LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

12 mai 2008

Le Congo de Joseph Kabila paie cash ses mauvais choix

untitled3Les stocks des produits importés disponibles au pays pourraient s’épuiser d’ici deux à trois mois. L’alerte a été donnée mardi par le ministre de l’Intérieur, Denis Kalume, en marge de la conférence des gouverneurs qui se tient à Kinshasa. Aussi a-t-il exhorté les participants à réfléchir sur les stratégies de prévention des pénuries alimentaires.

Ce membre du gouvernement a en fait relayé les échos en provenance de l’extérieur et faisant état d’une crise généralisée des produits alimentaires à travers la planète, sur fond de surenchérissement des produits pétroliers, dont le baril a dépassé la barre de 120 dollars USD.
A l’image du choc pétrolier de 1973, les pays d’Afrique vont être frappés de plein fouet par la raréfaction des produits alimentaires.

Le gaspillage

Pendant les 32 ans de la Seconde République et les 16 ans d’une interminable transition, la RDC a tourné le dos aux infrastructures de base. En lieu et place d’une politique planifiée de construction des routes, des chemins de fer, d’aéroports, de ports pour la bonne circulation des personnes et de leurs biens, les gouvernants ont investi dans l’accumulation d’empires immobiliers et des parcs automobiles individuels, des dépenses de prestige à Kinshasa, la multiplication des missions ruineuses à l’étranger, l’évasion des capitaux.

La politique a été transformée en une officine d’enrichissement rapide et sans cause, au détriment du grand nombre. Pendant que le Congolais moyen survit avec moins d’un dollar par jour, le ministre, le député ou le sénateur s’en tire chaque mois avec 5.000 fois plus, sans compter une panoplie de privilèges liés à la fonction. Pour se défendre, certains élus du peuple s’insurgent contre le nivellement salarial par le bas. Une telle logique pouvait tenir la route s’il existait au pays une justice distributive du revenu national. Or, le constat de l’heure est qu’il y a une caste de privilégiés qui s’accaparent des richesses nationales, mettant la République dans l’incapacité de nourrir ses filles et fils.

La RDC sans stratégie agro-alimentaire

La République Démocratique du Congo voit venir le danger de la famine mais se retrouve sans stratégie agro-alimentaire pour y faire face. Pour ne prendre que les dix dernières années de la transition, notre pays a fait le choix de vivre essentiellement de la vente de ses produits miniers. C’était, d’une part, pour soutenir l’effort de guerre aussi bien dans la logique du gouvernement de Kinshasa que dans celle des mouvements rebelles, maîtres des républiquettes de fait créées entre 1998 et 2003 et, d’autre part, pour entretenir la nouvelle bourgeoisie politique congolaise. Beaucoup des moyens financiers de l’Etat et des rébellions ont été engloutis dans des dépenses de prestige, à l’image des « éléphants blancs » de la seconde république, dans les années du boom du cuivre et du cobalt. L’agriculture, l’élevage et la pêche, décrétés priorités des priorités dans les discours officiels, n’ont jamais bénéficié, dans le budget national, des crédits conséquents, indispensables à la création de l’abondance alimentaire. Comme sous la Deuxième République, la RDC a souscrit un abonnement permanent aux produits alimentaires importés : chinchards, riz, poulet, viande, sucre, lait, tomate, oignons, huile, sel, poissons salés, haricot, arachide, pomme de terre, eau minérale, charcuterie, bonbon, chocolat, etc. Ainsi, chaque mois, sinon chaque semaine, des millions de dollars sont affectés aux achats d’aliments à l’étranger pendant que les poissons meurent de vieillesse dans les Lacs Albert, Edouard et Tanganyika ; le riz pourrit dans les greniers de l’Equateur et du Maniema ; le manioc moisit dans les champs de Bandundu et du Bas-Congo ; la pomme de terre et la viande cherchent preneurs sur les collines du Nord et du Sud-Kivu ; les palmiers se désagrègent dans la forêt de Bandundu…

A quand la relance de la production intérieure ?

A court terme, si la RDC tient réellement à précéder la crise alimentaire, elle devrait rapidement traduire en actes les récentes mesures gouvernementales relatives à la révision à la baisse des taxes à l’importation des biens de consommation courante. Un tel geste pousserait sûrement les opérateurs économiques à s’investir dans le renouvellement des stocks, en vue de parer au plus pressé. Mais baisser les taxes douanières et administratives signifie réduire les recettes de l’Etat et, à la longue, faire imploser le budget national. Visiblement, les finances publiques ne sauraient supporter longtemps une telle option de gouvernance.

Le challenge qui vaut réellement la chandelle, c’est celui de la réhabilitation des routes de desserte agricole, du draguage du fleuve Congo et des principaux cours d’eau navigables, de la modernisation des aéroports et chemins de fer, de l’élargissement des pâturages, de la mécanisation de l’agriculture et de la pêche, de l’amélioration des semences, etc. Pour cela, il faut que l’Etat consente au secteur de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche les fonds compatibles avec les besoins alimentaires du pays. Le pays a besoin d’une grande synergie entre les centres de production et ceux de consommation. Jusqu’ici, l’Etat congolais n’a pas encore élaboré une réelle politique de production intérieure de ce dont ses populations ont besoin pour s’alimenter en quantité suffisante.

Le train de vie de l’Etat à revoir aussi à la baisse

Parallèlement à la baisse des taxes à l’importation sur les produits alimentaires et autres de première nécessité, les animateurs des institutions tant nationales que provinciales devraient revoir aussi à la baisse leur train de vie. C’est fort inquiétant de voir le Trésor Public congolais canaliser mensuellement des fonds monstrueux dans la rémunération des ministres, députés, sénateurs, gouverneurs, ministres et députés provinciaux, mandataires publics, alors que les vraies priorités, notamment alimentaires, éducationnelles, routières, sanitaires, sécuritaires… ne sont pas satisfaites.
Pour d’aucuns, au lieu que des millions de dollars aillent dans les achats de grosses cylindrées pour les animateurs des institutions nationales et provinciales, cet argent pourrait servir à des travaux de réhabilitation des voies de communication. Car, sans une volonté affirmée de désenclavement de l’arrière-pays, il n’est pas possible de réaliser l’interconnexion entre les centres urbains et les campagnes, pourvoyeuses du pays en denrées alimentaires. O.M/Le Phare

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