LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

21 mars 2008

Interpellation : Gizenga à Matadi, Sessanga pèche par la forme !

gizenga004 « La forme, c’est le fond qui remonte à la surface », acquiesçait-il hier, à l’Assemblée Nationale, à l’issue d’un débat somme toute houleux sur l’interpellation d’Antoine Gizenga Funji.

Adhérant à la sagesse signée Jean-Claude Vuemba, cet élu de Luiza devra d’abord se concerter avec sa famille politique pour se conformer à la procédure, avant de revenir, très rapidement, à la charge.

Est-ce le début de la fin pour l’actuel Premier Ministre ? Les dés sont, apparemment, jetés. Palu-Pprd : les adieux difficiles.

Alors que Delly Sessanga Hippung s’apprêtait déjà à dévoiler, à la plénière d’hier à l’Assemblée Nationale, le contenu de son interpellation du Premier Ministre, M. Antoine Gizenga Funji, un grain de sable s’est suspicieusement glissé dans la machine. A quelques poussières de minutes, peu avant sa montée à la tribune, une motion de l’Honorable Emery Okundji a périclité l’essentiel de sa démarche. Ce dernier exigeait, en effet, qu’en vertu de l’article 61 du Règlement Intérieur régissant le fonctionnement de la chambre basse, le texte d’interpellation présenté au bureau soit distribué, 48 heures avant, aux Députés Nationaux. Plus loin, au cours du débat, l’Honorable Mulayi, historien de son état, est venu, à sa manière, compliquer davantage l’équation de cette interpellation en mettant un accent tout particulier sur les prescrits de ce même Règlement qui, au fait, est la bible des Députés. Il pose plutôt un problème de date.

A l’en croire, l’article 171 du Règlement stipule que l’interpellation peut intervenir à tout moment, au cours de la session ordinaire. Mais, en cas de session extraordinaire, elle doit figurer, au préalable, à l’ordre du jour. Dans le cas d’espèce, soutient-il, la motion d’interpellation de Delly Sessanga pèche par la forme. Puisqu’elle a été introduite le 11 mars 2008 et donc, en dehors de l’actuelle session ordinaire dont les travaux ont repris, quatre jours après, soit le 15 mars, conformément à la Constitution du 18 février 2006. Mixées, les deux observations ont donné du fil à retordre à la plénière. Elles ont suscité un débat somme toute houleux.

Tshibangu Kalala du Pprd l’a, du reste, reconnu en des termes approximatifs. Bien que partageant la trame cachée du plongeon de Delly Sessanga lequel visait à tirer au clair la façon dont sont gérées les affaires de l’Etat, il s’inscrit cependant en faux contre le vice de forme. Comme ses deux devanciers, il préconise qu’il soit pris en compte l’élément clé ; celui du respect des textes. Il serait dangereux, explique-t-il, de se laisser emporter dans cette démarche sans, dès le départ, prendre toutes les précautions.

Normalement, cette querelle d’interprétation des textes, s’il faut l’appeler ainsi, ne saurait connaître son dénouement que si et seulement, la Cour Suprême de Justice, le dernier rempart de la justice congolaise, du moins dans sa configuration d’avant la naissance de la cour de cassation, du conseil d’Etat et de la cour constitutionnelle, arrivait à trancher. Tirant de leçon, Tshibangu Kalala quitte le champ du droit. Il conseille à Sessanga de se conformer aux termes de l’article 171.

Sur la même lancée, Jean-Claude Vuemba, le très désormais bras droit de Ne Mwanda Nsemi, coupe court. Il trouve une voie de sortie. Devenu sage, dit-il, il recommande à Sessanga un minimum d’élégance politique. Au juste, il lui demande de reconsidérer son interpellation en intégrant les idées issues de la dynamique du débat. Chose que l’intéressé ne tardera pas à faire. Au bout du compte, Delly Sessanga s’est incliné ; laissant ainsi prospérer les chances d’introduire, dans les tout prochains jours, une interpellation juridiquement fondée et politiquement mûrie. Après tout, rien n’altèrera le but poursuivi.

Tôt ou tard, le Premier Ministre devra fixer l’opinion nationale sur des questions d’intérêt général. En attendant, cet élu de Luiza oeuvrant sous les couleurs du Mouvement de Libération du Congo, parti de Jean-Pierre Bemba Gombo, candidat malheureux de la présidentielle du 30 octobre 2006, a pris l’engagement de consulter sa famille politique pour rectifier le tir. Très prochainement, il reviendra à la charge, une fois son interpellation ressassée.

BDK, vers une table ronde sur le Bas-Congo

Kamhere toujours vital l’a annoncé hier en des propos quelque peu voilés. Il livrait, au fait, aux Députés le secret de ses entretiens séparés avec les Députés Ne Kongo et Ne Mwanda Nsemi, Chef Spirituel de Bundu dia Kongo. Kamhere estime, par ailleurs, que nul n’osera trouver de solution aux problèmes qui se posent avec acuité dans la province du Bas-Congo. Seuls, alors seuls, les Ne Kongo, eux-mêmes, sont qualifiés pour planter les jalons qui serviront de sésame à la restauration de la paix dans cette partie fort troublée du pays. Indépendamment de toute procédure judiciaire qui, raisonnablement, peut intervenir n’importe quand, le Président de l’Assemblée Nationale est de ceux qui pensent qu’il faut mettre les Ne Kongo autour d’une table.

A l’instar de ce qui s’est passé à Goma, il ne trouve aucun vibrion quant à l’idée longtemps caressée par les fils de ce coin du pays, de tabler sur leurs dissensions internes. Ne dit-on pas que les linges sales se lavent en famille ? Ce serait également une occasion, pour l’Etat congolais, d’affirmer son autorité sur un groupe compact que de compter sur la bonne foi de quelques personnalités éparses.

Le mardi 25 mars prochain, Denis Kalume Numbi, Ministre de l’Intérieur, est attendu, à cet effet, à l’assemblée nationale pour éclairer les lanternes des Députés sur les événements tragiques de Seke-Banza, Luozi, Kisantu et consorts. Ne Mwanda Nsemi, l’illuminé de Bundu dia Kongo, ce groupe spirituel aux connotations messianiques, donnera sa version des faits sur la même question. Et, la plénière en tirera toutes les conclusions qui s’imposent.

126860Aujourd’hui, Kabila et Gizenga à Matadi

Contrairement à une de nos dernières livraisons qui annonçait, pour jeudi 20 mars, la tenue du conseil des ministres à Matadi, un léger décalage néanmoins a été observé. C’est aujourd’hui, en principe, qu’il aura lieu dans la ville portuaire. L’importance des points inscrits à l’ordre du jour est telle qu’aucun des ministres d’Etat, ministres ou vice-ministres n’est excepté. Pour la première fois, en une année d’exercice du pouvoir d’Etat, Antoine Gizenga, le Premier Ministre est obligé d’effectuer le déplacement. Le vieux lion pende, 83 ans, est donné, dans certains cénacles politiques, pour un homme aux épaules frêles. Pour une fois, il bouge vers le Bas-Congo. Il se départit, finalement, de sa philosophie calquée sur le modèle de Léopold II, le Roi des Belges, qui colonisa le Congo-Kinshasa, sans y avoir foulé les pieds.

Aujourd’hui, il participe au Conseil des Ministres présidé par Joseph Kabila, le Président de la République. La situation chaotique des événements du Bas-Congo y sera certainement examinée au peigne fin. Surtout que les BDK ont osé secoué le panier qui porte les abeilles en mettant en berne le drapeau national, dans certains territoires et districts dans lesquels il possède une parcelle de pouvoir mystérieux. Le moins que l’on puisse dire est qu’il y a énormément des problèmes. Kabila et Gizenga ont tout intérêt à s’éloigner de la capitale pour se dire des vérités en face. Surtout que la fronde sociale en perspective n’épargne personne. C’est une affaire de toute la coalition majoritaire aux commandes du pays. A la saison 2011, elle en sera comptable devant le peuple souverain.

Qui dit mieux ? La Prospérité
 

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