LOSAKO

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19 février 2008

Fidel Castro se retire... une page lourde d'histoire qui se tourne

fidel_castroAussi flamboyant sur la scène publique que secret dans sa vie privée, Fidel Castro a au moins huit enfants, dont cinq fils avec Dalia Soto del Valle, la femme avec laquelle il vit depuis plus de 30 ans.

Fidel Castro, qui a annoncé mardi à l'âge de 81 ans son retrait de la présidence cubaine, a conquis le record mondial de longévité au pouvoir grâce à une confiance inébranlable en lui-même et à une capacité à "transformer ses défaites en victoires", son adage favori.

Dernier survivant de la guerre froide, il a déjoué tous les pronostics en parvenant à maintenir le seul régime communiste du monde occidental, 17 ans après la chute du Mur de Berlin et 15 ans après celle de l'Union soviétique, au prix de lourds sacrifices de la population et sans concéder le moindre assouplissement de son régime. Mais, frappé par la maladie en juillet 2006, il a poursuivi depuis une interminable convalescence qui l'a conduit mardi à céder définitivement la présidence de Cuba.

Marathonien du pouvoir, Fidel Castro a commencé par s'illustrer par ses aptitudes physiques et son goût des défis et des prouesses. A 17 ans, il était un athlète universitaire titré qui brillait dans plusieurs sports, dont le base-ball, son préféré.

Fils d'un immigrant espagnol devenu riche propriétaire terrien, cet ancien élève des jésuites est entré dans l'histoire les armes à la main en tentant à 27 ans de s'emparer de la deuxième place militaire du pays, la caserne de la Moncada à Santiago de Cuba (sud), avec une centaine de conjurés.

L'échec sanglant de l'opération, qui vaudra la prison et l'exil au jeune avocat, ne ruine en rien sa détermination: de retour trois ans plus tard, il lancera une guérilla de 25 mois qui mettra à bas la dictature de Fulgencio Batista et donnera la victoire à ses "barbudos" ("barbus") en janvier 1959.

Dès lors, à 200 km des Etats-Unis, il lance en pleine guerre froide une révolution qui ne tarde pas à afficher ses sympathies pour Moscou. John Kennedy, le premier des 10 présidents américains qu'il aura à affronter, fait débarquer des anticastristes dans la Baie des cochons en 1961: cuisante défaite. Fidel Castro devient un héros international de "l'anti-impérialisme". Orateur intarissable devant les foules, il impose dans le monde entier un prénom, "Fidel" et une image: cigare, barbe, treillis et casquette. Il ne troquera qu'avec sa maladie sa tenue de guérillero pour un modeste survêtement. Ce passionné de santé publique cessera de fumer ses fameux cohibas en 1985.

Nikita Khrouchtchev en fait son poulain, et croit pouvoir installer des missiles nucléaires à Cuba: la "crise d'octobre" 1962 met le monde au bord de l'apocalypse. L'accord de retrait conclu entre les deux "Grands" laisse Fidel Castro amer et humilié de n'avoir pas été consulté. Il se fait alors l'instigateur des guérillas tiers-mondistes, défiant Washington, mais aussi le Kremlin à l'occasion, tandis que son compagnon de route Ernesto "Che" Guevara le quitte pour une mission impossible en Bolivie où il trouve la mort.

Bien plus sensible à l'idéologie qu'aux contraintes économiques, Fidel Castro fait table rase en 1968 des dernières survivances du puissant capitalisme cubain, et épuise le pays dans une gigantesque récolte sucrière qui n'atteindra jamais son but.

Désormais, Cuba est arrimé à l'URSS et son chef coopère étroitement avec Leonid Brejnev. Pour autant, Fidel Castro ne renonce en rien à ses ambitions internationales. En 1975, il lance ses troupes au-delà de l'Atlantique pour une aventure africaine de 16 ans, sur les champs de bataille d'Angola et d'Ethiopie. Cuba devient le premier pays latino-américain à faire la guerre hors du continent.

Contraint par la chute de son protecteur soviétique à de timides concessions au capitalisme dans les années 1990, il reviendra dessus dès qu'il aura trouvé un nouvel allié économique, en la personne d'Hugo Chavez, le président vénézuélien qui brandit aujourd'hui la flamme d'un nouveau "castrisme" irrigué par la manne pétrolière.

Révolutionnaire autant par tempéramment que par conviction, Castro fit inscrire l'athéisme dans la Constitution avant d'ouvrir aux croyants le Parti communiste, se rapprochant sur le tard des "théologiens de la libération" qui marient marxisme et christianisme. Même désabusée, une large partie de la population reste "fidéliste", attachée notamment aux deux vitrines sociales du régime, la santé et l'éducation.

Durement réprimés, emprisonnés par milliers à l'aube du régime, ses opposants sont encore environ 240 actuellement dans les prisons et réclament la fin du parti unique et des élections libres, la plupart dans un esprit de "réconciliation nationale". Aussi flamboyant sur la scène publique que secret dans sa vie privée, Fidel Castro a au moins huit enfants, dont cinq fils avec Dalia Soto del Valle, la femme avec laquelle il vit depuis plus de 30 ans.

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