LOSAKO

Le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre.. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

17 janvier 2008

Patrice Emery Lumumba, nationaliste et visionnaire

Lumumba1La République démocratique du Congo commémore jeudi le 47ème anniversaire de la disparition tragique du premier Premier ministre du Congo indépendant, assassiné le 17 janvier 1960 au Katanga pour ses convictions politiques nationalistes.

« Je vous assure qu’avec notre foi, avec notre dynamisme, avec notre fierté nationale, le Congo sera dans cinq ans un pays fortement développé. Ce n’est pas en mendiant des capitaux que nous allons développer le pays. Mais, en travaillant nous-mêmes, par nos propres mains, par nos efforts. Le seul slogan pour le moment : le progrès économique », déclare-t-il en 1960.

Né le 2 juillet 1925 à Katako-Kombe, au Kasaï Oriental, P.E. Lumumba est, à 35 ans, leader du Mouvement national congolais (MNC) qui remporte 35 sièges à la Chambre basse du parlement lors des élections nationales du 22 mai 1960. Cela se passe trois mois après la Table ronde organisée le 20 février à Bruxelles (Belgique) et 38 jours avant la proclamation de l’indépendance du Congo par Baudouin 1er, Roi des Belges, le 30 juin 1960 au palais de la Nation à Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa).

Ayant battu l’ABAKO de Joseph Kasa-Vubu élu président de la République au second degré, le MNC-L devient - avec l’autre parti nationaliste PSA (13 sièges) – le principal parti de la province de Léopoldville, comprenant le Congo Central, le Kwuilu, le Kwango et le Lac Maindombe.

La coalition MNC-L et PSA est rejointe par le CEREA (10 sièges) de Kashamura et le Balubakat (7 sièges) de Sendwe.

« LUTTER » POUR OBTENIR L’INDEPENDANCE

Patrice Emery Lumumba affiche une profonde conviction quant à la manière d’amener le Congo-Belge à la souveraineté nationale et internationale, dès son retour d’Accra. Il a participé à la Conférence panafricaine d’Accra, dirigée par le président ghanéen Kwame Nkrumah, et eu des entretiens fructueux avec d’éminentes personnalités africaines.

Il prend véritablement la carrure d’homme politique le 28 décembre 1958, lors de son premier meeting politique à la place de la Victoire (Kinshasa/Matonge) devant un millier de partisans.

« Vous êtes tous endormis. Vous pensez que l’indépendance vous sera offerte sur un plateau d’argent, mais il faudra lutter pour l’obtenir et je suis décidé à me battre pour arracher notre indépendance », leur dit-il.

Mais, Joseph Ileo, Cyrille Adoula, Albert Kalonji et Joseph Ngalula – qui ont fondé avec lui le Mouvement national congolais le 10 octobre 1958, un parti se voulant loyal vis-à-vis de la Belgique et regroupant des Congolais proches des courants catholique, libéral et social-démocrate belges - n’épousent pas sa vision et le qualifient de « démagogue dangereux ».

En 1956, Joseph Ngalula et Albert Kalonji avaient publié, en effet, le « Manifeste de la Conscience Africaine » dont la « volonté est que l’émancipation du Congo se réalise dans l’ordre et la tranquillité. Les Européens doivent bien comprendre que notre désir légitime d’émancipation n’est pas dirigé contre eux. Nous prévoyons de créer une organisation qui se fera en pleine légalité et en se conformant aux lois ».

Pour sa part, Lumumba écrivit la même année que « le désir essentiel de l’élite congolaise est d’être des Belges et d’avoir droit à la même aisance et aux mêmes droits ».

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