12 août 2008
Bousculade au sein des partis politiques
.......................................................
Fin de saison sèche agitée. Ca bouge à l’Alliance de la majorité présidentielle, AMP ; recherche d’un nouveau leader au Mouvement de libération du Congo, MLC ; l’affaire Mayobo n’a pas encore connu son épilogue au Palu. Entre-temps, l’UDPS, en ordre dispersé, annonce la tenue de son congrès dans les prochains mois. Il y a bousculade dans les rangs des formations politiques. Pourquoi ?
Le Mouvement social pour le renouveau, MSR, a décidé de suspendre sa participation au sein de l’Alliance de la majorité présidentielle, AMP. Raison avancée : l’octroi au PPRD du poste de secrétaire exécutif à l’AMP-province Orientale, alors que ce poste devrait revenir au MSR. Ce parti qui demeure un des alliés importants du PPRD dans l’ AMP dénonce le clientélisme et les injustices.
Au fait, ce n’est pas la première fois que le MSR lève le ton au sein de l’AMP pour se faire mieux entendre. Aux lendemains du dernier remaniement de l’équipe gouvernementale, remaniement qui avait particulièrement touché le président national de ce parti, alors ministre d’Etat en charge des Infrastructures et Travaux publics, le MSR s’était senti lésé au regard de son poids politique à l’AMP. En effet, le MSR dispose de 34 députés au sein de l’Assemblée nationale. Ce deuxième revers risque de bousculer ses ambitions politiques.
Fait reconnu tacitement par Koyagialo, secrétaire exécutif de l’AMP en séjour justement à Kisangani : «Ce n’est pas exclu dans la gestion des ambitions, qu’il y ait par-ci par-là des observations et des réserves. C’est le cas du MSR. Au premier niveau, la désignation était en faveur du MSR. Mais lorsque l’on regarde la pondération réelle de chaque parti représentatif de l’AMP en province Orientale, c’est le PPRD qui pèse le plus en terme d’élus au niveau de l’Assemblée provinciale ». Voilà une déclaration qui pourrait susciter d’autres commentaires.
Au Mouvement pour la libération du Congo, MLC, la dernière mesure de restructuration ne fait pas l’unanimité. Des « gros poissons » de ce parti ont été écartés pour des raisons propres à ce parti. C’est le cas de l’honorable Delly Sessanga.
L’on se rappellera qu’il y a de cela quelque temps, le député Sessanga avait évoqué la nécessité d’un débat interne au MLC. Cette déclaration avait suscité des commentaires en sens divers, lui pretant des intentions de vouloir «introduire un courant réformateur » au sein du parti. Qu’il ne se retrouve pas dans la dernière mise en place, voilà qui contribue à alimenter des commentaires pour autant qu’avec l’arrestation du président national, Jean-Pierre Bemba, le MLC est à recherche d’un « leader » en attendant sa libération.
Comment expliquer cette « mise à l’écart » d’une des têtes couronnées du MLC qui préside d’ailleurs l’une des plus importantes commissions à l’Assemblée nationale? A en croire certaines indiscrétions, Sessanga subirait certainement le même sort que Yves Kisombe, et que la dernière restructuration ne consistait qu’à mettre les points sur les « i » pour éviter toute interprétation erronée dans les prochains jours. Cela a-t-il été fait avec le consentement du président national, Jean-Pierre Bemba ? A cette interrogation, un des membres influents du MLC a eu cette réponse à la question de savoir s’il n’existait pas une lutte d’influence entre José Makila et François Mamba: « Jean-Pierre Bemba est joignable. Retenez-le ». C’est tout dire.
Au niveau du PALU, le cas Mayobo n’a pas encore totalement connu son épilogue. On continue à murmurer tant qu’il occupe le poste actuel à la Primature. Ce qui se traduirait par un refus catégorique du patriarche Gizenga à ne pas appliquer les instructions des instances dirigeantes du parti.
REMANIEMENT, ELECTIONS LOCALES ET 2011
L’on ne serait pas complet si l’on ne mentionnait pas la situation au sein de l’UDPS. Ce parti prépare son congrès projeté en janvier 2009. Mais d’ici là, tout peut arriver pour autant que c’est en ordre dispersé que ce parti, qui n’ a pas pris part aux élections, tente de faire son « come back » dans les institutions nationales et provinciales lors des élections de 2011. D’un côté, il y a le camp Mubake et Massamba, de l’autre Beltchika. Ils se tirent sans cesse des flèches. Jusque-là, le président national de l’UDPS, Etienne Tshisekedi n’a pas mis fin à la récréation. Attitude préjudiciable pour ce parti qui a déjà perdu plusieurs de ses « belles plumes ».
Autant de remous ainsi ramassés à même de fragiliser n’importe quel parti ou plate-forme politique.
Toutes ces bousculades ont quasiment les mêmes origines. Dans un premier temps, il s’agit du remaniement qui est imminent.
D’ailleurs, dans notre dernière livraison, Le Potentiel s’y est étendu longuement. Et si les choses donnent l’impression de prendre un peu plus de temps, c’est à cause justement de toutes ces bousculades au sein des partis politiques.
Il y a d’un côté toutes ces revendications sur base des accords signés entre différents partenaires dans l’AMP, et de l’autre des ambitions individuelles. Pour contourner cet handicap, il nous revient que l’on aurait préféré des contacts individuels avant de saisir le parti ou la plate-forme.
D’autre part, dans cette volonté de s’entourer des personnes compétentes toutes couleurs politiques confondues, des personnalités politiques de l’Opposition, des indépendants auraient été consultés. Ce qui restreint les ambitions des uns et des autres pour expliquer cette bousculade.
Mais l’on songe déjà aux élections locales prévues en 2009. A ce niveau également, les ambitions de chaque parti politique s’affirment parce qu’au-delà des élections locales, il y a les prochaines élections générales de 2011.
A dire vrai, l’heure est aux calculs politiques, au positionnement et au repositionnement. Rien de surprenant qu’on enregistre ici et là des réactions liées aux ambitions politiques de chaque parti au regard de toutes ces échéances politiques. Le plus dur maintenant consiste à gérer toutes ces ambitions, à voir comment toutes ces plates-formes, à savoir l’AMP et l’Union pour la Nation, UN, sauront résister à toutes ces vagues politiques. Le Potentiel
JOYEUX ANNIVERSAIRE A MON FILS... MAÜRIK-Qoussaï ... MON PETIT SOLEIL.


Je n’ai peut-être pas la richesse,
pour t’offrir les plus beaux artifices,
mais je suis présent pour toi à chaque moment,
et je le fais avec tout ce que j’ai en dedans.
Je n’ai sûrement pas le mérite d’être un Père parfait,
disons plutôt imparfait,
mais je me fais guider par mon amour pour toi,
et par toutes les ressources que j’ai en moi.
Tu es mon petit soleil...Ma source d’energie
JE T’AIME CHUCK...
PAPOU
Belgique-RD Congo : Dur, dur pour obtenir un visa belge
................................................Après l’affrontement par voie médiatique, assiste-t-on à une «guerre de tranchées» entre Joseph Kabila et le ministre belge des Affaires étrangères Karel De Gucht ? Le premier aurait décrété discrètement le «boycott» des vols de la compagnie aérienne Brussels Airlines. Le second, lui, a renforcé les conditions d’octroi de visa aux dignitaires du régime kabiliste. Les malades désireux de se faire soigner en Belgique sont pénalisés. Le ministre belge de la Coopération au développement, Charles Michel, se débat pour «normaliser» les relations entre les deux pays.
Selon une dépêche de l’Agence de presse chinoise «Xinhua», datée mercredi 6 août, l’ambassadeur de Belgique en RD Congo, Johan Swinnen, étiqueté chrétien-démocrate (CD&V), a remis mardi 5 août à Kinshasa, une lettre du ministre belge de la Coopération au développement, le libéral francophone (MR) Charles Michel, au ministre congolais des Affaires étrangères Antipas Mbusa Nyamwisi. Le contenu de la missive porte sur la «normalisation de la coopération bilatérale» entre les deux pays. Michel, fils de Louis du même nom, demande à la partie congolaise de fixer la date de la tenue de la commission mixte afin de procéder au «réexamen» de la coopération entre Kinshasa et Bruxelles. Et ce suite à la décision du Conseil des ministres lors de sa réunion tenue dernièrement à Matadi de fermer les consulats belges à Bukavu et Lubumbashi. "La convocation rapide de cette rencontre permettra au comité des partenaires de se pencher sur un certain nombre de questions d’évaluation et de faire un état des lieux des relations de coopération entre les deux pays", a dit le diplomate belge. Au cours d’une question orale, Mbusa avait fait état de la nécessité de procéder à une «requalification» des relations entre les deux pays. Les relations belgo-congolaises ont engendré une réelle fracture entre la puissante Flandre et la Wallonie-Bruxelles. Il n’est pas sûr que la démarche de Michel ait reçu l’«onction» de son collègue en charge des Affaires étrangères, le libéral flamand (Open VLD) Karel De Gucht.
Devoir moral
On le sait, les rapports entre la RD Congo et la Belgique se sont «détériorées» à la suite des déclarations faites en mai dernier par De Gucht, selon laquelle son pays avait un «devoir moral» sur le Congo-Kinshasa du fait notamment de l’effort financier consenti en faveur de celui-ci. Auparavant, ce ministre avait dénoncé la corruption, la mauvaise gouvernance et les violations des droits humains au Congo. «Qu’avais-je dit ? Personne ne voulait me croire», s’est exclamé «Karel» commentant à la presse flamande les «révélations» faites par le ministre Godefroid Mayobo sur un détournement d’une somme estimée à 1,3 milliard USD. Selon nos sources, De Gucht boirait du petit lait. Deux conceptions des rapports belgo-congolais s’affrontent au sein de la diplomatie belge. A l’«amitié très critique» incarnée par De Gucht s’oppose la «critique amicale» de Michel. Signes incontestables du pourrissement. Coté congolais, le Premier ministre Antoine Gizenga vient de rentrer de la Chine où il a passé ses vacances au mois de juillet 2008. En juin 2007, l’homme fort du Parti lumumbiste unifié (Palu) déboulait à l’hôpital Bracops, situé dans la commune d’Anderlecht, pour faire un check-up. «Mbuta» Gizenga devait revoir ses médecins belges douze mois après. Il n’y est pas revenu. Le 21 juillet dernier, le PPRD Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale, avait décliné poliment l’invitation lui adressée par son homologue belge Herman Van Rompuy à assister au grand défilé. Selon des sources proches du parti présidentiel, Joseph Kabila aurait instruit les personnalités politiques de son obédience de «boycotter», à l’avenir, les vols de la compagnie aérienne belge SN Brussels et par ricochet la ville de Bruxelles.
«La lutte finale»
Une chose paraît sûre : entre Kabila et De Gucht, l’affrontement prend la tournure d’une «lutte finale». De passage mi-juillet à Paris où il a été reçu à l’Elysée, Kabila n’a caché, aux journalistes belges, son «souhait» de voir l’ancien président de l’Open VLD (parti libéral flamand) quitter son poste. Coté belge, le ministre De Gucht entend apparemment relevé le défi en frappant là où ça pourrait faire mal à une certaine nomenklatura congolaise. Il s’agit de la délivrance du visa spécial ou diplomatique. Ouvrons la parenthèse pour signaler que le royaume de Belgique assume la présidence tournante du Conseil de sécurité de l’Onu au cours de ce mois d’aôut. Une situation privilégiée pour passer des messages. Fermons la parenthèse. En Belgique, la délivrance du visa ordinaire relève de la compétence du ministère de l’Intérieur à travers l’Office des étrangers. Le visa spécial ou diplomatique est, en revanche, du ressort exclusif du ministère des Affaires étrangères. Il se raconte que l’ambassade belge à Kin à durcir les conditions d’octroi de visa aux «dignitaires» du régime. Plusieurs personnalités proches du PPRD ont sollicité le fameux «sésame». Sans succès. «Les délais d’attente sont devenus de plus en plus longs», entend-on dire. Un parlementaire provincial dont l’état de santé nécessitait le transfert à un centre hospitalier bruxellois a dû renoncer au fameux visa. Et pourtant, l’intéressé avait même acquitté le montant de la caution exigée par l’hôpital.
L’amour propre blessé
Lassé d’attendre et surtout blessé dans son amour propre, le patient a écrit à l’ambassade de Belgique à Kin : «Je viens par la présente porter à votre connaissance que pour de raisons de convenance personnelle, je renonce à ma demande de visa pour soins médicaux déposée à l’Ambassade de Belgique depuis (…) sous le numéro (…), après mon hospitalisation aux Cliniques universitaires de Kinshasa (…) ». C’est connu, le système médical congolais dont le sous-équipement est devenu légendaire, est très dépendant des centres hospitaliers belges ou sud africains où sont «évacués» les patients congolais présentant des affections les plus «complexes». A Bruxelles, le médecin soignant de ce malade ne cache pas une colère certaine de voir le mauvais état des relations entre Kinshasa et Bruxelles interférer dans le domaine sanitaire : «Cette personne m’a contacté en mi-avril pour son état de santé lequel exigeait un transfert à l’étranger selon les avis de trois médecins congolais ; elle a payé sa caution pour le transfert médical. La preuve a été déposée à l’ambassade belge. Il s’agit donc d’une personne solvable…» Et d’ajouter : «L’hôpital a accusé réception de son acompte tout en lui demandant de se faire consulter par les médecins de l’ambassade belge à Kin au Centre Médical de Kinshasa.» Pour ce médecin, il s’agit ni plus ni moins que des «manoeuvres dilatoires» pour faire traîner les choses…
B.A.W
Meurtre de Botethi : le père voit toujours la main d’un commanditaire
Le regretté vice-président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, Daniel Botethi Loleke, a-t-il été victime d’un signe indien ? Non, rétorque son père, le général Botethi des FARDC. Analysant les circonstances du meurtre de son fils, ce dernier s’accroche à la thèse de l’assassinat. Selon lui, il y a un commanditaire. C’est Me Nyangue – un des avocats de la partie civile - qui l’a annoncé au tribunal lors de l’audience consacrée à la reconstitution des faits.
Les avis restent encore partagés sur le mobile réel du meurtre du député Daniel Botethi. Le vendredi 8 août 2008, à l’occasion de la descente sur le lieu du crime, le garde du corps Kankonde wa Kankonde a eu chaud. Une avalanche de questions est tombée sur lui. Aussi bien du côté des avocats de la partie civile, que de celui de la défense. Révélant au tribunal la pensée du père du défunt, Me Nyangue a dit ceci au tribunal : « Le général Botethi qui s’est concerté avec moi ce matin est convaincu que son fils a été l’objet d’un assassinat. Il voit très mal que son fils, enfant de militaire, un garçon grandi dans une caserne et habitué à voir tonner les armes de guerre, puisse quitter sa voiture à découvert, sans prendre aucune précaution. Jusqu’à se faire loger une balle dans la bouche, en restant debout ».
A ce sujet, les avocats de la famille ont déclaré que, selon eux, les assaillants ont extirpé le jeune député de sa voiture. Ensuite, ils l’ont traîné à quinze mètres sur la pelouse. Là, ils l’ont jugé, la sentence est tombée et ils l’ont condamné. Le moment venu, ils lui ont intimé l’ordre d’ouvrir la bouche. Ensuite, l’un d’eux a appuyé sur la gâchette à bout portant. La preuve, ont soutenu ces avocats, en est que le pauvre s’est retrouvé avec une plaie à la jambe et le pantalon déchiré. Ce qui démontre qu’il a subi des sévices avant d’être abattu.
C’est ainsi qu’après avoir demandé à Kankonde d’esquisser le mouvement de ramping qu’il avait effectué cette nuit-là en sortant de la voiture, ils se sont étonnés d’entendre que le garde du corps a pu atteindre sa cachette sans essuyer aucun tir de la part des assaillants. Or, les assaillants quadrillaient tout le rayon, et venaient d’abattre son chef juste du côté où il se dirigeait. Et il est parti à reculons, du théâtre des événements jusqu’à l’avenue Nguma, sans être inquiété. A moins qu’il ait été de mèche avec les malfaiteurs.
D’où cette question de Me Nyangue : « Pourquoi a-t-il laissé son chef abattu ? ». Réponse de Kankonde : «Les balles crépitaient de partout ». Deuxième question : « Pourquoi s’être dirigé vers le mur ? ». Réponse : « J’ai pris cette direction par intuition ». Autre question de la partie civile : « C’est lui qui devait protéger le député Botethi. En quittant la voiture, cherchait-il à se couvrir pour protéger son chef ou se protéger lui-même ? ». Réponse du garde du corps : « Je voulais protéger mon chef. Mais comme je ne l’ai pas vu, je me suis protégé ». Après ce jeu de questions-réponses, la partie civile a fait cette observation : « Kankonde est sorti à découvert. Pourquoi les autres n’ont-ils pas tiré sur lui ? A moins qu’il soit de leurs ». Encore une question : « Que lui a dit le chef avant de sortir ? ». Réponse de Kankonde : « Je ne me suis pas aperçu de sa sortie, tout allait vite ». Observation du tribunal : « Vous souvenez-vous avoir dit que le chef vous avait demandé de vous présenter ? ». Réponse : « Oui, mais je n’ai pas pu présenter ma carte à cause du premier coup de feu ».
A l’intention du colonel Van de la police scientifique, la partie civile a voulu connaître le genre d’arme qui a servi à tuer le député. Réponse du colonel : «Toutes les trois douilles provenaient d’une arme de marque FA ». Ces balles ont-elles été tirées par un seul individu, ou par plusieurs personnes ? Et puis, c’était par coup ou en rafale ? Ici, le colonel Van a déclaré que c’était difficile à déterminer.




