LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

03 mars 2008

Rumeurs folles à Kinshasa, incidents à Lubumbashi et à Luozi, accrochages au Kivu et en Ituri, violences à Ngandajika, grèves…

conseil_ministresLe gouvernement vivement interpelé

L’agitation est perceptible. Ce n’est pas encore la panique, mais la succession des événements suscite déjà des inquiétudes. Des rumeurs folles de Kinshasa aux derniers incidents de Luozi, en passant par des grèves dans plusieurs secteurs de la vie nationale, la poursuite des accrochages au Nord-Kivu et en Ituri, ça ne sent pas bon. Tant il est vrai que ces événements ont un dénominateur commun : défier l’autorité de l’Etat, interpellant ainsi le gouvernement.

La semaine passée a été marquée par les incidents de Luozi, dans la province du Bas-Congo. Incidents qui ont opposé des éléments de la Police aux adeptes de la secte religieuse Bundu dia Kongo. Bilan : 7 morts dont deux policiers et plusieurs blessés.

Mais auparavant, le ministre des Affaires foncières, Edouard Kabukapua Bitangila, en mission officielle à Lubumbashi, avait failli être lynché par les militants de l’UNAFEC-Kyungu wa Kumwanza. Entre-temps, au Nord-Kivu, les accrochages se poursuivent entre les différents groupes armés. Tout se passe comme s’il n’y a jamais eu la Conférence de Goma sur la paix, la sécurité et le développement des provinces du Nord et Sud Kivu. Les groupes armés continuent leurs exactions sur les populations civiles. Ils continuent à percevoir des taxes qui ne servent qu’à remplir les poches des seigneurs de guerre et acheter des armes.

En Ituri, d’autres groupes armés, notamment le FNI et le FRPI ne décolèrent pas. Ils continuent à défier les FARDC et la Monuc, entretenant ainsi l’insécurité dans cette partie du pays qui avait pratiquement tourné le dos à la violence. Et qui plus est, le transfèrement des seigneurs de guerre, Thomas Lubanga, Germain Katanga et Ngudjoolo à la Cour pénale internationale, CPI, ne les effraie pas.

Au Kasaï oriental, l’on apprend que des violences se sont produites dans la localité de Bena Kamashi, dans le village de Lukinga, territoire de Ngandajika. Bilan : deux morts. Comme si cela ne suffisait pas, des grèves sont enregistrées ici et la. A l’enseignement supérieur et universitaire, ESU, les professeurs ont débrayé. Mécontents de leur sort. Mais l’important mouvement social est sans conteste la grève des camionneurs qui a paralysé la Nationale 1 pendant une semaine. Kinshasa manquait déjà des produits de première nécessité.

TROP, C’EST TROP

Autant d’évènements qui interpellent les bonnes consciences. Cela, pour une raison tout à fait particulière. Ces évènements ont un dénominateur commun : défier l’Etat. Les choses deviennent alors inquiétantes qu’il faut absolument interpeler le Gouvernement afin qu’il réagisse en envoyant des signaux forts visant à faire respecter l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du pays. Ensuite, mener des actions en profondeur en vue de contrer toutes les actions susceptibles d’entretenir la démobilisation des populations en ces moments où l’on s’ attend au renouvellement des énergies nécessaires pour faire face aux défis d’un développement durable.

Actions en profondeur qui permettront au gouvernement de découvrir ce qui se passe derrière toutes ces rumeurs et ces incidents graves. Existe-t-il réellement un complot contre la République démocratique du Congo ? Ou s’agirait-il tout simplement des insuffisances d’un gouvernement totalement dépassé, incapable de réajuster son tir pour contrer les actions porteuses des germes de la déstabilisation des institutions ? Au regard des derniers incidents, les entités provinciales accusent également les mêmes insuffisances politiques et de bonne gouvernance.

Trop, c’est trop. Les populations attendent du gouvernement des réactions efficaces et rapides devant des situations d’urgence. Il ne s’agit nullement de décider des actions disproportionnées, mais de marquer la présence de l’Etat de façon rassurante pour que son autorité soit respectée et suscite la confiance au sein des populations. Ce qui s’est passé à Lubumbashi et à Luozi démontre suffisamment que l’autorité de l’Etat n’est pas respectée, poussant certains illuminés à se croire tout permis, au nom de l’idôlatrie. Voilà le vrai danger.

ACCELERER LES REFORMES

Mgr Dizolele, évêque catholique dans la province du Bas-Congo, après avoir critiqué vivement le comportement des adeptes de Bundi dia Kongo, n’a pas non plus épargné le gouvernement dans son analyse de la situation. « Au niveau de l’Etat, je crois que c’est l’établissement de l’autorité publique. Il faut que les institutions qui sont là puissent fonctionner normalement. Il faut que l’Etat fasse son devoir, celui de rétablir l’autorité et la paix partout », a plaidé Mgr Dizolele.

Le prélat catholique n’a pas tort. Car, « la peur de la présence du gendarme marque le début de la sagesse », dit-on. Cela est vrai dans la mesure où le gendarme est l’incarnation, le symbole du pouvoir et de l’autorité de l’Etat. Mais par deux fois, à Lubumbashi et à Luozi, c’est la police, donc l’Etat, qui a été défié. Pire, ce qui se passe au Nord Kivu et en Ituri où les groupes rebelles combattent visiblement les forces régulières, donc l’Etat. Que dans ces provinces, il existe des administrations parallèles, affectant gravement le pouvoir central. On en dirait autant de Luzoi en ce qui concerne le fonctionnement normal des institutions provinciales. Il y a là un tâtonnement suicidaire qui discrédite l’Etat : les dirigeants des entités provinciales sont encore incapables de rétablir cette autorité, n’ ayant pas pris la hauteur de leurs responsabilités, ramenant tout au niveau de l’ethnie.

Cette situation doit amener le gouvernement à accélérer les réformes dans les différents domaines des services publics. Il s’agit de l’Armée, de la Police, des services de renseignements, la Fonction publique. Des réformes qui ne doivent pas se limiter à des simples tables rondes, des séminaires de formation, mais doter le pays des vraies politiques nationales de développement en mettant un accent particulier sur le renforcement des capacités humaines, compris au sens large du terme. Allusion faite à une politique salariale incitative.

Parallèlement, le gouvernement devra poursuivre, de façon concrète, son programme de réduction de la pauvreté. En fait, certaines agitations ou révolutions trouvent un bon écho dans des milieux défavorisés, désœuvrés considérés pour des « laisser pour compte ». Ce sont là des foyers de tension. S’ils ne sont pas bien maitrisés et contrôlés, ils se transforment facilement en poudrière.

Dans le même ordre d’idées, doter le pays d’une Justice juste pour combattre l’impunité. D’éviter que des décisions politiques n’affectent pas le bon fonctionnement de l’appareil judiciaire. A titre d’exemple, le cas Bundu dia Kongo est à son deuxième épisode. Quels sont les résultats des enquêtes menées en 2007 ? La part des responsabilités n’étant pas établie, les coupables demeurent impunis. Pas étonnant qu’il y ait récidive.

Quelles sont alors les stratégies arrêtées par le gouvernement pour contrer les grèves, contenir le malaise social qui gronde au fil des jours ? Aucun signal fort n’a été enregistré pour rassurer les populations. Et l’inquiétude s’amplifie lorsque l’on constate malheureusement que le gouvernement a difficile à respecter ses engagements face aux institutions de Bretton Woods. Donc, faute de moyens de sa politique, le programme du gouvernement sur la réduction de la pauvreté risque d’être un voeu pieux.

La situation est grave. Le gouvernement est vivement interpelé pour agir vite et bien. Le Potentiel

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