LOSAKO

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22 mars 2008

RDC: le gouvernement interdit une secte politico-religieuse

conseil_ministresLa République démocratique du Congo (RDC) a interdit le mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo (BDK) après des affrontements de ses adeptes avec la police, coupant court aux activités d'un mouvement qui remettait aussi en cause le fondement des institutions du pays.

"Le Conseil des ministres a décidé le retrait de l'agrément accordé par le ministère des Affaires sociales à l'ASBL (Association sans but lucratif) BDK", a souligné samedi le compte-rendu du conseil qui s'est tenu vendredi à Matadi, capitale provinciale du Bas-Congo, où la secte est très implantée.

Le 15 mars déjà, le président de l'Assemblée nationale, Vital Kamerhe, avait adressé une "mise en garde sévère" au député Ne Muanda Nsemi, chef spirituel de BDK, accusé de réclamer "l'auto-détermination du peuple Kongo" et d'encourager les troubles.

Depuis fin février, les affrontements et la répression brutale de la police, qui a systématiquement détruit des lieux de réunion et de culte du BDK, ont fait une trentaine de morts dans la province, selon des sources officielles, mais plus d'une centaine selon des sources de l'ONU et de la société civile.

A la revendication des postes politiques, au coeur des affrontements, s'est en effet ajoutée la contestation de l'autorité de l'Etat dans cette partie du pays.

Le BDK prône la restauration de l'ex-royaume Kongo, qui comprenait l'actuel Bas-Congo, une partie de l'Angola, du Congo voisin et du Gabon.

Un nombre indéterminé de membres de la secte ont été livrés aux autorités par les populations témoins et victimes de leurs exactions, a affirmé samedi le gouvernement à l'issue du conseil des ministres.

Deux éléments de la police nationale congolaise, accusés d'exactions envers la population lors des opérations de démolition de lieux de réunion et de culte de cette secte, ont été pour leur part condamnés à perpétuité par la justice militaire. D'autres attendent leur jugement, a encore indiqué M. Bongeli.

La décision gouvernementale était violemment critiquée samedi par un député de l'opposition Ne Kongo (originaire du Bas-Congo), selon lequel "la manière forte n'a jamais résolu des problèmes de ce genre".

"Tout Ne Kongo s'identifie au BDK à travers des frustrations dont est victime cette province (...), et une religion n'est jamais aussi forte que quand elle est dans la clandestinité", a estimé Jean-Claude Vuemba devant l'Assemblée nationale congolaise.

Soulignant que "le peuple mukongo n'a plus besoin de martyr", il a espéré que le chef spirituel du BDK userait de toutes les prérogatives que lui octoie la Constitution congolaise pour défendre sa cause.

Vendredi, le conseil des ministres, sous la direction du président Joseph Kabila, a aussi demandé au ministre de l'Intérieur Denis Kalume Numbi "d'initier un projet d'encadrement et d'apprentissage professionnel en faveur des jeunes sans emploi de la province du Bas-Congo".

"Le gouvernement a également ordonné au gouverneur de cette province d'identifier et de détruire systématiquement toutes les plantations de chanvre", a souligné M. Bongeli.

Les adeptes de BDK sont accusés de se servir notamment d'une plante hallucinogène appelée "36 oiseaux" pour se droguer.

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