LOSAKO

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02 juin 2008

Autour de l’arrestation de Jean-Pierre Bemba : La CPI initie le « Procès des Grands Lacs »

132098sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo ne sera jamais seul devant la barre. Si son inculpation est confirmée, l’on ouvrira incontestablement la boîte de Pandore. D’autres personnalités, de diverses nationalités, défileront à la CPI. D’ailleurs, on s’agite déjà dans certaines capitales des pays de l’Afrique des Grands Lacs. Outre l’ancien président centrafricain, Ange-Félix Patasse, on parle avec insistance des « généraux ougandais » qui avaient encadré les troupes du MLC. Une réunion secrète a eu lieu le week-end passé à Kampala pour analyser les effets d’entraînement de l’arrestation de Jean-Pierre Bemba. Avec comme chute inévitable le « Procès des Grands Lacs ». A l’image de ce légendaire « Procès de Dunkerque », après la IIè Guerre mondiale, à l’endroit de tous ceux qui avaient commis des « crimes de guerre et crimes contre l’humanité ».

La Cour pénale internationale, CPI, a-t-elle déclenché le mécanisme judiciaire qui pourrait débouché sur le « Procès des Grands Lacs », avec l’ arrestation du Bemba ? L’on serait bien tenté de répondre par l’affirmative à cette interrogation.

Certes, pour le moment, l’on retient encore son souffle en attendant le verdict de pourvoit en cassation des avocats de Bemba. Et ce, après que les juges belges aient rejeté la demande de liberté provisoire en faveur du sénateur Bemba. La décision interviendra sûrement au courant de cette semaine.

Quel que soit cet arrêt, la procédure judiciaire engagée ne s’arrêtera qu’au prononcé du jugement par la CPI. Mais d’ores et déjà, l’on s’agite un peu partout dans certaines capitales des pays de l’Afrique des Grands Lacs. La peur que Bemba qui a promis de collaborer avec la CPI fasse des déclarations qui obligeraient cette instance supranationale à adresser des mandats internationaux pour déférer d’autres personnalités devant la justice internationale, plane au – dessus des Grands Lacs.

Parmi les personnes qui pourraient être entendues, l’on cite déjà les « généraux ougandais » qui encadraient les soldats du MLC pendant la rébellion. A en croire les premières informations captées à Kinshasa, ces généraux ougandais avaient accompagné les soldats du MLC en Centrafrique à l’appel de l’ancien président centrafricain, Ange-Félix Patassé. Si leur présence est prouvée, ils seront convoqués à la Haye pour y être entendus.

C’est en rapport avec cette situation qu’une réunion secrète a eu lieu ce week-end à Kampala. Réunion qui a regroupé les responsables politiques et militaires ougandais.

De deux choses, l’une. L’Ouganda est certainement en train d’examiner toutes les hypothèses qui pourraient découler de l’arrestation de Jean-Pierre Bemba.

Signataire du Statut de Rome, comme la RDC, l’Ouganda sera bien obligé de coopérer avec la CPI en livrant tous ceux qui seront cités dans ce procès. Donc, les sacrifiés éventuellement en qualifiant sûrement leur attitude de « cas isolé ». Ou alors, les mettre en retraite pour permettre à chacun d’eux de se « débrouiller » en envisageant comment se soustraire, le plus longtemps possible, des griffes de la CPI.

RETOUR EN ITURI

Cette arrestation de Jean-Pierre Bemba promet d’être fertile en rebondissements. Car, si les officiers ougandais devraient être entendus, la piste aboutira inévitablement en Ituri. En effet, sur la liste des griefs retenus contre Bemba, allusion a été faite sur ce qui s’est passé à Mambassa, en Ituri. Bemba pourrait être entendu sur les violences qui se sont déroulées dans cette partie du pays au moment où ses troupes contrôlaient encore cette région.

En Ituri, les soldats ougandais avaient occupé pendant une longue période ce vaste territoire congolais, se livrant à des actes de violence des plus excessifs, sous-tendus par le pillage systématique des richesses congolaises : bois, or…. Bien plus, les informations recueillies jusqu’à ce jour attestent en outre que l’Ouganda avait entretenu de nombreuses milices dans cette partie de la province Orientale. Raison pour laquelle Thomas Lubanga, Katanga et Ngudjolo ont été arrêtés et actuellement incarcérés à la Haye.

Evidemment, l’on est en train de refaire progressivement le parcours de la « guerre d’agression de 1998 ». Une guerre qui a commencé au Kivu, soutenue par Kigali et Kampala. L’on voit très mal l’Ouganda sacrifier ses « généraux » pendant que d’autres généraux de son allié pendant cette guerre ne se sentent pas inquiétés.

Il n’y a plus de doute, la CPI verra sa moisson s’agrandir avec d’autres preuves qui s’ajouteront à ces 600 éléments qu’elle a déjà récoltés. Ceci dit, le « Procès des Grands Lacs » est en marche. Un procès qui aura tout l’air de celui de « Dunkerque », et défrayera la chronique africaine et internationale. Justice soit faite

Il est entendu que la CPI est condamnée à aller jusqu’au bout de sa logique pour que justice soit faite. C’est le vœu du peuple congolais, car devoir de mémoire oblige pour que tous ces morts que l’on déplore ne soient pas morts pour rien. Il n’y a pas « bons morts et de mauvais morts » pour qu’ il n’y ait que ce cas de Bangui.

D’où cette interpellation auprès des institutions nationales pour faire triompher la vérité. Car, il est un fait que la roue ne s’arrêtera pas. La procédure prendra le temps qu’il faudra, mais « le Procès des Grands Lacs » est désormais une réalité.

Appel également lancé à l’endroit des organisations nationales et internationales des droits de l’homme pour accompagner cette volonté du peuple congolais de voir que justice a été rendue. Autant les Centrafricains ont les yeux tournés vers la Haye, autant affirmer que la CPI, avec l’arrestation de Jean-Pierre Bemba, vient d’initier-là, le « Procès des Grands Lacs », lequel procès promet d’être retentissant à travers le monde.

Tout simplement parce qu’il concerne « la première guerre africaine » où sept armées régulières se sont affrontées en territoire congolais avec un bilan macabre de près de cinq millions de morts. Qu’on ne se méprenne pas pour laisser les envahisseurs de la RDC demeurés impunis. Bangui n’aurait jamais bénéficié d’une telle publicité si cette « première guerre africaine » n’avait eu lieu. Le Potentiel

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