LOSAKO

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19 mai 2008

Contrats chinois : Pierre Lumbi « Pas de renégociation, mais des améliorations… »

22269762_pJamais feuilleton n’a connu d’épisodes troublants autant que la Convention de collaboration signée entre la République démocratique du Congo et le Groupement d’entreprises chinoises. Avec ses milliards de dollars qu’elle est appelée à mettre en mouvement, cette convention d’un autre modèle n’en finit pas de faire jaser. La dernière scène en date est celle qui a vu des députés se donner en spectacle sur les planchers de l’Assemblée nationale à l’occasion du passage du ministre des Infrastructures, Travaux publics et Reconstruction. Là où ils appellent à la « renégociation » du contrat entre les deux parties, le ministre Pierre Lumbi oppose une fin de non recevoir…

Donner du sens. C’est ce que le ministre des Infrastructures, Travaux publics et Reconstruction s’est appliqué à faire, à la suite de son intervention devant les députés le lundi 12 mai 2008. Au cours d’un dîner de presse très animé, qui a été organisé au restaurant Zamani, le vendredi 16 mai, Pierre Lumbi est revenu particulièrement sur l’expression « renégociation » du contrat signé entre la RDC et les Chinois. Surtout qu’une partie de l’opposition parlementaire en a fait un point…de fixation, attendant que le gouvernement de la République change peut-être son fusil d’épaule.

PAS DE RENEGOCIATION…

« Pas question de renégocier les contrats chinois ». Ce n’est pas une boutade, mais il s’agit bien d’une vérité réaffirmée par le ministre des Infrastructures, Travaux publics et Reconstruction. Replaçant les choses dans leur vrai contexte, Pierre Lumbi ne s’est pas entouré de circonlocutions. « Ceux qui croient que l’on doit renégocier la Convention de collaboration entre la RDC et le Groupement d’entreprises chinoises, ils se trompent », a-t-il tranché. « Pourquoi doit-on renégocier cet accord ? », s’est-il interrogé, rétorquant qu’« il ne sera jamais renégocié ».

Commentant les propos de certains députés qui soutiennent la logique de la renégociation, Pierre Lumbi s’est montré catégorique à ce sujet. « C’est terminé », a-t-il lâché, tout en mettant en quelque sorte un bémol. « Il n’y a pas à renégocier cet accord, mais il peut être amélioré », a-t-il déclaré, avant d’étaler les raisons qui ne militent aucunement en faveur de la renégociation de la convention de collaboration signée entre les deux parties.

« Mais, pourquoi devrons-nous renégocier un accord que nous considérons comme étant un accord modèle ? », a-t-il fait valoir, tout en se défendant. « La Gecamines a plus de trente contrats miniers. Sur l’ensemble de ces contrats, la moyenne de participations de la Gecamines dans le capital est située entre 7 et 25% alors que nos partenaires chinois donnent 32%, rien qu’au niveau du capital ». Et le ministre des ITPR d’appuyer sur les pédales : « Même lorsqu’ils nous donnent ces 32%, compte tenu des difficultés auxquelles la Gecamines est confrontée, les Chinois, a-t-il confié, ont l’élégance de dire qu’ils prêtent ces 32% pour que cette dernière les mette dans son capital ». Mais qui dit mieux ?, a-t-il demandé.

…MAIS DES AMELIORATIONS

Lorsqu’on prend l’ensemble de contrats chinois, qu’on les compare aux autres contrats - une soixantaine – qui vont au-delà de la Gecamines, et quand on les analyse en termes d’apports pour la RDC, on est tout simplement ahuri, a constaté le ministre Pierre Lumbi. A l’en croire, il n’y a que quelque cinq contrats qui sont à peine entrés dans la phase de production. On peut y ajouter cinq autres contrats qui, eux, se trouvent dans la phase des études de faisabilité. Tandis que le reste, c’est-à-dire le gros de ces contrats, est placé dans les spéculations boursières sans qu’ils n’apportent rien du tout à la RDC. Et pourtant, a-t-il indiqué, ces accords ont été signés il y a environ une quinzaine d’années.

Tout bien considéré, les contrats chinois sont de loin profitables à la RDC en ce qu’ils comportent d’énormes avantages pour notre pays, affirme le ministre qui ne s’en laisse pas conter. Et il cite, parmi tant d’autres, le cas du « pas de porte » de 350 millions de dollars, toujours en faveur de la Gecamines.

« Quel est, dans l’histoire de ce pays, cet investisseur qui est venu et qui a dit qu’en contrepartie de ce qu’il a eu, il donnait 350 millions de dollars américains de pas de porte ? », a demandé le ministre. Personne. « Quel est ce contrat qui a apporté 350 millions de pas de porte ?, a-t-il renchéri avant d’ajouter. « Mieux encore, dans les négociations, les Chinois se sont engagés à octroyer à la Gecamines – qui a un petit coin où elle exploite seule -un prêt de 50 millions de dollars pour acheter les équipements nécessaires qui vont lui permettre de se rendre encore plus indépendante.

Grâce au contrat avec les Chinois, nous allons avoir des infrastructures : routes, chemins de fer, hôpitaux, écoles », a encore dit le ministre Pierre Lumbi, demandant aux Congolais d’être « de bonne foi ». De fil en aiguille, il est revenu une fois de plus sur ce qu’il considère comme un non sens, tout en martelant les mots. « Il ne faut surtout pas perdre de vue que, d’août à décembre 2007, nous n’avons fait que négocier. De notre côté, nous avions aligné 23 négociateurs de très haute facture », a-t-il fait remarquer.

« On a l’impression que c’est le ministre des ITPR seul qui a négocié. Loin de là. Je ne suis pas un expert. Je ne suis qu’un simple ministre. Mais, nous avons eu les meilleurs d’entre nous, les meilleurs ingénieurs, les meilleurs financiers. Ils ont négocié pendant six semaines », a-t-il répondu à ceux qui pensent que les négociations avec les Chinois se sont déroulées sur fond de complaisance, se permettant même de remettre en cause la compétence de « nos vaillants ingénieurs ». « Pas du tout », a-t-il lâché. « Il ne faut pas oublier que les Chinois sont les plus vieux commerçants du monde », a-t-il rappelé, affirmant que pendant les six semaines, on ne s’était pas caressé dans le sens du poil.

TREVE DE REVE

En tout état de cause, l’on ne peut renégocier quelque chose que « nous avons négocié au finish pendant six semaines avec tout le comité de gestion de la Gecamines et des experts venus de partout », a-t-il affirmé, avant de lâcher un détail. « C’est nous qui sommes allés vers les Chinois pour leur proposer d’entrer en négociation avec l’Etat congolais. Ce ne sont pas les Chinois qui sont venus nous dire qu’ils avaient besoin de cuivre ».

Donc, dans cet accord, il n’y a vraiment plus de choses fondamentales à renégocier. C’est vrai qu’il y a des choses qui vont être négociées au moment où les études de faisabilité vont être faites. C’est convenu de commun accord, a-t-il dévoilé. Pour le ministre Pierre Lumbi, la raison est simple à comprendre : « Les données que nous avons actuellement, a-t-il noté, doivent être confirmées ou infirmées par les données des études de faisabilité. En ce moment-là, si c’est nécessaire, on va négocier comme on l’a fait jusqu’à présent ».

En d’autres termes, a-t-il terminé, « nous allons réajuster par rapport non pas aux principes mais par rapport très certainement aux chiffres, aux projets miniers et aux designs miniers qui vont être définis. Là, nous sommes d’accord, mais pour le reste, il ne faut pas rêver ».

Trêve de rêves. Il n’y a pas de trou d’air en ce qui concerne les contrats chinois. Il n’y en aura pas non plus. Foi du ministre des Infrastructures, Travaux publics et Reconstruction. Le Potentiel

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