LOSAKO

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24 juin 2008

Zimbabwe: le chef de l'opposition réfugié à l'ambassade des Pays-Bas

CPS_HRZ59_240608000615_photo02_photo_default_512x322Le chef de l'opposition zimbabwéenne, , s'est réfugié lundi à l'ambassade des Pays-Bas à Harare au lendemain de son retrait de la course à la présidence que le régime a ignoré en poursuivant sa campagne en vue du scrutin.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé lundi au report du second tour de l'élection présidentielle au Zimbabwe, en raison du climat de violence régnant dans le pays.

"Il y a trop de violences et d'intimidations" au Zimbabwe. "Une élection tenue dans ces conditions serait dépourvue de toute légitimité", a-t-il déclaré à la presse.

"Je déconseille fermement aux autorités de procéder au second tour vendredi. Cela ne ferait qu'approfondir les divisions dans le pays et cela produirait des résultats qui ne seraient pas crédibles", a ajouté M. Ban.

Le président zimbabwéen Robert Mugabe a accusé la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et leurs alliés de mentir sur la situation dans son pays pour justifier une intervention au Zimbabwe, ont rapporté dans la nuit de lundi à mardi les médias officiels zimbabwéens.

Morgan Tsvangirai, 56 ans, s'est réfugié "provisoirement à l'ambassade" des Pays-Bas à Harare, a indiqué à l'AFP à La Haye, un porte-parole du gouvernement néerlandais, Bart Rijs.

La demande a été formulée dimanche par son parti, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), et le ministre néerlandais des Affaires étrangères Maxime Verhagen "a décidé que s'il cherchait la sécurité, elle lui serait accordée", a déclaré M. Rijs.

CPS_HRZ59_240608000615_photo01_quicklook_default_214x245La police, selon qui M. Tsvangirai n'est "absolument pas en danger", a qualifié cette démarche de "bouffonnerie" destinée à provoquer "la colère" de la communauté internationale.

Alors que le régime semble déterminé à maintenir le second tour de la présidentielle prévu vendredi, le leader de l'opposition a par ailleurs réclamé son annulation et l'organisation d'un nouveau "scrutin spécial" dans une atmosphère libre et juste.

Il a également demandé que "la communauté internationale, dirigée par l'Union africaine, et soutenue par l'ONU, obtienne qu'une forme d'accord négocié permette une sorte de transition et supervise sa concrétisation".

Dimanche, M. Tsvangirai avait justifié son retrait par la généralisation des attaques contre ses partisans.

Cette décision, qui ouvre la voie au maintien au pouvoir de Robert Mugabe, 84 ans, risque de priver le chef de l'Etat de toute légitimité, puisqu'il était arrivé largement derrière M. Tsvangirai au premier tour de la présidentielle.

Le régime s'est évertué lundi à ignorer la décision de l'opposition.

Le ministre de la Justice, Patrick Chinamasa, a appelé les partisans du pouvoir à "poursuivre la campagne pour remporter la victoire", tandis que la Commission électorale poursuivait ses préparatifs en vue du scrutin.

Les autorités ont argué que M. Tsvangirai ne s'était pas retiré de la course à la présidence puisqu'il n'a pas envoyé de courrier officiel à la commission électorale.

Le régime n'a pas non plus accordé la moindre attention aux appels à la retenue, s'en prenant physiquement au siège du MDC à Harare.

Lors d'un raid, des policiers ont appréhendé "plus de 60 personnes", selon le MDC. La police a nié toute arrestation, affirmant avoir emmené jusqu'à "un centre de réhabilitation" 37 personnes qui selon elle vivaient dans des conditions "déplorables" au siège de l'opposition.

Plusieurs sympathisants du MDC s'y sont réfugiés pour fuir le déchaînement de violences politiques qui a suivi les élections générales du 29 mars, perdues par le régime.

Selon M. Tsvangirai, 200.000 personnes ont été déplacées, plus de 86 partisans du MDC tués et plus de 10.000 personnes blessées depuis le scrutin.

CPS_HRZ59_240608000615_photo00_quicklook_default_245x172Pour l'ONU, la majorité des attaques peuvent être attribuées aux fidèles du pouvoir. Le régime les impute à l'opposition et a accusé Washington de verser des "millions de dollars" pour alimenter les violences.

Pressées de toute part d'intervenir au Zimbabwe, les organisations africaines ont déploré lundi la crise dans ce pays, sans prendre aucune mesure concrète.

"La situation est extrêmement grave", a estimé le ministre des Affaires étrangères angolais, Joao Mirana, à l'ouverture d'une réunion de l'Afrique australe sur le sujet à Luanda. Mais il a refusé d'évoquer le retrait de M. Tsvangirai.

"Très inquiète", l'UA a également botté en touche en renvoyant les deux parties dos à dos.

Qualifiant le régime d'illégitime, la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a appelé la communauté internationale à lui "demander des comptes".

Le gouvernement actuel "se maintient au pouvoir seulement par la force et l'intimidation", a lancé lundi le Premier ministre britannique Gordon Brown.

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir plus tard à ce sujet. Là encore, l'issue de la réunion est incertaine compte tenu des divisions du Conseil.

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