13 août 2008
Kabila-Gizenga: Les secrets d’un couple
Il était donné pour partant. Il a fini par surprendre tous les analystes et démentir tous les prophètes. Antoine Gizenga Fundji serait toujours, aux dernières nouvelles, à la tête du gouvernement, même dans une formule revue et corrigée qui ne lui déplairait pas nécessairement. Chronique des petits secrets d’alcôve d’un couple qui a encore des beaux jours devant lui. De tout petits hommes avaient-ils été aperçus en mai dernier à Kikwit à l’occasion de la visite du couple Kabila-Gizenga ? La rumeur, qui raffole des mystères, y avait en tout cas profondément cru, certes sans jamais en apporter la preuve formelle. Mais n’était-on pas dans ce pays de l’imaginaire, où l’on voyait Pierre Mulele doté des pouvoirs surnaturels, capable de disparaître et de se rendre invulnérable aux balles ?
Il est vrai que, de son côté, le pouvoir n’avait pas non plus engagé des efforts pour démentir, y trouvant sans doute matière à renforcer cette dimension mythique qui, en Afrique, est intimement attachée à la vie des chefs et des puissants… Reste, légende ou pas, que la rumeur avait précédé un fait politique qui semble de plus en plus se préciser aujourd’hui, au point de passer pour l’une des dominantes du premier mandat constitutionnel de Joseph Kabila Kabange.
A savoir la solidité et l’étroitesse du lien qui unit le Président de la République à son Premier Ministre. Adversaires politiques, observateurs comme analystes ont dû se rendre à l’évidence : sauf accord d’Antoine Gizenga Fundji lui-même, qui écrirait le scénario, choisirait le jour et annoncerait l’heure, le Premier Ministre restera bien à son poste, en dépit des menaces d’une rentrée qui s’annonçait chaude à l’horizon de septembre.
Parlementaires boudeurs, enseignants et fonctionnaires en colère, parents dépassés par la pression de la rentrée scolaire…rien que des nuages dans le ciel. Le prix à payer pourrait – c’est vrai - être la nomination de deux Vice-premiers ministres. Mais personne ne peut, très sérieusement, croire qu’un tel réaménagement soit possible sans le OK du principal intéressé, c’est-à-dire du chef du gouvernement acceptant de partager ses charges avec deux adjoints. Rien ne dit non plus que dans le lot, il n’y aurait pas, parmi les candidats, un qui aurait sa caution et jouirait de sa confiance.
Rien ne dit qu’en toute hypothèse, le patriarche ne parrainerait pas lui-même un candidat, quitte à éclairer, à posteriori, les turbulences qui ont récemment agité la maison Palu, ciblant particulièrement Godefroid Mayobo, ministre près le Premier Ministre devenu l’homme à abattre pour les nombreux frustrés du parti d’Antoine Gizenga. Ceux-là qui pensent que « Godé » les empêches d’atteindre le patriarche, ou que c’est lui qui leur refuse les emplois auxquels ils croyaient avoir automatiquement droit. Les cadeaux du patriarche Une seule raison explique ce soudain accès de réalisme, même assaisonné d’attaques à fleurets mouchetés au sein de la coalition majoritaire. A savoir qu’on ne peut changer de Premier Ministre sans remettre en cause l’accord qui avait mis ensemble l’AMP, l’Udemo et le Palu.
Comment, en effet, divorcer d’avec le patriarche sans son accord ? Comment revenir sur les termes de l’accord fondateur de la majorité sans pousser le Palu à reprendre aussitôt sa liberté ?
Joseph Kabila qui sait à quel point il a été élu intuitae personae, peut-il, très sérieusement, prendre le risque de s’enfermer dans le ghetto du PPRD et se faire bouder par l’électorat de l’Ouest ? Il y a eu plus. Il y a eu ces cadeaux qu’on n’oublie pas, qui fondent des amitiés et sollicitent la reconnaissance éternelle des partenaires, qui tissent les liens les plus solides au sein du couple, capables de résister aux caprices de la météo et à l’usure du temps. C’est le cas, notamment, du geste posé en son temps par Antoine Gizenga Fundji, en demandant aux militants du Palu de s’enrôler.
C’est cet acte là qui avait effectivement relancé la machine d’un processus électoral qui avait tendance à s’enliser dans l’ouest du pays et, particulièrement, dans la capitale. Résultat : l’Udps restait le seul grand parti à demeurer dans le camp du refus, favorisant du coup sa diabolisation au sein d’une Communauté internationale déterminée à organiser les élections en RDC pour justifier les immenses moyens financiers débloqués. Il suffit d’imaginer un seul instant quel impact aurait eu la coalition Udps-Palu engagée contre le processus électoral pour appréciser à sa juste valeur le geste posé à l’époque par le parti lumumbiste unifié et son leader. Ce n’est pas tout.
Au lendemain du premier tour de la présidentielle et des législatives, le pays paraissait irrémédiablement coupé en deux, entre l’Est où le chef de l’Etat avait été élu en dehors de toute étiquette partisane, et où il apparaissait que nombre de ceux qui bombent le torse aujourd’hui au sein de la majorité avaient eu la « sagesse » soit de créer leurs propres structures, soit de se présenter en indépendants, refusant d’être assimilés au parti présidentiel, et l’Ouest qui, faute d’être totalement acquis à J.P. Bemba, n’en exprimait pas moins un vote protestataire.
Là aussi, il a fallu l’engagement d’Antoine Gizenga et du Palu pour gommer la fracture Est-Ouest et arracher ces scores inespérés qui ont pu faire la différence, là où la partie orientale du pays ne pouvait plus rien après avoir réalisé le plein au premier tour. Ce qui a fait dire aux analystes qu’en réalité, Joseph Kabila a été élu grâce aux voix de l’ouest. Il reste à désigner l’artisan et à lui en reconnaître les mérites. O.M/Le Phare
Code congolais des hydrocarbures / Pétrole : faut pas rêver
De nouvelles traces de pétrole dans le littoral Atlantique congolais et dans le Graben Albertine font décidément monter les ambitions de la RDC. Trahis par les revers du cuivre, déçus par les caprices du diamant, les Congolais rêvent d’entrer, cette fois, dans le très fermé cartel des producteurs africains de pétrole. Mais le pétrole, par expérience, n’enrichit que les pays qui investissent financièrement dans le capital de l’entreprise exploratrice. Le Code des hydrocarbures, en discussion, tiendra-t-il compte de cette évidence, pour éviter au pays de se contenter de modestes royalties?
Depuis lundi s’est ouvert à Kinshasa le Congrès national du pétrole, gaz et exposition, COPE. Un congrès qui connaît la participation des experts nationaux et étrangers avec comme double objectif : examiner l’ Avant- projet du Code des hydrocarbures et le Congrès africain du pétrole, gaz et exposition prévu en 2010.
Force est de saluer cette initiative du ministère des Hydrocarbures, du moins en ce qui concerne le Code des hydrocarbures, répondant ainsi aux préoccupations soulevées par l’Assemblée nationale. Question de donner un support juridique aux investisseurs. L’on se rappellera que lors de l’interpellation du ministre des Hydrocarbures, l’Assemblée nationale avait insisté sur l’élaboration d’une « Politique pétrolière » en République démocratique du Congo pour une exploitation rationnelle de ce secteur dans l’intérêt supérieur de la Nation. Un travail attendu pour cette session parlementaire de septembre. Ces assises, comme il a été souligné dans des discours de circonstance, doivent être une véritable consultation nationale afin d’intégrer toutes les observations émises jusqu’ici dans le but de donner une nouvelle impulsion à ce secteur. D’où cette nécessité de bien dégager les insuffisances contenues dans l’ordonnance - loi n°67-231 du 11 mai 1967 et l’ordonnance - loi n°81-013 du 2 avril 1981.
PETROLE : UN PRODUIT NATIONAL ET INTERNATIONAL
Dans cet élan de codifier le secteur pétrolier, il est important de s’appuyer sur le passé pour éviter toujours de revenir à la case départ. Les cas les plus frappants sont ceux des secteurs minier et forestier. Malgré les innovations apportées dans ces nouveaux codes, il s’est avéré, au grand dam de tout le monde, que c’est toujours l’Etat congolais qui est perdant. C’est ainsi que dans plusieurs cas, l’Etat congolais ne dispose que de 20 à 30% des parts pendant que des investisseurs, souvent douteux, sans capital, ne débarquant au Congo qu’avec des attache cases vides avant de s’octroyer la p
art du lion.
Le pétrole demeure avant tout un « produit national ». De tous les temps, la gestion de ce secteur a souffert d’une gestion opaque qu’il n’apparaît pas dans les budgets élaborés jusqu’ici par différents gouvernements. Les royalties versées par les sociétés pétrolières accusent des zones d’ombre et les montants rendus publics sont toujours dérisoires.
Des améliorations à apporter dans ce sens devraient aller dans le sens de contraindre l’Etat à participer effectivement dans toutes les opérations pour revendiquer ses droits. Car, il ne sert à rien de condamner une loi tant que la gestion est légère, opaque. On se retrouverait dans la même situation que celle connue dans le secteur minier et forestier.
D’autre part, le pétrole est également un « produit international », soumis à toutes les fluctuations du marché et pressions géopolitiques. A cause justement de cette dimension géostratégique, la RDC a subi des pressions, des interférences et s’est retrouvée au centre des enjeux régionaux et internationaux à cause du cuivre, du diamant, du cobalt, et nous en passons. Il en sera de même avec le pétrole pour autant que le pétrole congolais, selon les experts, appartient au bassin du Golfe de Guinée. Moins exploité jusqu’ ici par rapport au pétrole du Moyen-Orient, et riche en teneur ainsi qu’en réserves, le « pétrole congolais » risque d’attirer de nombreux investisseurs et susciter plusieurs convoitises. On le sent déjà avec le pétrole du Graben Albertine entre l’Ouganda et la RDC à travers des sociétés britanniques et canadiennes pendant que les sud-africaines s’apprêtent à entrer également dans la danse. Le même engouement est observé avec le pétrole du littoral Ouest, au-delà l’exploitation conjointe de la «Zone d’intérêt commun » entre l’Angola et la République démocratique du Congo.
En d’autres termes, ce congrès ne devrait nullement verser dans des rêves. Eviter surtout de prendre des fantasmes pour des réalités pour autant que les retombées ne sont pas toujours immédiates. Le pétrole, au même titre que le cuivre, est un atout nécessaire à toute économie nationale. Par ces temps qui courent, le pétrole peut aider à renflouer les caisses et à doter le gouvernement des moyens de sa politique. Mais comme il faut regarder autour de soi, suivre l’exemple du cuivre en RDC qui a connu des hauts et des bas, les pays pétroliers voisins du Congo n’ont pas connu un boom économique et social avec l’envolée du prix du baril. Mais si l’Angola, pour ne citer que ce cas, pose des actes concrets, c’est parce que l’Etat angolais y participe dans toutes les opérations pour tirer des bénéfices conséquents. Au Tchad, les 10% des revenus pétroliers qui devraient être consacrés aux « générations futures » ont servi à l’achat et la guerre a repris de plus bel dans ce pays pendant que la Banque Mondiale rompait avec N’Djamena. Le présent « Code » prévoit également un « Fonds en faveur des générations futures ». Quels sont les gardes- fous pour que ce fonds soit bien géré ?
Tel est le sens à donner aux questions orales et interpellations enregistrées dernièrement au niveau de l’Assemblée nationale. Si ces préoccupations ne sont pas prises en compte au stade actuel dans le but d’assainir le secteur pétrolier, la RDC ne peut avoir des ambitions sur le plan africain.
LE PETROLE : UN POTENTIEL POUR BOOSTER L’ECONOMIE
Le potentiel pétrolier congolais peut faire oublier les minerais et propulser l’économie nationale jusqu’à dépasser les années du boom du cuivre, en terme de revenus pour le Trésor public. Pour soutenir cette thèse, des analystes confient qu’à elle seule, Perenco Rep, pour une production de 15.000 barils en on shore et 10.000 en offshore, verse au Trésor public plus de 300 millions de dollars américains, selon des sources indépendantes, et 200 millions Usd, à en croire des voies officielles.
Quant au ministre des Hydrocarbures, il avait déclaré au Parlement que la République pouvait engranger 600 millions de dollars américains additionnels dans le cadre de l’exploitation sur la « Zone d’intérêt commun » avec l’Angola dans le littoral Ouest. Il n’est pas loin de la réalité. Toutefois, il y a lieu de relever qu’une participation conséquente de l’Etat dans l’investissement à toutes les étapes permettrait d’aller au-delà.
A lui tout seul, le bassin de la Cuvette centrale représente des réserves estimées à 4 milliards de barils. Les études, en cours, confiées à une firme brésilienne permettront de connaître les emplacements. Elles iront jusqu’à les classifier par bloc. Les revenus attendus dans ce cadre se chiffrent à des milliards de dollars Us. Lorsque l’on connaît la hauteur des ressources internes mobilisées pour le budget de la République, ces chiffres font rêver.
Ces chiffres font certainement rêver. Mais est-il que les pays africains qui ont mis du sérieux dans la valorisation de leurs ressources pétrolières tirent des bénéfices substantiels du produit de leur investissement. Ainsi, l’Angola, pour ne citer que ce pays africain, se propose un budget annuel de près de 50 milliards Usd. L’année dernière, il s’était doté d’un budget national de près de 30 milliards Usd.
La hausse constante du prix du baril sur les marchés mondiaux encourage d’aller vite dans la concrétisation d’une politique rationnelle d’exploitation du pétrole en RDC. A échéance, selon des estimations non encore certifiées, la RDC, grâce à son pétrole, pourrait se doter rapidement d’un budget en équilibre de plus de 5 milliards Usd en ressources internes, principalement celles issues de la production et de la commercialisation pétrolière. Tout dépend du sérieux que mettra l’Etat dans l’organisation de ce secteur ainsi que du choix des partenaires appelés à apporter des capitaux. Là aussi, revient la récurrente question de la capacité des plénipotentiaires de la RDC lors des négociations.
C’est à ce prix que la RDC peut prétendre jouir des bienfaits de la hausse actuelle sur les marchés mondiaux, dans le but de requalifier le vécu quotidien de ses populations. Avec une économie booster par ces ressources additionnelles. O.M/Le Potentiel
PHOTO DU JOUR: JO USA BOXE POIDS LOURDS... Quand Obama s'apprêtait à boxer McCain... Knock out !
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Un cliché datant de février 2006, montrant Obama armant son poing devant un McCain hilare, lors d'une audition sur l'encadrement du lobbying à Washington. Le courant avait l'air de passer !
O.M...et...Oui... L'heure de vérité approche !!!
Michael Phelps devient le sportif le plus titré de l'histoire des Jeux
L'Américain Michael Phelps affole les compteurs. A peine le natif de Baltimore a-t-il remporté le 200 m papillon, mercredi 13 août à Pékin, avec le record du monde (1 min 52 s 03) à la clé, qu'il récidive quelques minutes plus tard pour empocher le titre du 4×200m nage libre avec le relais américain. Deux nouvelles médailles d'or qui font de Michael Phelps le sportif le plus titré de l'histoire des Jeux olympiques avec onze titres. Une série en cours, puisque le nageur de 23 ans poursuit également sa quête du record absolu du nombre de titres olympiques lors des mêmes JO, détenu par son compatriote Mark Spitz depuis Munich en 1972 (7 médailles d'or).
JO PEKIN 2008... CLIQUEZ CI-DESSOUS POUR VOIR LES PHOTOS
O.M...bravo les champions
LA POLITIQUE DU VENTRE... Le MSR reste dans l’AMP !
Au cours d’un point de presse, lundi 11 août 2008, le Président national a.i du MSR, Yves Mobando, a fixé l’opinion sur l’état de relations au sein de l’AMP. Il demande au président provincial/MSR- Province Orientale, Ramazani Tabora, d’avaler sa frustration. Le poste de Secrétaire exécutif de l’AMP/Province Orientale, à l’origine du malentendu, sera occupé par le PPRD.
Le MSR fait toujours partie de l’AMP et continuera à manifester sa loyauté à Kabila.
C’est Yves Mobando qui réagit. Il est le Président national a.i du MSR- Mouvement Social pour le Renouveau. Yves Mobando a convoqué les journalistes, hier lundi 11 août 2008, pour leur dire que le Président provincial du MSR/Province Orientale, Ramazani Tabora, qui a annoncé tambour battant la rupture avec le PPRD, avait agi par impulsion.
« Les problèmes, dans une famille, ne manquent pas. Quand ils surviennent, il faut savoir les résoudre en famille. L’incident est clos. Le MSR et le PPRD appartiennent à une même famille, nous nous battons pour un même objectif et nous continuerons à manifester notre loyauté au Président de la République, Joseph Kabila ».
Ceci dit, Yves Mobando a demandé, comme si besoin en était, aux journalistes de ne pas édulcorer ses propos. Si la frustration n’était pas profonde au sein de l’AMP, le Président provincial du MSR/Province Orientale, Ramazani Tabora, aurait-il pris une décision si lourde de menaces et de conséquences ?
Ramazani Tabora a très mal digéré que le PPRD occupe le poste de Secrétaire exécutif/AMP-Province Orientale. Selon lui, ce poste aurait dû de droit et naturellement revenir au MSR. Cela conformément, justifie Ramazani Tabora, aux accords de Kinshasa relatifs au partage du gâteau entre membres de l’AMP. Yves Mobando, tout en soulignant que dans une alliance les responsabilités sont partagées, comprend l’octroi du poste de Secrétaire exécutif AMP/Province Orientale au PPRD. Un autre membre, non moins influent du MSR, Koyagiolo, ci-devant Secrétaire exécutif national adjoint de l’AMP, est du même avis que le Président national a.i du MSR. Il est dit que le MSR préside déjà l’Assemblée provinciale de la Province Orientale. Il est aussi dit que le PPRD est largement majoritaire là-bas.
Que la décision de Ramazani de rompre avec l’AMP soit mise, par la hiérarchie du parti, dans la corbeille de saute d’humeur, accès de colère ou que sais-je encore, ne vide pas la question de partage du pouvoir qui envenime les relations entre composantes de l’AMP. En réalité, Ramazani Tabora n’a dit tout haut que ce que la plupart de gens de l’AMP disent sous le couvert de l’anonymat.
Plusieurs cadres de la famille politique de Kabila, dont les ambitions ont, semble-t-il, été mal gérées, attendent une chose : le partage des responsabilités dans les entreprises mixtes. Ils pensent sérieusement, pas seulement en se rasant, à voler de leurs propres ailes. Des partis politiques sont en gestation, d’autres circulent dans des mallettes. Chacun attend son heure. Qui plus, la survie de l’AMP dépend de la capacité de sa direction à gérer les ambitions qui s’expriment et du respect des accords fondateurs. O.M/LPM
Procès Botethi : « l’appel radio » au centre des débats
Une seule évidence ressort de la disparition tragique du député provincial Daniel Botethi Loleke : c’est l’appel radio sur Motorola qui l’a poussé à changer d’itinéraire. Pour la partie civile, c’est donc cette communication de la police qui a causé sa mort. En vue d’élucider ce point, plusieurs témoins, en majorité éléments de la police, se sont succédé à la barre à l’audience du mardi 12 août 2008. Il y a eu aussi Mme le bourgmestre de Ngaliema et l’opérateur de la SNEL commis à la station Haute Tension. But poursuivi par les avocats de la famille Botethi : découvrir si cet appel décelait un piège.
Si le vice-président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa n’avait pas changé d’itinéraire dans cette fatidique nuit du 5 au 6 juillet 2008, sûrement qu’il ne serait pas tombé dans l’embuscade tendue par les assaillants. C’est pourquoi, le tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema a eu à entendre neuf témoins à l’audience d’hier mardi 12 août. Responsables à différents niveaux, ils ont eu à s’expliquer sur ce qui s’est passé cette nuit-là.
La première à être entendue a été Mme Inoma Nsengi Fatuma, bourgmestre intérimaire de la commune de Ngaliema. Cette dernière a dit avoir été informée du meurtre à 4h00’’ du matin par le commandant du commissariat de Ngaliema. Quant aux tirs de balles du quartier St Luc, elle n’en a jamais été au courant. Ceci, du fait qu’elle ne possède pas une radio de communication Motorola. Ici, Me Nyango s’est dit étonné. Car pour lui, c’est cette communication qui a désaxé l’honorable Botethi.
Pour sa part, l’inspecteur adjoint Mbunga Bin Kadjemba, commissaire de Ngaliema, a informé le tribunal qu’il avait entendu l’appel sur les tirs à hauteur de Haute Tension depuis le camp Lufungula où il purgeait une punition.
Quant à l’opérateur du commissariat de Ngaliema, il a affirmé avoir capté le message sur les tirs de St Luc et Mont Fleury vers 2h00’’ du matin. Aussitôt, il a envoyé ses « enfants » dans ce rayon. Mais comme ils étaient à pied, ils ont trouvé que tout était calme. Et ce message provenait du camp Lufungula. A propos des messages reçus cette nuit-là, il a affirmé n’avoir reçu que celui des tirs de St Luc. Mais rien sur celui du meurtre qui a été répercuté à 4h00’’.
Passé à son tour à la barre, le commandant du sous-commissariat de l’Ecole a déclaré que n’étant pas de service cette nuit-là, c’est l’officier d’ordonnance qui avait marqué dans le cahier de permanence avoir entendu deux coups de balles du côté du Palais de marbre. De son côté, le commissaire adjoint du sous-commissariat « Point Chaud » a dit avoir entendu deux coups de balles vers 2h00’’du matin, du côté de la brousse du Cercle hippique. Mais il n’a pu avertir personne. Car, son Motorola était déchargé.
En toute sincérité, le brigadier Landu, commis à la garde de la station SNEL/Haute Tention, a avoué au tribunal que pendant que tout cela se déroulait à quelques mètres de lui, il dormait dans le bureau. Il n’en est sorti que vers 6h00’’. C’est pourquoi, le ministère public l’a inculpé sur place de la prévention d’abandon de poste. Malgré toutes ces dépositions, la partie civile Botethi a conclu que le flou persistait toujours.
Il faudrait noter qu’à la fin de l’audience, le tribunal a eu à entendre le taximan Ngoma Mambueni Appolinaire. C’est-à-dire la dernière victime de Kady Munungu. En effet, c’est grâce à lui que Kady a été arrêté. Mais comme toujours, Kady a dit ne pas connaître cet homme, ni l’histoire qu’il était en train de raconter. Le Potentiel
Udps: La relève est assurée... Valentin Mubake et Rémy Massamba réhabilités
Nous voilà rassuré ! Il semblerait que la saga des troubles fêtes ne fait que commencer.
C’est à un véritable coup de théâtre qu’on est en train d’assister au sein de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, le parti d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba. Après plusieurs mois d’attaques, d’insultes et d’invectives réciproques, l’heure serait enfin arrivée pour une accalmie, pour un véritable rassemblement et pour un travail dans l’unisson pour affronter les défis qui attendent les combattants de la fille aînée de l’Opposition congolaise. Selon, en effet, des sources dignes de foi, le président du Comité National et le Secrétaire général de ce parti, Rémy Massamba, devraient réintégrer leurs fonctions à partir d’aujourd’hui.
Ainsi en aurait décidé le leader du parti en personne dans une correspondance parvenue à Kinshasa lundi, mais dont la teneur ne devrait être rendue publique que ce mardi à la faveur d’une conférence de presse convoquée par le 1er président du Comité Organisateur du Congrès de l’Udps. Voilà pourquoi le choix du lieu de cette conférence, soit la permanence située sur la 10ème rue Limeté, désertée depuis un certain temps, constitue un véritable symbole, celui des retrouvailles et de l’unité. Voilà aussi pourquoi Le Phare, voulant rester professionnel jusqu’au bout, livre l’information tout en usant de toutes les réserves d’usage jusqu’à ce que la vérité soit révélée. Quel que soit l’état d’âme des uns et des autres, quatre faits ressortent de cette évolution, si elle se confirme et que, cette fois, la signature n’est pas contestée comme on a eu malheureusement à l’entendre bien de fois.
Premièrement, la querelle qui avait élu domicile au sein de l’Udps entre certains cadres était artificielle dans la mesure où il revenait au Président du parti de lever la décision qui empoisonnait les relations. C’est désormais chose faite et les esprits devraient s’apaiser dans l’intérêt de tous.
Deuxièmement, les cadres et combattants de l’Udps devraient faire preuve de discipline et de cohésion pour se rassembler autour de leur leader qui a ainsi lancé le mot d’ordre de réconciliation.
Troisièmement : les acquis du travail réalisé dans la perspective de la convocation du congrès devraient être préservés dans la mesure où personne n’a, à ce stade, aucun intérêt à tout recommencer, sauf à vouloir embourber la machine.
Quatrièmement enfin, c’est, en tout état de cause, à l’unisson et la main dans la main que l’Udps devrait se diriger vers un congrès voulu de refondation pour la conquête du pouvoir.
C’est à la fois un défi psychologique qui requiert des ressources morales, mais aussi politique tant il interpelle la capacité de l’Udps à se remettre en cause et à se donner les moyens de son ambition, à commencer par l’unité.
Zimbabwe: accord de partage du pouvoir sans le principal parti d'opposition
Un accord pour la formation d'un gouvernement d'union a été conclu mardi entre le président zimbabwéen Robert Mugabe et une faction dissidente de l'opposition, reposant sur une fragile majorité qui exclut la principale formation de lutte contre le régime.
"Un accord a été trouvé entre le président Mugabe et le MDC-Mutambara, qui a été signé en présence du président (sud-africain Thabo) Mbeki", médiateur dans les négociations, a déclaré à l'AFP un responsable du parti au pouvoir, la Zanu-PF, sous couvert de l'anonymat.
Les représentants de la Zanu-PF et de la faction dissidente du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) dirigée par Arthur Mutambara poursuivaient leurs discussions dans la nuit de mardi à mercredi pour "mettre au point les détails techniques de la structure du nouveau gouvernement", a précisé la même source.
Le principal parti d'opposition, le MDC de Morgan Tsvangirai, semble devoir payer le prix de l'intransigeance des pourparlers, dans lesquels aucun des deux poids lourds n'entendait céder le contrôle de l'exécutif.
L'accord prive M. Tsvangirai de la majorité à la Chambre des députés issue des élections générales du 29 mars, qu'auraient détenue ensemble les deux factions du MDC.
L'opposant avait brusquement quitté dans la soirée de mardi l'hôtel de Harare où se tenaient les pourparlers, après quelques heures de négociations au plus haut niveau, destinées à sortir le Zimbabwe de la paralysie née de la défaite du pouvoir le 29 mars.
Les principaux protagonistes d'un gouvernement d'union avaient entamé de difficiles pourparlers dimanche, accumulant 24 heures de discussions en présence du médiateur Mbeki.
M. Tsvangirai était arrivé largement en tête au premier tour de la présidentielle le 29 mars. Mais il s'était retiré de la course avant le second tour le 27 juin, cédant face à l'ampleur des violences déchaînées contre ses partisans, qui ont fait selon le MDC 122 morts et des milliers de déplacés entre les deux scrutins.
Il réclamait au nom de cette victoire le contrôle du gouvernement. Mais le plus vieux chef d'Etat d'Afrique, soutenu par l'état-major de l'armée, de la police et des services secrets, n'entendait pas céder ses prérogatives accumulées depuis l'indépendance de l'ex-Rhodésie du sud britannique en 1980.
Selon le responsable de la Zanu-PF, toutefois, "la porte reste ouverte" à un retour du président du MDC à la table des négociations.
En sortant de l'hôtel peu après M. Tsvangirai, le secrétaire général du MDC Tendai Biti avait d'ailleurs affirmé que les "pourparlers ne sont pas morts". "Ils n'ont pas échoué. Nous marquons juste une pause", avait-il dit.
Le président Mugabe, quant à lui, s'était contenté d'un elliptique: "Tant que nous aurons des langues, nous discuterons".
Le porte-parole de la présidence sud-africaine, Mukoni Ratshitanga, a confirmé à l'AFP que le médiateur, arrivé samedi soir à Harare, devait rentrer en Afrique du Sud dans la nuit.
M. Mbeki, chargé de la médiation au Zimbabwe par ses pairs d'Afrique australe, accueille le week-end prochain un sommet du bloc régional à Johannesburg.
JO-2008: le kayakiste Boukpeti met le Togo sur la carte olympique
Qui eût cru que la première médaille olympique de l'histoire du Togo vienne du kayak? Benjamin Boukpeti, en bronze mardi sur le bassin de Shunyi, l'a fait, même s'il n'a qu'une vague idée du pays qu'il vient d'inscrire sur la carte des Jeux.
A la conférence de presse post-finale, il n'y en a eu que pour lui. A côté, le nouveau champion olympique Alexander Grimm pouvait bien attendre. C'était Boukpeti la star du jour.
Sommé de raconter son histoire, il s'est exécuté avec plaisir. Car il sait qu'elle vaut la peine d'être entendue. Né en France d'une mère française et d'un père togolais, Boukpeti ne connaît que très peu le pays du paternel.
Ses parents, enseignants tous les deux, s'y sont rencontrés, s'y sont mariés et les deux soeurs aînées de Benjamin y sont nées. Mais lorsque lui a vu le jour, il y a 27 ans, ils étaient déjà de retour en région parisienne.
"Je ne suis malheureusement allé qu'une seule fois au Togo, lorsque j'étais tout bébé et que ma maman voulait absolument me présenter à mes grands-parents", explique Boukpeti, qui s'entraîne depuis huit ans à Toulouse.
"Le seul souvenir que j'en ai c'est mon frère (aujourd'hui en équipe de... France de canoë en ligne) qui a piqué une énorme colère lorsque ses cousins ont voulu garder son ballon. Mais ma mère m'a raconté aussi que là-bas j'appelais tout le monde papa", sourit le champion qui, mardi, a cassé sa pagaie de bonheur dans l'aire d'arrivée avant d'aller enlacer longuement sa maman.
Alors pourquoi le Togo? "J'ai commencé en équipe de France, mais la sélection y est très "hard". En plus je me suis fait opérer des deux épaules et au fil du temps je suis devenu trop vieux pour vraiment percer. C'est pourquoi je me suis tourné (en 2003) vers le Togo pour continuer à aller dans les compétitions internationales."
Depuis il participe à sa manière à cette mondialisation chère aux fédérations internationales et au Comité international olympique qui a instauré des quotas pour ces Jeux de Pékin, limitant les compétitions de canoë-kayak à un bateau par nation dans chaque discipline.
Participer donc. Mais de là à offrir à son "pays de coeur" une première médaille, il y avait encore un pas aussi large que la Méditerranée. Qu'il a réussi à franchir en se rapprochant de nouveau de l'équipe de France pour se "mettre en concurrence".
"Benoît Peschier (champion olympique 2004 en slalom) notamment m'a beaucoup soutenu ces derniers mois", dit Boukpeti qui connaît également bien Fabien Lefèvre qu'il a failli déposséder de sa médaille d'argent mardi après l'avoir battu en benjamins il y a quinze ans.
"On est amis depuis l'âge de dix ans, je suis super content pour Benjamin", souligne Lefèvre. Il a mis un peu plus de temps à décoller. Qu'on se retrouve ensemble sur le podium c'est génial et c'est un grand jour pour le canoë-kayak. Ca veut dire que notre sport peut-être universel. C'est incroyable ce qu'il a fait."
"Aujourd'hui, j'ai juste fait mon boulot, en essayant aussi de faire un peu le spectacle car avec un public pareil on essaye de faire le plus beau possible", répond Boukpeti qui se doute bien qu'il est désormais attendu de pied ferme du côté de Lomé.
"Je ne mesure pas encore vraiment ce que cette médaille peut représenter au Togo. Mais j'imagine qu'aujourd'hui j'ai une occasion toute trouvée pour y retourner."


