LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

11 juin 2008

RDC : l’absence du pouvoir d’Etat... Un libanais séquestre trois députés

francis_kalomboUne histoire rocambolesque. Le député national, Francis Kalombo, le député provincial de la ville de Kinshasa, Gérard Mulumba, alias « GEKOKO » et le président de l’Assemblée provinciale de la ville Kinshasa, Nsingi, ont été séquestrés par un sujet libanais, répondant au nom de Zaidan, dans l’enceinte des installations de la Régie nationale presse et imprimerie ( Renapi). Appréhendé à son tour par les éléments de la Police, le Libanais a été aussitôt relâché sur simple coup de téléphone. Incroyable mais vrai. Tout Kinshasa est tétanisé. Qui est derrière ce coup indigeste digne de la Camorra et qui porte atteinte à la crédibilité de toutes les institutions nationales ?

Saisi par la population qui se plaint de la pollution de l’environnement à la suite de l’ implantation d’une usine dans les installations de la Régie nationale presse et imprimerie (RENAPI), ex-Magasins généraux, le député provincial, Gérard Mulumba, alias «GEKOKO», s’est rendu sur les lieux pour s’enquérir de la situation. C’était jeudi de la semaine passée. Arrivé sur place, il a été aussitôt séquestré dans l’enceinte de cet établissement public sur ordre du propriétaire déclaré des lieux. C’est un sujet libanais du nom de Zaidan, responsable de l’entreprise incriminée.

Le député pris en otage tente alors d’alerter un de ses amis, le député national Francis Kalombo, élu de la capitale, dans la circonscription de la Lukunga. Dès que ce dernier se pointe sur les lieux, il subit le même sort. Il en sera de même du président de l’Assemblée provinciale de la ville de Kinshasa, l’honorable Nsingi, venu à la rescousse de ses collègues. Et lorsque le ministre provincial de l’Intérieur de la ville de Kinshasa a osé se manifester, l’accès lui a été tout simplement interdit. Mis devant l’aggravation de la situation, ce denier fera appel aux éléments de la Police d’intervention rapide (PIR). L’accès des installations leur sera également interdit. Agents de l’ordre, ils ont forcé l’entrée en escaladant le mur pour libérer les infortunés. Ouf de soulagement de la part des «prisonniers» car, leur bourreau est aussitôt appréhendé et amené au cachot de l’Etat-major de la PIR dans la commune de Kasa-Vubu. Mais, joie de courte durée. La PIR n’a pas été en mesure de garder longtemps dans ses geôles le tout puissant Libanais. L’homme a été aussitôt libéré sur un simple coup de téléphone. L’ordre serait venu, comme toujours, d’ «en haut». Sic !

Scandale. Voilà le mot qui peut décrire cette affaire. Il n’en fallait pas plus pour que le député national Roger Lumbala introduise une motion auprès du Bureau de l’Assemblée nationale. Un premier débat a eu lieu hier lundi en plénière.

assemble_national_dL’ETAT DEFIE

Comme il fallait s’y attendre, tout Kinshasa est tétanisé. Estomaqué de voir ceux qui incarnent l’Etat être traités de la manière la plus vulgaire, la plus invraisemblable par un sujet étranger qui n’a eu aucune considération envers eux.

Libanais séquestreur, a défié l’Etat. Il a ignoré superbement les institutions de la République et foulé aux pieds l’hospitalité dont il bénéfice de la part du peuple souverain. C’est grave. Car, l’homme d’affaires libanais semble jouir d’une immunité aux contours non définis.

Plus grave encore, et humiliant pour notre pays, c’est qu’il y a eu de hautes personnalités congolaises pour protéger ce paria qui a osé commettre un crime de lèse-majesté à l’endroit des élus du peuple congolais. C’est à se demander qui détient le vrai pouvoir dans ce pays.

Plaider en faveur d’un tel étranger ou le protéger aux dépens des Congolais, dépasse tout entendement. Incroyable mais vrai. Une histoire rocambolesque digne de la Camorra italienne. La maffia avait élu domicile à Palerme jusqu’à opposer deux clans, la Cosa Nostra et la Cosa Nueva lesquelles avaient fini par avoir le contrôle des autorités politiques et judiciaires de la ville. Et le clou de cette rivalité a été sans conteste l’assassinat en 1992 du juge Giovani Falcone. Serait-ce vers là que tend la République démocratique du Congo ?

Il revient au gouvernement, aux Cours et Tribunaux de répondre à cette interrogation. Pas plus tard que l’année dernière, un ancien ministre a été ridiculisé par un autre sujet libanais. C’est toujours un coup de fil, venu d’un galonné, qui força le pauvre membre du gouvernement à libérer une concession publique illégalement occupée et qu’il cherchait à protéger.

L’Assemblée nationale a été saisie de cette affaire avant de décider de l’expulsion de cet étranger. Il nous revient que jusqu’ à ce jour, cette décision de déclarer ce sujet libanais persona non grata en RDC n’a pas encore été exécutée. Pourquoi ?

Par ailleurs, que dire de ces jeunes libanais qui, chaque week-end et tard la nuit, transforment le Boulevard du 30 juin en une sorte de « formula 1», leurs cylindrées propageant des décibels à casser les tympans. Dans l’ignorance totale d’autres usagers de cette artère qui fait la fierté de Kinshasa.

Si la communauté libanaise peut encore compter des personnes respectables et qui considèrent ce pays comme leur seconde patrie, il est temps de rappeler tous les marginaux à l’ordre et faire respecter les institutions nationales en s’appuyant sur la rigueur de la loi. Ils se comportent comme en territoire conquis. Ou alors, ces sujets qui n’écoutent que la voix de leur argent veulent ramener la RDC 40 ans en arrière et refaire le boulot de Léopold II.

ABUS DU POUVOIR

Les étrangers ne doivent pas, seuls, subir la rigueur de la loi. Toutes les personnalités congolaises, quel que soit leur rang social ou politique, voire militaire, et qui ont trempé dans cette histoire rocambolesque qui porte atteinte à la crédibilité des institutions nationales, doivent être démasquées et traduites devant les instances judiciaires. Il y a là abus du pouvoir qui aliène l’autorité de l’Etat.

Ce genre de comportement d’un autre âge ne peut rester impuni au risque de créer une caste des intouchables prêts à instituer un régime de banditisme et de terreur. En fait, la RENAPI est une institution publique. Son patrimoine appartient à l’Etat. Qui l’a spolié ? Les institutions compétentes doivent répondre à cette deuxième interrogation. Le Potentiel

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