LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

17 janvier 2008

A Bujumbura, des réfugiés congolais campent sous un manguier devant le HCR

goma8Avec pour seul abri un manguier, une cinquantaine de réfugiés congolais campent nuit et jour depuis un mois dans la capitale burundaise devant les locaux du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) pour exiger leur transfert dans un camp.

"Regardez comment nous vivons, comme des animaux !", s'exclame Elise Loya, 44 ans, en montrant ses compatriotes, dont de nombreux enfants, assis sous le gros manguier.

Depuis un mois, ils font le siège des bureaux du HCR pour exiger d'être transférés dans l'un des trois camps de réfugiés congolais au Burundi. "Nous voulons être transférés, c'est la seule chose qu'on demande", lance à l'AFP l'un de ces réfugiés, Rushimisha Manjabo.

En attendant un éventuel transfert, ces réfugiés vivent "un véritable calvaire".

"On n'a pas de toilettes, on mange à peine, on dort à même le sol sous la pluie, il fait froid, on n'a pas de couvertures", énumère Elise Loya, qui a fui il y a plus d'un mois l'insécurité dans la province congolaise du Sud-Kivu, frontalière du Burundi.

Sous le gros manguier, les réfugiés ont aménagé deux foyers servant à préparer leur maigre repas, obtenu auprès de quelques passants.

Plus de 10.000 nouveaux Congolais fuyant l'insécurité au Sud-Kivu ont été enregistrés au Burundi en 2007, qui abrite au 35.000 le nombre de réfugiés congolais dans le pays. Quelque 31.000 réfugiés ont déjà été pris en charge dans trois camps, selon le HCR.

"Nous sommes conscients des difficultés dans lesquels vivent ces nouveaux réfugiés", reconnaît Didace Nzikoruriho, chargé des réfugiés au ministère burundais de l'Intérieur. "Mais les trois camps sont bondés aujourd'hui (...) nous sommes en train de préparer un quatrième camp, ils doivent patienter".

Elise s'est réfugiée au Burundi en compagnie de trois de ses enfants. "Les trois autres ont fui avec leur père (...) je ne sais pas s'ils sont encore en vie ou s'ils ont été tués", confie-t-elle.

Selon ces réfugiés congolais, les hauts plateaux de Murenge, surplombant les villes d'Uvira, Fizi ou Braka, à l'extrême est de la République démocratique du Congo (RDC), ne sont pas le théâtre de véritables affrontements.

"Il n'y a pas de coups de feu dans le Murenge, mais les filles sont souvent violées, nos garçons sont enlevés et nous ne les revoyons plus (...)", explique Marlette Ntahombaye, sa fillette sur le dos. Elle a fui son pays après le meurtre de son mari et de son fils aîné âgé de 11 ans.

"Ce sont des gens en uniforme militaire qui sont responsables de ces exactions et la situation est terrible. Tout le monde a peur dans le Murenge et cherche à fuir", poursuit-elle en montrant un petit baluchon, "les seuls biens que j'ai pu sauver".

La nuit tombée, les réfugiés se couchent. Les plus chanceux peuvent s'abriter dans une station-service voisine. Les autres étendent des nattes sous le manguier et tentent de dormir, grelottant de froid.

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