LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

09 juin 2008

La tête de Vital Kamhere au feu !

134364Au Palais du Peuple, siège du Parlement, une pétition liste déjà les signatures des Députés. L’œuvre scellée par Martin Mukonkole, un des élus de Kabinda, au Kasaï Oriental, est en marche. A ce jour, l’affaire aurait séduit une quarantaine de Députés, a-t-on appris, ce week-end. Le stratagème pensé et planifié serait d’initier, subtilement, une modification du Règlement Intérieur en vue d’y introduire quelques innovations.
Apparemment, l’ossature actuelle du Bureau de la chambre basse gênerait certains intérêts politiques. Après coup, il semble qu’avoir deux ressortissants du Bandundu, deux du Kasaï Oriental et, enfin, deux du Kivu, au sein de ce Bureau serait devenu un péché.

La majorité qui avait décidé ainsi est-elle prête à se dédire ? C’est la première question. Autre chose, dans cette démarche, c’est la limitation du mandat de la présidence de l’Assemblée Nationale, à deux ans au lieu cinq qui correspond à la législature, comme initialement adopté. Est-ce que la Cour Suprême de Justice qui avait déclaré ce Règlement conforme à la Constitution est prête à y revenir ?

C’est la deuxième question. Mais, au fait, à qui profiterait ce changement, si brusque ? A l’AMP, au Pprd, à l’Assemblée Nationale ou au Président Kabila ? Encore une fois, l’équation est là et les dés sont jetés. Sous le manteau, peut-on penser que de lui-même, Martin Mukonkole peut mettre la tête de Kamhere au feu, sans la complicité de la majorité ? En tout cas, les questions sont nombreuses et des équations multiples.

Au demeurant, Kamhere toujours vital, va-t-il se laisser se faire ? C’est aussi une question qui se pose. L’idée avancée dans certains cénacles viserait, paradoxalement, plus loin. Au juste, c’est la fragilisation de la petite chambre du Parlement, ce fleuron de la jeune démocratie congolaise, qui constitue le point de chute de cette nouvelle démarche aux allures d’une bombe à retardement, pour la famille présidentielle.

Décidément, l’odeur du mal est en action. Les nez les plus sensibles estiment qu’au-delà de cette pétition, une main noire se cache. Et la majorité, si elle ne se montre pas soudée, en pâtira, dans cette aventure.
La dernière dépêche parvenue à La Prospérité fait état de la volonté de certains Députés de ne pas mordre à l’hameçon, au regard des atouts de Kamhere et de ses colistiers du bureau de l’Assemblée Nationale.
Les temps sont mauvais

Le moment choisi travaillerait contre le succès de cette pétition. La crise entre Kinshasa et Bruxelles, l’affaire des contrats chinois, les contradictions suscitées par les affrontements entre la police et les adeptes de Bundu dia Kongo, au Bas-Congo, l’arrestation de Bemba, la ligne des masses qui voit le Président descendre sur terrain, au Kivu, Bandundu et, très prochainement, dans les autres provinces ; la crise de l’Est avec, en apothéose, l’épineuse question du rapatriement des Fdlr, Interhamwe et ex-Far, au Rwanda, le brassage des groupes armés, les prochaines élections locales, municipales et urbaines, le découpage territorial, avec l’affaire de 40% aux provinces, la montée des prix des produits de première nécessité sur le marché, et, enfin, les tensions sociales dans la fonction publique, l’enseignement supérieur et universitaire et les milieux des professionnels de la santé etc. Autant de promesses aux journalistes, artistes et étudiants, jusque-là, non tenues.

A cela, il faut ajouter l’affaire des Mbororos, dans la Province Orientale. Les compressions budgétaires exigées par la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International. Tout porte à croire que la majorité aurait intérêt à pousser le gouvernement de la République qui, en réalité, est son émanation, à faire du bon travail, en ce moment précis.

Les analystes avertis redoutent que cette majorité, dans sa forme d’aujourd’hui, accepte de prêter le flanc à une telle démarche, fusse-t-il la clé magique pour ouvrir la porte du ciel. A moins qu’elle soit devenue comme un royaume divisé contre lui-même. Ce qui, naturellement, la condamnerait à la disparition.

Pas d’issue

Tshibangu Kalala avait, en son temps, osé. C’est le Président Kabila qui l’avait écorné dans son obstination à vouloir chercher la révision de la Constitution. L’opinion se souviendra que dans les conditions similaires, ce Député du Pprd, n’était pas arrivé au bout de sa logique. Kabila était ferme. Lors de son intervention aux deux chambres du Parlement réunies en congrès, il avait dit niet. Aujourd’hui encore, la tentative de Martin Mukonkole n’a pas d’issue. Toute surprise est à écarter, d’avance. LPM

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