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LOSAKO

le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde ils peuvent se faire entendre. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

23 juillet 2008

Procès Botethi : André Kimbuta cité à comparaître

kIMBUTA_204Le procès des personnes impliquées et citées dans l’assassinat du vice-président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, Daniel Botethi, est en train de faire des vagues. Jugez du peu.

Hier mardi 21 juillet, le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema a cité le gouverneur de la ville, André Kimbuta, à comparaître à la prochaine audience, fixée au lundi 28 juillet 2008. Le président de l’Assemblée provinciale, Roger Nsingi, et d’autres personnes y sont également attendus.

Lundi 20 juillet, c’était la reconstitution des faits qui a amené l’organe de la loi à conclure que « c’est Patrick Mwewa qui a tiré sur le député Botethi », après avoir relevé beaucoup de contradictions dans ses déclarations. En fondant également sa conviction sur l’avis de la police judiciaire qui a identifié le rayon, dans lequel Mwewa affirmait s’être trouvé au moment du guet-apens, comme étant celui d’où « est venue la balle » qui a tué l’homme d’Etat.

Le ministère public a donc présenté hier mardi au Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema une liste de noms de personnes devant être citées à comparaître pour éclairer la religion des juges.

Outre MM. André Kimbuta et Roger Nsingi, respectivement gouverneur de la ville et président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, des détenus du Centre pénitentiaire et de rééducation de Makala et plusieurs autres personnes seront entendus par la justice militaire.

Lors de ses premières heures de séjour au CPRK, le prévenu Patrick Mwewa aurait eu des entretiens dont la substance doit être révélée par les différentes parties. Le ministère public croit savoir que des choses ont été dites entre le prévenu et les autres détenus, dont d’anciens militaires. Ces éléments ainsi que la découverte de la SIM téléphonique du prévenu Mwewa pourront probablement apporter un nouvel éclairage dans une affaire à rebondissements.

On se rappellera que le gouvernement provincial de Kinshasa, réuni vendredi dernier, a jugé « sans fondement » la dénonciation faite par Mwewa, qui avait cité le gouverneur de la ville comme étant « le commanditaire » du meurtre de Daniel Botethi. De son côté, le Comité exécutif national du PPRD a « encouragé le tribunal militaire à poursuivre dans la sérénité l’instruction de cette affaire et de sanctionner sévèrement, le moment venu, toute personne qui serait impliquée dans le meurtre de l’honorable Daniel Botethi ».

Quant au MLC, partie civile au procès, il a « réitéré sa ferme volonté de suivre de près le déroulement de l’affaire, afin de garantir un procès équitable et juste », se réservant « le droit de tirer toutes les conséquences lorsque les responsabilités des parties impliquées au procès seront établies ».

C’est dire que l’audience de ce lundi 28 juillet est très attendue par la population. Audience qui connaîtra la comparution du gouverneur de la ville de Kinshasa, citée par le prévenu Mwewa comme commanditaire de cet ignoble assassinat. Depuis cette déclaration spectaculaire, l’on a observé une « certaine agitation ». Mais le moment s’approche pour que la vérité triomphe. La crainte, c’est de voir la Cour, à travers toutes ces déclarations médiatiques, subir une certaine pression. Puisque toutes les parties ont déclaré « faire confiance en la justice », le mieux consisterait à laisser cette même justice travailler dans la sérénité.

Lundi 28 juillet : audience de toutes les révélations

Le tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema a cité André Kimbuta – gouverneur de la ville de Kinshasa – à comparaître à l’audience du lundi 28 juillet 2008. Ceci, sur demande du ministère public et de la partie civile Daniel Botethi. En effet, à l’audience du vendredi 18 juillet, le prévenu Patrick Mwewa Kibue avait mis cette autorité en cause. Devant les juges, il s’était exprimé en ces termes : « Le commanditaire de l’assassinat du député, je le cite : c’est le gouverneur de la ville de Kinshasa ».

A l’audience du lundi prochain, le gouverneur de Kinshasa ne sera pas seul. Parmi les personnes citées également à comparaître, il y a lieu de retenir le président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, le ministre provincial de la Sécurité. A part ces trois personnalités, le tribunal aura aussi à entendre les détenus suivants : Jean-Marie Wama, lieutenant Edo Nzuzi, Flory de la chambre 1 du pavillon 3, Bekazua du pavillon 3, Landu Adolphe et Muanza René.

La liste n’est pas exhaustive. Car, le tribunal a aussi fait appel à l’inspecteur de garde de la station SNEL proche du lieu du crime, ainsi qu’aux deux policiers qui étaient de faction cette nuit-là ; sans oublier l’opérateur Futi de la police, auteur du message radio qui avait poussé le défunt député à changer d’itinéraire. Le superviseur Saka de la police est également convoqué, du fait que c’est lui qui s’occupe du rôle de garde pour les éléments appelés à assurer la sécurité des autorités.

L’organe de la loi a révélé ceci au tribunal : « Avant que le prévenu Patrick Mwewa vienne citer le gouverneur de Kinshasa, des choses se sont dites en prison ». Selon le capitaine Limbaya - premier substitut de l’auditeur de garnison - dès le lendemain de son transfert au Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK), le prévenu Patrick Mwewa a eu beaucoup de contacts.

Le président Patty Sangwa a précisé que l’audience du lundi 28 juillet aura trait, comme celle d’hier mardi 22 juillet, à la prévention de meurtre retenue contre certains prévenus. Ici, il faut dire que le ministère public et les avocats de la partie civile ont fait voir au tribunal qu’après la reconstitution des faits sur le lieu du crime, il y a cette évidence : non seulement Patrick Mwewa est le véritable chef de cette bande ; mais en plus, c’est lui qui a tué le regretté vice-président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa.

Ceci, à cause des contradictions relevées à chaque audience dans les déclarations du prévenu Mwewa. Bien que s’étant présenté comme un militaire bien formé et qui a combattu sur plusieurs de fronts, ce prévenu a soutenu qu’il n’est pas un tireur d’élite. S’agissant de la somme de 1.200 dollars perçue, il se contredit maintenant en affirmant n’avoir pas eu un contact direct avec les hommes qu’aurait envoyés le gouverneur. Contrairement aux audiences passées, il allègue que cet argent lui a été remis par son compère Kady. Mais pour quelle mission ? Il dit ne rien en savoir, sauf que l’argent provenait du gouverneur.

Quant à la défense des prévenus, elle reste convaincue que c’est le garde du corps Kankonde qui a tiré sur son chef. Elle s’appuie sur les déclarations de Patrick Mwewa qui a déclaré que cette nuit-là, il n’y a pas eu des coups de feu du côté de St Luc. Ceci, pour la simple raison qu’un poste de police est installé en cet endroit. Ce prévenu a aussi relevé que personne ne l’a influencé à citer le nom du gouverneur.

Ceci dit, le rendez-vous est pris pour le lundi 28 juillet. Avec cette audience de toutes les révélations pour deviner la suite du procès. O.M/Le Potentiel

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Koffi Olomide bientôt devant le tribunal... Prochain album "Opération Mopao au cachot"

Mopao33Il semble que, face aux conséquences judiciaires que pourraient encourir le patron de Quartier latin international, Koffi Olomide avait proposé d’allouer une somme importante au cameraman agressé pour qu’il puisse retirer sa plainte.

C’est un Koffi Olomide visiblement mouillé et abattu qui s’est engouffré à grands pas dans sa voiture le week-end dernier au Palais de la justice après avoir passé plus de deux heures de confrontation devant l’édile. Un conflit qui l’oppose à la chaîne Rtg@ et son cameraman Patou Bonyoko. Après l’audience de confrontation, il ne reste que le dossier soit fixé devant la Cour afin de connaître la suite de l’affaire qui oppose la Rtg@ au patron de l’orchestre Quartier latin international. La prochaine étape sera donc le procès tant attendu entre la partie plaignante et les accuses. Car, tous les processus dépendront des conclusions que tirera le procureur à la tenue de cette première audition.

Artiste justiciable

Cette fois-ci, pour une première fois, l’artiste musicien Antoine Agbepa pourra comparaître devant la justice afin de répondre de ses actes. Car, la Rtg@ de Pius Muabilu et son cameraman agressé à Kinkole sont plus que déterminés à aller jusqu’au bout de la logique judiciaire dans le but de ramener le président du groupe Quartier latin au niveau d’un justiciable ordinaire.

Cette occasion sera pour la Rtg@ un moment de clouer au pilori celui qui prétend être au dessus de la loi, dans la mesure ou être un des artistes musiciens les plus populaires du pays ne confère pas à l’artiste un statut particulier devant la loi L’on se souviendra que plusieurs vedettes de la chanson avant Koffi Olomide avaient subi la rigueur de la loi. Certains avaient même fait la prison. C’est le cas de feu Franco Luambo Makiadi, Nyoka Longo et récemment Evoloko Jocker.

Tentative de corruption

Il semble que, face aux conséquences judiciaires que pourraient encourir le patron de Quartier latin international, Koffi Olomide avait propose d’allouer une somme importante au cameraman agressé pour qu’il puisse retirer sa plainte. Une proposition qui a été rejetée à forcio par Patou Bonyoko et la chaîne de télévision qui l’emploie.

Depuis le déclenchement du conflit et malgré ses attaques fougueuses de l’artiste dirigées contre sa personne, le député Pius Muabilu est resté jusqu’ici en dehors de cette bataille juridique où sa télévision, comme personne morale, s’est constituée en partie civile. O.M/Forum des As

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Kimbuta commanditaire ? Retrouvée, la Sim de Mwewa fait peur... le gouverneur pourrait n'être que l'arbre qui cache la forêt !

danny_bothetiLe procès de l’assassinat du député provincial Daniel Boteti progresse au fil des audiences et de l’instruction de cette affaire devant le Tribunal militaire de garnison de Ngaliema. Cette évolution positive vers l’éclatement de la vérité judiciaire a notamment été marquée par deux faits majeurs.

A l’audience de vendredi dernier, c’était d’abord le nom d’un commanditaire qui a été dévoilé à la surprise générale. L’autre fait majeur, c’était une des pièces-maitresses annoncée par Patrick Mwewa, un élément essentiel à même d’éclairer le tribunal sur la véracité de certaines de ses déclarations faites à l’audience. Il s’agit de la Sim de ce présumé assassin du vice-président de l’Assemblée provinciale de la ville de Kinshasa.

En effet, une partie de la vérité se trouve sur la Sim de son téléphone, gardée par sa concubine au camp Tshatshi. Cette révélation, après celle concernant le commanditaire présumé du crime, a été prise au sérieux par le tribunal, et particulièrement par l’auditeur militaire qui s’est coupé en quatre pour retrouver la fameuse Sim du prévenu, devenue à ce stade de l’instruction du dossier l’un des éléments essentiels de l’enquête. Les recherches menées au camp Tshatshi puis à Ndjili, comme il faudrait le relever, ont donné des résultats positifs et cela a été annoncé à l’audience d’hier par l’officier du ministère public.

A la suite de cette découverte, l’auditeur militaire dont on connaît le souci constant de collecter les pièces à conviction, va certainement procéder au relevé de toutes les communications téléphoniques enregistrées par la Sim du prévenu. Il procédera en outre, à l’identification de tous les correspondants de Mwewa.

Voilà pourquoi il mettra à contribution, les sociétés de télécommunications implantées en RDC, et sur base de la réquisition du parquet militaire, faire parler la Sim. Avec les informations qui en sortiront, on reconstituera le relevé d’appels reçus et émis.

Cette partie des investigations pourra permettre d’identifier les individus qui étaient en communication avec le « commando », via le prévenu Mwewa.

imagefile325En attendant, le tribunal militaire s’est déporté hier dans l’après-midi sur le lieu du crime pour reconstituer les circonstances exactes de l’assassinat du député provincial Daniel Boteti, et s’assurer de la véracité ou non des déclarations faites à l’audience, aussi bien par le prévenu Mwewa que le garde du corps, le brigadier Kankonde wa Kankonde.

Le tribunal édifié sur le rôle des assassins

Le coin des avenues Haute tension et Plantain, au quartier Ma Campagne, a abrité hier les travaux du Tribunal militaire de garnison de Ngaliema, consacrés essentiellement à la reconstitution des faits. Deux prévenus principaux ont été amenés sur le terrain pour qu’ils décrivent chacun, toute la scène du crime tel qu’elle s’est déroulée dans la nuit du samedi 5 au dimanche 6 juillet 2008.

Devant une foule nombreuse constituée par les avocats des parties, des journalistes, des militaires, des policiers et des badauds, le tribunal a d’abord invité Patrick à décrire ce qu’il avait vécu cette nuit-là.

Mwewa a retracé leur itinéraire qui a commencé par le camp bataillon mobile de Kintambo. C’est là qu’ils ont fumé du chanvre et bu le lotoko, l’alcool indigène. Ensuite, ils se sont dirigés, dira t-il, au camp Luano, à la cache des tenues et armes de guerre, avant de se déporter sur le lieu des faits.

Les voilà au fameux virage de tous les coups, le croisement de deux avenues Haute tension et Plantain, situé en face d’une station HT/MT de la Snel. Un endroit stratégique qui offre une vue panoramique sur les véhicules grimpant la colline. C’est l’observatoire de la bande et le secteur de prédilection des braquages.

Mwewa s’est d’abord situé au croisement des avenues Nguma et Haute tension où il a dit qu’il faisait le guet.

Plusieurs véhicules passaient sur l’avenue Nguma et c’est quand il apercevra la Mercedes de Daniel Boteti emprunter l’avenue Haute tension, qu’il ira alerter la bande.

Là-dessus, le prévenu avait donné diverses versions qui ne concordent pas. Pourtant, au camp Kokolo, il soutenait qu’il est demeuré à son poste d’observation. Surpris par des coups de feu, il est alors monté pour s’enquérir de cette fusillade. Dans ces circonstances, Mwewa a attrapé une balle dans l’abdomen sans savoir qui a tiré.

Hier, il a livré quelques assurances selon lesquelles ce sont ses acolytes qui lui ont reproché d’être paniquard et avaient tiré sur lui.

Mais l’organe de la loi et les avocats de parties civiles se sont réjouis du fait que Mwewa a pu donner la position occupée par ses compagnons d’armes et leurs acolytes. Selon lui, ils s’étaient postés à la clôture du grillage de la station HT/MT de la Snel. Position que les experts de la police scientifique de la DRGSS ont relevé dans leur croquis du lieu et qui indique l’orientation de la trajectoire des balles qui ont touché Daniel Boteti.

Appelé à se situer par rapport à la scène du crime, le garde du corps se trouvait d’abord dans la voiture. Le brigadier Kankonde wa Kankonde a répliqué aux tirs des assaillants, avant de s’échapper à la portière gauche, voie qu’avait empruntée Daniel Boteti. S’étant mis à couvert et rampant vers un mur de clôture où il voulait aller se réfugier, le policier ne voyait toujours pas son « protégé ». De sa cachette provisoire, il a aperçu une ombre bouger et a tiré dans cette direction. Les cris de « Ah nakufi » seraient les propos de Mwewa.

Le colonel Van responsable de la police scientifique est formel

Dans son rapport, la police scientifique a établi avant tout la description des lieux. Les experts ont situé et photographié tous les indices du crime. Débris de pare-brise, douilles, traces de sang, impacts de balles sur la voiture et les murs, ainsi que les orifices d’entrée et de sortie de la balle meurtrière. Tous ces éléments ont été analysés et on a donné à chaque pièce à conviction son rôle dans l’assassinat de Daniel Boteti, au point que scientifiquement toute la scène a été reconstituée.

Le colonel Van, responsable de la police scientifique a alors commenté brièvement l’interprétation de tous ces éléments et la scène du crime qui s’en dégage.

Les avocats des parties ont alors posé une série des questions sur les rapports de l’expert en balistique, quant à savoir les caractéristiques de la balle meurtrière qui a tué Boteti et celles qui ont atteint Mwewa. De quelles armes provenaient-elles ?

Pour ce spécialiste, plusieurs armes tirent des balles de calibre 9 millimètres. Il est donc difficile de l’établir à ce stade, a indiqué ce lieutenant qui traîne 35 ans de carrière militaire dont 25 ans au service de la balistique. Selon lui, les anciennes munitions laissaient des traces visibles permettant de déterminer l’orifice d’entrée et celui de sortie des balles.

A l’issue de cette séance de reconstitution des faits, l’auditeur militaire a donné une première conclusion. A l’en croire, tout est désormais clair quant à la participation de Mwewa à la commission de l’assassinat de la victime. Pour lui, c’est lui qui a tué Daniel Boteti comme la reconstitution des faits vient de le démontrer. Suspendue à 18 H 15’, l’audience du Tribunal militaire de garnison de Ngaliema reprend ce mardi matin. O.M / Le Phare

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Hypermilitarisation. Kivu : une bombe à retardement

138708Le constat établi par Human Rights Watch est formel : « L’accord de paix de Goma n’a pas mis fin aux meurtres de civils.» Et pourtant, selon des sources concordantes, il existe actuellement 120.000 hommes armés ; FARDC et autres groupes armés toutes tendances confondues. Un nombre impressionnant qui fait craindre le pire : l’hypermilitarisation des deux provinces du Kivu est une véritable bombe à retardement. Serait-ce voulu ?...

Les provinces du Nord et du Sud-Kivu demeurent toujours le ventre mou de la République démocratique du Congo. La situation y est toujours préoccupante, nonobstant les efforts déployés jusqu’ici. Bien sûr qu’il y a eu cette lueur d’espoir avec la Conférence de Goma pour la paix, la sécurité et le développement des provinces du Nord et Sud-Kivu. Il s’en est suivi des actes d’engagement signés par toutes les parties et la mise sur pied du « Programme Amani ».

Malheureusement, les choses traînent. L’on continue à courir après une paix et une sécurité toujours insaisissables. Sur le terrain, la situation est dramatique. Le Haut commissariat de réfugiés a recensé 1.300.00 réfugiés internes. A vue d’image ou à vol d’oiseau, le spectacle est effrayant avec tous ces camps d’infortune.

Déjà, la semaine dernière, en l’espace d’un mois, l’envoyé spécial de l’Union européenne dans la région des Grands Lacs, Roland van de Geer, le représentant du secrétaire général de l’Onu et chargé de la Monuc, se sont entretenus avec le ministre d’Etat de l’Intérieur, le général Denis Kalume au sujet de cette situation du Kivu avec le fonctionnement du Programme Amani. Auparavant, ils avaient eu des entretiens avec le président de la République sur la même question.

Mais, c’est le rapport de Human Rights Watch qui rejoint les préoccupations et les inquiétudes de plusieurs observateurs, tant nationaux qu’internationaux, sur cette situation particulière au Kivu. Ce rapport publié hier lundi 21 juillet à Bruxelles est alarmant et interpellateur à la fois : « Six mois après l’Accord de Goma, meurtres, viols et pillages se poursuivent. L’accord n’a pas mis fin aux meurtres de civils. Selon des informations plus de 200 meurtres de civils et le viol de centaines de femmes commis depuis janvier par tous les groupes armés, y compris le soldats de l’armée congolaise. Six mois après la signature de l’accord de paix, la situation des droits humains n’a connu aucune amélioration et en fait dans certaines zones, elle s’est détériorée. Alors que les parties à l’accord de paix assistent aux négociations, leurs troupes continuent de tuer, de violer et de piller les civils ».

HYPERMILITARISATION

Comme le souligne cet extrait du rapport de Human Richts Watch, le vrai danger au Kivu, ce sont les groupes armés, sans oublier les FARDC épinglées à chaque publication du rapport de la Monuc. Selon certaines estimations, les FARDC disposent dans les deux Kivu de plus de 13 brigades avec au total plus de 40.000 soldats. Quant aux groupes armés présents sur le terrain, à savoir CNDP, PARECO, Maï-Maï Mongols, FR, FDLR… et nous en passons, il y en aurait 22 dans les deux Kivu qui affichent un total de plus de 50.000 éléments armés. S’il faudra prendre également en compte les éléments de la Police nationale, les deux Kivu totalisent, selon des estimations, 120.000 hommes armés.

A ce nombre, il faudrait bien ajouter le contingent de la Monuc avec près de 10.000 casques bleus. C’est quasiment l’effectif d’une armée nationale d’un pays aux dimensions de celles de la République démocratique du Congo.

Le problème est de savoir gérer tous ces militaires dans une région qui doit sortir absolument d’une situation de guerre complexe. Tout le problème est là.

La première des choses, c’est que toutes les parties devraient s’en tenir à l’Acte d’engagement pour éviter des violations sans cesse du cessez-le-feu. Ensuite, accélérer le processus DDRRR, l’exécution vite et bien du Programme Amani pour que le brassage soit effectif. Malheureusement, ce brassage se fait au compte-gouttes, les belligérants n’ayant vraiment pas le coeur à l’ouvrage. Certainement qu’il existerait de agendas cachés, si pas cette méfiance qui continue à s’ériger en obstacle pour conduire le processus politique vers l’impasse. Pour preuve, à plusieurs reprises le CNDP de Laurent Nkunda et les FR ont quitté la table des travaux pour diverses raisons.

Or, tant que le brassage traîne, tous les groupes armés constituent de véritables dangers, de vraies bombes à retardement. Il en est de même de l’encadrement efficace des éléments des FARDC. S’ils continuent à vivre sur le dos des populations, les violences se poursuivront ainsi que les meurtres.

ELECTIONS 2011 : HYPOTHETIQUES

La grande interrogation est celle de savoir si dans trois ans, l’on aura bouclé le processus de brassage et de DDRRR afin de disposer d’une armée intégrée et en finir avec la question des groupes armés. Notamment la démobilisation et le rapatriement des Interahamwe, ces rebelles rwandais qui collent à la peau des populations congolaises. On le doute fort, et ce pour plusieurs raisons.

D’emblée, il faut retenir que la situation au Kivu est complexe. Il s’agit d’une affaire de gros sous où plusieurs intérêts et enjeux s’entrecroisent. La plupart de ces groupes armés, nationaux et étrangers, trouvent leurs comptes dans cette situation de guerre. Ils exploitent illégalement des minerais pour constituer des « économies de guerre » et administrent des grands espaces qui leur permettent de mettre sur pied des « administrations parallèles, en prenant le contrôle des frontières déjà poreuses. Ajouter à cela des causes exogènes qui profitent à certains Etats parias. Si ces différentes zones échappent à la maîtrise du gouvernement central, l’on ne réussira pas le brassage.

Si par aventure politique cette hypothèse s’affirmait, il va de soi que les élections de 2011 sont déjà hypothéquées. On ne peut recenser et amener des populations dans des conditions d’insécurité.
Outre cette éventualité qui n’est pas à écarter, le spectre de la partition, de la balkanisation demeure. Des zones entières continuent à échapper au contrôle du pouvoir central installé à Kinshasa, on risque d’appliquer à la RDC le schéma du Kosovo. Cette idée hante toujours les vrais commanditaires des guerres d’agression contre la RDC. D’où la question importante de savoir si cette situation préoccupante au Kivu, cette « hypermilitarisation » n’est pas voulue par certains « groupes » qui trouvent leurs comptes pour que cette « bombe » à retardement explose, un jour ou l’autre. AFP/Le Potentiel

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