11 juin 2008
Le Congo belge : Fin de partie pour la Belgique ou pour Joseph Kabila..?
Relents néo-coloniaux sur fond de conflit d’intérêt et de corruption, la République Démocratique du Congo s’insurge contre ses « anciens pères ».
Le temps des règlements de comptes a sonné entre Bruxelles et Kinshasa. Les relations entre les deux gouvernements n’étaient pas excellentes en 2007, mais elles sont maintenant exécrables. La dernière triple visite ministérielle belge à Kinshasa (rien moins que les ministres des Affaires étrangères, de la Défense et de la Coopération avaient fait le déplacement !) a été l’occasion d’échanges peu diplomatiques avec Joseph Kabila tout d’abord, puis en public, lors du cocktail donné dans les jardins de la résidence de l’ambassadeur. Karel De Gucht, le ministre belge des Affaires étrangères, y a fait un discours musclé tout entier dédié à la « bonne gouvernance » : la lutte contre la corruption, l’amélioration de la gestion publique, la transparence, la sécurité et la lutte contre les violences sexuelles commises dans l’Est du pays et qualifiées par lui de « cauchemardesques » ont été au centre de son intervention devant un parterre de Congolais et diplomates kinois.
Pour être encore plus explicite, il a continué sa leçon « improvisée » sur la gouvernance en disant : « La bonne gouvernance, cela signifie s’attaquer aux privilèges fabuleux de certains. Il faut s’attendre à une farouche résistance de tous ceux qui n’hésitent pas à sacrifier le bien-être de la population pour leur enrichissement personnel. Ce combat n’est possible qu’avec l’adhésion de nos interlocuteurs congolais. Adhésion qui doit maintenant se manifester en paroles et en actes » De retour en Belgique, Karel De Gucht a renchéri en parlant à la RTBF d’un « droit de regard moral » de la Belgique sur la politique congolaise « au nom des 200 millions de dollars que nous vous donnons au titre de l’aide » (sic). Depuis la presse kinoise parle de crise ouverte.
La RD Congo préfère Tchang à Tintin
Ce qui s’est immédiatement traduit en actes n’est pas le combat pour la bonne gouvernance mais la colère de Joseph Kabila : le conseil des ministres à la fin du mois de mai s’est drapé dans la dignité du Congo offensé et décision a été prise de procéder au réexamen des termes de la coopération entre les deux pays, de rappeler en consultation l’ambassadeur de RDC en Belgique et de fermer le consulat congolais à Anvers. Pourquoi le consulat d’Anvers ? Parce que les milieux diamantaires y font leur demande de visas.
Dans sa note de protestation contre les propos tenus par le ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht, le gouvernement du Congo a demandé la fermeture des consulats de Belgique à Lubumbashi (Katanga, sud-est) et à Bukavu (sud-Kivu, est).
La Belgique a fermé la semaine passée ses consulats à Bukavu et à Lubumbashi, villes de l'est de la République démocratique du Congo (RDC), conformément à la demande de Kinshasa.
Depuis la signature des contrats chinois (pour quelques milliards de $ en 2007 !), Bruxelles et Kinshasa sont à couteaux tirés. En pleine crise intérieure, la Belgique supporte mal de voir sa chasse gardée s’émanciper et ses entreprises écartées. Pendant que le ton monte entre les chancelleries, on s’active dans une guerre de coulisses. Premier à tomber au champ du déshonneur : Pierre Chevalier, représentant spécial du gouvernement belge au Conseil de Sécurité, a dû démissionner précipitamment début mai après la révélation de ses liens avec l’industrie minière en RDC. Élu libéral flamand, il était administrateur délégué du groupe Forrest – l’homme fort du Katanga - alors que la question de l’exploitation illégale des ressources naturelles en RDC fait partie de l’agenda du Conseil de Sécurité. Le conflit d’intérêts était manifeste et il lui a été demandé de renoncer à représenter son pays. Réponse du berger à la bergère : le 13 mai, la Banque Centrale Congolaise a été inculpée de blanchiment par la justice belge dans le cadre d’une affaire de « disparition de fonds détournés au préjudice d’une société minière congolaise au départ de comptes ouverts dans une banque belge » ! Cette affaire qui remonte à 2004 et se serait soldée par l’évanouissement de 80 millions de $ implique « malheureusement » l’ex-PDG de la MIBA , Jean-Charles Okoto, également ex-président du parti de Joseph Kabila, le PPRD.
En choisissant de dénoncer la mauvaise gouvernance congolaise, Karel De Gucht a choisi un terrain dangereux pour déclencher les hostilités entre Bruxelles et Kinshasa : la longue et tumultueuse histoire des intérêts belges en RDC garantit quelques effets boomerang - comme Pierre Chevalier. En attendant d’autres coups bas au pays de Tintin, l’actuelle crise conjugale belgo-congolaise révèle la difficulté, voire l’hypocrisie, de parler de bonne gouvernance en Afrique pour certains pays européens. Les « petites affaires » se conciliant mal avec la promotion de la bonne gouvernance, les gouvernements africains se font un plaisir de donner une leçon aux donneurs de leçons.
Toutefois les attaques (l'absence du pouvoir d'Etat, corruption généralisée, insécurité et mal gouvernance etc...) à répétition dont il est l’objet ébranlent puissamment le pouvoir << des rêves >> du petit Joseph Kabila face au Grand Roi...
O.M...faiseur de rois/bakchich (photo)
Perte de mandat de 117 députés nationaux / Assemblée nationale : des étincelles en l’air
Ca sent le roussi à l’Assemblée nationale. L’épée de Damoclès reste suspendue sur la tête de 117 députés pour absentéisme. En même temps, une proposition d’amendements qui risque d’être transformée en une pétition fait le tour de la salle de Congrès du Palais du peuple contre le président de l’Assemblée nationale. Des observateurs redoutent une crise institutionnelle aux conséquences imprévisibles.
Cent dix-sept (117) députés pourraient perdre leur mandat de députés nationaux pour absentéisme. Au cours de la plénière du lundi 9 juin, le président de l’Assemblée nationale a posé effectivement le problème pour qu’il soit débattu. Et conformément à l’article 110 de la Constitution, point f, relatif à la fin du mandat de député national ou de sénateur, « le mandat de député national ou de sénateur prend fin par… absence non justifiée à plus d’un quart des séances d’une session », ces 117 députés courent ce risque. Si les faits sont prouvés, ce qui serait le cas, ces députés perdraient leur mandat.
Mais il nous revient que parmi les 117 députés, il existerait un « groupe de 50 » qui serait le plus concerné. Dans ce groupe, figurent de «gros poissons ». Il faudra un réel courage politique pour les sanctionner parce qu’ils ont le « bras long » à même d’atteindre le président de l’Assemblée nationale. Comme pour dire qu’il se trouverait dans une situation inconfortable si la sentence les frappait. Les laisser, ce serait aller contre la Constitution et le règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Une situation qui pose un choix « difficile ».
Par ailleurs, en date du 30 avril 2008, le député de l’Opposition du groupe de l’Ordre des démocrates républicains, ODR, Martin Mukonkole, a initié une proposition d’amendements relatifs à l’article 21, alinéa 3 et aux articles 4 et 5 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Dans sa proposition, l’auteur vise un « fonctionnement harmonieux de la Chambre basse du Parlement ». En fait, selon certaines discrétions, on reprocherait au bureau de l’Assemblée nationale une mauvaise gestion des frais de fonctionnement reçus de la part du gouvernement. Aucun état des lieux n’aurait été fait de façon régulière sur la situation financière aux députés.
Ensuite, maintenir le mandat actuel du Bureau de l’Assemblée nationale pour une durée de cinq ans « consacrerait l’impunité », a souligné le député Mukonkole. A cet effet, il a proposé l’amendement suivant : « Les membres du bureau sont élus pour une durée de 30 mois renouvelable. ». En plus de cet amendement, il a également suggéré que chaque député dispose d’un assistant.
Depuis, l’on observe un certain engouement au sein de l’Assemblée nationale parlant d’une pétition contre le président de cette institution, Vital Kamerhe. Tout ceci part du fait que selon l’article 230, alinéa 1 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, il est prévu la modification de ce règlement. L’initiative revient au bureau de l’Assemblée nationale, soit au 10ème des membres composant cette institution avant de soumettre cette initiative à la Conférence des présidents et à la plénière. Il s’est alors posé un problème d’interprétation sélective qui justifie cette agitation. De la proposition d’amendement d’un article du règlement intérieur à une pétition contre la pétition de l’Assemblée nationale, c’est l’évolution de cette affaire. Il nous revient qu’aujourd’hui, 30 députés auraient signé la proposition ou la pétition, c’est selon. Chantage ou diversion ?
LA GUERRE DES CLANS ?
Apparemment, la proposition du député Mukonkole risque de ne pas aboutir. Elle aurait une chance de réussite si l’initiative émanait de la majorité. Même si cette proposition récoltait les signatures nécessaires, elle pourrait connaître la même issue que cette motion initiée par le député Sessanga contre le Premier ministre Antoine Gizenga. En plus, le règlement intérieur de l’Assemblée nationale est une loi. En tant que telle, elle a été promulguée par le président de la République après avis favorable de la Cour suprême de justice. Toute modification devrait au préalable recueillir l’avis favorable de cette même Cour avant qu’elle soit opposable.
Mais pourquoi cette récupération politicienne, dirait-on, de vouloir transformer une proposition en une pétition ? Interrogation pertinente qui s’adresse directement à la plate-forme de la majorité présidentielle, AMP. Serait-elle pour quelque chose ? Dans l’hypothèse d’une réponse affirmative, il faudrait qu’il y ait l’aval du leader de cette famille politique qui n’est autre que le président de la République.
Qu’à cela ne tienne. Il se dit dans les couloirs de l’AMP que Kamerhe fait de plus en plus la part belle à l’Opposition dans la gestion de certains dossiers. Notamment ceux relatifs au « Contrat MagEnergy » et à la « Convention sino-congolaise ». En plus de cela, les sympathies manifestées à son égard par divers milieux politiques et diplomatiques susciteraient des frustrations au sein de sa famille politique, donnant ainsi des idées à certains. Les « Faucons » et les « Colombes » de l’AMP sont prêts à s’affronter.
Ce choc frontal pourrait avoir lieu avec cette décision qui frapperait les 117 députés accusés d’absentéisme. Si ceux du « groupe de 50 » quittaient l’hémicycle, Kamerhe serait égratigné. Il y a bien des étincelles dans l’air à l’Assemblée nationale.
DESTABILISATION EN PERSPECTIVE
Au regard de ce qui précède, ces deux affaires constituent bel et bien un test pour l’AMP qui risque de se fissurer. Auparavant, il y a eu la question liée à un éventuel réajustement au sein de l’équipe gouvernementale. A ce propos, au sein de la majorité présidentielle, deux camps s’affrontent pour le maintien ou non du Premier ministre, Antoine Gizenga Fundji. L’on continue encore à spéculer là-dessus.
Voilà maintenant qu’il s’agisse de la perte du mandat de député national de 117 députés, parmi lesquels des personnalités les plus influentes de la majorité présidentielle, et cette proposition-pétition contre le président bureau de l’Assemblée nationale. Tous ces événements sont susceptibles de conduire à des crises politiques ou institutionnelles, c’est selon. S’ils ne sont pas bien gérés, ils déstabiliseraient ainsi les institutions nationales. De fâcheux précédents qui n’épargneraient pas le Sénat. A qui profiteraient alors toutes ces crises ? La question reste posée. Le Potentiel
Un avion du Conseil de sécurité touché par une balle !
Une balle perdue a touché l’avion qui transportait la délégation du Conseil de sécurité de l’Onu, le dimanche 8 juin, à l’aéroport de Goma, chef-lieu de la province du Nord- Kivu. Cette balle aurait été accidentellement tirée par un agent de sécurité alors que l’avion faisait le taxi sur le tarmac. Peur sur la ville touristique !
Personne n’a été blessée à bord de l’avion, un jet de la mission de l’Onu en RDC (Monuc), qui devait ramener la délégation onusienne à Kinshasa, où elle devait prendre un plus gros avion et poursuivre sa tournée vers la Côte d’Ivoire. La détonation a été distinctement entendue à bord. Il s’avère que la balle a traversé le plancher de l’avion et touché un câble, empêchant de ce fait l’appareil de décoller. Un incident bénin qui indique clairement que la RDC demeure encore une zone périlleuse malgré plusieurs sommets sur la paix. Personne n’est donc à l’abri de la mort qui rode partout en campagne comme en ville…
Selon Mr Alan Doss, le chef de la Monuc, ‘‘ une arme appartenant à un agent de sécurité des Nations Unies a accidentellement déchargé lors de son rangement dans une boite sécurisée prévue à cet effet à bord ’’.
La délégation d’ambassadeurs du Conseil de sécurité, plusieurs officiels de la Monuc et des journalistes étaient déjà installés à bord lorsque les agents de sécurité ont procédé à l’habituel contrôle de leurs armes avant de les ranger le temps du vol de deux heures entre Goma et Kinshasa. Il y a eu néanmoins plus de peur que de mal. Cet incident technique a contraint la délégation onusienne conduite par le Français Jean Ripert à renoncer à rejoindre la capitale de la RDC, où l’attendait son avion- un gros porteur ne pouvant atterrir à Goma. Motif : la piste est devenue trop courte depuis la coulée de la lave du volcan voisin Nyiragongo en janvier 2002. Conséquence : la délégation a dû embarquer à la tombée du jour dans un bus de la Monuc pour gagner Kigali, la capitale du Rwanda, située à 150 km plus loin à l’Est durant trois heures de route goudronnée depuis le Nord Kivu..
Dans la capitale rwandaise, la délégation a curieusement retrouvé son avion officiel qui avait décollé la nuit depuis l’aéroport international de Ndjili pour le petit pays voisin distant de quelques 2.150 km à l’Est. De Kigali, elle a embarqué nuitamment pour parvenir enfin à Abidjan, dernière étape d’une tournée africaine qui l’a conduite à Djibouti, au Soudan et au Tchad, des pays qui sentent l’odeur de la poudre depuis une décennie et plus…
Désarmement des milices et l’affaire Bemba
Rappelons que lors de sa visite à Goma, la délégation onusienne a appelé une nouvelle fois au désarmement des milices et groupes armés qui sévissent dans le grand Kivu depuis une décennie par le gouvernement congolais et son armée en formation continue, au besoin avec l’appui de la Monuc et la coopération militaire avec le Rwanda voisin. Deux processus de paix sont actuellement en cours dans la région montagneuse : celui de Nairobi, qui vise le rapatriement au Rwanda de plus de 6.000 rebelles hutus rwandais sévissant dans les provinces orientales du Congo et dont certains auraient participé au génocide tutsi-hutu de 1994, et le second celui de Goma, tenu en janvier dernier, pour le désarmement de plus de quarante milices congolaises. Ce qui n’est guère une mince affaire…
Par ailleurs, au cours d’une conférence de presse tenue à Kinshasa, le samedi 7 juin au Grand Hôtel de Kinshasa, Monsieur Jean Ripert s’est exprimé autour de l’arrestation de Jean-Pierre Bemba Gombo à Bruxelles. A son avis, le Conseil de sécurité ne peut pas intervenir auprès de la Cour pénale internationale (CPI) pour libérer le détenu de la Prison de Saint Gilles. Par contre, il a affirmé avoir rappelé au gouvernement de Kinshasa la possibilité de coopérer avec la Cpi sans éluder la question de l’impunité ou de l’immunité parlementaire. Comme on le voit, l’Onu prend quelque peu ses distances tant dans la question du désarmement forcé des miliciens à l’Est du Congo que dans l’affaire politico- judiciaire Bemba Gombo.
Le Révélateur
Coopération RDC-Emirats arabes unis : Après les chinois, des Saoudiens en action à Kinshasa !
Avec une bagatelle somme de 540 millions de dollars, le groupe Rakeen, une société privée du Prince Saud Bin Saqr al Qassimi, va construire deux grands hôtels et un vaste centre commercial. Un hôtel de 23 étages, 350 chambres et un centre de conférences de 2000 places. Joseph Kabila et le prince saoudien Saud Bin Saqr al Qassimi ont lancé les travaux ce mardi 10 juin. Combiné aux milliards chinois et aux promesses indiennes, cet investissement des Emirats Arabes Unis accélère les chantiers à Kinshasa..?
Le Président Joseph Kabila est déterminé à diversifier les partenariats en vue de la reconstruction de la RDC. Pour les membres du Gouvernement, c’est un moyen de garantir l’indépendance du pays. C’est ce qui explique l’ouverture du marché congolais aux capitaux asiatiques et saoudiens. Après les Chinois qui se sont lancés dans des travaux d’infrastructure, essentiellement les routes et les chemins de fer, voici les saoudiens qui prennent en main la modernisation de la ville de Kinshasa.
Avec une bagatelle de 540 millions de dollars, le groupe Rakeen, une société privée du Prince Saud Bin Saqr al Qassimi, va construire deux grands hôtels et un vaste centre commercial. Un hôtel de 23 étages, 350 chambres et un centre de conférences de 2000 places. Le chalet sortira du sol devant le ministère des Affaires Etrangères, à la place de l’Indépendance. La deuxième bâtisse, deux tours résidentielles, sera érigée à la Gare Centrale. Le centre commercial sera construit sur le Boulevard du 30 juin là où se trouve la Police de roulage. Saoudiens et officiels congolais ont pris date. Le 30 juin 2010, à l’occasion du 50ième anniversaire de l’indépendance formelle de la RDC, les immeubles seront officiellement remis aux autorités congolaises.
Toujours un partenariat gagnant-gagnant
Comme c’était le cas avec les contrats chinois, le ministre des Infrastructures, Pierre Lumbi encore et toujours lui, a salué l’arrivée des capitaux saoudiens en RDC. A Lumbi de dire : ‘‘Le Gouvernement de la République, non seulement soutient les investissements privés, d’où qu’ils viennent, mais aussi est prêt à s’engager avec tous ceux qui le souhaitent, dans un partenariat public privé gagnant- gagnant’’. Il s’attend à ce que les investissements immobiliers saoudiens génèrent de l’emploi. Surtout lors des travaux de construction et pendant la phase d’exploitation. Des incidences positives sont aussi attendues sur le plan économique et social. L’assiette fiscale sera élargie avec des ressources financières supplémentaires. La capacité de logement à Kinshasa sera renforcée. Les touristes de passage dans la capitale congolaise n’auront plus à chercher où dormir.
La contrepartie ?
Après le lancement des travaux par le Président Kabila hier mardi 10 juin 2008, en présence du prince émirati Saoud Bin Saqr, les Congolais n’ont pas manqué de se poser des questions. On voulait savoir ce que la RDC a donné ou donnera en contrepartie aux saoudiens. Selon le ministre Lumbi, le Gouvernement congolais n’a fait que mettre des terrains à la disposition du groupe Rakeen. Point d’autres détails sur le dossier.
La relance du débat sur les éléphants blancs
A Kinshasa, les opinions divergent sur l’importance réelle de ces nouveaux bâtiments en construction. Pour certains, c’est une très bonne chose que de doter la ville des immeubles modernes. Kinshasa, en effet, accuse un retard criant en matière d’infrastructures hôtelières par rapport à d’autres capitales africaines. Il ne faut même pas avoir le culot de comparer Kinshasa à des villes comme Dakar, Luanda ou Kigali. Mais pour d’autres, le Gouvernement refait l’expérience de Mobutu qui avait construit des éléphants blancs : CCIZ, Sozacom, RTNC, etc. D’imposants bâtiments qui ont coûté de milliards de dollars mais d’une inutilité déconcertante.
Pourquoi, se demande-t-on, on n’a pas mis l’accent sur la construction des logements sociaux. Dans tous les cas, dans les jours qui viennent, le partenariat RDC- Rakeen va constituer le principal sujet de conversation. LPM
RDC : l’absence du pouvoir d’Etat... Un libanais séquestre trois députés
Une histoire rocambolesque. Le député national, Francis Kalombo, le député provincial de la ville de Kinshasa, Gérard Mulumba, alias « GEKOKO » et le président de l’Assemblée provinciale de la ville Kinshasa, Nsingi, ont été séquestrés par un sujet libanais, répondant au nom de Zaidan, dans l’enceinte des installations de la Régie nationale presse et imprimerie ( Renapi). Appréhendé à son tour par les éléments de la Police, le Libanais a été aussitôt relâché sur simple coup de téléphone. Incroyable mais vrai. Tout Kinshasa est tétanisé. Qui est derrière ce coup indigeste digne de la Camorra et qui porte atteinte à la crédibilité de toutes les institutions nationales ?
Saisi par la population qui se plaint de la pollution de l’environnement à la suite de l’ implantation d’une usine dans les installations de la Régie nationale presse et imprimerie (RENAPI), ex-Magasins généraux, le député provincial, Gérard Mulumba, alias «GEKOKO», s’est rendu sur les lieux pour s’enquérir de la situation. C’était jeudi de la semaine passée. Arrivé sur place, il a été aussitôt séquestré dans l’enceinte de cet établissement public sur ordre du propriétaire déclaré des lieux. C’est un sujet libanais du nom de Zaidan, responsable de l’entreprise incriminée.
Le député pris en otage tente alors d’alerter un de ses amis, le député national Francis Kalombo, élu de la capitale, dans la circonscription de la Lukunga. Dès que ce dernier se pointe sur les lieux, il subit le même sort. Il en sera de même du président de l’Assemblée provinciale de la ville de Kinshasa, l’honorable Nsingi, venu à la rescousse de ses collègues. Et lorsque le ministre provincial de l’Intérieur de la ville de Kinshasa a osé se manifester, l’accès lui a été tout simplement interdit. Mis devant l’aggravation de la situation, ce denier fera appel aux éléments de la Police d’intervention rapide (PIR). L’accès des installations leur sera également interdit. Agents de l’ordre, ils ont forcé l’entrée en escaladant le mur pour libérer les infortunés. Ouf de soulagement de la part des «prisonniers» car, leur bourreau est aussitôt appréhendé et amené au cachot de l’Etat-major de la PIR dans la commune de Kasa-Vubu. Mais, joie de courte durée. La PIR n’a pas été en mesure de garder longtemps dans ses geôles le tout puissant Libanais. L’homme a été aussitôt libéré sur un simple coup de téléphone. L’ordre serait venu, comme toujours, d’ «en haut». Sic !
Scandale. Voilà le mot qui peut décrire cette affaire. Il n’en fallait pas plus pour que le député national Roger Lumbala introduise une motion auprès du Bureau de l’Assemblée nationale. Un premier débat a eu lieu hier lundi en plénière.
L’ETAT DEFIE
Comme il fallait s’y attendre, tout Kinshasa est tétanisé. Estomaqué de voir ceux qui incarnent l’Etat être traités de la manière la plus vulgaire, la plus invraisemblable par un sujet étranger qui n’a eu aucune considération envers eux.
Libanais séquestreur, a défié l’Etat. Il a ignoré superbement les institutions de la République et foulé aux pieds l’hospitalité dont il bénéfice de la part du peuple souverain. C’est grave. Car, l’homme d’affaires libanais semble jouir d’une immunité aux contours non définis.
Plus grave encore, et humiliant pour notre pays, c’est qu’il y a eu de hautes personnalités congolaises pour protéger ce paria qui a osé commettre un crime de lèse-majesté à l’endroit des élus du peuple congolais. C’est à se demander qui détient le vrai pouvoir dans ce pays.
Plaider en faveur d’un tel étranger ou le protéger aux dépens des Congolais, dépasse tout entendement. Incroyable mais vrai. Une histoire rocambolesque digne de la Camorra italienne. La maffia avait élu domicile à Palerme jusqu’à opposer deux clans, la Cosa Nostra et la Cosa Nueva lesquelles avaient fini par avoir le contrôle des autorités politiques et judiciaires de la ville. Et le clou de cette rivalité a été sans conteste l’assassinat en 1992 du juge Giovani Falcone. Serait-ce vers là que tend la République démocratique du Congo ?
Il revient au gouvernement, aux Cours et Tribunaux de répondre à cette interrogation. Pas plus tard que l’année dernière, un ancien ministre a été ridiculisé par un autre sujet libanais. C’est toujours un coup de fil, venu d’un galonné, qui força le pauvre membre du gouvernement à libérer une concession publique illégalement occupée et qu’il cherchait à protéger.
L’Assemblée nationale a été saisie de cette affaire avant de décider de l’expulsion de cet étranger. Il nous revient que jusqu’ à ce jour, cette décision de déclarer ce sujet libanais persona non grata en RDC n’a pas encore été exécutée. Pourquoi ?
Par ailleurs, que dire de ces jeunes libanais qui, chaque week-end et tard la nuit, transforment le Boulevard du 30 juin en une sorte de « formula 1», leurs cylindrées propageant des décibels à casser les tympans. Dans l’ignorance totale d’autres usagers de cette artère qui fait la fierté de Kinshasa.
Si la communauté libanaise peut encore compter des personnes respectables et qui considèrent ce pays comme leur seconde patrie, il est temps de rappeler tous les marginaux à l’ordre et faire respecter les institutions nationales en s’appuyant sur la rigueur de la loi. Ils se comportent comme en territoire conquis. Ou alors, ces sujets qui n’écoutent que la voix de leur argent veulent ramener la RDC 40 ans en arrière et refaire le boulot de Léopold II.
ABUS DU POUVOIR
Les étrangers ne doivent pas, seuls, subir la rigueur de la loi. Toutes les personnalités congolaises, quel que soit leur rang social ou politique, voire militaire, et qui ont trempé dans cette histoire rocambolesque qui porte atteinte à la crédibilité des institutions nationales, doivent être démasquées et traduites devant les instances judiciaires. Il y a là abus du pouvoir qui aliène l’autorité de l’Etat.
Ce genre de comportement d’un autre âge ne peut rester impuni au risque de créer une caste des intouchables prêts à instituer un régime de banditisme et de terreur. En fait, la RENAPI est une institution publique. Son patrimoine appartient à l’Etat. Qui l’a spolié ? Les institutions compétentes doivent répondre à cette deuxième interrogation. Le Potentiel
Accident d'avion au Soudan: 28 morts et 121 rescapés recensés officiellement
Les corps de 28 personnes décédées dans l'incendie mardi soir d'un Airbus de la compagnie nationale Sudan Airways ont été transférés jusqu'à présent à la morgue de Khartoum, a indiqué mercredi un responsable, faisant en outre état de 121 rescapés "pour l'instant".
La télévision d'Etat a annoncé mardi soir que "près de la moitié des 203 passagers" étaient morts lorsque l'avion de ligne en provenance d'Amman a pris feu après l'explosion de l'un de ses moteurs à son atterrissage à l'aéroport de Khartoum. Onze membres d'équipage étaient à bord.
"Nous avons pour l'instant à la morgue de Khartoum 28 corps", a affirmé Taher al-Haj Ibrahim, le directeur de l'Administration générale des enquêtes. "Pour l'instant, nous avons recensé 121 rescapés", a-t-il ajouté. Vingt-deux d'entre eux sont blessés.
"Le reste, nous considérons qu'ils sont disparus, mais d'après nos informations, certains passagers sont rentrés chez eux avant d'être recensés", a-t-il poursuivi.
L'avion de ligne de Sudan Airways, un Airbus, arrivait d'Amman via Damas. Il a dévié de la piste après l'atterrissage puis a pris feu, a précisé une source policière.
"Il y a eu une explosion dans l'un des moteurs et l'avion a pris feu", a expliqué le directeur de l'aéroport de Khartoum, Youssef Ibrahim, parlant d'un problème "technique".
Mais d'après Mabrouk Moubarak Salim, le ministre d'Etat au Transport, "la météo est l'une des causes principales" de l'accident, des tempêtes de sable et de pluies diluviennes s'étant abattues mardi sur Khartoum.
L'avion a d'ailleurs dû se poser à Port-Soudan avant d'avoir l'autorisation de se poser sur le tarmac de l'aéroport de la capitale, en raison des mauvaises conditions climatiques, a ajouté M. Salim.
"Nous ne pouvons pas donner de chiffre précis" sur les victimes, mais "un grand nombre de passagers sont sains et saufs", a assuré M. Ibrahim.
Toutefois, lors des interviews de survivants à la télévision, un Soudanais y est brièvement apparu, en criant: "il y a des morts et ils ne veulent pas le dire"!
Un autre rescapé, Ibrahim Saleh, assis au fond de l'avion, a indiqué à l'AFP qu'il restait, après son évacuation, "beaucoup de monde dans l'appareil". "Je ne suis pas sorti en premier car j'ai d'abord aidé à faire débarquer les enfants", a-t-il dit.
Selon les images diffusées par la télévision, les pompiers munis de lances à incendie ont mis plus d'une heure pour circonscrire le feu qui avait déjà ravagé la partie supérieure de la carlingue.
Cette catastrophe est l'une des plus importantes ces dernières années au Soudan.
En juillet 2003, 115 personnes, dont un haut responsable militaire soudanais et huit étrangers, avaient péri dans l'accident d'un avion des lignes intérieures de Sudan Airways dans l'est du Soudan.
La flotte soudanaise est vieillissante, la compagnie nationale n'arrivant pas à acheter des pièces de rechange en raison des sanctions américaines. Plusieurs petites compagnies locales ont recours à des pilotes de l'ex-Union soviétique et utilisent des avions de fabrication d'Europe de l'est.
Si les accidents d’avions de ligne sont rares au Soudan, le plus grand pays d’Afrique, plusieurs avions militaires se sont écrasés dans le pays depuis 1998.


