucune compensation réelle, à la hauteur des actifs cédés. Toutefois, nous reconnaissons que des efforts réels sont fournis par le gouvernement en ce domaine. Nous nous réjouissons notamment de la publication du rapport de la commission de revisitation des contrats miniers et des lettres que le Ministre des mines a adressé à 62 entreprises minières concernées par la révisitation des contrats.
Cependant, la vigilance s’impose.
C’est pourquoi nous continuons à demander au Gouvernement, au panel des ministres créé en mars 2008 : 1° de rendre public les termes de référence de renégociation ; 2° de recruter des experts Congolais et internationaux ; 3° de donner des mesures et des conditions de renégociation ; 4° d’associer la société civile à la renégociation. C’est dans ces conditions, pensons-nous, que le bien être économique et social de la population pourrait être garanti.
La CENCO est prête par sa Commission ad hoc à prendre part à cette table de renégociation. L’examen de ces situations préoccupantes nous impose à agir de manière urgente. Nous devons élaborer des propositions concrètes susceptibles de relever ces grands défis. L’heure n’est plus aux beaux discours. Il est temps de passer à l’action à travers des engagements urgents à réaliser. Engagements fermes en matière sociale 10. A la suite du Pape Benoît XVI dans son message au sommet de la FAO à Rome, nous affirmons que « La faim et la malnutrition ne sont pas des fatalités». Ce qui manque ce sont des décisions courageuses et des reformes profondes.
Le droit à l’alimentation répond principalement à une motivation éthique. « Ce droit fondamental, rappelle le Pape, est intrinsèquement lié à la sauvegarde et à la défense de la vie humaine, roc solide et inviolable sur lequel est fondé l’édifice de droits humains » . Toute personne a droit à la vie. Ainsi, il est légitimement attendu du Gouvernement de : - promouvoir la mise en œuvre effective d’un tel droit.
L’Etat doit aider les populations qui souffrent de manque de nourriture à devenir graduellement capables de satisfaire leurs exigences d’une alimentation suffisante et saine ; - veiller qu’une tension salariale équitable fasse partie du mécanisme légal et des pratiques de la solidarité nationale ; - s’engager à verser régulièrement le salaire du personnel de la Fonction publique ; - reprendre de toute urgence un programme de production agro-pastorale de base avec relance des industries de production et de transformation. Il est urgent de remettre la population au travail agricole.
11. En matière sécuritaire Nous demandons : - la restauration et la consolidation de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national ; - la constitution urgente d’une vraie armée républicaine. Que le gouvernement publie un chronogramme à ce sujet avec une volonté ferme de le respecter ; - la pression de la communauté internationale sur les chefs de guerre qui maintiennent en otages leurs hommes de troupes et les populations civiles ; - l’engagement réel de tous les partenaires dans la résolution, selon le droit international, du problème des réfugiés rwandais.
12. En matière d’éducation civique Nous recommandons : - la reprise du programme d’éducation civique axée sur la participation des citoyens à la gouvernance locale et le lancement de toute urgence d’un programme national de lutte contre la corruption ; - la poursuite de l’éducation aux valeurs en famille, à l’école, dans les médias et dans un environnement moralement sain.
13. En matière d’exploitation de ressources naturelles - Nous attendons de l’Etat l’engagement ferme de poursuivre dans la transparence la renégociation des contrats miniers dans l’intérêt du peuple congolais. - Nous avons suivi de près le dossier de la signature du protocole d’accord et celle de la convention de collaboration entre la RD Congo et le Groupement des entreprises chinoises (22 avril 2008).
Vu l’importance de cet investissement, nous demandons aux autorités de notre pays, de veiller à ce que cette convention puisse améliorer effectivement les infrastructures et générer des nombreux emplois, favoriser le transfert des technologies, assurer la formation, impliquer les populations locales afin que leur bien être social et économique (article 127 du règlement minier) soit garanti. - Nous nous engageons pour notre part à œuvrer pour la sensibilisation de la population en ce qui concerne son implication et sa responsabilité dans la gestion des ressources naturelles. De plus notre commission ad hoc travaille à la publication d’un Vade mecum du citoyen congolais pour la gestion des ressources naturelles.
Ce document aura pour objectif de rappeler les comportements à observer en face des exploitants et des structures étatiques qui gèrent le dossier des exploitations et favoriser la concertation entre les populations locales, les autorités publiques et les exploitants miniers, pétroliers et forestiers. Il visera également à tracer la voie pour une prise en charge de cette problématique par l’ensemble du peuple congolais.
Conclusion : Au peuple congolais 14. Réveillons-nous! L’heure de nous mettre au travail a sonné. Il n’est plus question des ajournements. Nous avons souvent subi notre destin, il est temps de choisir de bâtir notre destinée. La tâche est certes immense, les défis à relever innombrables, les obstacles majeurs, mais ne succombons pas à la tentation du défaitisme. Gardons l’espérance qui seule peut nous mobiliser en vue d’affronter notre pénible présent et envisager l’avenir avec optimisme et réalisme, lucidité et responsabilité. Celui qui espère affirme le Pape Benoît XVI, vit différemment ; une vie nouvelle lui a déjà été donnée . 15. C’est cette espérance qui nous convainc que « notre histoire présente ne reste pas fermée sur elle-même, mais elle est ouverte au Règne de Dieu. C’est pourquoi ni le désespoir ni le fatalisme ne peuvent être justifiés quant à l’avenir… » .
Notre préoccupation majeure est d’inviter les gouvernants et le peuple congolais dans son ensemble à réfléchir sans complaisance sur la qualité du patrimoine que nous léguerons à la postérité. La République est un patrimoine qu’on ne peut se permettre de léguer de manière quelconque à nos enfants. A l’horizon du jubilé d’or de l’indépendance, il est temps de nous réveiller pour apporter aux générations à venir non plus un Congo de pleurs et de larmes, de divisions et de guerres mais un Congo de paix et de justice, de réconciliation et de fraternité.
Tout le monde doit prendre sa part de responsabilité pour bâtir ensemble ce grand et beau Congo. Qu’en cette année dédiée au Bienheureux Isidore Bakanja, témoin courageux du Christ en tout lieu et en toute circonstance, confiants en l’amour maternel de la Vierge Marie, Reine de la Paix, Notre-Dame du Congo et Notre-Dame de l’Espérance, de nombreux fils et filles de notre peuple se mobilisent pour gagner le pari de la construction de notre pays. Que Dieu bénisse et protège la RD Congo. Le Phare
L'autopsie controversée...
..............................................Comme si son rapport n'était pas assez explicite, le médecin-légiste est attendu aujourd'hui devant le Tribunal militaire de garnison de Ngaliema. Il sera accompagné par le préposé au service d'embaumement de la clinique Ngaliema.
Ce travailleur a déjà été entendu sur procès-verbal par le parquet militaire. C'est à la suite de certaines de ses réponses entretenant un certain flou qu'il est attendu au Tribunal militaire de garnison de Ngaliema. Aujourd'hui, à la demande des avocats de la famille Botethi, le Dr Nzuzi Ntula et l'embaumeur pourront se soumettre au feu nourri des questions de la partie civile, des juges et de l'auditeur militaire de garnison de Ngaliema. Ils seraient peut-être amener à livrer à la même occasion quelques secrets de leurs travaux. Il y a un mois , ils étaient seuls avec le corps de Daniel Botethi, devant leur conscience.
Aujourd'hui, ils seront face à un tribunal militaire en quête de la lumière sur le crime odieux commis sur l'avenue Haute tension. Quelles surprises nous réserve leur audition ? Vente d'effets militaires par des éléments de la GR Dans le procès Botethi, deux officiers de la Garde républicaine, non membres de la bande à Mwewa et Kadi Mununga, font l'objet des poursuites judiciaires du chef de vente des effets militaires. L'auditeur militaire accuse les lieutenants Kalonji et Didier Mungongo d'avoir vendu ou cédé des armes et des tenues de la GR à Patrick Mwewa, Kadi et consorts.
Et ce sont ces armes et tenues qui ont servi à l'assassinat de Daniel Botethi. Vendredi dernier, les deux lieutenants en détention préventive au CPRK dans le cadre de cette même affaire, ont subi leur examen de passage et montré qu'ils sont de l'école de Kadi. Ils n'ont reconnu aucun fait, exigeant que ces armes et munitions restantes soient exhibées devant le tribunal. Leurs avocats ont réclamé plus : les numéros de ces armes, le service qui les utilisait, un procès-verbal de vol attestant leur disparition. Et s'il y a eu vente, de présenter les vendeurs et les acheteurs.
Cette demande n'a pas rencontré de réponse satisfaisante de la part de l'organe de la loi, qui s'est appuyé sur les aveux faits par Patrick Mwewa pour asseoir son accusation. Pour l'auditeur militaire, quelle autre preuve voudrait-on dans ce dossier ? Il a évoqué, à ce sujet, des points de doctrine développés par le professeur Nyabirungu Mwene Songa, pour soutenir que l'aveu est la reine des preuves, avant d'ajouter les indices et les témoignages. Débat doctrinaire mal argumenté par la défense ? Un des avocats des prévenus a contesté cette référence doctrinaire.
Selon lui, les aveux peuvent être extorqués par des moyens violents et transcrits dans une langue non usuelle pouvant les dénaturer. Dans ce procès, a-t-il soutenu, le doctrinaire Nyabirungu ne serait pas d'accord avec l'auditeur militaire. Il a conclu que la défense est une grande école des doctrinaires. Friand des coups de gueule, Me Théodore a relevé que le professeur Nyabirungu a beaucoup écrit et qu'il ne serait pas indiqué d'évoquer sa publication des années '80. Pour cet avocat, l'organe de la loi a tout intérêt à réviser son interprétation de la doctrine.
S'estimant frustré par ces propos , l'auditeur militaire s'est indigné de voir que les élèves du doctrinaire Nyabirungu renient leur maître, alors que les élèves d'hier, prétendus doctrinaires d'aujourd'hui, n'ont à leur actif aucune publication. Ce débat une fois clos, le tribunal militaire s'est intéressé au prévenu Junior Sushungu. Ce jeune homme, âgé aujourd'hui de 19 ans, se retrouve mêlé dans l'assassinat de Daniel Botethi à cause de ses relations avec des éléments de la GR dont Ngoy Kasongo alias « Moto ya Katanga ».
Selon les éléments du dossier, Junior Sushungu collaborait avec Ngoy Kasongo alias Moto ya Katanga et ses comparses de la GR grâce à la cabine téléphonique de son grand-frère qu'il gérait sur le boulevard Lumumba. Coïncidence malheureuse pour ce jeune prévenu, cette petite maison de communication était située à quelques mètres de la tente des éléments de la GR plantée non loin de l'Hôtel « La Ndjili ». Ngoy Kasongo, son vieux du quartier, le rencontrait assez souvent et lui avait même confié son groupe électrogène pour location.
Les relations entre l'élément de la GR et Sushungu remontent, a indiqué le jeune homme, à l'époque où il avait encore 10 ans. Le président du tribunal s'est étonné de constater qu'un adolescent entretenait des relations particulières avec un élément de la Garde républicaine, alors que dans le quartier où habitait Moto ya Katanga, il y avait beaucoup d'autres garçons. Me Raoul a cherché à connaître les liens qui rattachaient son client à la bande à Patrick Mwewa. Est-ce pour avoir vécu ensemble dans le quartier Salongo ou est-ce pour le fait qu'il venait régulièrement téléphoner à la cabine des Sushungu ?
Aucun élément probant, aucun indice, à son avis, ne montre que Sushungu peut être poursuivi pour association des malfaiteurs. Signalons qu'aujourd'hui, le tribunal militaire attend le lieutenant-colonel Kanyama, commandant district de la Lukunga, pour venir expliquer ce qu'il a trouvé sur le lieu du crime et pourquoi, selon les avocats de la partie civile Botethi, les lieux étaient pollués, et même débroussaillés. La même observation a été faite par les experts. A cette audience, le greffier doit présenter tous les objets saisis sur Junior Sushungu, les armes FA et Aka, l'imperméable et la cagoule de Kadi. Direct cd
JO PEKIN 08:LES MOMENTS FORTS.. 10èmJ. LA CHINE OFFRE AU MONDE UN VISAGE BIEN PLUS HUMAIN.. LA SOUFFRANCE,PUISSANCE UN MILLIARD!
JO PEKIN...
Télézapping des JO
Gary Kikaya se qualifie pour les demies finales du 400 m
Gary Kikaya Senga, l’unique représentant congolais encore en lice aux Jeux Olympiques de Pékin, s’est qualifié ce lundi matin pour les demies finales du 400 mètres plat. Le congolais a terminé 4eme de sa série en 44 secondes 89 centièmes
Il a très peu couru cette saison, en raison d’une blessure contractée en début de l’année. L’ex champion d’Afrique du 400 mètres Gary Kikaya vise une place en finale aux côtés de l’américain Geremy Waryner, champion du monde et champion Olympique, maître incontesté de la distance.


