LOSAKO

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21 juin 2008

Difficile conciliation autour de prêts chinois: Pas de programme avec le FMI en 2008

135741Suivant la lettre d’intention du premier ministre et le mémorandum des politiques économiques et financières du gouvernement pour l’année 2008, le département Afrique du FMI a dépêché, depuis mardi 17 juin dernier à Kinshasa, ses experts pour prendre langue avec le gouvernement congolais. Objectif : baliser le chemin pour une éventuelle conclusion d’un nouvel accord formel entre le FMI et la RDC. Mais, il y a une exigence de taille du FMI. La signature d’un tel accord passe inévitablement par la levée des boucliers sur les implications des prêts chinois sur la stabilité du cadre macro-économique et sur la soutenabilité de la dette. Question de ne pas mettre en péril, estiment ses experts, la participation de la RDC à l’initiative d’effacement de la dette en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). Si le FMI tient à ces éléments avant toute négociation d’un programme triennal, la RDC, de son côté, estime que les accords chinois sont irréversibles, donc pas question d’y revenir. En tous les cas, les chances d’aboutir cette année à un nouvel accord formel entre le FMI et la RDC qui s’amenuisent.

Les contacts entre le Fonds monétaire international et le gouvernement ont changé de tournure. Après s’être mis d’accord sur les fondamentaux devant mener à la conclusion d’un nouveau programme triennal avec le gouvernement, après celui interrompu brutalement en mars 2006, c’est finalement autour de prêts chinois que se joue la grande bataille. Ce sont des clarifications que sont venus donc recueillir à Kinshasa les experts dépêchés depuis mardi 17 juin 2008 par le département Afrique du Fmi.

Même si, entre-temps, pour le ministre des Finances, Athanase Matenda Kyelu, tous les espoirs sont « permis » pour la conclusion cette année d’un nouveau programme triennal avec le FMI, pour sa part, l’institution de Washington, agissant au travers de son chef de division au département Afrique, à la tête de la délégation présente à Kinshasa, rien n’est encore joué.

CLARIFIER LES ENGAGEMENTS NON ECRITS

Situant les raisons de leur présence à Kinshasa, il soulignait au sortir d’un entretien avec une délégation restreinte du gouvernement que « le but de cette visite est de clarifier la situation par rapport aux prêts chinois et d’être sûr que le programme à conclure est cohérent avec les objectifs du gouvernement ». Plus explicite encore, il faisait observer que « ce n’est qu’après qu’on pourra amorcer les discussions pour un autre programme » avec la RDC.

Voilà deux logiques qui s’affrontent. Laquelle triomphera ? Difficile de répondre à cette question. Mais, le plus évident est qu’après un mois d’atonie, la Commission interministérielle de suivi des programmes avec les institutions financières internationales (CISPI) s’est penchée hier vendredi sur la question au salon Kasaï du Grand Hôtel Kinshasa.

Sous la présidence du ministre des Finances, entouré de ministres du Budget et du Plan, les membres ont abordé la grande question sur laquelle se dessineront, certainement dans les prochains jours, les rapports entre le FMI et la RDC. Il s’agit, a clairement rappelé le ministre Matenda, « des accords conclus avec des entreprises chinoises dans des termes qui, selon les partenaires extérieurs, contredisent les exigences du programme avec le FMI en matière d’endettement ». Voilà qui était bien dit.

Dans tous les cas, ce qui paraissait le plus important, en pareilles circonstances, c’était de trouver une ligne d’attaque commune à adopter face aux experts du FMI. Car, pour Kinshasa, les accords conclus avec la Chine restent irréversibles. Position que redoute le FMI qui continue à craindre une surchauffe du cadre macro-économique, couplée éventuellement à une relance du cycle d’endettement, alors que la RDC se trouve engagée depuis juillet 2003 à l’initiative PPTE.

Quelles sont, dès lors, les chances, pour le gouvernement, d’aboutir au cours de cette année à un nouvel accord avec le FMI au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) ? A première vue, elles sont bien minces.

Mais, rien n’empêche que les deux parties parviennent, en se faisant quelques concessions, à trouver un compromis sur le sujet.

Aussi, pour le gouvernement, c’est finalement au sein d’une commission spéciale réunissant experts du FMI et congolais que devra se régler le problème.

Mais, il y a un premier élément sur lequel risquent d’achopper les accords conclus avec la Chine. Il s’agit du caractère irréversible - position nettement affichée par le ministre des Finances – desdits accords. L’on ne pourrait donc attendre de ces échanges qu’un simple rapprochement qui, malheureusement, pourrait retarder davantage la conclusion d’un nouvel accord.

KINSHASA PERSISTE, LE FMI HESITE

Pour la CISPI donc, « l’objectif de ces échanges est de parvenir à un rapprochement entre la mise en œuvre des accords irréversibles conclus avec les partenaires chinois et les exigences d’atteinte du point d’achèvement dont le programme formel avec le FMI est un des déclencheurs ».

Au-delà des difficultés qui peuvent bien apparaître, le ministre des Finances et président de la CISPI reste optimiste. D’ailleurs, le FMI n’exclut pas du tout une telle éventualité. Toutefois, à en croire Brian Ames, le Fonds monétaire international entend préalablement avoir plus de clarifications sur les accords conclus avec la Chine, en apprécier l’impact sur le programme à conclure avec la RDC.

Ce n’est qu’au terme de cet exercice qu’il pourrait alors « apprécier » - le terme est de Brian Ames – la nécessité de relancer les discussions pour un nouveau programme triennal avec le gouvernement congolais. Tout compte fait, on est loin d’aboutir à une telle conclusion dans les six prochains mois de l’année 2008.

Et, le ministre des Finances est bien de cet avis lorsqu’il souligne, s’adressant toujours à la Cispi, que « l’optimisme est mitigé au sujet de deux repères du programme de référence non encore accomplis à ce jour ».

Même si le ministre des Finances n’a pas fait mention de ces deux repères, il appert que la conclusion d’un nouveau programme avec le FMI pour cette année 2008 est bien aléatoire. Plus aléatoire encore il l’est quand le président de la CISPI précise que « le gouvernement devrait tout mettre en œuvre pour accomplir ces deux repères avant la fin du mois de juin en cours, afin d’espérer entrer dans un programme à moyen terme devant ouvrir la voie aux appuis budgétaires et à la balance des paiements ».

Mais, au-delà de ces faits internes, c’est au niveau du FMI que se développe la grande nébuleuse sur la conclusion en 2008 d’un éventuel programme triennal entre la RDC et le FMI. A Kinshasa, ses experts ont clairement indiqué que la question n’était pas à l’ordre du jour. Le Potentiel

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