LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

21 mai 2008

Désordre à l’AMP : Au secours, il y'a le feu... Où est Kabila, le pompier pyromane ?

24801187_pL’AMP, entreprise politique et fruit de ses efforts longtemps endurés, est en perte de vitesse. A deux reprises, à la Chambre basse du Parlement, les Députés de la Majorité se sont perdus en conjectures sur des questions d’intérêt majeur. Pas de leadership, ni d’orientation claire pour une famille politique qui préside à la destinée du pays. Joseph Kabila devrait sauter sur cette occasion pour récupérer les choses en mains et, le cas échéant, sanctionner les mauvais tireurs des ficelles, dans l’ombre. Il y a urgence car son succès aux prochaines échéances électorales, en 2009 et 2011, est à ce prix.

On a vu les Députés de la Majorité développer des arguments contrariant les intérêts des chantiers de la République, lors du débat consacré, par exemple, à la relecture des contrats chinois, à la petite chambre du Parlement. On a également vu un membre du gouvernement se faire frénétiquement applaudir par les Députés de l’Opposition, dans une affaire mettant aux prises la Snel et MagEnergy. Ces deux dossiers traités dernièrement à l’Assemblée Nationale permettent, en effet, de jauger la température qui règne, actuellement, au sein de l’Alliance de la Majorité Présidentielle.

La première impression qui se dégage est que l’AMP évolue, aujourd’hui, en ordre dispersé. Chaque Député tient son discours, même si celui-ci peut nuire aux intérêts de sa famille politique. La dynamique de la salle aidant, chacun d’eux agit comme bon lui semble et n’obéit qu’à sa seule conscience. Conséquence : la famille politique tangue. Elle est prise en sandwich par une Opposition quoique minoritaire. Plusieurs de ses membres n’hésitent pas un seul instant, à inscrire leur intelligence dans les arguments tels : «recherche des financements classiques et modernes pour les chantiers », « respect de normes environnementales etc », pour battre en brèche les efforts fournis jusqu’ici, pour arracher la confiance des entreprises et banques chinoises (Crec, Sinohydro, Exim Bank et China Development Bank) qui, après études, ont consenti d’investir près de 15 milliards de dollars dans les travaux d’infrastructures et d’exploitation minière en RD. Congo.

Aussi curieux que cela puisse paraître, certains Députés de la majorité, oubliant que le sort de cinq chantiers est, en grande partie, intimement lié à l’exécution de ces contrats chinois, se sont laissés emportés dans des arguments habituellement avancés par le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale. Lesquels rendent, pratiquement, inadmissible l’exécution des contrats chinois qualifiés, ici, de « troc ».

Dans l’affaire MagEnergy-Snel, c’est aussi le désordre et l’indiscipline. On a même parlé d’une certaine insubordination. Quelque part, dans l’opinion, ce dossier est resté méphistophélique. Personne n’a compris ce qui s’est passé réellement entre l’ordre du Premier Ministre Antoine, par Godefroid Mayobo interposé, qui demandait la reprise des discussions entre Snel et MagEnergy et, la réaction mitigée du comité de gestion, peu avant sa dernière prestation devant la représentation nationale, au Palais du Peuple. Le moins que l’on puisse dire est qu’en tout état de cause, un pan entier de la vérité est demeuré, loin des projecteurs. Il y a eu certainement plusieurs centres de décision autour de ce dossier. Le Premier Ministre donne l’ordre alors que la Ministre du Portefeuille et le comité de gestion regimbent, sans la moindre inquiétude.

gizenga_20kabila_2_2De qui détiendraient-ils le pouvoir de résister contre le Premier Ministre ?

Y a-t-il, au sein de l’AMP, deux Premiers Ministres ?

L’un qui est connu officiellement et c’est le Patriarche Antoine Gizenga Funji et, l’autre, moins connu du public mais qui serait tout aussi puissant que le premier, dans l’ombre ? Cette situation est d’autant préoccupante qu’elle suscite, à la fois, des craintes et frustrations. Déjà, à la suite de contradictions enregistrées, l’AMP serait au bord de l’éclatement. Il suffira qu’un beau jour, un petit feu atteigne une brindille pour que toute la forêt s’embrase. Ces mêmes craintes, faut-il le relever, nourrissent un scepticisme grandissant quant à la solidité de la famille Kabila face aux échéances à venir. Au Pprd, la fille aînée de l’AMP, cette même triste réalité, n’est plus à occulter. Certains Députés de ce parti émettent de temps en temps, des sons discordants. Certes, il est vrai que le débat est ouvert à l’assemblée nationale afin que tout Député apporte sa contribution. Mais, le problème évoqué ici réside dans le fait qu’il s’agit de l’avenir politique de toute la famille politique. Cela suppose qu’avant toute intervention, les Députés aussi bien du Pprd que de l’AMP devaient, avant toute chose, cerner les tous méandres cachés du dossier sous examen, pour éviter de ramer à contre-courant.

Le cas Yves Kisombe est encore frais

Ceci est arrivé à Yves Kisombe, Député du Mouvement de Libération du Congo, parti de JP Bemba Gombo. Ce jour-là, en effet, Ne Muanda Nsemi, leader Spirituel de Bundu dia Kongo, était à la barre, à l’assemblée nationale. Yves Kisombe, voulant venger son père, M. Kisombe Kiaku Muisi, s’est illustré en un langage proche de la Majorité présidentielle. Distribuant des cartes, lors d’une intervention fort musclée, il est allé plus loin jusqu’à saluer la bravoure de la Police Nationale, dans son action menée au Bas-Congo. Au passage, Yves Kisombe ne ménage pas le Chef Spirituel de BDK. Il demande qu’il soit traduit en justice, jugé et condamné par les Cours et Tribunaux du pays. Au demeurant, cette réaction bien que brillante et fortement applaudie par la majorité, a heurté les visées politiques du Mlc, son parti, dans ce dossier. Aujourd’hui, pour lui donner une leçon morale, Yves Kisombe est radié du Parti.

Des sanctions à gogo

L’idée de sanctions est très adulée lorsque les intérêts d’une famille politique sont mis en ballottage à cause du comportement d’un individu ou de quelques-uns. Ce qui est vrai pour les Députés, l’est aussi pour les mandataires publics, les ministres et vice-ministres. Peu importe sa casquette, celui qui trahit les intérêts de la famille, doit être sanctionné. Sans pitié.

A l’UMP de Sarkozy, en France, la discipline fait autorité. Ce parti peut servir de modèle à l’actuel Pprd ou à l’AMP, en cette matière. A tout moment, la majorité gouvernante en France, fait un bloc compact autour de la vision du Président sur les réformes, même si tous les sondages croisés lui créditaient d’un taux le plus bas, dans l’opinion. Tous, alors tous, sont unis et engagés dans une lutte sans merci pour le triomphe des réformes. A Kinshasa, c’est tout le contraire. Quand Karel De Gucht parle, c’est Kabila, lui-même, qui lui répond. L’AMP reste aphone. Et le Pprd réagit en retard. C’est comme si les troupes présidentielles manquaient de vrais Chefs ! Où sont alors passées toutes les structures de l’AMP qui avaient été présentées, à un certain moment, au Grand Hôtel Kinshasa ? Devant tout ce désordre, où est Kabila ? Va-t-il, finalement, sortir de ses réserves ? La surprise est possible. Il faut s’attendre à des sanctions à gogo. O.M/LPM

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